3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Signaux d’alerte pour les athlètes et amateurs.
Tu passes tes journées à t’entraîner, à répéter les mêmes gestes, à écouter ton corps. Tu sais quand il est fatigué, quand il a besoin de repos, quand il peut encaisser une charge de travail supplémentaire. Tu connais tes limites physiques, tu les as testées cent fois. Mais il y a une chose que tu ne regardes jamais vraiment : ce qui se passe dans ton corps en dehors de l’effort. Pas les courbatures, pas la récupération musculaire. Je parle de ces tensions qui ne partent pas, de cette sensation d’être « sous tension » même quand tu es assis dans le canapé, de ces nuits où tu te réveilles sans raison à 3h du matin, le cœur qui bat.
Si tu es sportif, tu es habitué à pousser. Tu as appris à ignorer la douleur, à passer outre l’inconfort. C’est souvent ce qui fait de toi un bon athlète. Mais cette même capacité à « tenir » peut te jouer des tours. Parce que ton corps n’enregistre pas seulement les charges d’entraînement. Il enregistre aussi les émotions, les chocs, les peurs, les humiliations, les blessures. Tout ça, ça s’imprime dans tes tissus, dans ton système nerveux, dans ta posture. Et un jour, ça parle. Pas en mots, mais en symptômes.
Je m’appelle Thierry, je suis praticien à Saintes. Depuis 2014, je reçois des adultes qui souffrent. Parmi eux, beaucoup de sportifs. Des coureurs, des footballeurs, des amateurs éclairés, des compétiteurs. Ils viennent pour une douleur qui ne passe pas, pour une baisse de performance inexpliquée, pour une anxiété qui les submerge en compétition. Et très souvent, ce qu’ils découvrent, c’est que leur corps porte une mémoire qu’ils n’avaient jamais consultée. Le trauma somatique.
Dans cet article, je vais te montrer comment le repérer. Pas à travers des tests médicaux ou des diagnostics compliqués, mais à travers des signaux que tu ressens déjà, sans savoir les nommer. Je vais te parler de ce qui se passe vraiment sous la surface quand tu t’entraînes, et de pourquoi certaines blessures ou certaines baisses de forme ne sont pas ce qu’elles paraissent.
Qu’est-ce qu’on appelle « trauma somatique » chez un sportif ?
Commençons par une définition simple, sans jargon. Le trauma somatique, c’est une mémoire corporelle. Pas une mémoire dans ta tête, pas un souvenir que tu peux raconter. C’est une empreinte laissée dans ton système nerveux et dans tes tissus par un événement que ton corps n’a pas pu digérer sur le moment.
Imagine une entorse de cheville. Tu tombes mal, tu te tords, la douleur est fulgurante. Sur le moment, ton cerveau et ton corps mobilisent toutes leurs ressources pour gérer le choc. Adrénaline, décharge de stress, contraction musculaire massive pour protéger l’articulation. Normalement, une fois l’urgence passée, ton système revient à la normale. La douleur s’apaise, les muscles se détendent, tu peux rééduquer.
Mais parfois, ce retour à la normale ne se fait pas. Pourquoi ? Parce que sur le moment, tu n’as pas eu la possibilité de « terminer » la réponse de ton corps. Tu as serré les dents, tu as fini ton match, tu as refusé de montrer ta faiblesse. Ou parce que l’événement était trop rapide, trop violent, ou associé à une émotion forte (peur de se blesser, honte d’avoir mal fait, colère contre un adversaire). Dans ce cas, l’énergie de l’impact reste figée dans le corps. Elle ne circule plus. Elle devient une tension chronique, une zone morte, un point de fragilité.
Chez le sportif, ce phénomène est amplifié. Parce que tu passes ton temps à reproduire des gestes, à solliciter les mêmes chaînes musculaires, à renforcer des postures. Si une partie de ton corps porte une mémoire traumatique, tu vas inconsciemment la contourner, la compenser, la verrouiller. Et ça, ça change tout. Ta biomécanique se dégrade, ta récupération ralentit, ta vulnérabilité aux blessures augmente. Et tout ça, sans que tu aies la moindre conscience de ce qui se joue.
Le trauma somatique n’est pas réservé aux gros accidents. Une chute à vélo à 10 km/h, une glissade sous la douche après l’entraînement, une torsion anodine pendant un échauffement, une humiliation publique par un coach, une peur panique avant une compétition importante. Tout ça peut laisser une trace. Et cette trace, elle ne se voit pas sur une IRM. Elle se sent.
Comment ton corps te parle sans que tu le saches : les 5 signaux d’alerte
Tu ne vas pas te lever un matin en te disant « tiens, j’ai un trauma somatique ». Ça ne marche pas comme ça. Les signaux sont discrets, insidieux. Ils s’installent progressivement, et tu les attribues à autre chose. Voici les cinq principaux que je retrouve le plus souvent chez les sportifs que j’accompagne.
