3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Les fondations concrètes pour bâtir une nouvelle vie solide.
Tu as l’impression de marcher sur un sol qui tremble encore. Chaque pas semble risqué, chaque décision te ramène à cette question lancinante : par où commencer ? Peut-être que tu sors d’une séparation brutale, d’un burn-out qui a tout emporté, d’un deuil qui a fissuré tes fondations, ou d’un traumatisme qui a redessiné les contours de ta vie. Ce que tu cherches, ce n’est pas un simple réconfort ponctuel. Tu veux poser des pierres solides, une à une, pour bâtir quelque chose qui tienne la route. Quelque chose qui soit à toi.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui arrivent avec le même regard : celui de quelqu’un qui ne sait plus sur quoi s’appuyer. Et pourtant, au fil des séances, je les vois reconstruire. Pas avec des recettes miracles, mais en s’appuyant sur quatre piliers que j’ai vu fonctionner, encore et encore. Ce ne sont pas des concepts abstraits. Ce sont des fondations concrètes, que tu peux commencer à poser dès aujourd’hui. Les voici.
Quand tout s’effondre, le réflexe le plus naturel, et le plus trompeur, c’est de se replier sur soi-même. On se dit : « Je ne veux pas déranger », « Ils ont leurs propres problèmes », « Je dois gérer ça tout seul ». C’est une illusion que j’ai souvent rencontrée. Un patient, appelons-le Marc, est venu me voir après un divorce particulièrement violent sur le plan émotionnel. Il vivait seul, travaillait en freelance, et voyait ses amis une fois par mois, en surface. Il me disait : « Je n’ai besoin de personne, je gère. » Sauf qu’il ne gérait pas : il survivait, en apnée.
Le premier pilier, c’est d’accepter que tu n’es pas une île. Le soutien, ce n’est pas une faiblesse. C’est une armature. Quand tu traverses une reconstruction, ton cerveau est en état d’alerte permanent. Il consomme énormément d’énergie à essayer de maintenir une cohérence interne. Si tu ajoutes à ça l’isolement, tu crées un terrain fertile pour l’anxiété et la dépression. Le soutien, lui, agit comme un régulateur. Il te permet de déposer un poids, même pour dix minutes.
Concrètement, ça ressemble à quoi ? Pas forcément à un groupe de parole. Parfois, c’est un ami qui accepte de t’écouter sans te donner de solutions. Parfois, c’est un professionnel – moi ou un autre thérapeute – qui t’offre un cadre sécurisé où tu peux dire n’importe quoi sans être jugé. Parfois, c’est juste un voisin avec qui tu partages un café silencieux. Le soutien n’a pas besoin d’être spectaculaire. Il a besoin d’être présent.
« Le soutien ne guérit pas la blessure, mais il empêche la plaie de s’infecter en silence. »
Ce que j’observe en séance, c’est que les personnes qui s’autorisent à demander de l’aide – ou simplement à l’accepter quand elle se présente – rebondissent deux à trois fois plus vite que celles qui restent en autarcie. Pourquoi ? Parce que le soutien active ton système d’attachement. Il envoie un signal à ton cerveau : « Tu n’es pas seul face au danger. » Et ça, ça change tout au niveau hormonal (baisse du cortisol, hausse de l’ocytocine). Alors, si tu lis ces lignes et que tu te sens isolé, prends une décision aujourd’hui : envoie un message à une personne de confiance. Dis-lui : « J’ai besoin de parler, même cinq minutes. » C’est un acte de courage, pas de faiblesse.
Après un traumatisme ou une perte majeure, une question revient comme un boomerang : « Pourquoi moi ? » ou « À quoi ça sert ? » C’est normal. Le sens de ta vie a été pulvérisé. Ce qui faisait que tu te levais le matin – un projet, une relation, une identité – n’est plus là. Et sans sens, la reconstruction ressemble à un jeu de Lego dont on a perdu la notice.
Le deuxième pilier, c’est de reconstruire une narration. Pas une histoire fausse ou idéalisée, mais une nouvelle compréhension de ce qui t’est arrivé. Je travaille beaucoup avec l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) sur cette question. L’idée n’est pas de te forcer à trouver un « sens positif » à ta souffrance – ce serait insultant. Mais de t’aider à intégrer cette expérience dans ta vie, comme un chapitre douloureux mais pas le dernier.
