3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Des astuces de sportif pour retrouver votre endurance.
Vous venez de finir une journée qui n’en finissait pas. Pas une journée catastrophique, non. Juste une de ces journées où tout demande un effort : répondre à un mail, prendre une décision, écouter un collègue, préparer le dîner. Rien d’insurmontable, mais tout est lourd. Comme si chaque geste pompait un peu plus dans une réserve déjà basse.
Et là, vous vous effondrez dans le canapé, vidé. Pas seulement fatigué physiquement. Vidé mentalement. Vous avez l’impression d’avoir couru un marathon, alors que vous êtes resté assis toute la journée. C’est étrange, non ? Pourtant, les sportifs de haut niveau connaissent bien cette sensation. Ils l’appellent la fatigue nerveuse, et ils ont des techniques pour la gérer.
Moi, Thierry Sudan, je suis préparateur mental pour des coureurs et des footballeurs, et aussi praticien en hypnose et IFS à Saintes. Ce que je vois chez les sportifs, c’est que leur vraie force ne vient pas de leurs muscles, mais de leur capacité à recharger leur énergie mentale. Et vous, dans votre vie professionnelle ou personnelle, vous êtes aussi un athlète de l’endurance. Vous tenez sur la durée, vous encaissez les imprévus, vous restez concentré. Mais personne ne vous a appris à recharger vos batteries autrement qu’en dormant.
Alors, voici trois techniques que j’utilise avec mes sportifs, transposées pour votre quotidien. Elles sont simples, concrètes, et elles marchent parce qu’elles s’appuient sur le fonctionnement de votre système nerveux.
Avant de parler des solutions, il faut comprendre le problème. Vous avez peut-être déjà remarqué que vous pouvez marcher une heure sans être fatigué, mais que dix minutes de réflexion intense sur un problème vous laissent lessivé. Pourquoi ?
Votre cerveau fonctionne avec un système de dépenses énergétiques très particulier. Quand vous êtes concentré, quand vous prenez des décisions, quand vous gérez des émotions, vous activez ce qu’on appelle le cortex préfrontal. C’est le chef d’orchestre de votre mental. Il est puissant, mais il consomme énormément de glucose et d’oxygène. Plus vous le sollicitez, plus il chauffe, et plus vous ressentez une fatigue spécifique : une lourdeur dans la tête, une irritabilité, une difficulté à penser clairement.
Les sportifs appellent ça la fatigue cognitive. Un coureur de fond ne s’épuise pas seulement parce que ses jambes brûlent, mais parce que son cerveau doit constamment réguler l’effort, gérer la douleur, maintenir la concentration. C’est la même chose pour vous : chaque email, chaque réunion, chaque micro-conflit avec un proche est un effort mental.
Mais il y a un piège. Contrairement à la fatigue physique, la fatigue mentale ne se signale pas toujours par une envie de dormir. Elle se manifeste souvent par une agitation intérieure, une incapacité à lâcher prise, ou au contraire par un engourdissement. Vous vous sentez « dans le brouillard ». Vous n’avez pas envie de faire d’effort, mais vous n’arrivez pas non plus à vous reposer vraiment.
C’est là que les trois techniques suivantes entrent en jeu. Elles ne remplacent pas le sommeil, mais elles vous aident à récupérer activement, en quelques minutes, même en pleine journée.
Un de mes sportifs, un footballeur amateur de bon niveau, venait me voir parce qu’il s’effondrait systématiquement en deuxième mi-temps. Pas physiquement : il avait une bonne condition. Mais mentalement, il perdait ses repères, faisait des mauvais choix, s’énervait. Il disait : « Je ne sais pas ce qui se passe, je suis cramé dans ma tête. »
Je lui ai appris une technique que les tireurs d’élite utilisent pour rester calmes et concentrés dans des situations de stress extrême : la respiration en boîte. C’est simple, mais c’est redoutablement efficace.
Comment faire :
Répétez ce cycle 4 à 5 fois. Cela prend entre 60 et 90 secondes.