1. Une blessure qui ne guérit pas, ou qui revient toujours au même endroit C’est le classique. Tu te blesses à la cheville droite. Tu fais de la rééducation, tu respectes les délais, tu renforces. Tu reprends. Et trois mois plus tard, rebelote. Ou alors c’est le genou gauche, ou les ischio-jambiers, ou l’épaule. Une zone spécifique qui devient ton point faible récurrent.
Dans la majorité des cas, il y a une cause mécanique évidente (mauvaise posture, déséquilibre musculaire). Mais quand tu as tout corrigé, que tu as vu des kinés, des ostéos, des préparateurs physiques, et que ça revient, il est temps de se demander ce que cette zone porte comme histoire. Le corps ne blesse pas au hasard. Il blesse là où il y a une fragilité. Et cette fragilité est parfois d’origine traumatique.
Je pense à un coureur que j’ai suivi, en préparation pour un marathon. Il avait une douleur récurrente au tendon d’Achille gauche. Tout était nickel côté biomécanique. Chaussures adaptées, technique de course analysée, renforcement excentrique. Ça revenait sans cesse. En travaillant avec lui, on a découvert qu’il avait fait une chute à vélo deux ans plus tôt, précisément sur ce côté. Il s’était relevé, avait serré les dents, et n’y avait plus pensé. Mais sa jambe gauche, elle, n’avait pas oublié. Elle portait encore la mémoire de l’impact, une tension résiduelle qui le rendait vulnérable.
2. Une anxiété de performance qui ne colle pas avec ton niveau Tu es bien préparé. Tu t’es entraîné dur. Tu connais ton parcours, ton adversaire, ton objectif. Pourtant, avant de partir, tu es submergé par une angoisse qui te paralyse. Le cœur qui s’emballe, les mains moites, une sensation d’oppression, l’impression que tu vas défaillir. Tu te dis que c’est le stress, que c’est normal. Mais ça ne passe pas. Ça t’empêche de donner ton meilleur.
L’anxiété de performance est souvent liée à une mémoire corporelle. Pas à un manque de confiance, pas à un défaut de préparation mentale classique. C’est ton système nerveux qui se prépare à un danger qu’il a déjà vécu. Peut-être une compétition où tu t’es blessé gravement. Peut-être un match où tu as été humilié. Peut-être une séance d’entraînement où un coach a crié sur toi. Ton corps a enregistré ça comme une menace de mort. Et aujourd’hui, quand tu te retrouves dans un contexte similaire (la ligne de départ, le coup d’envoi, le public), ton système se réactive. Ce n’est pas dans ta tête. C’est dans tes tripes.
3. Une fatigue chronique ou une sensation de « plomb » dans les jambes Tu dors bien, tu manges correctement, tu respectes tes cycles de récupération. Pourtant, tu te réveilles fatigué. Tes jambes sont lourdes, comme si tu avais couru un ultra la veille, alors que tu as juste fait un footing tranquille. Tu as besoin de plus en plus de temps pour récupérer entre deux séances.
Le trauma somatique consomme de l’énergie. Ton système nerveux reste en état d’alerte permanent, même quand tu te reposes. C’est comme si ton corps était en mode survie 24h/24. Forcément, ça use. Cette fatigue n’est pas musculaire, elle est neurovégétative. Elle ne se soigne pas avec plus de sommeil ou de la nutrition. Elle se soigne en libérant ce que le corps retient.
4. Une hypervigilance ou une hypersensibilité dans certaines situations Tu es dans un vestiaire bondé et tu te sens mal à l’aise sans raison. Un bruit soudain te fait sursauter de façon disproportionnée. Un contact physique inattendu te fait réagir comme si on t’avait agressé. Tu as besoin de contrôler ton environnement, de savoir qui est autour de toi, de vérifier que tout est en ordre.
Cette hypervigilance est typique d’un système nerveux qui a vécu un choc et qui reste en alerte pour éviter qu’il ne se reproduise. Chez le sportif, elle peut se manifester par une intolérance à la foule, une peur des contacts en match, ou une difficulté à se concentrer quand il y a du bruit. Ce n’est pas un trait de caractère. C’est un signal.
5. Des tensions musculaires chroniques que les étirements ne soulagent pas Tu as des épaules qui remontent, des trapèzes en béton, une mâchoire serrée, un bassin verrouillé. Tu passes des heures à t’étirer, à faire du yoga, à voir un ostéopathe. Ça se détend un moment, puis ça revient. Parce que ces tensions ne sont pas mécaniques. Elles sont émotionnelles. Elles sont la manifestation physique d’une réponse de défense qui n’a jamais été désactivée.
Le corps ne ment pas. Si une tension revient toujours au même endroit, c’est qu’elle a un sens. Le travail n’est pas de l’effacer, mais de comprendre ce qu’elle protège.
Pourquoi le sport amplifie et masque à la fois les traumatismes
C’est le paradoxe du sportif. D’un côté, le sport est un formidable outil de régulation émotionnelle. Courir, nager, soulever, ça libère des endorphines, ça évacue le stress, ça permet de se sentir vivant. De l’autre côté, le sport peut être une machine à enfouir. Parce que tu passes ton temps à repousser tes limites, à ignorer les signaux faibles, à fonctionner en mode « je gère ».