Prenons l’exemple de Sophie, une coureuse que j’accompagne en préparation mentale. Après une blessure qui a mis fin à sa saison, elle était anéantie. La course était son sens. Pendant des semaines, elle ne voyait que le vide. Ensemble, on a exploré ce que cette blessure lui avait révélé : son besoin de ralentir, sa capacité à être soutenue par son club, et surtout, une nouvelle façon de courir, moins axée sur la performance et plus sur le plaisir. Elle n’a pas « aimé » sa blessure. Mais elle lui a donné un sens nouveau : celui de redéfinir son rapport à l’effort.
Le sens, ce n’est pas une grande révélation philosophique. C’est une petite graine que tu plantes chaque jour. Tu peux commencer par te poser trois questions simples, mais puissantes :
Ces questions ne sont pas magiques. Mais elles orientent ton attention. Et l’attention, c’est le carburant de la reconstruction. Quand tu cherches du sens, tu sors de la plainte pour entrer dans l’action symbolique. Tu deviens l’auteur de ta propre histoire, même si le chapitre est dur.
Le piège numéro un de la reconstruction, c’est l’attente. On attend d’être prêt, d’avoir assez de force, d’avoir tout compris. On se dit : « Je commencerai quand je me sentirai mieux. » Mais c’est l’inverse qui est vrai : on se sent mieux quand on commence. L’action est un antidote à l’impuissance. Je le vois avec les footballeurs que je suis en préparation mentale : un joueur qui stagne, c’est souvent un joueur qui pense trop et qui agit trop peu. Le même principe s’applique à la reconstruction personnelle.
Attention, je ne te parle pas de grandes décisions. Pas de déménagement, de changement de carrière ou de rupture radicale. Je te parle de micro-actions. Des gestes si petits qu’ils sont presque ridicules, mais qui ont un effet domino. Un patient dépressif à qui j’ai demandé de juste ouvrir les volets chaque matin pendant une semaine. Une patiente en deuil à qui j’ai proposé de choisir une musique à écouter en buvant son café. Rien de plus. Et pourtant, ces petites actions ont été les premières briques.
Pourquoi ça marche ? Parce que l’action, même infime, envoie un signal à ton cerveau : « Je reprends le contrôle. » Le cortex préfrontal, la partie de ton cerveau qui planifie et décide, se remet en marche. Tu sors du mode survie (amygdale en alerte) pour entrer en mode reconstruction. Et plus tu agis, plus tu génères de la preuve que tu es capable. C’est un cercle vertueux.
Alors, comment faire concrètement ? Prends un carnet ou une note sur ton téléphone. Chaque soir, écris une action que tu as faite pour toi aujourd’hui, aussi petite soit-elle. Un appel passé, une page lue, une marche de cinq minutes, une respiration consciente. Ne juge pas la taille de l’action. Juge seulement le fait qu’elle existe. Au bout de sept jours, relis ta liste. Tu verras que tu as déjà posé sept pierres. Et une montagne, ça se déplace une pierre à la fois.
« L’action n’a pas besoin d’être grande pour être fondatrice. Une brique bien posée vaut mieux qu’un mur jamais commencé. »
C’est le pilier le plus difficile, et souvent le dernier que l’on touche. Parce qu’on le confond avec la résignation. « Accepter ? Jamais ! Je ne veux pas accepter ce qui m’est arrivé, c’est trop injuste. » Je comprends cette réaction. Je l’ai eue moi-même dans des moments difficiles. Mais l’acceptation dont je parle n’a rien à voir avec le fait de baisser les bras. C’est une acceptation active.
L’acceptation, c’est reconnaître que ce qui est arrivé est arrivé. Que tu ne peux pas revenir en arrière. Que tu ne peux pas changer l’histoire. Mais que tu peux changer ton rapport à cette histoire. En hypnose ericksonienne et en IFS, on travaille beaucoup avec cette idée : on n’efface pas les parties blessées de toi. On leur donne une place, on les écoute, on les remercie même parfois. Parce que ces parties ont fait de leur mieux pour te protéger.
