3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un parcours de guérison intérieure inspirant.
« Je ne pouvais plus faire un pas sans que mon genou gauche me rappelle ma fragilité. »
C’est par cette phrase que Paul, 47 ans, ancien marathonien, a commencé notre première séance. Il y a trois ans, une rupture du ligament croisé antérieur l’a cloué au sol. L’opération s’est bien passée, la rééducation aussi. Mais la douleur, elle, est restée. Pas une douleur mécanique, précisaient les médecins. Une douleur fantôme, disaient-ils, nerveuse, inflammatoire, un peu mystérieuse. Les IRM étaient propres, les examens rassurants. Pourtant, chaque matin, Paul se levait avec cette sensation de brûlure dans le genou, comme un rappel insistant que quelque chose n’allait pas.
Il a essayé l’ostéopathie, l’acupuncture, les anti-inflammatoires, la kinésithérapie à haute dose. Rien n’y faisait. La douleur s’accrochait, comme un chien à son os. Et avec elle, une peur sourde : celle de ne plus jamais pouvoir courir, de ne plus jamais se sentir libre.
Paul est arrivé dans mon cabinet avec une question simple : « Est-ce que l’hypnose peut enlever la douleur ? »
J’aurais pu répondre oui, vite fait, pour le rassurer. Mais ce n’est pas mon style. Je lui ai dit : « L’hypnose peut changer ta relation à la douleur. Mais si tu veux aller plus loin, il y a un autre chemin. Un chemin qui s’appelle l’IFS. »
Il a haussé les épaules. « IFS ? Jamais entendu parler. »
Je lui ai expliqué en deux mots : l’IFS, c’est un modèle qui considère que notre esprit est constitué de différentes « parties » — des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur histoire, leur raison d’être. Et au centre de tout ça, il y a un Self, une essence calme, curieuse, connectée. La douleur, dans ce cadre, n’est pas un ennemi à abattre. C’est une partie qui essaie de faire son boulot. Maladroitement, parfois bruyamment, mais avec une intention profonde : protéger.
Paul a souri, mi-intrigué, mi-sceptique. « Donc mon genou serait une partie de moi qui essaie de me protéger ? »
Oui. Exactement.
Avant d’aller plus loin dans l’histoire de Paul, il faut qu’on pose une base claire. La douleur chronique, celle qui dure plus de trois mois, n’est pas une simple prolongation d’une blessure aiguë. C’est un phénomène neurophysiologique complexe. Le cerveau, après une lésion, peut rester en état d’alerte. Il continue à envoyer des signaux de douleur, même quand les tissus sont guéris. C’est ce qu’on appelle la sensibilisation centrale. Le système nerveux devient hypersensible, comme un détecteur de fumée qui se déclenche pour une simple vapeur de café.
Mais il y a une autre couche, souvent invisible : la couche émotionnelle et relationnelle. La douleur chronique n’arrive jamais seule. Elle s’accompagne d’un cortège de peurs, de colères rentrées, de tristesses non exprimées, de croyances limitantes. Et c’est là que l’IFS entre en jeu.
« La douleur n’est pas le problème. C’est la relation que tu entretiens avec elle qui fait toute la différence. »
Quand une partie de toi vit dans la peur constante de la douleur, elle active des boucles de stress qui maintiennent l’inflammation et la tension. Quand une autre partie croit que tu es fragile, elle te pousse à éviter tout mouvement, ce qui affaiblit tes muscles et tes articulations. Et quand une autre encore porte la honte de ne pas être « assez fort », elle ajoute une pression mentale qui épuise tes ressources.
L’IFS ne cherche pas à faire disparaître la douleur par un tour de passe-passe. Il propose de rencontrer les parties qui la portent, de les écouter, de les comprendre, et de les libérer de leur fardeau. C’est un travail de fond, pas une solution rapide. Mais pour Paul, ça a été une révélation.
Lors de notre deuxième séance, j’ai proposé à Paul un exercice simple. Je lui ai demandé de fermer les yeux, de se connecter à la sensation dans son genou gauche, et de la décrire comme s’il s’agissait d’une présence. Une forme, une couleur, une texture, une voix.