Un trauma somatique, c’est comme un caillou dans ta chaussure. Si tu continues à marcher, tu vas t’habituer à la douleur. Tu vas modifier ta foulée, compenser, t’adapter. Tu vas même peut-être courir plus vite sur du court terme, parce que l’adrénaline compense. Mais à long terme, tu vas t’abîmer. Le caillou ne disparaît pas. Il use la chaussure, puis le pied, puis la cheville, puis le genou.
Le sportif a une capacité exceptionnelle à dissocier. C’est-à-dire à se couper de ce qu’il ressent pour continuer à performer. C’est utile dans l’effort. C’est destructeur dans la vie. Parce que cette dissociation, si elle devient un mode de fonctionnement permanent, empêche le corps de digérer ses expériences. Les émotions restent en suspens. Les tensions s’accumulent. Et un jour, le système lâche.
Je vois souvent des sportifs qui ont vécu un événément difficile (une blessure grave, une défaite humiliante, une relation toxique avec un coach) et qui, pour « passer à autre chose », se sont jetés à corps perdu dans l’entraînement. Ils ont cru guérir par l’effort. En réalité, ils ont juste enterré le problème plus profond. Le corps, lui, n’a pas oublié.
Repérer le trauma somatique dans ton quotidien : 3 questions à te poser
Tu n’as pas besoin d’un diagnostic pour commencer à regarder. Tu peux le faire toi-même, avec honnêteté. Voici trois questions qui peuvent t’aider à repérer si ton corps porte quelque chose.
Question 1 : Quelle est la partie de ton corps que tu n’aimes pas, que tu évites, ou que tu trouves « faible » ? Pas celle que tu trouves moche esthétiquement. Je parle de cette zone que tu sens moins, que tu mobilises avec précaution, que tu oublies dans tes étirements. Celle que tu ne regardes jamais dans le miroir en t’entraînant. C’est souvent là que se cache une mémoire.
Question 2 : Quand tu es stressé, où ça se manifeste dans ton corps ? Est-ce que ta respiration se bloque ? Est-ce que tes épaules montent ? Est-ce que tu serres la mâchoire ? Est-ce que tu as une boule dans le ventre ? Cette zone est ton point d’ancrage somatique du stress. Si elle est toujours active, même au repos, c’est un signal.
Question 3 : Y a-t-il un événement passé, même minime, qui a laissé une sensation physique désagréable ? Pas besoin d’un gros drame. Une chute, une frayeur, un moment où tu as eu très peur de te blesser. Ferme les yeux et laisse revenir la sensation. Où est-elle dans ton corps ? Est-ce qu’elle est toujours présente aujourd’hui ?
Ces questions ne sont pas un diagnostic. Elles sont une invitation à écouter. Parce que le trauma somatique se repère d’abord par l’écoute fine de ce que ton corps te dit, en silence.
Ce que l’hypnose, l’IFS et l’intelligence relationnelle peuvent faire (et ne pas faire)
Je travaille avec trois outils principaux : l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Chacun a sa place dans l’accompagnement du trauma somatique.
L’hypnose ericksonienne permet de créer un état de conscience modifié où le corps peut revisiter une mémoire traumatique en toute sécurité. Ce n’est pas une régression forcée. C’est une exploration douce, où on laisse le corps montrer ce qu’il a besoin de montrer. L’objectif n’est pas de revivre l’événement, mais de permettre au système nerveux de « terminer » la réponse qui était restée en suspens. La tension chronique peut alors se libérer.
L’IFS, c’est un travail avec les « parties » de toi. Tu as peut-être une partie qui te pousse à toujours donner plus, une partie qui ignore la douleur, une partie qui a peur de s’arrêter. Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles ont été créées pour te protéger. Le travail est de les comprendre, de les remercier, et de leur montrer qu’aujourd’hui, tu es en sécurité.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à être en lien avec soi-même et avec les autres de façon authentique. Beaucoup de sportifs ont du mal à exprimer leurs vulnérabilités, à demander de l’aide, à poser des mots sur ce qu’ils ressentent. Travailler cela, c’est sortir de l’isolement et permettre au corps de ne plus être le seul à porter la charge.
Attention : ces approches ne remplacent pas un suivi médical ou psychiatrique. Si tu as des douleurs physiques, consulte d’abord un médecin. Si tu traverses une dépression sévère, un psychiatre est plus adapté. Mon travail est complémentaire. Il s’adresse à des personnes qui ont déjà exploré les pistes classiques et qui sentent qu’il reste quelque chose d’indicible, de corporel, qui n’a pas été touché.
Ce que tu peux faire maintenant, tout de suite, sans rendez-vous
Avant de me contacter, tu peux commencer par un geste très simple. Prends cinq minutes, seul, dans un endroit calme. Assied-toi, ferme les yeux. Pose une main sur ton ventre, l’autre sur ton cœur. Respire lentement. Puis pose-toi cette question : « Qu’est-ce que mon corps veut me dire aujourd’hui ? »
N’attends pas de
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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