3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le lien corps-esprit dans le trauma expliqué.
Vous êtes assis dans votre salon. Il fait bon. La lumière est douce. Vous écoutez quelqu’un vous raconter sa journée. Rien d’extraordinaire. Et pourtant, soudain, votre estomac se serre. Vos épaules remontent vers vos oreilles. Votre respiration devient courte, presque imperceptible. Vous n’avez rien vu venir. Votre esprit, lui, est encore en train d’écouter, de comprendre, d’analyser. Mais votre corps, lui, a déjà réagi. Il a reconnu quelque chose que votre conscient n’a pas eu le temps de traiter.
Ce décalage, ce moment où le physique prend les devants sur le mental, est une expérience que beaucoup de mes patients décrivent avec perplexité. « Je ne comprends pas, Thierry. Rien n’est arrivé. Pourquoi je me sens comme ça ? » Cette question, je l’entends plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Et la réponse, aussi surprenante qu’elle puisse paraître, est que votre corps a une mémoire qui lui est propre. Une mémoire qui ne passe pas par les mots, ni par les images, mais par des sensations, des tensions, des réactions automatiques. Votre corps vous protège, ou tente de le faire, bien avant que votre esprit conscient ait eu le temps de dire « ouf ».
Cet article va vous aider à comprendre pourquoi ce mécanisme existe, comment il s’est construit, et surtout, ce que vous pouvez faire pour ne plus être le jouet de ces réactions qui semblent vous échapper. Parce que non, vous n’êtes pas « trop sensible », « bancal » ou « en train de perdre la raison ». Vous êtes simplement humain, avec un système nerveux qui fonctionne exactement comme il a été conçu, même si cela vous crée de l’inconfort aujourd’hui.
Nous avons grandi avec une vision mécaniste du corps. La tête commande, le corps exécute. Le cerveau décide, les muscles obéissent. Sauf que cette image est fausse. Radicalement fausse. Votre cerveau est certes un organe central, mais il n’est pas le premier informé de ce qui se passe autour de vous. Il reçoit des signaux en permanence, mais ces signaux viennent souvent après que votre corps a déjà réagi.
Prenons un exemple simple. Vous marchez dans la rue. Vous entendez un bruit fort derrière vous. Avant même que vous ayez identifié ce bruit (est-ce un pétard ? un coup de feu ? une voiture qui pétarade ?), vos muscles se sont tendus, votre cœur a accéléré, vos pupilles se sont dilatées, et vous vous êtes figé ou avez sursauté. Ce n’est pas votre cortex préfrontal, celui qui réfléchit et analyse, qui a pris cette décision. C’est votre tronc cérébral, une structure bien plus ancienne, qui a détecté une menace potentielle et a immédiatement ordonné une réponse de survie.
Cette réponse, on l’appelle la réponse de stress. Elle est archaïque, puissante, et incroyablement rapide. Elle a sauvé la vie de nos ancêtres face aux prédateurs. Le problème, c’est qu’elle ne fait pas la différence entre un danger réel (un lion) et un danger symbolique (un regard froid, un ton de voix, une date sur un calendrier). Pour votre système nerveux, tout ce qui ressemble à une menace passée est une menace présente.
Alors, quand vous êtes en consultation avec moi, et que je vous demande de vous concentrer sur une sensation corporelle, je ne vous demande pas de faire un exercice de relaxation lambda. Je vous demande d’aller écouter ce que votre corps a à dire avant que votre esprit ne le mette en mots. Parce que souvent, les mots viennent après, et ils sont parfois trompeurs. Le corps, lui, ne ment pas. Il raconte l’histoire de votre vécu, avec une honnêteté brute.
« Le corps garde le score. Il enregistre tout, même ce que la mémoire consciente a effacé. » — Bessel van der Kolk
C’est une nuance cruciale, et elle change tout. Beaucoup de personnes qui viennent me voir pensent que leur souffrance est liée à un événement précis : un accident, une agression, une perte, une humiliation. Et elles ont raison sur un point : l’événement a eu lieu. Mais ce qui fait que cet événement devient un trauma, ce n’est pas l’événement lui-même. C’est la manière dont votre système nerveux n’a pas réussi à le digérer, à le métaboliser, et à revenir à un état d’équilibre.
Imaginez une éponge. Quand un événement stressant arrive, votre système nerveux s’imbibe, comme une éponge qui absorbe de l’eau. Normalement, après l’événement, l’éponge s’essore. Vous pleurez, vous parlez, vous tremblez, vous bougez, vous courez, vous criez. Le stress est évacué. Mais dans le cas d’un trauma, l’éponge reste pleine. L’eau n’est jamais évacuée. Pourquoi ? Parce que, sur le moment, votre système a été submergé. La menace était trop grande, trop rapide, trop intense, et vous n’avez pas eu la possibilité de décharger cette énergie. Vous êtes resté figé, impuissant, ou vous avez dû faire taire vos réactions pour survivre.
