3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole de bienveillance pour votre critique intérieur.
Vous venez de rater une deadline. Ou vous avez dit quelque chose de maladroit en réunion. Ou vous avez croisé votre reflet dans une vitrine et cette petite voix intérieure en a profité : « Encore toi. T’es vraiment nul(le). Les autres, ils y arrivent, eux. »
Cette voix, vous la connaissez bien. Elle est là depuis des années. Parfois elle vous pousse à vous dépasser, vous l’avez même remerciée pour ça. Mais ces derniers temps, elle s’est transformée en un coach militaire qui crie sans arrêt, qui ne reconnaît jamais vos efforts, et qui vous laisse épuisé(e), vidé(e), avec cette sensation tenace de ne jamais en faire assez.
J’ai vu des dizaines de personnes dans mon cabinet à Saintes avec ce même scénario. Des cadres qui réussissent tout à l’extérieur mais qui se démolissent à l’intérieur. Des sportifs de haut niveau qui performent mais ne savent pas savourer une victoire. Des parents qui donnent tout à leurs enfants mais s’oublient complètement.
Le problème, ce n’est pas que vous soyez trop dur avec vous-même. Le problème, c’est que vous avez confondu sévérité et efficacité. Et que personne ne vous a jamais appris à faire autrement.
Dans cet article, je vais vous montrer comment construire un ancrage d’autocompassion. Un outil concret, issu de l’hypnose ericksonienne et de l’IFS (Internal Family Systems), pour transformer cette voix critique en une alliée bienveillante. Et surtout, je vais vous donner quelque chose à faire tout de suite, pas dans six mois.
Imaginez un entraîneur de foot qui passerait quatre-vingt-dix minutes à hurler sur ses joueurs. « T’es nul ! », « T’as pas de technique ! », « Les autres sont meilleurs que toi ! ». Pensez-vous que cette équipe gagnerait des matchs sur la durée ? Peut-être un ou deux, sous le coup de la peur et de l’adrénaline. Mais très vite, les blessures s’accumuleraient, la motivation s’effondrerait, et les joueurs finiraient par détester leur sport.
Notre critique intérieur fonctionne exactement comme cet entraîneur. Il croit sincèrement qu’en vous mettant la pression, il vous protège. Il vous évite l’échec, le rejet, la honte. C’est une partie de vous, souvent formée très tôt dans l’enfance, quand vous aviez besoin de ces mécanismes pour survivre émotionnellement. Un parent exigeant, un environnement compétitif, une expérience d’humiliation : votre mental s’est construit une sentinelle qui crie pour vous garder sur le droit chemin.
Et ça a marché, un temps. Vous avez obtenu des résultats. Vous avez été promu(e), vous avez gagné des courses, vous avez été le(la) parfait(e) élève. Mais aujourd’hui, cette sentinelle ne fait plus son travail : elle est devenue un tyran. Vous êtes épuisé(e), vous avez du mal à vous lever le matin, vous procrastinez sur des tâches simples parce que la perspective d’entendre cette voix vous paralyse. Votre corps vous envoie des signaux : tensions dans les épaules, sommeil haché, digestion capricieuse.
Le paradoxe, c’est que plus vous êtes dur(e) avec vous-même, moins vous êtes efficace. La recherche en neurosciences est claire : quand le cortex préfrontal (notre centre de la réflexion, de la créativité et de la prise de décision) est inondé de cortisol et d’adrénaline à cause du stress chronique, il se met en veille. Vous perdez en flexibilité, en capacité d’apprentissage, en résilience. Vous fonctionnez en mode survie, pas en mode performance.
La dureté n’est pas une preuve de force. C’est une stratégie de survie qui a dépassé sa date de péremption. L’autocompassion, ce n’est pas de la faiblesse : c’est le terreau le plus fertile pour une vraie progression.
Quand je parle d’autocompassion en consultation, je vois souvent des grimaces. « Ah non, moi je ne vais pas me bercer d’illusions. Je ne vais pas me dire que tout va bien alors que j’ai merdé. » Je comprends cette réaction. L’autocompassion a une mauvaise réputation. On l’imagine comme une espèce de mollesse, de complaisance qui nous empêcherait d’avancer.
En réalité, c’est tout l’inverse. L’autocompassion, telle que définie par la chercheuse Kristin Neff, repose sur trois piliers :
L’autocompassion ne vous dit pas « c’est bien, tu n’as rien à changer ». Elle vous dit : « Tu souffres, c’est humain. Maintenant, qu’est-ce que tu peux faire pour aller mieux, pour apprendre, pour grandir ? »
Dans mon travail avec les sportifs, c’est flagrant. Un coureur qui se flagelle après une contre-performance va soit abandonner l’entraînement suivant, soit se surentraîner et se blesser. Un coureur qui pratique l’autocompassion va analyser sa course, reconnaître sa déception, et ajuster son plan d’entraînement avec lucidité. Lequel progresse sur le long terme ? Sans hésitation, le second.
