3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Histoire vraie d'une renaissance professionnelle après l'effondrement.
Il y a des années de ça, un vendredi après-midi comme les autres, j’ai reçu un appel qui allait tout changer. Pas pour moi, mais pour un homme que j’accompagne depuis plusieurs semaines. Il s’appelle Vincent (j’ai changé son prénom, comme toujours), il avait 47 ans à l’époque, cadre commercial dans une entreprise de logistique. Ce vendredi-là, il avait été convoqué par les RH à 15h. À 15h10, il était remercié, plan social, pas de préavis, juste une enveloppe et la sensation que le sol s’ouvrait sous ses pieds.
Je repense souvent à son récit. Il m’a dit : « Thierry, j’ai traversé le hall de l’entreprise comme un zombie. Les gens que je croisais dans le couloir détournaient le regard. J’ai attendu le bus, et je me suis assis sur un banc. Pendant une heure, je n’ai pas bougé. Je me demandais : qui je suis maintenant ? »
Cette question, elle revient comme un leitmotiv dans mon cabinet. « Qui suis-je sans mon poste ? » « Que vaut ma vie si je ne produis plus ? » « Est-ce que j’ai raté ma carrière ? » Et derrière, plus sourde, plus viscérale : « Est-ce que j’ai raté ma vie ? »
Vincent n’est pas un cas isolé. Je vois passer des ingénieurs, des artisans, des cadres dirigeants, des mères de famille qui reprennent un travail après vingt ans d’absence. Tous, à un moment ou un autre, vivent un effondrement. Mais ce qui m’a frappé chez Vincent, c’est la suite. Il a fait quelque chose que beaucoup n’osent pas : il a accepté de ne pas savoir tout de suite. Il a accepté de traverser le vide. Et c’est là que tout a basculé.
Aujourd’hui, je veux vous raconter cette histoire. Pas pour vous vendre un rêve en kit, pas pour vous dire que « tout est possible si vous le voulez vraiment ». Non. Je veux vous montrer comment la perte d’un emploi, quand on l’affronte avec honnêteté et les bons outils, peut devenir le point de départ d’une renaissance professionnelle et personnelle. Et surtout, je veux vous donner des clés concrètes, issues de l’hypnose ericksonienne, de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’Intelligence Relationnelle, pour que vous aussi, vous puissiez transformer une chute en tremplin.
Quand Vincent s’est assis dans mon cabinet la première fois, il était vidé. Il avait postulé à une quarantaine de postes en trois mois. Des entretiens, oui. Des refus, aussi. Et à chaque refus, il sentait une partie de lui mourir un peu plus. Il me disait : « Je sais que je suis compétent. Mais j’ai l’impression qu’on ne voit plus la même personne que celle que j’étais avant. »
Ce que Vincent vivait, ce n’était pas juste une difficulté à retrouver un emploi. C’était une crise identitaire profonde. Pendant vingt-deux ans, son identité s’était construite autour de son métier. Il était « Vincent, directeur commercial chez LogiTrans ». Sa carte de visite, son badge, ses mails, sa place dans l’organigramme : tout ça formait une coquille qui lui donnait une consistance sociale. Du jour au lendemain, cette coquille a été brisée. Et il s’est retrouvé nu.
En IFS, on appelle ça une « partie exilée ». C’est une partie de nous qui porte une charge émotionnelle ancienne, souvent liée à la honte, à l’échec ou à l’abandon. Pour Vincent, cette partie s’était réveillée le jour du licenciement. Elle lui murmurait : « Tu ne vaux rien sans ton travail. » « Tu es un imposteur. » « Les autres ont raison de ne pas te rappeler. »
Ce qui est important à comprendre, c’est que cette partie n’est pas « méchante ». Elle essaie de nous protéger. Elle veut nous éviter de revivre la douleur de l’échec. Mais pour cela, elle nous paralyse. Vincent avait développé des comportements d’évitement : il reportait ses candidatures, il ne préparait plus ses entretiens, il se réveillait à 11h. Pas par fainéantise. Par peur. La peur de se confronter à ce vide intérieur.
L’hypnose ericksonienne, dans ce cadre, n’est pas une baguette magique. Je ne vais pas vous endormir et vous faire oublier votre chômage. Ce que je fais, c’est créer un espace où votre inconscient peut commencer à défaire les nœuds. On travaille avec les métaphores, avec les images, avec les sensations corporelles. On va chercher la ressource là où elle se cache : dans votre histoire, dans vos souvenirs, dans vos compétences oubliées.
Un jour, j’ai demandé à Vincent : « Si votre carrière était un arbre, qu’est-ce qui est le tronc, et qu’est-ce qui est une branche ? » Il a réfléchi longtemps. Puis il a dit : « Mon tronc, c’est ma capacité à comprendre les gens et à les mettre en confiance. Le reste, c’est des branches : la logistique, les chiffres, les process. » Cette simple image a ouvert une porte. Il a commencé à voir que son identité professionnelle ne tenait pas à son poste, mais à quelque chose de plus profond : son intelligence relationnelle.
