3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des clés pour transmettre cette force sans pression.
Tu les regardes grandir, et tu aimerais tant les protéger de tout. Des petites peines de récréation aux premières désillusions amoureuses, en passant par les échecs scolaires ou les tensions à la maison, tu sais que la vie ne sera pas un long fleuve tranquille pour tes enfants. Alors, tu te demandes : comment faire pour qu’ils aient la force de traverser les tempêtes sans se briser ? Comment leur donner cette fameuse « résilience » dont tout le monde parle, sans les mettre sous pression ou en faire des petits soldats endurcis ?
Je vois régulièrement des parents arriver dans mon cabinet, à Saintes, avec cette même inquiétude. Ils ont lu des articles, écouté des podcasts, et ils ont l’impression qu’il faudrait cocher une liste de cases pour que leur enfant devienne invincible. Mais la résilience, ce n’est pas un muscle à faire gonfler à la salle de sport. C’est plus subtil. C’est une qualité qui se cultive dans le lien, dans la sécurité, et surtout dans la manière dont on accueille les difficultés. Pas dans la manière dont on les évite.
Dans cet article, je vais te partager ce que j’ai appris en accompagnant des adultes qui, justement, n’ont pas eu cette chance étant petits, et ce que j’observe chez les sportifs que je prépare mentalement. Parce que oui, la résilience, ça se travaille, mais pas comme on le croit.
La première chose à comprendre, c’est que la résilience n’est pas une caractéristique innée qu’on aurait ou qu’on n’aurait pas. Boris Cyrulnik, le grand spécialiste du sujet, la définit comme la capacité à rebondir après un traumatisme. Mais pour qu’un enfant puisse rebondir, il a besoin d’un « tuteur de résilience » : une personne, un lieu, une activité qui lui offre un cadre sécurisé pour digérer ce qui lui arrive. Toi, en tant que parent, tu es ce tuteur potentiel. Mais attention, il y a un piège.
Le piège, c’est de vouloir forcer la résilience. Tu as peut-être déjà eu cette réaction : ton enfant tombe à vélo, il pleure, et tu lui dis « Allez, relève-toi, ce n’est rien, tu es fort ! ». Sur le moment, ça semble encourageant. Mais en réalité, tu es en train de lui envoyer un message implicite : « Ce que tu ressens n’est pas valable. Les émotions difficiles, on les dépasse en les ignorant. » À long terme, ça construit une armure, pas une résilience. Une armure, ça protège, mais ça empêche aussi de sentir ce qui se passe à l’intérieur. Et un jour, elle craque.
Je reçois des adultes qui ont été ces « enfants forts ». Ceux à qui on a dit qu’il ne fallait pas pleurer, qu’il fallait serrer les dents. Ils ont développé une belle carapace, mais derrière, ils sont épuisés, anxieux, et ils n’osent pas demander de l’aide. Leur résilience était un leurre : ils tenaient debout parce qu’ils avaient appris à s’effondrer tout seuls, dans le silence.
Alors, le premier geste pour aider ton enfant à devenir résilient, c’est de ne pas essayer de le rendre résilient. C’est de l’autoriser à ne pas l’être sur le moment.
La résilience, ce n’est pas l’absence de souffrance, c’est la présence d’un lien qui permet de la traverser.
Tu es le modèle principal de ton enfant, même quand tu ne fais pas exprès de lui montrer l’exemple. Il t’observe en permanence, surtout dans les moments où tu crois qu’il ne regarde pas. Ta manière de réagir face à un imprévu, une contrariété, un échec, c’est ça qui va graver en lui un script émotionnel.
Prenons un exemple concret. Tu es au volant, tu es en retard, et quelqu’un te fait une queue de poisson. Tu lâches un juron, tu serres les dents, tu klaxonnes. Ton enfant est à l’arrière, il ne dit rien. Mais il enregistre : « Quand quelque chose ne va pas, on s’énerve, on est tendu, on ne peut pas réguler ça calmement. » Le lendemain, à l’école, il rate un exercice de maths. Il va peut-être reproduire cette réaction : colère, frustration, abandon. Il n’a pas appris une autre voie.
Inversement, si tu peux dire à voix haute : « Là, je suis contrarié, ce conducteur m’a fait peur. Mais ça va passer, je vais prendre une grande respiration et on va arriver en sécurité », tu lui offres un modèle de régulation émotionnelle. Tu ne caches pas ton émotion — c’est important — mais tu montres que tu peux l’accueillir sans qu’elle te submerge.