Pourquoi ça marche ? Cette respiration active votre système nerveux parasympathique, celui qui gère le repos et la digestion. Elle envoie un signal à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux ralentir ». En quelques respirations, votre rythme cardiaque baisse, votre tension artérielle diminue, et votre cortisol (l’hormone du stress) commence à redescendre.
Mais ce n’est pas tout. La respiration en boîte recadre votre attention. Pendant ces 90 secondes, vous ne pensez plus à votre charge de travail, à votre conflit familial ou à votre fatigue. Vous êtes uniquement occupé à compter. C’est une mini-vacance mentale.
« Ce n’est pas parce que vous êtes fatigué que vous devez vous arrêter. C’est parce que vous vous arrêtez que vous arrêtez d’être fatigué. » — Un athlète que j’accompagne
Comment l’intégrer dans votre quotidien :
Attention, cette technique ne fait pas disparaître la fatigue. Elle la rend gérable. Elle vous redonne une clarté mentale pour prendre de meilleures décisions. Un de mes clients, un entrepreneur, m’a dit un jour : « Avant, je passais mes après-midis à lutter contre la somnolence. Maintenant, je fais trois respirations en boîte et je retrouve une heure de concentration. »
Vous connaissez cette sensation où vous êtes chez vous, mais vous n’êtes pas vraiment chez vous ? Vous êtes dans votre salon, mais votre tête est encore au bureau, ou en train de ressasser une conversation. Vous êtes présent physiquement, mais absent mentalement. C’est ce que j’appelle la « présence fantôme ». Vous n’êtes ni ici ni ailleurs, et ça épuise.
Les sportifs de haut niveau utilisent une technique radicale pour régénérer leur système nerveux : la déconnexion sensorielle. Après un match ou un entraînement intense, ils ne sautent pas sur leur téléphone. Ils s’assoient dans le calme, parfois les yeux fermés, sans rien faire. Pas de musique, pas d’écran, pas de discussion. Juste le silence.
Pourquoi ? Parce que votre cerveau passe son temps à traiter des informations visuelles, auditives et tactiles. Chaque notification, chaque bruit, chaque mouvement est une sollicitation. Même quand vous vous reposez, si vous scrollez sur votre téléphone, vous activez votre attention. Vous ne récupérez pas vraiment.
Comment faire en pratique :
C’est tout. Cinq minutes de vide sensoriel. Ça paraît simple, mais c’est extrêmement difficile pour beaucoup de gens. La première fois, vous allez probablement ressentir de l’agitation, l’envie de bouger, l’envie de prendre votre téléphone. C’est normal. Votre système nerveux est habitué à être stimulé en permanence. La déconnexion le force à ralentir.
Les effets concrets :
Je me souviens d’une cliente, une directrice commerciale, qui disait : « Je n’ai pas le temps de faire ça. » Je lui ai répondu : « Vous avez le temps d’être fatiguée, d’être irritable, de mal dormir ? » Elle a essayé. Deux semaines plus tard, elle m’a dit que ces cinq minutes étaient devenues son moment préféré de la journée. Elle les faisait juste après le déjeuner, dans sa voiture garée à l’ombre.
Variante pour les plus pressés : Si 5 minutes vous semblent trop longues, commencez par 90 secondes. La durée compte moins que la qualité de l’absence de stimulation. L’important est de couper le flux d’entrées sensorielles.
La fatigue mentale ne vient pas toujours de ce que vous faites, mais de comment vous le faites. Vous pouvez être fatigué en faisant quelque chose d’ennuyeux, ou au contraire en faisant quelque chose de trop exigeant. Mais vous pouvez aussi être fatigué parce que vous restez coincé dans le même mode de pensée.
Les coureurs de fond connaissent bien ça. Quand ils arrivent au 30e kilomètre d’un marathon, leur corps est en souffrance, mais c’est leur mental qui les fait tenir ou les fait craquer. Ceux qui réussissent utilisent une technique mentale de « changement de cadre ». Ils ne luttent pas contre la douleur, ils la transforment.