« Ce que vous croyez être votre identité n’est souvent qu’une habitude que vous avez prise pour survivre socialement. La perdre, c’est l’occasion de découvrir qui vous êtes vraiment. »
Dans notre société, on a une vision très linéaire de la vie professionnelle. On étudie, on travaille, on gravit les échelons, on prend sa retraite. Une rupture, c’est un échec. Mais cette vision est fausse. Je ne dis pas ça par optimisme béat. Je le dis parce que je l’observe tous les jours dans mon cabinet.
Vincent a traversé une phase que j’appelle « le marécage ». C’est cette période où tout est flou, où les repères ont disparu, où on doute de tout. En IFS, on dirait que plusieurs parties de lui étaient en conflit : une partie voulait à tout prix retrouver un poste identique pour prouver sa valeur, une autre voulait tout plaquer et devenir artisan boulanger (c’était son rêve d’ado), une troisième le poussait à accepter n’importe quoi par peur de manquer. Et au milieu de tout ça, il y avait une partie plus calme, plus ancienne, qui observait.
Cette partie calme, c’est ce qu’on appelle le Self en IFS. C’est notre centre, notre essence. Elle est caractérisée par huit qualités : la compassion, la curiosité, la confiance, le calme, le courage, la créativité, la clarté et la connexion. Quand on arrive à se connecter à cette partie, on n’est plus en réaction. On est en réponse. On peut choisir.
Le problème, c’est que quand on est dans le marécage, on n’entend pas cette partie calme. On est submergé par les parties protectrices qui hurlent : « Vite, trouve un job ! » « Ne te repose pas, tu vas couler ! » « Les autres jugent ! » Et on s’agite. On postule partout, on accepte des missions en dessous de nos compétences, on s’épuise.
L’hypnose ericksonienne permet de calmer ces parties protectrices. Pas de les faire taire, mais de les rassurer. On utilise des métaphores de transition : le papillon qui sort de la chrysalide, le serpent qui mue, le phénix. Ces images ne sont pas des clichés. Ce sont des ancrages symboliques qui parlent directement à notre inconscient. Quand Vincent a commencé à visualiser sa carrière comme une mue plutôt qu’une rupture, quelque chose a changé. Il a arrêté de courir après des offres qui ne lui correspondaient pas. Il a commencé à se poser des questions plus profondes.
Un jour, en séance, je lui ai proposé un petit exercice en hypnose. Je lui ai demandé de se projeter dans cinq ans, dans une vie professionnelle idéale. Pas de contraintes, pas de limites. Il m’a décrit un bureau lumineux, une équipe qu’il formait, des échanges humains, pas de pression commerciale. Il s’est arrêté net. Il a dit : « Mais ça n’existe pas, ce genre de poste. » Je lui ai répondu : « Peut-être que ça n’existe pas aujourd’hui. Mais si tu commençais à construire les conditions pour que ça existe ? »
C’est là que la transition devient possible. On arrête de chercher un job. On commence à chercher une voie.
Pendant des mois, Vincent a utilisé son réseau comme une bouée de sauvetage. Il envoyait des messages LinkedIn, relançait des anciens collègues, se forçait à déjeuner avec des gens qu’il connaissait à peine. Mais il le faisait avec un poids sur le cœur. Il me disait : « Je sens que je suis transparent. Les gens voient que je cherche, que je suis en position de faiblesse. Ça les met mal à l’aise. »
Ce qu’il décrivait, c’est l’absence d’Intelligence Relationnelle. Pas dans le sens d’une compétence technique, mais dans le sens d’une capacité à être en relation avec soi-même d’abord, avant d’être en relation avec les autres. Vincent était tellement focalisé sur l’image qu’il renvoyait (le chômeur, le perdant) qu’il ne voyait plus les autres comme des humains. Il les voyait comme des ressources potentielles. Et ça se sentait.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de naviguer dans les relations humaines avec authenticité, sans perdre sa propre valeur. Ça commence par une chose simple : savoir ce qu’on veut vraiment. Pas ce qu’on devrait vouloir, mais ce qu’on veut profondément.
En séance, on a travaillé sur ce point. Je lui ai demandé : « Si tu avais un super-pouvoir, ce serait lequel ? » Il a ri, puis a dit : « Comprendre les gens. » Et il a ajouté : « C’est pour ça que j’étais bon commercial. Je ne vendais pas des services, je vendais la certitude que j’allais les aider. » Cette prise de conscience a été un déclic. Il a compris que sa valeur n’était pas dans son CV, mais dans sa capacité à créer du lien.
