3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Transformer le manque en nouvelle énergie de vie.
Tu la sens, cette absence ? Ce vide qui s’installe au creux de ton ventre quand tu penses à elle, à lui, à ce qui n’est plus. Peut-être que c’est un matin, en buvant ton café, que le souvenir te traverse sans prévenir. Un geste, une odeur, une chanson à la radio. Et soudain, le manque te serre la gorge. Tu aimerais que ça s’arrête, que la vie redevienne comme avant. Mais tu sais au fond de toi que rien ne sera jamais plus pareil.
Tu n’es pas seul. Depuis 2014, je rencontre dans mon cabinet à Saintes des hommes et des femmes qui viennent avec cette même douleur, ce même silence intérieur. Certains ont perdu un parent, d’autres un enfant, un conjoint, un ami. Parfois, ce n’est pas une personne : c’est un rêve, un métier, une maison, une santé. Une partie d’eux-même. Le deuil a mille visages. Et toi, aujourd’hui, tu le portes peut-être comme un poids trop lourd.
Je ne vais pas te dire que le temps guérit tout. Ce n’est pas vrai. Le temps, seul, ne fait qu’endormir la douleur, la repousser dans l’ombre. Mais toi, tu peux faire quelque chose de plus grand. Tu peux transformer ce manque en nouvelle énergie de vie. C’est un chemin, pas une recette miracle. Et je vais t’accompagner pas à pas, avec des mots simples et des exemples concrets, pour que tu voies que c’est possible.
Quand on se coupe le doigt, la peau se referme. Une cicatrice reste, mais la douleur s’en va. Le deuil, ce n’est pas ça. Tu as peut-être essayé de « passer à autre chose », de t’occuper l’esprit, de te dire que c’est la vie. Et pourtant, la douleur revient. Parce qu’une perte, ce n’est pas une coupure. C’est une amputation.
Imagine un instant : tu as perdu un être cher. Ce n’est pas juste une absence dans ton environnement. C’est une absence dans la structure même de ton être. Cette personne faisait partie de ta manière de te voir, de te sentir en sécurité, de donner du sens à ton quotidien. Quand elle disparaît, c’est comme si une partie de ton cerveau se retrouvait sans carte. Les chemins neuronaux qui étaient liés à elle sont toujours là, mais ils ne mènent plus nulle part. Alors ils s’activent sans cesse, comme un GPS qui répète « recalcule en cours ».
Je pense à Sophie, une femme d’une quarantaine d’années venue me voir après le décès de son père. Elle me disait : « Je n’arrive plus à prendre de décisions. Même pour un simple repas, je reste bloquée. » Avec l’hypnose ericksonienne, on a exploré ce qui se passait dans son corps quand elle devait choisir. Elle s’est rendu compte que son père était son « référent » intérieur, celui qu’elle consultait mentalement avant chaque choix. Sans lui, elle était perdue. La douleur du deuil, c’est aussi ça : la perte d’un repère.
Le problème, c’est que notre société nous pousse à « guérir » vite. On te dit : « Il faut tourner la page », « La vie continue », « Sois fort ». Mais ce sont des injonctions qui t’éloignent de toi-même. Le deuil n’est pas une maladie à soigner. C’est un processus d’intégration. Tu n’oublieras pas. Tu ne remplaceras pas. Mais tu peux apprendre à vivre avec ce vide, et même à lui donner une nouvelle signification.
L’hypnose que je pratique ne cherche pas à effacer ta mémoire. Elle t’aide à créer un espace intérieur où la douleur peut se poser, être entendue, puis se transformer. C’est un travail de présence, pas d’évitement. Parce que ce que tu fuis grandi dans l’ombre. Ce que tu regardes en face, tu peux le métamorphoser.
« Le deuil n’est pas une maladie à guérir, mais un territoire à habiter. Tu n’as pas à traverser vite fait. Tu as le droit de t’asseoir, de pleurer, de crier. Puis un jour, de te relever et de marcher autrement. »
Tu te demandes peut-être : « L’hypnose, c’est quoi ? Est-ce que je vais perdre le contrôle ? » Je te rassure tout de suite : l’hypnose ericksonienne, c’est l’inverse d’un contrôle extérieur. C’est un état de conscience modifié, un peu comme quand tu es tellement absorbé par un film que tu oublies le temps qui passe. Tu es là, présent, mais ton esprit conscient s’efface doucement pour laisser place à ton inconscient. Et ton inconscient, lui, sait des choses que tu ignores.
Quand tu vis un deuil, ta partie consciente est en surcharge. Elle rumine, elle analyse, elle cherche des solutions. Mais la solution n’est pas dans le mental. Elle est dans la capacité à laisser ton corps et ton esprit profond s’ajuster à la nouvelle réalité. L’hypnose te permet de faire une pause dans ce bavardage intérieur. Elle t’offre un espace de sécurité où tu peux rencontrer ta douleur sans être submergé.