Je pense à une patiente, Claire, qui avait vécu un accident de voiture grave. Pendant des mois, elle luttait contre les flashbacks, les cauchemars, la peur de conduire. Elle me disait : « Je veux que ça s’arrête, je veux oublier. » Plus elle luttait, plus les symptômes s’aggravaient. On a inversé la logique. Je lui ai proposé, sous hypnose, de rencontrer cette partie d’elle qui avait peur. De lui dire : « Je te vois, je te comprends, tu as raison d’avoir peur. » Et à partir de cette reconnaissance, quelque chose s’est détendu. L’acceptation n’a pas fait disparaître la peur, mais elle a cessé de l’alimenter.
L’acceptation, c’est un peu comme arrêter de nager à contre-courant. Tu ne te laisses pas couler, tu te mets sur le dos. Tu te laisses porter. Tu arrêtes de te battre contre la réalité. Et c’est là que l’énergie que tu gaspillais dans la lutte peut être réinvestie dans la construction.
Concrètement, tu peux pratiquer l’acceptation avec une phrase simple, à répéter plusieurs fois par jour, surtout quand l’émotion est forte : « Je reconnais que c’est ainsi pour le moment. » Pas « c’est bien », pas « j’accepte pour toujours », juste « pour le moment ». Ça libère une pression énorme. Tu n’es plus en guerre avec le présent.
Maintenant que tu connais les quatre piliers – soutien, sens, action, acceptation –, tu te demandes peut-être par où commencer. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’ordre imposé. Tu peux commencer par l’action si tu es quelqu’un de pragmatique. Par le soutien si tu te sens seul. Par le sens si tu es perdu. Par l’acceptation si tu es épuisé de lutter. L’important, c’est de poser au moins une brique chaque jour.
Dans mon cabinet, je vois souvent des personnes qui commencent par le soutien : elles viennent chercher un cadre. Puis, une fois qu’elles se sentent en sécurité, elles explorent le sens. L’action vient naturellement, portée par la confiance retrouvée. Et l’acceptation arrive en dernier, comme une maturation. Mais j’ai aussi vu des sportifs commencer par l’action – un entraînement adapté –, puis découvrir le sens de leur pratique, et enfin accepter leur nouvelle condition physique.
Ce qui est crucial, c’est de ne pas sauter d’étape. Tu ne peux pas construire sur du sable. Si tu forces l’action sans avoir de soutien, tu risques de t’épuiser. Si tu cherches le sens sans avoir accepté la réalité, tu vas tourner en rond. Chaque pilier soutient les autres. C’est pour ça que je les appelle des piliers : ils forment une structure cohérente.
Un dernier point, et il est important : la reconstruction n’est pas linéaire. Tu vas avoir des jours où tout semble solide, et d’autres où un pilier vacille. C’est normal. Ce n’est pas un échec, c’est le mouvement de la vie. L’essentiel, c’est de revenir à la pratique. Si tu sens que le soutien te manque, rappelle un ami. Si le sens s’estompe, relis tes réponses aux trois questions. Si l’action te pèse, réduis-la à une micro-action. Si l’acceptation te fuit, répète simplement : « C’est ainsi pour le moment. »
Je ne veux pas que tu termines cet article avec une belle théorie dans la tête et rien dans les mains. Alors voici une invitation concrète, pour aujourd’hui.
Prends une feuille ou un document vierge. Dessine quatre colonnes. Écris en haut : Soutien, Sens, Action, Acceptation. Maintenant, pour chaque colonne, écris une chose que tu peux faire dans les 24 prochaines heures. Pas la semaine prochaine, pas quand tu auras le temps. Maintenant.
Tu n’es pas obligé de tout faire. Choisis une colonne, une seule. Celle qui te parle le plus. Et fais-le. Pas pour moi, pas pour l’article. Pour toi. Parce que tu mérites de reconstruire sur du solide. Et ça commence par un premier geste.
Si tu sens que tu as besoin d’un cadre pour poser ces piliers, si tu veux être accompagné dans cette reconstruction – que ce soit par l’hypnose, l’IFS ou la préparation mentale –, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi à distance. Tu n’as pas à traverser ça seul. Un premier contact, même pour poser une question, c’est déjà poser la première pierre du pilier du soutien. Alors, si tu le souhaites, prends cette main tendue.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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