Je sais que c’est difficile. Parfois, tu es toi-même sous pression, fatigué, et tu n’as pas la patience de faire cet effort. C’est humain. Mais ce que je te propose, c’est de commencer par une petite chose : quand tu sens que tu vas réagir « à chaud », prends trois secondes. Juste trois secondes avant de parler ou d’agir. Ça suffit à casser le réflexe et à montrer à ton enfant qu’il y a un espace entre le stimulus et la réponse. Dans cet espace, il y a la liberté de choisir. Et cette liberté, c’est le terreau de la résilience.
Un de mes clients, préparateur mental pour des footballeurs, m’a raconté un jour que son fils de 8 ans avait perdu un match important et était effondré. Lui, d’instinct, il a voulu lui faire un discours de motivation : « La défaite, ça forge le caractère, tu apprendras de tes erreurs, etc. » Mais il s’est arrêté. Il s’est assis à côté de lui et a dit simplement : « Je vois que tu es déçu. Moi aussi, ça m’arrive d’être déçu après un match perdu. Tu veux qu’on en parle ou tu préfères qu’on reste silencieux un moment ? » Son fils a fini par lui dire qu’il avait peur d’avoir déçu son entraîneur. Et ils ont pu en parler. Le garçon n’est pas devenu « résilient » ce soir-là, mais il a appris que son père pouvait contenir sa peine. Et ça, c’est la base.
Si tu veux poser des fondations solides, il y a trois choses que tu peux cultiver au quotidien, sans même avoir à faire de grands discours. Ce sont des piliers que je retrouve systématiquement chez les personnes qui ont réussi à traverser des épreuves difficiles, et aussi chez les sportifs de haut niveau qui rebondissent après une blessure ou une défaite cuisante.
1. La sécurité de base : l’attachement sécurisé Avant de pouvoir affronter le monde, un enfant a besoin de savoir qu’il a un port d’attache. Cela ne veut pas dire être parfait ou disponible 24h/24. Cela veut dire que quand il revient vers toi, après une tempête émotionnelle, tu es là. Pas pour résoudre le problème à sa place, mais pour l’accueillir tel qu’il est.
Si ton enfant se fait rejeter par un copain, tu n’as pas besoin d’appeler les parents du copain ou de lui organiser une nouvelle activité pour le distraire. Tu as juste besoin de dire : « C’est dur, je suis là. » Et de rester présent, sans chercher à effacer sa tristesse. Cette présence inconditionnelle construit une confiance interne : « Je peux tomber, je sais que quelqu’un me rattrapera. » Avec le temps, cette confiance devient une voix intérieure : « Je peux tomber, je sais que je peux me relever. »
2. Le sentiment de compétence : l’autonomie progressive La résilience, c’est aussi la certitude qu’on a une capacité d’agir sur sa vie. Pour qu’un enfant développe cette certitude, il a besoin de vivre des expériences où il réussit par lui-même. Pas des réussites imposées ou des victoires faciles, mais des petits défis adaptés à son âge.
Concrètement, ça veut dire : le laisser ranger son cartable tout seul, même si c’est mal fait. Le laisser gérer un petit conflit avec son frère ou sa sœur avant d’intervenir. Le laisser choisir son dessert ou son activité du mercredi, et en assumer les conséquences. Ces micro-décisions lui disent : « Tu es capable. Tu as du pouvoir sur ta vie. » Et quand un vrai coup dur arrive (un échec scolaire, une exclusion), cette petite voix intérieure lui rappelle : « J’ai déjà surmonté des choses. Je peux le refaire. »
3. Le récit : la capacité à donner du sens Ce qui différencie ceux qui s’effondrent de ceux qui rebondissent, c’est souvent la narration qu’ils construisent autour de l’événement. Un enfant qui vit une épreuve peut se raconter deux histoires : « Je suis nul, ça arrive toujours à moi, je n’y arriverai jamais » ou « Cette fois, c’était dur, mais j’ai appris quelque chose, et la prochaine fois je ferai différemment ».
Tu peux l’aider à construire ce second récit, non pas en lui disant ce qu’il doit penser, mais en posant des questions ouvertes. Après une dispute avec un copain, tu peux demander : « Qu’est-ce qui s’est passé selon toi ? Qu’est-ce que tu aurais aimé qui se passe différemment ? Qu’est-ce que tu as appris sur toi dans cette histoire ? » Ces questions l’aident à prendre du recul et à transformer une expérience douloureuse en apprentissage, sans nier la douleur.
Un jour, dans mon cabinet, une mère m’a raconté que sa fille de 10 ans avait été victime de moqueries à l’école parce qu’elle portait des lunettes. Elle était rentrée en pleurs. La mère, au lieu de la consoler immédiatement ou de contacter l’école, a dit : « Je vois que tu es triste. Est-ce que tu veux qu’on invente une super-pouvoir que tes lunettes te donnent ? » La fille a souri, et elles ont passé l’après-midi à imaginer que ses lunettes lui permettaient de voir les émotions des gens. Ce petit jeu n’a pas effacé la moquerie, mais il a permis à l’enfant de se réapproprier son histoire. Elle est devenue l’héroïne de son propre récit, pas la victime.