Concrètement, comment ça se passe ? Je vais te guider avec ma voix, des images, des sensations. Par exemple, je pourrais te proposer d’imaginer que ta peine est une rivière. Au début, elle est tumultueuse, elle t’emporte. Puis, progressivement, tu trouves un endroit calme sur la berge. Tu observes la rivière sans te laisser noyer. Ce n’est pas de la fuite. C’est de la présence à distance. C’est apprendre à être avec ce qui est, sans être dévoré.
J’ai accompagné Marc, un coureur amateur qui avait perdu sa femme. Il était venu pour un suivi de préparation mentale, mais très vite, le deuil a pris toute la place. Il me disait : « Quand je cours, je la cherche dans le paysage. Je la sens à côté de moi, mais c’est douloureux. » En hypnose, on a travaillé sur l’idée que sa femme n’était pas seulement dans le passé, mais aussi dans ses jambes, dans son souffle, dans la force qu’il déployait. On a transformé la quête douloureuse en une présence apaisée. Aujourd’hui, quand il court, il sait qu’elle est avec lui, non plus comme un manque, mais comme une inspiration.
L’hypnose ne va pas te faire oublier. Elle va te permettre de réorganiser la manière dont tu portes ta perte. Tu vas pouvoir créer un nouveau lien avec la personne ou la chose perdue. Un lien qui ne soit plus fait de souffrance, mais de gratitude, de tendresse, ou même d’énergie pour avancer. C’est ce que j’appelle la renaissance.
Tu as peut-être remarqué que tu n’es pas toujours en phase avec toi-même. Une partie de toi veut pleurer, une autre te dit de serrer les dents. Une partie voudrait parler de la personne disparue, une autre change de sujet dès qu’on l’évoque. C’est normal. En fait, ton psychisme n’est pas un bloc homogène. C’est un système composé de plusieurs « parts », chacune avec son rôle, sa voix, sa protection.
Je travaille beaucoup avec l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que nous avons tous des parties internes qui se sont formées pour nous protéger. Quand un deuil survient, ces parts peuvent se dérégler. Par exemple, une part « gestionnaire » prend le contrôle pour t’empêcher de t’effondrer. Elle te pousse à t’occuper, à planifier, à être fort. Mais pendant ce temps, une autre part, plus vulnérable, reste enfermée dans la douleur, sans pouvoir être entendue. Et une troisième part, peut-être critique, te dit que tu « ne fais pas bien ton deuil », que tu devrais déjà aller mieux.
Le conflit intérieur te fatigue. Tu passes ton temps à lutter contre toi-même. L’IFS t’apprend à reconnaître ces parts, à les accueillir avec curiosité, sans jugement. Tu découvres que même la part la plus dure, celle qui te pousse à tout contrôler, essaie de t’aider à sa manière. Elle a peur que tu t’effondres, alors elle prend les rênes. Mais quand tu lui montres que tu peux tenir sans elle, elle peut lâcher prise.
Prenons l’exemple de Claire, venue après la perte de son enfant. Elle avait une part « guerrière » qui la poussait à s’investir dans des associations, à aider les autres, à ne jamais s’arrêter. Cette part était épuisée, mais elle avait peur que si Claire s’arrêtait, elle soit submergée par la douleur. En séance, on a invité cette part à se poser, à lui dire : « Je te remercie de m’avoir protégée. Maintenant, je peux tenir seule un moment. » Et c’est là que la part vulnérable a pu émerger, pleurer, être consolée. Claire a retrouvé une énergie qu’elle croyait perdue.
L’IFS, c’est comme devenir un bon parent pour toi-même. Tu apprends à écouter toutes tes parties, à les rassurer, à les intégrer. Et peu à peu, la douleur du deuil n’est plus un ennemi à combattre. Elle devient une messagère. Elle te dit ce dont tu as besoin pour avancer.
Tu pratiques peut-être un sport, ou tu as envie de t’y mettre. Laisse-moi te dire pourquoi c’est une excellente idée dans un processus de deuil. Le sport, ce n’est pas seulement une distraction. C’est un langage corporel qui parle directement à ton système nerveux. Quand tu cours, quand tu frappes dans un ballon, quand tu soulèves une charge, ton corps libère des endorphines et régule ton cortisol. Mais ce n’est pas tout.
Le deuil te met souvent dans une posture d’impuissance. Tu n’as pas pu empêcher la perte. Tu te sens passif, victime des événements. Le sport, c’est l’inverse : c’est un acte volontaire, une reconquête de ton pouvoir d’agir. Chaque foulée, chaque séance, c’est une affirmation : « Je suis encore là. Je peux bouger. Je peux choisir. »
En tant que préparateur mental pour des coureurs et des footballeurs, j’ai vu des athlètes traverser des deuils invisibles : la fin d’une carrière, une blessure qui stoppe tout, une non-sélection. Leur douleur était réelle. Et le sport, paradoxalement, les a aidés à la transformer. Comment ? En créant un rituel. Par exemple, courir le même parcours que tu faisais avec la personne disparue, mais en y mettant une intention nouvelle. Au début, c’est dur. Tu la cherches. Puis, progressivement, tu commences à courir pour toi, avec elle dans ton cœur.
