PsychologieTrauma Et Resilience

5 signes que vous avez déjà de la résilience

Repérez vos ressources cachées pour mieux les utiliser.

TSThierry Sudan
25 avril 202612 min de lecture

Vous venez de vivre une période difficile. Un deuil, une rupture, un burn-out, ou peut-être un échec professionnel qui vous a laissé un goût amer. Et pourtant, vous êtes là, debout, à lire ces lignes. Vous ne vous sentez peut-être pas spécialement fort ou courageux. Vous avez même l’impression d’avoir traversé cette épreuve en serrant les dents, sans vraiment de choix. Mais le simple fait que vous cherchiez à comprendre ce qui s’est passé, à mettre des mots sur votre vécu, est déjà un signe que quelque chose en vous tient bon.

La résilience, ce mot un peu pompeux qu’on entend partout, n’est pas un super-pouvoir réservé à une élite. Ce n’est pas non plus une capacité à encaisser sans broncher, à sourire quand tout va mal. En réalité, la résilience, c’est cette force discrète qui vous permet de continuer à vivre, à aimer, à travailler, même après avoir été secoué. Et le plus souvent, vous l’avez déjà, sans même le savoir. Vous l’avez sûrement déjà utilisée, peut-être sans la nommer.

Dans mon cabinet à Saintes, je vois passer des adultes qui arrivent en disant : « Je n’y arrive plus, je suis fragile, je n’ai aucune force. » Et puis, au fil des séances, je les aide à repérer les signes qu’ils ont déjà de la résilience. Ils sont souvent surpris. Parce que la résilience, ça ne se voit pas toujours de l’extérieur. Ça peut être un geste quotidien, une pensée qui revient, une habitude bizarre. Alors, pour vous aider à voir ce qui est déjà là, je vous propose de repérer ces cinq signes. Si vous en reconnaissez un ou deux, c’est que vous êtes plus solide que vous ne le pensez.


1. Vous avez gardé une routine, même minimaliste

Quand tout s’effondre, la première chose qui part, c’est souvent la structure. On arrête de se lever à heure fixe, on saute des repas, on laisse le linge s’accumuler. C’est normal, c’est la survie. Mais si vous avez réussi à maintenir ne serait-ce qu’un petit rituel quotidien — boire un café le matin, promener le chien, faire votre lit, ou même juste vous brosser les dents avant de dormir —, c’est un signe fort.

Je pense à un patient, appelons-le Marc. Il était venu après un divorce difficile. Il me disait : « Je suis nul, je n’arrive même pas à cuisiner, je mange des pâtes tous les soirs. » On a creusé un peu. En fait, il allait courir tous les matins, même quand il pleuvait. Il ne voyait pas ça comme un exploit. Pour lui, c’était juste une habitude. Mais c’était précisément cette habitude qui maintenait une ancre dans sa journée. Sans elle, il serait resté au lit, submergé.

La routine, même minimaliste, est un signal que votre cerveau envoie à votre corps : « On continue. Il y a encore un ordre dans le chaos. » Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un pilier. Si vous avez gardé un rituel, même inconsciemment, c’est que vous avez activé une forme de résilience. Vous avez trouvé un point fixe dans la tempête. Et ça, c’est précieux.

Alors, la prochaine fois que vous vous dites « Je n’ai rien fait de ma journée », repensez à ce petit geste. Ce n’est pas rien. C’est une bouée.


2. Vous avez encore de la curiosité pour quelque chose

La résilience, ce n’est pas seulement tenir. C’est aussi la capacité à rester ouvert au monde, même quand on a mal. La curiosité, c’est ce qui nous pousse à regarder une série, à lire un article, à demander des nouvelles d’un ami, ou à essayer une nouvelle recette. Quand on est en souffrance, la curiosité peut sembler inaccessible. On se referme. On n’a plus envie de rien. Alors, si vous ressentez encore ne serait-ce qu’une étincelle d’intérêt pour quelque chose — un film, un hobby, une discussion —, c’est un signe que votre résilience est active.

J’ai reçu une patiente, Sophie, qui venait de perdre son emploi après vingt ans dans la même boîte. Elle était anéantie. Pendant les premières séances, elle ne parlait que de son chômage, de son sentiment d’inutilité. Mais un jour, elle a mentionné qu’elle avait commencé à regarder des documentaires sur la permaculture. « C’est idiot, je ne ferai jamais ça », a-t-elle dit. Mais ce n’était pas idiot. C’était une porte entrouverte. La curiosité, même pour un sujet apparemment anodin, est un mécanisme de survie psychologique. Elle vous sort de l’obsession de la douleur.