Pour vous, j’appelle ça la technique des 3 portes. L’idée est simple : quand vous sentez que votre énergie baisse, vous ne cherchez pas à la forcer à remonter. Vous changez de porte, c’est-à-dire que vous changez de registre mental.
Les 3 portes :
La porte de l’action : Vous êtes en mode « faire ». Vous exécutez des tâches, vous résolvez des problèmes, vous produisez. C’est utile, mais ça épuise si vous restez trop longtemps dedans.
La porte de la présence : Vous êtes en mode « être ». Vous observez, vous ressentez, vous êtes dans l’instant présent. Vous ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. C’est la porte de la récupération.
La porte du sens : Vous êtes en mode « pourquoi ». Vous vous reliez à vos valeurs, à ce qui est important pour vous. Vous donnez une direction à votre action.
Comment utiliser cette technique dans votre journée :
Quand vous sentez la fatigue monter, ne continuez pas à pousser. Arrêtez-vous 30 secondes et demandez-vous : « Par quelle porte suis-je entré en ce moment ? »
« La fatigue n’est pas un manque d’énergie, c’est un manque de variation. » — Principe que j’utilise en préparation mentale
Un exemple concret : un de mes sportifs, un coureur amateur, était bloqué dans une routine où il s’entraînait dur, puis se sentait vidé, puis s’entraînait encore plus dur pour compenser. Il était coincé dans la porte de l’action. Je lui ai appris à, après chaque séance d’entraînement, s’asseoir 2 minutes dans la porte de la présence. Il a dit : « Je n’imaginais pas que ne rien faire pouvait me rendre plus fort. » Effectivement, sa récupération s’est améliorée, et ses performances aussi.
Comment l’intégrer :
Ces trois techniques ne sont pas des astuces magiques. Elles sont comme des exercices de musculation pour votre système nerveux. Plus vous les pratiquez, plus votre capacité à récupérer s’améliore.
La respiration en boîte renforce votre capacité à calmer votre système nerveux en situation de stress. Elle devient un réflexe. Quand vous sentez la pression monter, vous respirez en boîte sans même y penser.
La déconnexion sensorielle vous apprend à tolérer le vide et le calme. Beaucoup de personnes évitent le silence parce qu’il fait remonter des émotions inconfortables. En pratiquant, vous habituez votre cerveau à ne pas chercher de stimulation extérieure pour se sentir bien. Vous devenez capable de vous reposer profondément en peu de temps.
La technique des 3 portes vous donne une carte mentale pour naviguer dans votre journée. Au lieu de subir la fatigue, vous la gérez activement. Vous savez quand passer d’un mode à l’autre.
Un client, un manager dans une entreprise de logistique, m’a dit après trois mois : « Avant, je finissais mes journées lessivé, et le week-end je ne faisais que dormir. Maintenant, je récupère en journée, et le week-end je suis vraiment disponible pour ma famille. » Il n’avait pas changé son emploi du temps. Il avait juste changé sa façon de gérer son énergie.
Je veux être honnête avec vous. Ces techniques ne remplacent pas le sommeil, une bonne alimentation, ou une activité physique régulière. Si vous dormez 4 heures par nuit, que vous mangez mal et que vous ne bougez pas, ces techniques vous aideront un peu, mais pas assez.
Elles ne font pas non plus disparaître les causes profondes de votre fatigue. Si vous êtes épuisé parce que vous êtes en conflit avec votre conjoint, ou parce que votre travail ne vous correspond plus, la respiration en boîte ne résoudra pas le problème. Elle vous donnera juste la clarté nécessaire pour prendre les bonnes décisions.
Elles ne sont pas non plus une solution pour les personnes qui souffrent de burn-out avancé ou de dépression. Dans ces cas, un accompagnement médical et thérapeutique est indispensable. Ces techniques sont des outils de prévention et de gestion quotidienne, pas des traitements.
Mais pour la fatigue ordinaire, celle qui vous ronge en silence, celle qui vous fait dire « je n’ai plus d’énergie pour rien », elles sont redoutablement efficaces.
Je ne vous demande pas de tout changer du jour au lendemain. Choisissez une seule technique pour cette semaine.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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