À partir de là, on a changé de stratégie. Au lieu de postuler à des offres génériques, il a commencé à contacter des gens avec une intention claire : « Je ne cherche pas un emploi. Je cherche à comprendre comment votre entreprise fonctionne et si je peux y apporter quelque chose. » Il a arrêté de demander un poste. Il a commencé à proposer une contribution. Et les portes se sont ouvertes.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi savoir dire non. Vincent a refusé trois offres qui ne lui correspondaient pas, alors qu’il était au chômage depuis cinq mois. Il a eu peur. Mais il a tenu. Parce qu’il avait identifié ses non-négociables : pas de management toxique, pas de missions sans sens, pas de culture d’entreprise où l’humain est secondaire. En disant non à ces offres, il a dit oui à lui-même.
« L’Intelligence Relationnelle ne consiste pas à bien s’entendre avec tout le monde. Elle consiste à rester en lien avec soi-même, même quand les autres ne comprennent pas. »
Un des moments les plus forts de mon accompagnement avec Vincent, c’est quand on a travaillé avec une partie qu’il appelait « le Gardien ». Cette partie était apparue vers l’âge de 12 ans, quand son père avait perdu son travail et que la famille avait traversé une période très difficile. Le Gardien s’était juré : « Plus jamais ça. » Depuis, il poussait Vincent à être irréprochable, à toujours anticiper, à ne jamais faillir.
Quand Vincent a perdu son emploi, le Gardien est devenu fou. Il lui envoyait des messages catastrophistes : « Tu vas finir à la rue. » « Tu es en train de reproduire l’échec de ton père. » « Tu es faible. » Vincent vivait dans une tension permanente. Il ne dormait plus, il avait des douleurs au dos, il était irritable avec ses enfants.
En IFS, on ne combat pas ces parties. On les accueille. Je lui ai proposé une séance d’hypnose pour rencontrer le Gardien. Vincent s’est installé, a fermé les yeux. Je l’ai guidé vers un espace intérieur calme. Je lui ai demandé d’imaginer le Gardien comme une figure. Il a vu un homme en costume, sévère, les bras croisés. Vincent lui a demandé : « Qu’est-ce que tu fais pour moi ? » Le Gardien a répondu : « Je te protège de l’échec. Je te pousse à être le meilleur. Sans moi, tu serais nul. »
C’est une réponse typique d’une partie protectrice. Elle croit sincèrement qu’elle nous sauve. Mais en réalité, elle nous enferme. Vincent a alors demandé : « Et si j’échoue, qu’est-ce qui se passe ? » Le Gardien a hésité. Il a répondu : « Je ne sais pas. Je n’ai jamais envisagé cette possibilité. » C’est là que la guérison commence. Quand la partie protectrice réalise qu’elle ne connaît pas d’autre option, elle peut commencer à lâcher prise.
On a travaillé pendant plusieurs séances pour rassurer le Gardien. On lui a montré que Vincent adulte n’était plus l’enfant impuissant de 12 ans. Qu’il avait des ressources, un réseau, des compétences. Que l’échec n’était pas une fin. Peu à peu, le Gardien s’est détendu. Il est passé d’un garde du corps hystérique à un conseiller calme. Il n’a pas disparu. Il a changé de rôle.
Ce travail sur les parties, c’est ce qui permet de ne pas répéter les schémas. Vincent aurait pu retrouver un poste et, six mois plus tard, se faire licencier à nouveau parce que son Gardien l’aurait poussé à l’épuisement. En l’accueillant, il a brisé le cycle.
Vincent a fini par trouver sa voie. Pas dans la logistique. Pas dans le commercial pur. Il a créé une structure de conseil en intelligence relationnelle pour les équipes commerciales. Il forme des managers à mieux communiquer, à mieux comprendre leurs clients, à mieux se comprendre eux-mêmes. Il gagne moins d’argent qu’avant, mais il dort mieux. Il me dit souvent : « Je n’ai pas changé de métier. J’ai changé de posture. Avant, je vendais des trucs. Maintenant, je transmets ce que j’ai appris. »
Ce que Vincent a vécu, ce n’est pas un « rebond ». C’est une métamorphose. Elle a été douloureuse, longue, incertaine. Mais elle a été réelle. Et elle est accessible à beaucoup de personnes qui vivent aujourd’hui la même situation.
Voici ce que j’ai observé chez ceux qui réussissent cette transition :
Ils arrêtent de chercher un emploi pour chercher un sens. Ils ne regardent plus les offres avec l’obsession du « est-ce que je peux le faire ? » mais avec la question « est-ce que ça me fait vibrer ? »
Ils acceptent de traverser l’inconfort. Pendant plusieurs mois, ils ne savent pas où ils vont. Ils apprennent à tolérer cette incertitude sans se jeter sur la première solution venue.
Ils travaillent sur eux-mêmes en parallèle. Pas juste des coachings de carrière. Un vrai travail psychique. En hypnose, en IFS, en thérapie. Parce que sans ça, on reproduit les mêmes schémas.
Ils osent demander de l’aide. Pas par faiblesse. Par intelligence. Ils savent qu’ils ne peuvent pas tout voir seuls. Ils s’entourent de professionnels, de pairs, de mentors.
Vincent a mis
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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