3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Ce que la préparation mentale peut vous apprendre.
Je vais être honnête avec vous : il y a quelques années, je n’aurais pas écrit cet article.
Pas parce que je n’y croyais pas. Mais parce que je pensais que la résilience, c’était ce truc réservé aux超人, aux athlètes de haut niveau qui encaissent des défaites, des blessures, des trahisons, et qui reviennent plus forts, sourire aux lèvres, médaille autour du cou.
Et puis j’ai arrêté de regarder le sport comme un spectacle pour le voir comme un laboratoire humain.
Ce que j’ai découvert en accompagnant des coureurs amateurs, des footballeurs de région, et même quelques compétiteurs plus aguerris, c’est que les mécanismes qui permettent à un sportif de rebondir après une chute sont exactement les mêmes que ceux qui permettent à un père de famille de traverser un burn-out, à une mère de se relever d’une séparation, ou à un jeune adulte de surmonter une dépression.
La préparation mentale n’est pas un gadget pour champions. C’est une boîte à outils pour humains qui souffrent et qui veulent, un jour, arrêter de souffrir.
Alors asseyons-nous cinq minutes. Je vais vous raconter ce que le sport m’a appris sur la résilience. Et surtout, ce que cela peut changer dans votre vie, même si vous n’avez jamais touché un ballon.
J’ai rencontré Laura il y a trois ans. Laura est une femme d’une quarantaine d’années, cadre dynamique, deux enfants, un mari, une vie qui ressemble à une carte postale. Sauf que Laura avait perdu son père brutalement deux ans plus tôt. Et depuis, elle n’arrivait plus à courir.
Pas physiquement. Elle était en bonne santé. Mais chaque fois qu’elle enfilait ses baskets, une angoisse la saisissait à la gorge. Elle se mettait à pleurer sans raison. Elle s’arrêtait au bout de 500 mètres.
Laura était une coureuse du dimanche, certes, mais c’était son exutoire. Sans cette course, elle sentait qu’elle perdait pied. Elle venait me voir parce que son médecin lui avait dit que « le sport, ça fait du bien ». Mais elle, elle n’y arrivait plus.
Ce que Laura vivait, c’est ce qui arrive à beaucoup de sportifs – amateurs ou pros – après un traumatisme. Le corps se souvient. Il ne fait pas la différence entre une menace réelle (un accident, une agression, un deuil) et une menace symbolique (une compétition, un échec, une performance à réaliser). Le cerveau, lui, enregistre tout. Et parfois, il associe une sensation – le souffle court, les battements du cœur, la transpiration – à un état de danger.
Résultat : la personne ne « peut » plus faire ce qu’elle aimait.
La résilience, ce n’est pas un trait de caractère. Ce n’est pas « être fort ». C’est un processus. Et ce processus commence par une étape que les sportifs de haut niveau connaissent bien : la reconnaissance de la vulnérabilité.
Vous voulez savoir ce que j’ai dit à Laura ? Je lui ai dit : « Tu n’es pas brisée. Tu es en train d’apprendre à courir avec ton chagrin. »
C’est ça, la première leçon des athlètes : on ne saute pas par-dessus l’obstacle. On apprend à le traverser. Et pour ça, il faut accepter qu’on a peur, qu’on a mal, qu’on est fatigué. Les champions ne sont pas ceux qui n’ont jamais peur. Ce sont ceux qui disent : « J’ai peur, et je continue. »
« La résilience n’est pas l’absence de souffrance. C’est la capacité à danser avec elle, même quand la musique est triste. »
Il y a un mythe tenace dans le sport : celui du guerrier invincible, qui serre les dents, qui ne montre jamais ses faiblesses, qui « gère ». C’est le même mythe qui gangrène notre société : l’homme ou la femme qui doit tout supporter sans broncher.
J’ai vu des footballeurs U17, à peine 16 ans, venir me voir en cachette parce qu’ils n’osaient pas dire à leur entraîneur qu’ils avaient peur de rater un penalty. J’ai vu des coureurs de marathon qui s’entraînaient blessés, parce que « abandonner, c’est pour les faibles ».
Et devinez quoi ? Ça ne marche pas. Sur le moment, si. On serre les dents, on termine la course, on marque le but. Mais sur le long terme, le corps et l’esprit finissent par dire stop. Blessure. Burn-out. Dépression.
La résilience, ce n’est pas encaisser sans rien dire. C’est savoir quand dire « stop », quand demander de l’aide, quand ralentir.
