3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une approche douce pour renforcer vos ressources.
Vous avez sans doute déjà essayé de vous ancrer. Vous avez peut-être même suivi des exercices guidés : visualiser un arbre, sentir vos pieds sur le sol, respirer profondément. Et puis, quelques heures ou quelques jours plus tard, vous vous êtes retrouvé·e submergé·e par une émotion, un stress, une réaction qui vous a semblé plus forte que vous. L’ancrage a fonctionné sur le moment, mais il n’a pas tenu. Cela vous parle ?
Je vois régulièrement des personnes qui viennent me voir avec ce constat : « J’ai tout essayé pour me calmer, pour me recentrer, mais ça ne marche pas longtemps. » Et souvent, ce n’est pas la technique qui est en cause. C’est ce qui se passe à l’intérieur, au moment où vous essayez de vous ancrer. Parce que pour s’ancrer vraiment, il ne suffit pas de poser les pieds sur le sol. Il faut d’abord dialoguer avec ce qui, en vous, ne veut pas ou ne peut pas s’ancrer.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) rejoint l’hypnose et l’ancrage. L’IFS, c’est cette approche qui considère que notre psyché est composée de « parties », des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur histoire, leur protection. Et parfois, une partie de vous ne veut pas s’ancrer. Parce que pour elle, s’ancrer, c’est dangereux. Ou inutile. Ou trop douloureux. Alors plutôt que de lutter contre elle, on va l’écouter. Et c’est en l’écoutant que l’ancrage devient possible, durable, et profond.
Dans cet article, je vais vous montrer comment l’IFS peut transformer votre pratique de l’ancrage. Comment passer d’un ancrage mécanique à un ancrage vivant, qui tient compte de toutes vos parties. Et comment, avec une approche douce et respectueuse, vous pouvez renforcer vos ressources internes sans forcer. Prêt·e à explorer ? Alors commençons.
Vous êtes assis·e, vous fermez les yeux, vous visualisez une lumière qui descend de votre tête jusqu’à vos pieds, vous imaginez des racines qui plongent dans la terre. Et là, quelque chose résiste. Une tension dans le ventre, une pensée qui dérive, une envie soudaine de bouger. Vous essayez de vous concentrer plus fort, mais ça ne fait qu’empirer.
Ce que vous vivez, c’est une réaction tout à fait normale. Votre système nerveux est complexe, et il ne se laisse pas commander par une simple injonction à « se calmer ». L’ancrage est une technique puissante, mais elle repose sur un présupposé : que vous êtes unifié·e, que vous pouvez décider de vous ancrer et que votre corps va suivre. Or, la réalité est plus nuancée.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un coureur de fond, appelons-le Marc. Marc est un sportif de haut niveau, habitué à gérer la douleur et l’effort. Mais en compétition, il a des montées d’angoisse qui le paralysent. Il a essayé toutes les techniques de respiration, de visualisation, d’ancrage. Rien n’y fait. En séance, je lui propose un exercice d’ancrage simple : sentir ses pieds sur le sol, visualiser une ancre dans son ventre. Il ferme les yeux, et presque immédiatement, il grimace. « Ça ne marche pas », dit-il. « Je sens une espèce de mur. »
Ce mur, c’est une partie de lui. Une partie qui a été formée très tôt pour le protéger. Peut-être une partie qui a appris que se sentir en sécurité, c’était dangereux. Ou une partie qui associe l’ancrage à une vulnérabilité insupportable. Quand on essaie de s’ancrer sans tenir compte de cette partie, on entre en conflit avec elle. Et dans ce conflit, c’est souvent elle qui gagne.
L’ancrage classique échoue parce qu’il ignore la dimension relationnelle de notre psyché. Il traite l’esprit comme un bloc monolithique, alors qu’il est peuplé de voix, de croyances, de protections. Pour que l’ancrage fonctionne, il faut d’abord créer un dialogue avec ces parties. Et c’est exactement ce que l’IFS permet.
L’IFS, développé par Richard Schwartz, repose sur une idée simple mais révolutionnaire : votre esprit n’est pas une seule entité, mais un système de « parties » qui interagissent entre elles. Ces parties ne sont pas des pathologies. Ce sont des aspects de vous, souvent formés dans l’enfance, qui ont pris des rôles spécifiques pour vous protéger ou vous aider à survivre.