Cette curiosité, elle peut prendre des formes modestes : vous vous êtes surpris à regarder une vidéo sur YouTube, vous avez feuilleté un magazine chez le coiffeur, vous avez posé une question à un collègue sur son week-end. Ce sont des micro-mouvements vers le dehors. Ils montrent que vous n’êtes pas complètement enfermé dans votre souffrance. Vous laissez encore entrer un peu d’air.

La curiosité est une fenêtre que vous gardez ouverte, même quand la tempête fait rage. Ce n’est pas une fuite, c’est une respiration.

Si vous avez encore de la curiosité, même infime, c’est que votre esprit refuse de se laisser enfermer. C’est une forme d’espoir discret. Et l’espoir, c’est le carburant de la résilience. Alors, ne méprisez pas ces petits intérêts. Ils sont des indicateurs précieux.


3. Vous avez accepté de l’aide, même à contrecœur

L’un des mythes les plus tenaces sur la résilience, c’est qu’elle serait une affaire individuelle. On imagine le héros solitaire qui se relève tout seul. Dans la réalité, la résilience est presque toujours relationnelle. Elle se construit avec les autres. Et l’un des signes les plus forts que vous avez déjà de la résilience, c’est d’avoir accepté de l’aide.

Je ne parle pas forcément d’une thérapie. Ça peut être d’avoir laissé un ami vous préparer un repas, d’avoir accepté que votre mère garde les enfants un week-end, d’avoir dit oui à une proposition de sortie, même si vous n’en aviez pas envie. Beaucoup de personnes que je reçois me disent : « Je n’aime pas demander de l’aide, je me sens faible. » Mais en réalité, accepter de l’aide est un acte de force. Cela demande de reconnaître sa vulnérabilité, et de faire confiance à l’autre.

Un patient, Antoine, était ingénieur et avait l’habitude de tout gérer seul. Après un burn-out, il a refusé l’aide de ses collègues, puis de sa femme. Il s’enfonçait. Un jour, il a fini par accepter que sa femme l’accompagne à un rendez-vous médical. Ce n’était pas grand-chose, mais pour lui, c’était un pas de géant. Il m’a dit : « J’ai eu l’impression de perdre le contrôle. » Mais en réalité, il a gagné en résilience. Il a laissé l’autre entrer dans sa fragilité.

Si vous avez accepté de l’aide, même à contrecœur, même en maugréant, vous avez déjà utilisé une ressource essentielle : la connexion humaine. Vous avez fait le pari que l’autre pouvait vous porter un moment. Et ça, c’est un signe de résilience. La résilience n’est pas une forteresse, c’est un réseau de racines qui s’entrelacent. Si vous avez laissé quelqu’un s’approcher, vous avez déjà planté ces racines.


4. Vous avez trouvé un sens, même partiel, à ce qui vous arrive

Quand on traverse une épreuve, une question revient souvent : « Pourquoi moi ? » ou « À quoi ça sert ? ». C’est une question douloureuse, parce qu’elle n’a pas toujours de réponse. Mais parfois, sans même s’en rendre compte, on commence à esquisser un sens. On se dit : « Peut-être que ça m’a appris quelque chose », ou « Peut-être que ça me permettra d’aider d’autres personnes ». Cette quête de sens, même partielle, est un signe de résilience.

Je pense à une patiente, Claire, qui avait vécu un accident de voiture grave. Elle avait passé des mois en rééducation. Elle était en colère, triste, et se demandait pourquoi ce jour-là, pourquoi elle. Puis, un jour, elle a commencé à parler avec une autre personne accidentée dans la salle d’attente. Elle a réalisé qu’elle pouvait comprendre cette personne d’une manière unique. Elle m’a dit : « Je ne dis pas que c’est bien ce qui m’est arrivé, mais si ça peut servir à quelque chose pour quelqu’un d’autre, alors ce n’est pas totalement nul. »

Ce n’est pas une acceptation béate. C’est une tentative de donner un cadre à l’incompréhensible. Le sens n’est pas une vérité absolue, c’est une construction personnelle. Vous pouvez très bien dire : « Je ne comprends pas, mais je choisis de croire que cela m’a rendu plus fort. » Ou même : « Je ne sais pas à quoi ça sert, mais je vais essayer d’en faire quelque chose. » Ce petit pas vers le sens est un mécanisme de résilience bien documenté. Il permet de ne pas rester prisonnier de la douleur brute.

Si vous avez déjà eu cette pensée — « peut-être que ça a du sens, un jour » —, même fugace, c’est que vous avez activé une ressource intérieure. Vous ne vous êtes pas contenté de subir. Vous avez commencé à tisser une histoire. Et une histoire, ça se raconte, ça se partage, ça se transforme. C’est la base de la résilience narrative.