Cette énergie non évacuée reste stockée dans vos tissus. Dans vos fascias, vos muscles, votre diaphragme. Et elle ne demande qu’à ressortir. C’est pour cela que des années plus tard, un bruit, une odeur, un geste, peuvent déclencher une réaction disproportionnée. Ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est votre corps qui dit : « Ce moment non terminé est toujours là, et il a besoin d’être complété. »
Je me souviens d’une patiente, appelons-la Claire. Elle avait vécu un accident de voiture il y a plus de dix ans. Elle allait bien, disait-elle. Elle avait tout oublié, ou presque. Mais elle ne supportait plus de passer devant un certain carrefour. Son rythme cardiaque s’emballait, ses mains devenaient moites, et elle avait envie de vomir. Son esprit disait : « C’est fini, tu es en sécurité. » Son corps, lui, disait : « Danger. » Le trauma n’était pas dans l’accident. Il était dans la réponse de son système nerveux, qui n’avait jamais eu la chance de se compléter.
C’est une frustration immense pour beaucoup de personnes. Vous avez tout essayé. Vous vous êtes répété des phrases rationnelles : « Je suis en sécurité. Il n’y a rien à craindre. C’est dans le passé. » Mais votre corps n’écoute pas. Il continue de trembler, de serrer la mâchoire, de contracter le ventre. Parfois, même la respiration profonde ne suffit pas. Pourquoi ? Parce que vous essayez de parler à un système qui ne comprend pas le langage verbal.
Votre système nerveux autonome, celui qui gère votre respiration, votre digestion, votre rythme cardiaque et vos réactions de stress, ne parle pas français. Il ne parle pas anglais non plus. Il parle le langage des sensations, des vibrations, des mouvements, des rythmes. Quand vous lui dites « tout va bien », c’est comme si vous lisiez un mode d’emploi en chinois à quelqu’un qui ne lit que le braille. Le message n’arrive tout simplement pas à destination.
C’est là que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) prennent tout leur sens. Ce sont des approches qui ne cherchent pas à convaincre votre esprit avec des arguments logiques. Elles cherchent à entrer en contact avec la partie de vous qui réagit, avec le système nerveux lui-même, en utilisant son propre langage : le langage sensoriel, imagé, symbolique.
En séance, je peux vous guider vers un état de conscience modifié, un état de transe légère, où votre esprit analytique se met en retrait. Dans cet espace, nous pouvons dialoguer avec les sensations corporelles. Nous pouvons demander à la tension dans votre épaule : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » ou « De quoi as-tu besoin pour te relâcher ? » Et parfois, la réponse est surprenante. Une image surgit. Un souvenir oublié refait surface. Un mouvement spontané se produit. Le corps trouve sa propre voie de guérison, sans que l’esprit ait besoin de tout comprendre.
« Ce n’est pas en pensant différemment que l’on change ses sensations, mais en permettant au corps de vivre une nouvelle expérience de sécurité. »
Un des outils les plus puissants que j’utilise avec mes patients, c’est ce que j’appelle l’Intelligence Relationnelle. Ce n’est pas une technique complexe, c’est une posture. C’est la capacité à établir une relation de confiance avec ce qui se passe en vous, plutôt que de lutter contre.
Beaucoup d’entre vous ont appris à ignorer leur corps. À serrer les dents, à tenir, à faire comme si de rien n’était. On vous a peut-être dit que « ce n’est rien », que « ça va passer », ou pire, que « vous exagérez ». Alors vous avez appris à vous couper de vos sensations. Mais couper la communication avec son corps, c’est comme couper le fil d’un détecteur de fumée. Vous n’entendez plus l’alarme, mais le feu brûle toujours.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’inverse. C’est dire à votre corps : « Je t’entends. Je te vois. Je ne te juge pas. Dis-moi ce qui se passe. » C’est une forme de compassion incarnée. Et c’est souvent le premier pas vers l’apaisement.
Quand vous arrêtez de lutter contre une sensation, quand vous cessez de vouloir la faire disparaître, elle peut enfin circuler. Elle peut se déplacer, se transformer, s’atténuer. C’est un paradoxe fascinant : ce à quoi vous résistez persiste, ce que vous accueillez se dissout.
Prenons un exemple concret. Vous ressentez une boule dans la gorge. Votre première réaction est probablement de l’ignorer ou de vouloir l’avaler. Essayez plutôt ceci : portez votre attention sur cette boule. Sans vouloir la changer. Respirez doucement autour d’elle. Observez sa forme, sa texture, sa température. Restez avec elle quelques secondes. Souvent, ce simple geste d’attention bienveillante suffit à ce qu’elle se modifie. Elle peut devenir plus petite, plus chaude, ou même se dissoudre. Ce n’est pas magique. C’est neurologique. Vous venez de dire à votre système nerveux : « Je te vois, tu peux te calmer. »
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici trois choses que vous pouvez essayer dès aujourd’hui, chez vous, dans votre quotidien. Elles ne remplacent pas un accompagnement professionnel, mais elles vous donnent un point de départ concret.
