3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Comment un praticien à Saintes a changé ma vie.
« Je ne pouvais plus respirer. » C’est la première phrase que Sarah (j’ai changé son prénom) m’a dite en poussant la porte de mon cabinet à Saintes, un mardi matin de novembre. Elle avait 34 ans, deux enfants, un poste à responsabilités dans une collectivité locale, et un sentiment d’étouffement qui durait depuis des mois. « J’avais l’impression d’être dans un tunnel, sans lumière au bout. Chaque matin, je me demandais comment j’allais tenir jusqu’au soir. »
Sarah n’est pas un cas isolé. Depuis que j’ai ouvert mon cabinet en 2014, j’ai vu défiler des dizaines de personnes qui décrivent exactement la même sensation : une vie qui ressemble à un couloir sombre, avec des murs qui se rapprochent. Elles viennent pour des raisons différentes – anxiété, burn-out, deuil, rupture, manque de sens – mais le motif est toujours le même : elles veulent sortir du tunnel.
Ce que Sarah a vécu, et ce que je vais partager avec vous dans cet article, n’est pas un conte de fées. L’hypnose n’a pas effacé ses problèmes comme par magie. Elle ne l’a pas transformée en une autre personne. Mais elle lui a offert quelque chose de plus précieux : une clé pour ouvrir une porte qu’elle pensait condamnée.
Je vais vous raconter son histoire, mais aussi vous expliquer comment l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, peut vous aider à sortir de votre propre tunnel. Pas en vous promettant la lune, mais en vous donnant des outils concrets pour retrouver de l’air.
Avant de parler de solutions, il faut comprendre le problème. Quand Sarah s’est assise en face de moi, elle était épuisée. Elle me disait : « Je n’arrive plus à dormir, je pleure sans raison, et je n’ai même plus envie de voir mes amis. » Elle se sentait coupable de ne pas être à la hauteur – au travail, avec ses enfants, avec son mari.
Ce que Sarah vivait, c’est ce que j’appelle un effondrement silencieux. Ce n’est pas une dépression clinique au sens psychiatrique du terme (même si ça peut y ressembler), mais plutôt une lente érosion de l’énergie vitale. Vous continuez à fonctionner – vous allez au travail, vous préparez les repas, vous souriez quand il le faut – mais à l’intérieur, vous êtes en pilotage automatique, déconnecté de vos émotions et de vos besoins profonds.
D’où ça vient ? Dans le cas de Sarah, c’était un cumul :
Ce dernier point est crucial. Sarah, comme beaucoup de personnes que je reçois, avait appris depuis l’enfance à mettre les besoins des autres avant les siens. À force, elle s’était perdue de vue. Elle ne savait même plus ce qu’elle ressentait vraiment. Son tunnel, c’était l’absence de connexion avec elle-même.
« Le tunnel n’est pas un lieu, c’est un état. C’est quand vous avez cessé d’écouter la petite voix qui dit “je ne vais pas bien”. Et plus vous l’ignorez, plus les murs se resserrent. »
L’hypnose ne va pas miraculeusement dissoudre ce tunnel. Mais elle va vous permettre de ralentir, de vous poser, et de commencer à entendre cette voix. C’est la première étape.
Quand on parle d’hypnose, beaucoup de gens imaginent un spectacle de scène, un pendule, ou un état de sommeil profond. Rien de tout ça. L’hypnose que je pratique – l’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton Erickson – est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour. Vous savez, quand vous êtes en voiture et que vous ne vous souvenez plus des cinq derniers kilomètres ? Ou quand vous êtes tellement absorbé par un film que vous oubliez l’heure ? C’est ça, un état hypnotique léger.
En séance, je ne vous endors pas. Je ne vous fais pas perdre le contrôle. Au contraire, je vous aide à accéder à des ressources inconscientes que vous avez déjà, mais que vous n’utilisez plus à cause du stress, des croyances limitantes ou des habitudes.