Il a grimacé. « C’est comme une boule serrée, chaude, rouge. Avec une espèce de grincement. »
— « Si cette boule pouvait parler, que dirait-elle ? »
Silence. Puis, d’une voix hésitante : « Elle dirait : “Je te protège. Si je ne suis pas là, tu vas te blesser encore plus.” »
Nous venions de rencontrer la première partie : la gardienne du genou. Son rôle ? Maintenir Paul dans une vigilance constante, l’empêcher de refaire les mêmes erreurs. Elle était née après l’accident, comme un soldat posté devant une porte qu’il ne fallait plus jamais ouvrir.
— « Et si tu lui demandais ce qu’elle craint vraiment ? »
Paul a pris une inspiration. « Elle a peur que je redevienne comme avant. Que je coure sans réfléchir, que je me blesse à nouveau, que je finisse en fauteuil roulant. »
Cette partie n’était pas méchante. Elle était terrifiée. Elle avait pris le contrôle pour éviter le pire. Mais en faisant ça, elle avait aussi volé à Paul sa liberté de mouvement, sa confiance en son corps, son plaisir de vivre.
L’IFS commence toujours par remercier la partie pour son service. Pas pour la renvoyer, mais pour établir une relation de confiance. Paul a appris à lui dire : « Je sais que tu veux mon bien. Je te remercie. Mais je peux marcher maintenant, je peux courir doucement, et je peux m’arrêter avant la douleur. Tu n’as plus besoin d’être si vigilante. »
Ça n’a pas marché du premier coup. La gardienne était méfiante. Il a fallu plusieurs séances pour qu’elle accepte de lâcher prise un peu.
En parallèle, une autre partie a émergé. Elle est apparue quand Paul a évoqué ses parents, son père ancien sportif, sa mère toujours souriante mais jamais vraiment contente. Paul était l’aîné, le « bon élève », celui qui réussissait tout. Courir, c’était son moyen d’être vu, d’être aimé, d’être à la hauteur.
Après l’accident, il s’est senti inutile. « Je ne suis plus bon à rien », répétait-il. Cette partie-là, je l’ai appelée « la petite fille qui voulait être parfaite ». Elle portait une croyance profonde : « Si je ne performe pas, je ne mérite pas d’exister. »
C’est fascinant de voir comment la douleur physique peut réveiller des blessures anciennes. Paul avait passé des années à courir pour fuir cette petite fille. Mais après la blessure, elle était là, assise dans le silence, avec ses attentes et sa tristesse.
L’IFS permet de dialoguer avec elle. Paul a appris à l’écouter sans jugement. Il lui a dit : « Je suis désolé de t’avoir ignorée si longtemps. Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour être aimé. Tu es aimé parce que tu es là. »
Cette phrase, il l’a répétée des dizaines de fois. Parfois en pleurant. Parfois en riant. Mais à chaque fois, la douleur dans son genou s’atténuait un peu.
« La guérison ne consiste pas à éliminer la douleur, mais à faire de la place pour toutes les parties qui souffrent à l’intérieur de toi. »
Si l’IFS fonctionne, c’est parce qu’il repose sur une confiance fondamentale : il existe en chacun de nous un Self, une présence calme, curieuse, compatissante, confiante, créative et connectée. Ce Self n’a pas besoin d’être construit. Il est juste là, parfois enfoui sous des couches de parties protectrices.
Le travail de Paul a consisté à apprendre à revenir à ce Self. À chaque séance, nous faisions des exercices de centrage, de respiration, de visualisation. Il apprenait à observer ses parties sans s’identifier à elles. « Je ne suis pas ma douleur. Je ne suis pas ma peur. Je suis celui qui peut les accueillir. »
Ce n’est pas un concept abstrait. C’est une expérience concrète. Quand Paul se connectait à son Self, sa posture changeait. Son visage s’apaisait. Sa voix devenait plus posée. Et surtout, son genou se détendait.
Il y a un moment qui m’a marqué. C’était lors de notre cinquième séance. Paul avait les yeux fermés, les mains posées sur ses cuisses. Il a dit : « Je vois la gardienne du genou assise à côté de moi. Elle est plus petite qu’avant. Elle a lâché mon genou. Elle tient juste ma main. »
J’ai senti une vague d’émotion monter. Ce n’était pas moi qui guérissais Paul. C’était lui qui retrouvait son propre pouvoir.
Après huit séances d’IFS, Paul a commencé à remarquer des changements concrets. Il pouvait marcher une heure sans que la brûlure réapparaisse. Il a recommencé à faire du vélo, doucement. Puis un jour, il a couru cinq kilomètres. Pas vite, mais sans douleur.