Je me souviens d’un coureur de trail, la quarantaine, passionné. Il avait enchaîné les ultras, les courses de 100 km, les nuits blanches dans la montagne. Et puis un jour, il s’est arrêté. Plus d’envie. Plus d’énergie. Il se traînait. Il est venu me voir en disant : « Je ne comprends pas, je suis un warrior, pourquoi je n’y arrive plus ? »
On a travaillé sur son histoire. Il avait perdu son meilleur ami dans un accident de montagne, trois ans plus tôt. Il n’en avait jamais parlé. Il avait continué à courir, à s’entraîner, à performer. Mais son corps, lui, portait le deuil. Et son corps avait dit stop.
La leçon ? La résilience n’est pas une course de vitesse. C’est un marathon. Et pour le terminer, il faut parfois s’arrêter, boire, reprendre son souffle, et surtout, accepter qu’on n’est pas seul.
Si vous êtes en ce moment dans cette phase où vous « tenez le coup » mais que vous sentez que ça craque, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je ne me permets pas de ressentir ? » La réponse est souvent la clé.
Vous avez peut-être entendu parler de l’IFS, l’Internal Family Systems. C’est un modèle qui dit qu’on est tous composés de plusieurs « parties » en nous. Une partie qui veut réussir, une partie qui a peur, une partie qui juge, une partie qui protège, etc. Et au centre, il y a un « Soi » calme, confiant, créatif.
En préparation mentale sportive, j’utilise beaucoup l’IFS. Et c’est fascinant de voir comment ça fonctionne.
Prenons un exemple. Un footballeur, appelons-le Antoine, 22 ans, bon niveau régional. Antoine est un bon joueur, technique, rapide. Mais dès qu’il arrive dans la surface de réparation, il rate. Pas de chance. Il tire à côté, il frappe trop fort, il ne cadrera pas.
Antoine est venu me voir parce qu’il était frustré. Il disait : « Je sais que je peux le faire, mais mon corps ne répond pas. »
On a exploré. En hypnose, on est allé voir cette « partie » qui faisait rater Antoine. Et là, surprise. Cette partie n’était pas une ennemie. C’était une partie protectrice. Elle disait : « Si tu marques, tu vas attirer l’attention. Et attirer l’attention, c’est dangereux. »
Antoine avait grandi dans une famille où la compétition était violente. Son père le comparait toujours à son frère aîné, plus fort, plus grand. Marquer un but, pour Antoine, c’était risquer d’être humilié, ou pire, de dépasser son père. Alors son système de protection avait trouvé une solution : rater. Pas grave, pas de risque.
Vous voyez le parallèle avec la vie quotidienne ? Combien de fois vous vous sabotez sans le savoir ? Combien de fois vous dites « je n’y arriverai pas » alors que vous en êtes capable ? Ce n’est pas de la faiblesse. C’est une partie de vous qui vous protège d’une vieille blessure.
La résilience, en IFS, ce n’est pas de se débarrasser de ses parties. C’est de les accueillir, de les remercier, et de leur montrer que maintenant, on est adulte, qu’on peut gérer autrement.
Quand Antoine a compris que sa partie qui le faisait rater était une amie, pas une ennemie, il a pu la rassurer. Il a marqué son premier but en match officiel trois semaines plus tard. Pas de magie. Juste une réconciliation intérieure.
Le sport, c’est rarement seul. Même les sports individuels comme la course à pied s’inscrivent dans un collectif : l’entraîneur, les partenaires d’entraînement, la famille, les supporters.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à créer des liens qui soutiennent, qui nourrissent, et non qui épuisent.
J’ai vu des athlètes s’effondrer parce qu’ils étaient isolés. Et j’ai vu d’autres se relever parce qu’ils avaient une personne – un coach, un ami, un parent – qui croyait en eux même quand eux-mêmes n’y croyaient plus.
La résilience n’est jamais un acte solitaire. C’est une danse à plusieurs.
Prenons l’exemple de ce groupe de coureurs amateurs que j’ai accompagné. Ils se préparaient pour un semi-marathon. L’un d’eux, Marc, avait une blessure au genou. Il était dévasté. Il voulait abandonner. Mais le groupe a fait quelque chose de remarquable : ils ont adapté l’entraînement pour que Marc puisse continuer à courir avec eux, même à un rythme plus lent. Ils ont changé le parcours pour éviter les descentes. Ils ont pris soin de lui.
Marc a fini le semi-marathon. Pas en tête, mais avec un sourire immense. Et il m’a dit : « Ce qui m’a sauvé, ce n’est pas ma force. C’est de savoir que je n’étais pas tout seul. »
Dans votre vie, qui sont vos coéquipiers ? À qui vous autorisez-vous à dire « j’ai besoin d’aide » ? Si la réponse est « personne », c’est peut-être le moment de changer ça.