5. Vous avez encore la capacité de ressentir, même la douleur

Cela peut paraître contre-intuitif, mais l’un des plus grands signes de résilience, c’est la capacité à ressentir encore. Beaucoup de personnes qui viennent me voir croient que la résilience, c’est ne plus souffrir. Elles veulent « passer à autre chose », « oublier », « ne plus y penser ». Mais en réalité, la résilience n’est pas l’absence de douleur. C’est la capacité à rester en contact avec elle sans se laisser détruire.

Si vous ressentez encore de la tristesse, de la colère, de la peur, ou même de l’espoir, c’est que vous n’êtes pas anesthésié. Vous êtes vivant. La douleur est un signal. Elle vous dit que quelque chose a été important, que quelque chose a été blessé. La résilience, ce n’est pas d’ignorer ce signal, mais de l’écouter, de le nommer, et de le laisser passer.

Un patient, Philippe, avait perdu son père. Il disait : « Je ne pleure pas, je suis fort. » Mais il avait des insomnies, des maux de dos, des crises d’angoisse. Il avait refoulé sa tristesse. Quand on a commencé à travailler, il a fini par pleurer en séance. Il s’est excusé : « Je suis désolé, je suis faible. » Je lui ai dit : « Non, vous êtes en train de faire preuve de résilience. Vous laissez la douleur exister. » Et c’est vrai. Pleurer, c’est une libération. C’est un acte de courage.

La résilience ne consiste pas à ne pas tomber, mais à se relever en sachant qu’on est tombé. Ressentir la douleur, c’est accepter la réalité de la chute.

Si vous êtes encore capable de ressentir — que ce soit de la colère contre l’injustice, de la tristesse pour ce que vous avez perdu, ou même de la joie pour un petit plaisir —, c’est que votre système émotionnel fonctionne. Vous n’êtes pas brisé. Vous êtes en deuil, en colère, en reconstruction. Et tout cela est un signe de santé psychologique. La vraie fragilité, ce serait de ne plus rien ressentir du tout. Alors, si vous ressentez, même mal, c’est que vous êtes en vie. Et la vie, c’est la matière première de la résilience.


Alors, que faire maintenant ?

Vous avez peut-être reconnu un ou deux de ces signes en vous. Peut-être même les cinq. Si c’est le cas, prenez un instant pour les accueillir. Pas pour vous féliciter, mais simplement pour constater : « Voilà, j’ai déjà des ressources. Je ne pars pas de zéro. » C’est un point de départ.

Souvent, on attend de se sentir fort pour agir. Mais c’est l’inverse : c’est en agissant qu’on se sent fort. La résilience n’est pas un état, c’est un processus. Elle se nourrit de ces petits signes. Alors, voici ce que vous pouvez faire maintenant, tout de suite, sans attendre :

  1. Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone et écrivez un seul signe que vous avez reconnu. Par exemple : « J’ai encore de la curiosité pour les documentaires » ou « J’ai accepté l’aide de ma sœur la semaine dernière ». L’écrire, c’est le rendre réel.

  2. Choisissez un de ces signes et amplifiez-le. Si vous avez une routine, ajoutez-y un petit geste : un verre d’eau le matin, une respiration avant de vous coucher. Si vous avez de la curiosité, accordez-vous 10 minutes pour explorer ce sujet qui vous intéresse. Si vous avez accepté de l’aide, remerciez la personne qui vous a soutenu.

  3. Observez-vous sans jugement. Pendant les prochains jours, soyez attentif à ces moments où vous faites preuve de résilience sans le savoir. Peut-être que vous avez souri à un souvenir, que vous avez cuisiné un plat, que vous avez écouté un ami. Notez-le. C’est votre preuve à vous que vous êtes plus solide que vous ne le croyez.

Et si vous sentez que ces signes sont trop faibles, ou que vous n’en reconnaissez aucun, ne vous inquiétez pas. La résilience n’est pas un test à réussir. Elle peut être endormie, ou masquée par la fatigue. Parfois, on a besoin d’un regard extérieur pour la voir. C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne ou l’IFS peuvent vous aider à déterrer ces ressources enfouies.

Je ne promets pas de vous rendre invincible. Je ne promets pas de supprimer votre douleur. Mais je peux vous accompagner pour que vous puissiez reconnaître ce qui est déjà là, et l’utiliser pour avancer.

Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que vous avez besoin d’un espace pour poser tout ça, je suis là. Pas pour vous « réparer », mais pour vous aider à voir ce que vous ne voyez pas encore. Parce que la résilience, elle est déjà en vous. Parfois, il suffit de quelqu’un pour allumer la lampe.

Prenez soin de vous. Et si vous voulez, on peut en parler ensemble.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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