« C’est étrange », m’a-t-il dit. « La douleur n’a pas complètement disparu. Mais elle n’est plus au centre. C’est comme si elle était devenue une musique de fond, pas un solo de batterie. »
C’est exactement ce que l’IFS permet : décentrer la douleur, lui rendre sa juste place. Ce n’est pas un effacement, c’est une réorganisation. La douleur n’est plus le chef d’orchestre. Elle devient un instrument parmi d’autres, parfois présent, parfois silencieux.
Paul a aussi changé son discours intérieur. Au lieu de se dire « Je suis fragile », il se dit « Mon corps a besoin de soin aujourd’hui ». Au lieu de « Je dois courir pour être quelqu’un », il se dit « Je cours parce que ça me fait du bien ». C’est un changement de paradigme.
Et ce n’est pas réservé aux sportifs. J’ai vu des personnes avec des douleurs lombaires, des migraines, des fibromyalgies, des douleurs neuropathiques, vivre des transformations similaires. L’IFS n’est pas une baguette magique. Mais c’est un outil puissant pour ceux qui sont prêts à regarder au-delà du symptôme.
Il faut que je sois honnête avec toi. L’IFS ne remplace pas un suivi médical. Si tu as une douleur chronique, ton premier réflexe doit être de consulter un médecin, un kiné, un spécialiste. L’IFS vient en complément, pas en substitution.
L’IFS ne promet pas une vie sans douleur. Certaines douleurs ont des causes organiques qui nécessitent un traitement spécifique. Mais même dans ces cas, l’IFS peut t’aider à vivre mieux avec ta douleur, à réduire la souffrance émotionnelle qui l’accompagne, à retrouver une forme de liberté intérieure.
L’IFS fait plusieurs choses précieuses :
« L’IFS n’enlève pas la douleur. Il enlève le combat contre la douleur. Et c’est là que la guérison commence. »
Si l’histoire de Paul te parle, si tu reconnais dans ta douleur chronique une voix qui te limite, qui te protège, qui te rappelle des blessures anciennes, sache que tu n’es pas seul. Et que des solutions existent.
Voici trois choses que tu peux faire dès maintenant :
Prends un moment pour toi. Installe-toi confortablement, ferme les yeux, et pose ta main sur la zone douloureuse. Respire doucement. Demande à la douleur : « Si tu pouvais parler, que dirais-tu ? » Écoute la réponse sans la juger. Note-la sur un carnet.
Observe ton discours intérieur. Quand la douleur se réveille, qu’est-ce que tu te dis ? « Je suis nul », « Ça ne passera jamais », « Je vais finir handicapé » ? Ces phrases ne sont pas des vérités. Ce sont des parties qui parlent. Tu peux leur répondre : « Je t’entends. Je comprends ta peur. Mais je veux essayer autrement. »
Trouve un praticien formé à l’IFS. Ce n’est pas une approche qu’on peut faire seul, surtout au début. Un bon accompagnement te permettra d’aller en sécurité dans les couches plus profondes. Si tu es à Saintes ou dans les environs, je reçois en cabinet. Sinon, cherche un thérapeute IFS certifié près de chez toi.
Paul m’a dit un jour : « Avant, je passais mes journées à essayer de ne pas penser à ma douleur. Maintenant, je passe mes journées à vivre. C’est tout bête, mais c’est énorme. »
C’est ça, la promesse de l’IFS. Pas une vie sans douleur, mais une vie où la douleur n’est plus le centre. Une vie où tu retrouves ta liberté, ta curiosité, ta joie.
Je ne prétends pas que l’IFS soit la solution universelle. Chaque chemin est unique. Mais si tu sens que ta douleur chronique porte une histoire, une émotion, une partie de toi qui demande à être entendue, alors peut-être que cet article t’a ouvert une porte.
Tu n’es pas obligé de franchir le pas tout de suite. Mais sache que la porte est là. Et qu’elle s’ouvre de l’intérieur.
Si tu veux en parler, poser des questions, ou simplement être écouté, je suis là. Un mail, un appel, une séance. Pas de pression. Juste une présence.
Prends soin de toi. Et surtout, prends soin de toutes tes parties, même celles qui font mal. Elles ont peut-être juste besoin qu’on les voie, enfin.
— Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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