Vous avez déjà vu un joueur de tennis rater un point important ? Il ne reste pas prostré. Il a un rituel. Il ajuste ses lacets, il respire, il tape sa raquette sur sa cuisse, il se recentre. Ce n’est pas de la superstition. C’est une technique de régulation émotionnelle.
Le cerveau a besoin de signaux pour passer d’un état à un autre. Après un échec – une défaite, une blessure, une contre-performance – le sportif ne peut pas rester dans l’émotion négative. Il doit se reconnecter au présent, à la prochaine action.
Et ça, c’est une compétence que tout le monde peut apprendre.
J’ai travaillé avec un coureur qui avait vécu un abandon sur un ultra-trail. Il avait dû s’arrêter au 80e kilomètre à cause d’une hypoglycémie. Il en avait honte. Pendant des mois, il n’a pas pu reparler de cette course sans pleurer.
On a créé un rituel. Avant chaque entraînement, il faisait trois choses : il posait sa main sur son cœur, il disait « je suis ici, maintenant », et il imaginait un petit geste symbolique – comme déchirer un papier – pour laisser derrière lui la honte.
Ce rituel lui a permis de recourir sans peur. Il a même refait l’ultra l’année suivante. Il l’a terminé.
Vous pouvez faire la même chose dans votre vie. Après une journée difficile, après une dispute, après une mauvaise nouvelle, créez-vous un petit rituel. Ça peut être trois respirations, une tasse de thé que vous buvez en silence, une phrase que vous vous dites. L’important, c’est que ce soit un geste qui vous ancre dans le présent et qui vous dit : « Cette émotion, je l’accueille, je la laisse passer, et je continue. »
« La résilience n’est pas un état. C’est une série de micro-choix quotidiens. Un rituel à la fois. »
Je ne vais pas vous vendre du rêve. La préparation mentale n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer les traumatismes. Elle ne va pas faire disparaître la douleur. Elle ne va pas transformer un athlète moyen en champion olympique. Et elle ne va pas guérir une dépression toute seule.
Ce qu’elle fait, c’est donner des outils. Des outils pour regarder sa souffrance en face, pour comprendre ce qui se joue, pour choisir comment réagir plutôt que de subir.
Elle ne supprime pas l’épreuve. Elle change le rapport à l’épreuve.
J’ai accompagné des sportifs qui ont dû arrêter leur carrière à cause d’une blessure. Certains sont restés brisés. D’autres ont réinventé leur vie. La différence ? Pas le talent. Pas la force. Mais la capacité à faire le deuil de ce qu’ils ne seront plus, et à accueillir ce qu’ils peuvent devenir.
C’est ça, la résilience. Ce n’est pas un retour à l’état antérieur. C’est une transformation.
Et cette transformation, elle passe souvent par des étapes inconfortables : la colère, la tristesse, le désespoir. La préparation mentale ne vous évite pas ces étapes. Elle vous accompagne à les traverser sans vous noyer.
Si vous êtes en train de vivre une épreuve, sachez que vous n’avez pas à être fort tout le temps. Vous avez le droit de craquer. Vous avez le droit de pleurer. Vous avez le droit d’être perdu. Ce qui compte, c’est ce que vous faites après. Pas tout de suite. Mais après.
Je pourrais continuer longtemps. Parler de la visualisation, de la cohérence cardiaque, de la gestion des pensées parasites. Mais je préfère vous laisser avec quelque chose que vous pouvez faire aujourd’hui, tout de suite, sans équipement, sans abonnement, sans rien.
Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux si vous le pouvez. Posez une main sur votre ventre. Et respirez.
Inspirez lentement par le nez, en gonflant le ventre comme un ballon. Expirez lentement par la bouche, en vidant tout l’air.
Faites ça trois fois.
Puis, dans votre tête, dites-vous : « Je suis ici. Je respire. Je suis vivant. »
Ce n’est pas un exercice de relaxation bidon. C’est un ancrage. C’est ce que font les athlètes avant de tirer un penalty, avant de franchir la ligne d’arrivée, avant de relever un défi.
Vous avez le droit d’être fatigué. Vous avez le droit d’avoir peur. Mais vous avez aussi le droit de continuer.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond, plus personnalisé, je suis là. Pas pour vous dire quoi faire. Pour vous aider à trouver vos propres ressources. Pour que vous puissiez, à votre rythme, vous relever.
Parce que la résilience, ce n’est pas un exploit. C’est un chemin. Et ce chemin, on peut le faire ensemble.
Prenez soin de vous. Et si vous voulez en parler, vous savez où me trouver.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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