L’autocompassion, c’est la capacité à tenir deux choses à la fois : « Je suis déçu(e) de ce résultat » ET « Je mérite quand même de la douceur ». Ce n’est pas un abandon de l’exigence. C’est un changement de carburant : on passe de la peur à la confiance.
L’une des découvertes les plus libératrices que j’ai pu observer dans mon cabinet, c’est quand une personne réalise que sa voix critique n’est pas « elle ». Ce n’est pas son identité profonde. C’est juste une partie d’elle-même.
En IFS (Internal Family Systems), on appelle ça un « manager » ou un « protecteur ». Cette partie s’est activée pour vous protéger, souvent depuis l’enfance. Elle a pris le contrôle parce qu’elle croyait que c’était la seule façon de vous garder en sécurité. Et elle ne sait pas faire autrement.
Quand vous vous dites « je suis nul(le) », vous confondez cette partie avec votre totalité. C’est comme si vous disiez « je suis une voiture qui a un pneu crevé ». Non, vous êtes un conducteur qui a un pneu crevé. Vous pouvez le réparer, le changer, ou apprendre à conduire avec. Mais vous n’êtes pas le pneu.
Prenons un exemple concret. Claire, une cadre de 38 ans que j’ai accompagnée, avait une voix intérieure qui la traitait d’« incapable » dès qu’elle prenait trois minutes pour elle. « Arrête de glander, les autres travaillent, tu vas te faire rattraper. » En explorant cette partie, elle a découvert qu’elle s’était formée à 12 ans, après que son père lui ait dit : « Les filles qui réussissent ne s’arrêtent jamais. » Cette partie avait pris cette phrase au pied de la lettre et la répétait depuis vingt-six ans.
Quand Claire a compris que cette voix n’était pas elle mais une partie d’elle, quelque chose a changé. Elle a pu lui parler, la remercier d’avoir essayé de la protéger, et lui demander de prendre un peu de recul. Pas pour la faire taire définitivement, mais pour lui donner un nouveau rôle. Celui de conseillère, pas de dictatrice.
Vous n’êtes pas votre critique intérieur. Vous êtes celui ou celle qui l’entend. Et cette simple distinction ouvre la porte à tout le reste.
Un ancrage, en hypnose, c’est un stimulus (un geste, une parole, une image) qui déclenche un état ressource. Vous avez déjà des ancrages, sans le savoir. Le parfum de votre grand-mère qui vous ramène en enfance. La chanson qui vous donne instantanément de l’énergie. Votre prénom prononcé d’une certaine façon par quelqu’un que vous aimez.
L’idée ici est de créer un ancrage spécifique pour l’autocompassion : un geste que vous pourrez utiliser dans les moments où le critique intérieur se déchaîne, pour ramener de la douceur, de la clarté, et de la lucidité.
Voici le protocole, que vous pouvez réaliser seul(e) chez vous. Installez-vous dans un endroit calme, sans distraction. Prévoyez dix à quinze minutes.
Étape 1 : Identifiez un souvenir d’autocompassion reçue
Fermez les yeux. Rappelez-vous un moment où quelqu’un a été vraiment bienveillant avec vous. Pas forcément un grand événement. Peut-être un ami qui vous a dit « repose-toi, tu en as besoin » alors que vous étiez épuisé(e). Un parent qui vous a consolé(e) après une déception. Un professeur qui a cru en vous quand vous doutiez. Laissez ce souvenir monter. Voyez les couleurs, entendez les voix, ressentez la chaleur dans votre corps. Prenez le temps de vraiment y être.
Étape 2 : Transformez-le en autocompassion pour vous-même
Maintenant, imaginez que c’est vous qui vous dites ces mêmes mots, avec la même douceur. Vous êtes à la fois celui ou celle qui reçoit et celui ou celle qui donne. Laissez les mots venir. « Je suis là pour toi. Tu fais de ton mieux. C’est normal d’avoir du mal. » Répétez-les intérieurement, comme une caresse. Sentez la différence dans votre corps : peut-être une détente dans la mâchoire, un relâchement des épaules, une respiration qui s’approfondit.
Étape 3 : Créez l’ancrage physique
Choisissez un geste simple, discret, que vous pourrez faire n’importe où. Je recommande souvent de poser une main sur le cœur, ou de joindre le pouce et l’index. Ce qui compte, c’est que ce soit un geste que vous n’utilisez pas habituellement pour autre chose. Pendant que vous êtes immergé(e) dans ce sentiment d’autocompassion, faites ce geste. Maintenez-le pendant que l’état est fort. Répétez mentalement un mot-clé comme « douceur », « bienveillance » ou « paix ». Faites cela trois à quatre fois, en laissant l’état monter à chaque fois.