Avec Sarah, la première séance a été très simple. Je lui ai proposé de s’installer confortablement, de fermer les yeux, et de porter son attention sur sa respiration. Puis, je l’ai guidée vers une sensation de sécurité, comme si elle s’enveloppait dans une couverture chaude. À ce moment-là, je lui ai demandé : « Si votre corps pouvait parler, que dirait-il ? »
Elle a mis du temps à répondre. Puis, les larmes ont coulé. « Il dit qu’il est fatigué. Très fatigué. Et qu’il en a marre de faire semblant. »
Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est puissant. Parce que dans la vie quotidienne, Sarah n’aurait jamais pris le temps de poser cette question à son corps. Elle aurait continué à avancer, à ignorer les signaux. L’hypnose lui a offert un espace pour écouter enfin.
L’hypnose ericksonienne fonctionne parce qu’elle contourne notre mental critique, cette partie de nous qui analyse, juge, et nous dit « tu devrais », « il faut que ». Elle parle directement à l’inconscient, qui est plus créatif, plus intuitif, et souvent plus sage que notre cerveau rationnel.
Mais attention : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos problèmes. Elle va vous donner un accès à des ressources que vous avez déjà – une mémoire de calme, une image de force, une sensation de légèreté – et vous permettre de les intégrer dans votre quotidien. C’est un entraînement, pas un miracle.
Après quelques séances d’hypnose, Sarah a commencé à se sentir un peu mieux. Elle dormait mieux, elle pleurait moins. Mais elle sentait qu’il restait quelque chose de bloqué. « J’ai l’impression qu’il y a une partie de moi qui refuse d’avancer, qui veut rester dans le tunnel », m’a-t-elle dit un jour.
C’est là que j’ai introduit l’IFS (Internal Family Systems), un modèle thérapeutique développé par Richard Schwartz. L’idée de base est simple : notre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de nombreuses « parties » – des sous-personnalités qui ont chacune leurs émotions, leurs croyances, et leurs rôles.
Par exemple, chez Sarah, on a identifié plusieurs parties :
Ces parties ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs, qui ont été activés à un moment de votre vie pour vous aider à survivre. Le problème, c’est qu’elles restent actives même quand vous n’en avez plus besoin. La performeuse continue à vous pousser alors que vous êtes épuisé. La gardienne vous empêche de poser des limites alors que vous croulez sous les tâches.
Avec l’IFS, on ne cherche pas à supprimer ces parties. On cherche à dialoguer avec elles, à comprendre leur rôle, et à les rassurer pour qu’elles puissent se détendre. On libère ainsi l’énergie du Self – votre centre calme, confiant, créatif – qui est toujours présent, mais souvent recouvert par le bruit des parties.
Sarah a vécu un moment clé lors d’une séance. En état hypnotique léger, elle a visualisé sa partie « gardienne » comme une femme en armure, debout devant une porte. Quand Sarah lui a demandé ce qu’elle protégeait, la gardienne a répondu : « Je protège ton cœur. Si tu laisses les gens entrer, ils vont te faire du mal. » Sarah a ressenti une immense compassion pour cette partie. Elle a compris que cette gardienne avait été créée après une blessure d’enfance, et qu’elle faisait son travail.
« Ce qui change tout dans l’IFS, c’est qu’on arrête de se juger. On ne se dit plus “je suis trop gentille, trop faible, trop exigeante”. On dit : “Ah, c’est cette partie qui est activée. Qu’est-ce qu’elle a besoin ?” »
Ce changement de regard a été libérateur pour Sarah. Elle a cessé de lutter contre elle-même. Elle a commencé à accueillir ses parties avec curiosité, au lieu de les rejeter.
Un autre piège dans lequel tombent beaucoup de personnes qui souffrent, c’est de croire qu’elles doivent s’en sortir seules. « Je ne veux pas embêter les autres avec mes problèmes », « je dois être forte », « personne ne peut comprendre ». Ce sont des phrases que j’entends tous les jours.
Mais la vérité, c’est que nous sommes des êtres relationnels. Notre cerveau est câblé pour la connexion. Quand on est dans un tunnel, on a tendance à s’isoler – et l’isolement aggrave la souffrance. C’est un cercle vicieux.