Je me souviens d’un footballeur amateur, Julien, qui avait perdu son père brutalement. Il n’arrivait plus à jouer. Sur le terrain, il voyait son père dans les tribunes. Il se paralysait. On a travaillé sur l’idée que son père n’était plus dans les tribunes, mais dans ses appuis, dans sa vision du jeu, dans sa capacité à lire les trajectoires. On a créé un petit rituel avant chaque match : trois secondes de silence, un geste vers le ciel, et il se rappelait : « Il est en moi, pas au-dessus de moi. » Julien a retrouvé le plaisir de jouer, et il joue mieux qu’avant.
Le sport t’offre un cadre. Un cadre où tu peux déposer ta colère, ta tristesse, ton énergie débordante. Où tu peux ressentir ton corps vivant, alors que la mort te semble partout. Ce n’est pas une solution magique, mais c’est un outil puissant. Si tu ne sais pas par où commencer, commence par marcher. Juste marcher. Et en marchant, pose-toi cette question : « Qu’est-ce que je veux semer sur ce chemin aujourd’hui ? »
Tu as peut-être remarqué que ton rapport aux autres a changé depuis la perte. Certaines personnes t’évitent, par peur de dire une bêtise. D’autres te parlent comme si rien ne s’était passé, ce qui te blesse. Toi-même, tu as peut-être du mal à supporter les conversations légères. Le deuil isole. Mais il peut aussi ouvrir une porte vers une relation plus authentique, si tu oses l’emprunter.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à être en lien avec l’autre tout en restant en lien avec toi-même. Après une perte, cette intelligence peut être mise à rude épreuve. Tu as besoin de parler, mais tu as peur d’ennuyer. Tu as besoin de silence, mais tu as peur de faire fuir. Tu ne sais plus comment être avec les autres sans trahir ta douleur.
Je vais te partager une clé simple : tu n’as pas à porter ton deuil tout seul. Mais tu n’as pas non plus à le cacher. Tu peux apprendre à communiquer tes besoins de manière claire. Par exemple, tu peux dire à un ami : « J’ai envie de passer du temps avec toi, mais j’ai besoin que tu saches que je suis encore fragile. On peut simplement être ensemble, sans parler de la perte si ça te pèse ? » Ou : « Aujourd’hui, j’ai besoin de parler d’elle. Tu es disponible pour m’écouter ? »
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi savoir dire non. Non aux soirées qui te vident. Non aux conversations qui nient ta réalité. Non aux relations qui te demandent de faire semblant. Tu as le droit de poser tes limites. Et plus tu les poses, plus tu te respectes, plus les personnes qui restent sont celles qui peuvent vraiment t’accompagner.
J’ai vu des personnes en deuil développer une profondeur relationnelle qu’elles n’avaient jamais eue. Parce que la perte les a obligées à se confronter à l’essentiel. Elles ne veulent plus perdre de temps dans des relations superficielles. Elles veulent du vrai, du sincère, du présent. Et c’est une force. Si tu te sens seul, sache que cette solitude peut être le terreau de rencontres plus authentiques. Mais pour cela, tu dois d’abord être authentique avec toi-même.
« La renaissance après une perte, ce n’est pas redevenir comme avant. C’est devenir quelqu’un de nouveau, qui porte en lui la mémoire de l’ancien, mais avec un regard neuf sur la vie. »
Tu es peut-être arrivé jusqu’ici en te disant : « C’est beau tout ça, mais concrètement, je fais quoi avec ce vide qui ne me lâche pas ? » Je vais être honnête : la transformation ne se fait pas en un claquement de doigts. C’est un chemin de petits pas, de retours en arrière, de jours où tu avances et de jours où tu recules. Mais il y a des gestes concrets que tu peux poser dès maintenant.
Première chose : arrête de lutter contre le manque. Plus tu résistes, plus il s’installe. Au lieu de ça, accorde-lui un rendez-vous. Chaque jour à la même heure, pendant 10 minutes, assieds-toi, ferme les yeux, et laisse la tristesse venir. Ne l’analyse pas. Ressens-la dans ton corps : est-ce une boule dans la gorge ? Un poids sur la poitrine ? Une tension dans les épaules ? Respire avec elle. Puis, après 10 minutes, dis-lui : « Je te retrouverai demain. » Tu verras, le reste de la journée, le manque sera moins envahissant, parce qu’il aura été entendu.
Deuxième chose : crée un rituel de transformation. Prends un objet qui te relie à ta perte : une photo, un vêtement, une lettre. Place-le devant toi. Ferme les yeux. Imagine que cet objet contient toute l’énergie de ce que tu as perdu. Puis, visualise que cette énergie se transforme
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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