Tu vas probablement te reconnaître dans certaines de ces erreurs, et c’est normal. Personne n’est un parent parfait, et ce n’est pas le but. Le but, c’est d’être conscient, pour pouvoir ajuster le tir quand tu sens que tu dérapes.
Erreur n°1 : Le sur-protection. Tu veux éviter à ton enfant toute frustration. Tu anticipes ses besoins, tu résous ses problèmes, tu interviens dès qu’il montre un signe de difficulté. Le problème, c’est que tu lui enlèves la chance de développer sa propre capacité à faire face. Il devient dépendant de toi pour réguler ses émotions. À l’adolescence ou à l’âge adulte, il risque de ne pas savoir gérer un refus, un échec ou un conflit. La surprotection n’est pas de l’amour, c’est de la peur déguisée.
Erreur n°2 : La comparaison. « Regarde ton frère, lui il a eu 18/20. » « Ta sœur, elle ne pleure pas pour si peu. » La comparaison, même positive, installe un sentiment de ne pas être à la hauteur. L’enfant apprend à se mesurer aux autres plutôt qu’à lui-même. Sa résilience devient conditionnelle : il n’est fort que s’il est meilleur que les autres. Et ça, c’est une pression intenable.
Erreur n°3 : L’injonction à la positivité. « Allez, souris, ce n’est pas si grave. » « Pense à tout ce que tu as, plutôt qu’à ce qui ne va pas. » Ce type de phrases nie l’émotion réelle. L’enfant apprend à cacher ce qu’il ressent pour ne pas te décevoir ou pour être accepté. Il développe une « fausse résilience » de façade, mais à l’intérieur, les émotions non traitées s’accumulent. Un jour, elles explosent sous forme d’anxiété, de sommeil perturbé ou de comportements d’évitement.
Comment éviter ces erreurs sans culpabiliser ? Déjà, respire. Si tu les as commises, ce n’est pas irréversible. Les enfants sont incroyablement adaptables et réceptifs aux changements de nos comportements. L’important, ce n’est pas d’être parfait, c’est d’être présent et de t’excuser quand tu dérapes. Un parent qui dit : « Je suis désolé, j’ai voulu te protéger mais je t’ai empêché d’apprendre. La prochaine fois, je te laisserai essayer tout seul, et je serai là si tu as besoin de moi », ce parent-là enseigne la résilience. Parce qu’il montre qu’on peut se tromper, s’excuser et grandir.
On a souvent tendance à vouloir calmer un enfant qui pleure, à le distraire quand il est en colère, à le rassurer quand il a peur. Et si on changeait de regard ? Et si ces émotions, au lieu d’être des problèmes à résoudre, étaient des messagères à écouter ?
La tristesse, par exemple, permet de faire le deuil de ce qui a été perdu, et de se reconnecter à ce qui compte vraiment. Un enfant qui a le droit d’être triste apprend que la tristesse a une fin, qu’elle n’est pas dangereuse. Il développe une tolérance à l’inconfort émotionnel, ce qui est une compétence clé de la résilience. Les personnes qui n’ont jamais eu le droit d’être tristes deviennent souvent des adultes qui fuient toute forme de tristesse par le travail, les écrans ou les addictions.
La colère, elle, est un signal d’alarme. Elle dit : « Une limite a été franchie, quelque chose ne va pas. » Un enfant qui peut exprimer sa colère sans être puni ou jugé apprend à poser ses limites et à se faire respecter. C’est le fondement de l’affirmation de soi. Si tu lui dis tout le temps « Calme-toi, ce n’est pas grave », tu lui apprends à avaler sa colère, et elle ressortira ailleurs, souvent de manière plus destructrice.
La peur, enfin, est une émotion de protection. Elle dit : « Attention, danger. » Un enfant qui a peur a besoin de sécurité, mais pas forcément d’être rassuré par une parole. Parfois, il a juste besoin que tu restes calme à côté de lui, que tu reconnaisses sa peur sans la minimiser. « Je vois que tu as peur d’aller chez le dentiste. Moi aussi, ça me fait peur parfois. On va y aller ensemble, et je resterai avec toi. » Cette reconnaissance de la peur, sans la nier ni la dramatiser, permet à l’enfant de l’apprivoiser.
Accueillir une émotion, ce n’est pas la résoudre. C’est dire « Je te vois, tu as le droit d’exister, et je reste avec toi. »
Tu te demandes peut-être comment traduire tout ça en gestes concrets. Voici quelque chose que tu peux essayer dès ce soir, sans matériel, sans préparation.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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