Étape 4 : Testez et renforcez
Ouvrez les yeux. Pensez à une situation légèrement inconfortable, mais pas trop intense. Par exemple, une petite erreur que vous avez faite hier. Laissez la critique monter un peu. Puis, faites votre geste d’ancrage. Observez ce qui se passe. Peut-être que la critique s’adoucit, que vous prenez du recul, que vous souriez. Si ce n’est pas le cas, c’est normal. Revenez à l’étape 1 et renforcez l’ancrage. Plus vous le ferez, plus il deviendra puissant.
Ce protocole, je le donne à tous les sportifs que j’accompagne. Pour un footballeur, c’est le geste qu’il fait après une occasion ratée, pour ne pas s’effondrer mentalement et rester dans le match. Pour un coureur, c’est la main sur le cœur au kilomètre 30, quand le mental commence à flancher. Pour vous, ce sera l’outil que vous utilisez quand la voix intérieure devient trop forte.
L’ancrage, c’est la béquille pour les moments difficiles. Mais pour que le changement soit durable, il faut nourrir l’autocompassion au quotidien. Voici trois micro-pratiques que vous pouvez glisser dans votre journée, sans rien ajouter à votre charge mentale.
La pause-café consciente : Avant de boire votre café ou votre thé, prenez trois secondes. Posez une main sur votre torse. Respirez. Dites-vous intérieurement : « Je mérite ce moment. » C’est ridiculement simple, et c’est justement pour ça que ça marche. Vous reprogrammez votre cerveau à associer la pause à la bienveillance, pas à la culpabilité.
Le journal des trois victoires : Chaque soir, notez trois petites choses que vous avez bien faites. Pas des exploits. « J’ai écouté un collègue sans l’interrompre. » « J’ai choisi une salade au lieu d’un fast-food. » « J’ai souri à la caissière. » Votre critique intérieur va ricaner : « C’est nul, c’est rien du tout. » Laissez-le ricaner. Notez quand même. Au bout d’une semaine, vous verrez une liste de preuves que vous êtes plus compétent(e) et plus humain(e) que votre voix ne veut bien le dire.
Le dialogue avec le critique : Quand la voix critique se fait entendre, ne la combattez pas. Dites-lui : « Je t’entends. Merci d’essayer de me protéger. J’ai besoin de douceur maintenant. » C’est un acte de souveraineté. Vous ne laissez pas la partie prendre le contrôle, mais vous ne l’exilez pas non plus. Vous l’écoutez, vous la remerciez, et vous choisissez autre chose.
Un patient m’a dit un jour : « C’est bizarre, mais depuis que je fais ça, ma voix critique est moins stridente. Parfois elle me dit même “bon, d’accord, mais fais attention quand même”. » C’est exactement le but. Transformer un tyran en gardien bienveillant. Quelqu’un qui veille, mais qui ne vous empêche pas de vivre.
Je ne vous vendrai pas de rêve. L’autocompassion ne va pas faire disparaître votre critique intérieur. Il sera toujours là, surtout dans les moments de stress, de fatigue, ou de vulnérabilité. Il fait partie de votre système, et il a ses raisons d’exister. Ce qui change, c’est votre relation avec lui.
L’autocompassion ne va pas non plus effacer les conséquences réelles de vos erreurs. Si vous avez merdé au travail, vous devrez quand même réparer. Si vous avez blessé quelqu’un, vous devrez vous excuser. L’autocompassion ne vous exonère pas de vos responsabilités. Elle vous donne juste la force et la clarté nécessaires pour y faire face, au lieu de vous enfoncer dans la honte ou de fuir dans l’évitement.
Et l’autocompassion ne va pas vous transformer en une personne molle et sans ambition. J’ai vu des entrepreneurs, des sportifs, des artistes devenir plus exigeants et plus performants après avoir intégré cette pratique. Parce qu’ils ne perdaient plus d’énergie à se battre contre eux-mêmes. Toute cette énergie, ils pouvaient enfin la mettre dans leur projet, leur entraînement, leur création.
L’autocompassion, c’est le sol sur lequel vous plantez votre tente. Pas un oreiller sur lequel vous vous endormez.
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être prêt(e). Vous n’avez pas besoin de tout comprendre. Vous avez juste besoin de commencer.
Voici ce que je vous propose, maintenant, tout de suite, après avoir lu ces lignes :
C’est tout. Ce n’est pas magique. Mais c’est un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.