3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des gestes concrets pour calmer le système nerveux.
Vous avez probablement déjà ressenti cette sensation : une tension qui s’installe dans votre corps sans raison apparente, un sentiment d’alerte permanent, une difficulté à vous détendre même quand tout va bien. Peut-être que vous sursautez au moindre bruit, que vous avez du mal à trouver le sommeil, ou que votre mâchoire est serrée sans que vous vous en rendiez compte. Ce n’est pas de la faiblesse, et vous n’êtes pas seul. Ce sont les traces d’un système nerveux qui a été mis à rude épreuve, et qui continue de fonctionner comme si le danger était encore là.
Je vois cela tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui viennent me voir pour de l’anxiété, de l’insomnie, des douleurs chroniques ou une fatigue inexplicable. Derrière ces symptômes, il y a souvent un corps qui porte la mémoire d’un événement difficile – un accident, une séparation brutale, un stress prolongé au travail, ou un traumatisme plus ancien. Votre corps n’a pas oublié, même si votre esprit voudrait passer à autre chose. Et c’est précisément par le corps qu’il faut commencer pour apaiser ces tensions.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014. J’accompagne des adultes en souffrance via l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Je travaille aussi comme préparateur mental sportif pour des coureurs et des footballeurs. Dans tous ces contextes, une chose revient sans cesse : la nécessité de calmer le système nerveux pour pouvoir avancer. Aujourd’hui, je vais vous partager trois exercices concrets que vous pouvez faire chez vous, sans matériel, pour apaiser un corps traumatisé.
Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique si la souffrance est profonde, mais ils vous donnent des outils pour reprendre pied quand tout semble trop lourd. Ils sont simples, accessibles, et ils ont aidé beaucoup des personnes que je reçois. Alors, prenez un moment pour vous, et laissez-vous guider.
Avant de plonger dans les exercices, il est important de comprendre ce qui se passe dans votre corps. Quand vous vivez un événement traumatique – que ce soit un choc unique ou un stress répété – votre système nerveux active une réponse de survie. C’est ce qu’on appelle la réponse « combat-fuite-immobilisation ». Votre corps se prépare à se défendre, à fuir ou à faire le mort. C’est normal, c’est même vital.
Le problème, c’est que parfois, cette réponse ne s’éteint pas complètement après l’événement. Votre système nerveux reste en mode « alerte », comme si le danger était encore présent. Vous passez votre journée avec un fond d’anxiété, vous êtes irritable, vous avez du mal à vous concentrer, ou au contraire, vous vous sentez engourdi, déconnecté de vous-même et des autres. C’est ce que les spécialistes appellent un système nerveux dysrégulé.
« Le traumatisme n’est pas ce qui vous est arrivé, mais ce qui se passe à l’intérieur de vous en conséquence. » – Gabor Maté
Votre corps a besoin de signaux de sécurité pour apprendre à se calmer. Et ces signaux, vous pouvez les créer. Les trois exercices que je vais vous présenter sont conçus pour envoyer à votre système nerveux le message que vous êtes en sécurité maintenant. Ils agissent directement sur le nerf vague, un acteur clé de la régulation émotionnelle, et sur votre capacité à vous ancrer dans le moment présent.
L’un des premiers signes d’un système nerveux dysrégulé, c’est cette sensation de flotter, d’être déconnecté de votre corps ou de votre environnement. Vous pouvez avoir l’impression d’être dans un brouillard, ou au contraire, d’être submergé par des sensations désagréables. L’ancrage sensoriel est un exercice simple pour ramener votre attention dans l’instant présent, en utilisant vos cinq sens.
Comment le pratiquer :
Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat sur le sol. Posez vos mains sur vos cuisses. Prenez une respiration lente, sans forcer. Puis, commencez à observer votre environnement avec vos sens, un par un.
Cet exercice prend moins de deux minutes. Vous pouvez le faire debout, assis, ou même allongé. L’idée n’est pas de supprimer les sensations désagréables, mais de créer un contrepoids. En ancrant votre attention dans le présent sensoriel, vous donnez à votre cerveau un message clair : « Je suis ici, maintenant, et tout va bien. »
Pourquoi ça marche ? L’ancrage sensoriel sollicite les régions de votre cerveau impliquées dans la perception du moment présent. Cela active le cortex préfrontal, votre « chef d’orchestre », et réduit l’activité de l’amygdale, le centre de l’alerte. C’est une façon de dire à votre système nerveux : « Il n’y a pas de danger immédiat, tu peux baisser la garde. »
Je vois souvent des personnes qui pratiquent cet exercice matin et soir, ou dès qu’elles sentent la montée d’anxiété. Certaines l’utilisent avant une réunion difficile ou un rendez-vous stressant. Il ne résout pas le problème de fond, mais il vous offre une pause, un espace de calme dans la tempête.
La respiration est un pont direct entre votre corps et votre système nerveux. Quand vous êtes stressé, votre respiration devient rapide et superficielle. En modifiant volontairement votre rythme respiratoire, vous pouvez envoyer un signal de sécurité à votre cerveau. La respiration en boîte est une technique utilisée par les sportifs de haut niveau, les militaires, mais aussi par des personnes comme vous qui cherchent à apaiser un corps traumatisé.
Comment le pratiquer :
Asseyez-vous ou allongez-vous confortablement. Fermez les yeux si vous le souhaitez. Imaginez un carré, ou une boîte. Chaque côté de la boîte correspond à une phase de la respiration : inspiration, rétention, expiration, rétention.