C’est là qu’intervient l’Intelligence Relationnelle, une approche que j’intègre dans mon accompagnement. Elle repose sur plusieurs principes simples :
Avec Sarah, on a travaillé sur sa relation avec son conjoint. Elle réalisait qu’elle lui en voulait de ne pas l’aider à la maison, mais qu’elle n’avait jamais exprimé clairement son besoin. Elle attendait qu’il devine, et il ne devinait pas. Classique, non ?
On a fait un exercice simple : en séance, je lui ai proposé de répéter une phrase qu’elle pourrait dire à son mari : « J’ai besoin de ton aide. Pas parce que je suis faible, mais parce qu’on est une équipe. » Elle a pleuré en la disant. « Je n’ai jamais osé dire ça. J’ai toujours fait semblant de tout gérer. »
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à recevoir. Beaucoup de personnes qui aident les autres (les « sauveurs », les « performeurs ») sont très mauvaises pour recevoir de l’aide. Elles se sentent redevables, ou vulnérables. Pourtant, laisser l’autre prendre soin de vous, c’est lui offrir un cadeau : celui de la confiance.
Sarah a commencé à accepter l’aide de son mari, à déléguer, à dire « non » à certaines sollicitations professionnelles. Et elle a découvert que le monde ne s’écroulait pas. Au contraire, elle se sentait plus légère.
Je veux être très clair : l’hypnose n’est pas une solution universelle. Elle ne remplace pas un traitement médical, un suivi psychiatrique, ou des changements concrets dans votre vie. Si vous êtes en dépression sévère, si vous avez des idées suicidaires, si vous vivez un traumatisme majeur, l’hypnose seule ne suffira pas. Il faut un accompagnement pluridisciplinaire.
De plus, l’hypnose ne va pas vous transformer en quelqu’un d’autre. Si vous êtes introverti, vous ne deviendrez pas extraverti. Si vous avez des croyances profondément ancrées (par exemple, « je ne mérite pas d’être heureux »), il faudra du temps et de la pratique pour les modifier. L’hypnose accélère le processus, mais elle ne le court-circuite pas.
Ce que l’hypnose fait, c’est :
Mais le travail, c’est vous qui le faites. Entre les séances, vous expérimentez, vous notez, vous essayez de nouvelles façons d’être. Je suis un guide, pas un magicien.
Peut-être que vous lisez cet article et que vous vous reconnaissez dans le parcours de Sarah. Peut-être que vous êtes dans un tunnel, vous aussi. Mais vous hésitez à franchir le pas. C’est normal. Beaucoup de personnes attendent des mois, voire des années, avant de consulter.
Voici quelques signes qui peuvent vous indiquer qu’il est temps d’envisager un accompagnement :
Si plusieurs de ces points résonnent en vous, alors oui, c’est peut-être le moment. Et ce n’est pas grave si vous avez peur. La peur est une partie qui vous protège. On peut travailler avec elle.
Sarah est venue me voir pendant environ six mois, à raison d’une séance toutes les deux ou trois semaines. Aujourd’hui, elle va bien. Elle n’est pas devenue une autre personne – elle a toujours son perfectionnisme, mais il est moins bruyant. Elle a toujours sa sensibilité, mais elle ne la vit plus comme une faiblesse.
Ce qu’elle a gagné, c’est :
La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a dit : « Je ne suis plus dans le tunnel. Je ne dis pas que tout est parfait, mais je sais que si je retombe, j’ai les outils pour remonter. »
C’est ça, le vrai changement. Ce n’est pas d’atteindre un état de bonheur permanent (ça n’existe pas). C’est de savoir que vous avez des ressources en vous, et que vous pouvez compter sur elles.
« L’hypnose ne vous donne pas une vie sans problème. Elle vous donne une vie où vous avez des solutions intérieures. »
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous cherche une issue. Peut-être que vous n’êtes pas prêt à prendre rendez-vous, et c’est OK. Voici trois choses simples que vous pouvez
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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