1. La pause des trois respirations.
Trois fois par jour, quand vous vous en souvenez, arrêtez-vous trente secondes. Posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre poitrine. Inspirez doucement par le nez en sentant votre ventre se gonfler. Expirez lentement par la bouche en sentant votre ventre se dégonfler. Faites cela trois fois. Ce n’est pas une technique de relaxation. C’est un signal que vous envoyez à votre système nerveux : « Je ralentis, je suis en sécurité. » Votre corps finira par enregistrer ce signal, petit à petit.
2. Le scan corporel de trente secondes.
Avant de vous coucher, ou au réveil, fermez les yeux et parcourez mentalement votre corps de la tête aux pieds. Ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. Notez juste ce que vous ressentez. Une tension dans la mâchoire ? Une lourdeur dans les jambes ? Un vide dans le ventre ? Dites-vous simplement : « Je remarque cela. » Sans jugement. Ce simple acte de reconnaissance crée une brèche dans l’automatisme. Votre corps se sent vu, et cela change tout.
3. La question qui change tout.
Quand vous vous sentez submergé par une émotion ou une réaction physique, posez-vous cette question : « Si cette sensation pouvait parler, que dirait-elle ? » Laissez venir une réponse sans la censurer. Parfois, la réponse est surprenante : « Je suis fatigué », « J’ai besoin d’être protégé », « Je suis en colère mais je n’ose pas le dire ». Cette question ouvre un dialogue intérieur. Elle vous sort de la lutte et vous met en relation.
Ces trois gestes sont des ancrages. Ils vous reconnectent à votre corps de manière douce, sans forcer. Ils vous rappellent que vous n’êtes pas votre réaction. Vous êtes celui ou celle qui l’observe. Et cette observation est déjà un premier pas vers la liberté.
Je vais être honnête avec vous. Le travail sur le lien corps-esprit, sur le trauma, sur les réactions automatiques, ne se fait pas en trois séances. Ce n’est pas une formule magique. C’est un chemin. Un chemin qui demande de la patience, de la douceur, et parfois du courage. Parce que se reconnecter à son corps, c’est aussi se reconnecter à des sensations qu’on a passées des années à fuir. C’est inconfortable. C’est déstabilisant. Mais c’est aussi profondément libérateur.
Ce que je vous propose, ce n’est pas de supprimer vos réactions. C’est de leur donner un espace pour exister sans vous submerger. C’est d’apprendre à les accueillir, à les comprendre, et à les laisser passer. C’est de reprendre les commandes, non pas en contrôlant votre corps, mais en collaborant avec lui.
Beaucoup de mes patients, après quelques mois, me disent la même chose : « Je ne suis plus le même. Je réagis moins fort. Je retrouve du calme. Je dors mieux. Je me sens chez moi dans mon corps. » Et cela, c’est inestimable. Ce n’est pas une guérison au sens médical du terme. C’est une réconciliation. Une paix retrouvée avec soi-même.
Alors si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que votre corps réagit avant votre esprit et que cela vous épuise, sachez que vous n’êtes pas seul. Et que des solutions existent. Elles ne sont pas toujours rapides, mais elles sont réelles.
« Le chemin vers la guérison ne consiste pas à effacer le passé, mais à permettre au corps de savoir qu’il est enfin en sécurité. »
Si cet article a résonné en vous, si vous avez reconnu cette fatigue d’être toujours en alerte, cette impression que votre corps vous trahit, je vous invite à une chose simple : ne restez pas seul avec cela. Vous pouvez commencer par essayer les trois gestes que je vous ai donnés. Vous pouvez aussi, quand vous vous sentirez prêt, pousser la porte de mon cabinet à Saintes, ou me contacter pour un premier échange.
Je ne suis pas là pour vous promettre des miracles. Je suis là pour vous accompagner, à votre rythme, avec des outils qui ont fait leurs preuves : l’hypnose ericksonienne, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle. Et parfois même, pour les sportifs que j’accompagne, une préparation mentale qui tient compte de cette sagesse du corps.
Prenez soin de vous. Votre corps vous parle depuis toujours. Il est peut-être temps de l’écouter.
Thierry Sudan
Praticien à Saintes
Hypnose ericksonienne — IFS — Intelligence Relationnelle — Préparation mentale sportive
Si vous souhaitez échanger, sans engagement, je suis à votre écoute. Un message, un appel, et nous trouverons un moment pour faire connaissance.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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