Répétez ce cycle 4 à 5 fois. Si 4 secondes est trop long pour vous, commencez par 3 secondes, ou même 2. L’important est de trouver un rythme qui vous semble confortable, pas de vous mettre en difficulté.
« Lorsque vous contrôlez votre respiration, vous contrôlez votre esprit. » – Sagesse traditionnelle
Pourquoi ça marche ? La respiration en boîte active le nerf vague, qui est le chef d’orchestre du système nerveux parasympathique – celui qui vous aide à vous détendre et à digérer. En ralentissant votre rythme respiratoire, vous augmentez la variabilité cardiaque, un indicateur de bonne santé et de capacité à rebondir après le stress. C’est comme un bouton « reset » pour votre système nerveux.
Une de mes patientes, une femme de 42 ans qui avait vécu un accident de voiture traumatisant, utilisait cette technique chaque fois qu’elle devait reprendre le volant. Au début, elle faisait 3 cycles, puis elle est montée à 5. Après quelques semaines, elle m’a dit : « Je ne dirais pas que c’est devenu facile, mais je ne suis plus en panique. Je peux conduire sans avoir l’impression que mon cœur va exploser. » La respiration en boîte ne guérit pas le traumatisme, mais elle vous donne un levier concret pour apaiser la tempête intérieure.
Vous pouvez pratiquer cet exercice n’importe où : dans les transports, au bureau, avant de vous endormir. Essayez de le faire régulièrement, même quand vous êtes calme, pour que votre système nerveux apprenne ce nouveau rythme. C’est comme un entraînement : plus vous pratiquez, plus votre corps devient habile à se calmer.
Le traumatisme peut vous couper de votre corps. Vous pouvez ignorer vos sensations, ou au contraire, être submergé par elles. Le scan corporel est une pratique de pleine conscience qui vous aide à renouer avec votre corps de manière douce et non jugeante. Il ne s’agit pas de changer quoi que ce soit, mais simplement de porter votre attention sur chaque partie de votre corps, une à une.
Comment le pratiquer :
Allongez-vous sur le dos, les bras le long du corps, les jambes légèrement écartées. Fermez les yeux. Prenez trois respirations lentes pour vous installer. Ensuite, portez votre attention sur vos pieds. Ne cherchez pas à les bouger ou à les modifier. Sentez simplement les sensations : la chaleur, le froid, les fourmillements, le contact avec le sol. Peut-être ne sentez-vous rien, et c’est très bien aussi. Restez 20 à 30 secondes sur vos pieds.
Puis, remontez lentement :
Prenez ensuite un moment pour ressentir votre corps dans son ensemble, comme une présence unifiée. Restez ainsi une minute ou deux, avant de revenir doucement.
Pourquoi ça marche ? Le scan corporel vous apprend à habiter votre corps sans le fuir ni le combattre. Pour les personnes traumatisées, certaines zones peuvent être « gelées » ou engourdies. En y portant une attention bienveillante, vous permettez à la circulation énergétique et émotionnelle de se rétablir progressivement. C’est un processus de réconciliation avec votre corps.
« Le corps n’oublie pas. Mais il peut apprendre à se souvenir en sécurité. »
Une de mes patientes, un homme de 35 ans qui avait subi un burn-out, trouvait le scan corporel très difficile au début. Dès qu’il portait attention à sa poitrine, il ressentait une oppression. Je l’ai invité à ne pas forcer, à simplement remarquer la sensation, et à respirer doucement autour. Au fil des semaines, l’oppression a changé. Elle est devenue moins intense, puis a fini par disparaître. Le scan corporel ne l’a pas guéri du burn-out, mais il lui a redonné un accès à son corps, qu’il avait complètement perdu.
Si vous sentez des émotions fortes pendant cet exercice – tristesse, colère, peur – c’est normal. Vous n’êtes pas obligé de rester sur une zone qui vous met mal à l’aise. Déplacez votre attention ailleurs, ou ouvrez les yeux. L’idée n’est pas de souffrir, mais de renouer en douceur.
Ces trois exercices sont des outils, pas des solutions miracles. Leur efficacité dépend de votre régularité. Voici quelques conseils pour les intégrer en douceur :
Je ne vous dirai pas que ces exercices vont effacer votre passé ou guérir un traumatisme profond. Ce que je sais, c’est qu’ils peuvent faire une différence significative dans votre quotidien. Ils vous redonnent un peu de contrôle, un espace de répit, une façon de dire à votre corps : « Je suis là pour toi, et nous allons y arriver ensemble. »
Il est possible que ces exercices vous apportent un soulagement partiel, mais que vous sentiez que quelque chose de plus profond résiste. C’est compréhensible. Le traumatisme n’est pas qu’une affaire de système nerveux : il implique aussi des croyances, des émotions enfouies, des parties de vous qui ont été blessées et qui ont besoin d’être entendues.
Si vous êtes dans cette situation, je vous invite à consulter un professionnel formé aux approches somatiques ou aux thérapies du traumatisme. L’hypnose ericksonienne, par exemple, peut vous aider à accéder à des ressources intérieures que vous ne soupçonnez pas. L’IFS (Internal Family Systems) permet de dialoguer avec les parts de vous qui portent la douleur et la protection. L’Intelligence Relationnelle, elle, vous aide à restaurer la connexion avec vous-même et avec les autres.
« Le traumatisme est une blessure de la connexion. La guérison passe par la reconnexion. »
Dans mon cabinet à Saintes, j’accompagne des personnes qui
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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