Par exemple, vous avez peut-être une partie « perfectionniste » qui vous pousse à tout contrôler. Une partie « critique » qui vous juge sévèrement. Une partie « enfant » qui se sent vulnérable. Une partie « protectrice » qui vous empêche de prendre des risques. Ces parties ne sont pas mauvaises. Elles ont simplement des intentions, parfois contradictoires, et elles agissent souvent en dehors de votre conscience.
Le but de l’IFS n’est pas de se débarrasser de ces parties, mais de les comprendre, de les écouter, et de restaurer une relation de confiance avec elles. Au cœur de ce système, il y a ce qu’on appelle le « Self » : votre essence, votre centre calme, curieux, compatissant. Le Self n’a pas besoin de contrôler les parties. Il peut simplement les accueillir.
Maintenant, reliez cela à l’ancrage. Quand vous essayez de vous ancrer, vous sollicitez votre Self pour vous recentrer. Mais si une partie de vous est en alerte, en colère, ou terrifiée, elle va interférer. Elle va peut-être vous envoyer des pensées parasites, des tensions corporelles, ou une sensation d’étouffement. Plutôt que de l’ignorer ou de la combattre, l’IFS vous invite à vous tourner vers elle avec curiosité.
Imaginez que vous êtes en train de faire un exercice d’ancrage, et soudain, vous sentez une boule dans la gorge. Au lieu de dire « je dois me concentrer plus », vous pouvez dire : « Bonjour, partie qui fait cette boule. Je te vois. Qu’est-ce que tu veux me dire ? » C’est un changement radical. Vous passez d’un mode de contrôle à un mode de dialogue. Et c’est là que la magie opère.
Alors, concrètement, comment fait-on ? Je vais vous guider pas à pas, avec un exemple que j’utilise souvent en séance.
Installez-vous confortablement, les pieds posés à plat sur le sol. Fermez les yeux si vous le souhaitez. Prenez une respiration, et commencez par un ancrage simple : sentez le contact de vos pieds avec le sol. Ne cherchez pas à forcer. Juste notez ce qui se passe.
Puis, portez votre attention sur l’intérieur de votre corps. Est-ce qu’il y a une tension, une chaleur, une lourdeur, un vide ? Choisissez une sensation qui attire votre attention. Par exemple, une pression dans la poitrine. Maintenant, posez-lui une question, comme si vous parliez à une personne : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Attendez une réponse. Elle peut venir sous forme de mots, d’images, de souvenirs, ou même de sensations qui changent.
Ne cherchez pas à analyser. Restez dans la curiosité. Si une pensée ou une émotion émerge, accueillez-la. Vous pourriez entendre : « Je ne me sens pas en sécurité. » Ou : « Si je m’ancre, je vais m’effondrer. » Ou encore : « C’est inutile, ça ne marchera pas. » Ces réponses sont précieuses. Elles vous indiquent ce qui bloque l’ancrage.
Prenons un exemple concret. Une patiente, Sophie, vient me voir pour des crises d’angoisse. En séance, elle essaie de s’ancrer, mais elle ressent une oppression thoracique. Je l’invite à dialoguer avec cette oppression. Elle ferme les yeux, et après un moment, elle dit : « C’est une partie de moi qui veut me protéger. Elle me dit que si je me détends, je vais perdre le contrôle. » Cette partie a une bonne intention : protéger Sophie de la peur de perdre le contrôle. Mais elle bloque l’ancrage.
Alors que faire ? On remercie cette partie. On lui dit : « Je comprends que tu veux me protéger. Merci. Est-ce que tu es prête à me laisser essayer un ancrage doux, juste un peu, pendant une minute ? » Parfois, la partie accepte. Parfois, elle dit non. Et c’est OK. On peut négocier : « Et si je m’ancre seulement avec un orteil ? » Ou : « Et si je visualise une ancre très légère ? » Le dialogue crée une alliance. Et une fois que la partie se sent entendue, elle relâche souvent sa résistance.
Une fois que vous avez établi ce dialogue, l’ancrage devient un outil non plus pour « vous calmer », mais pour offrir une ressource à vos parties. Chaque partie a besoin de sentir qu’elle peut être soutenue. Par exemple, une partie anxieuse a besoin de sentir qu’elle n’est pas seule. Une partie en colère a besoin de sentir qu’elle peut s’exprimer en sécurité. Une partie triste a besoin de sentir qu’elle peut pleurer sans être jugée.
L’ancrage peut alors être adapté à chaque partie. Voici comment.
Pour une partie anxieuse, vous pouvez visualiser une ancre qui descend dans le sol, mais en lui disant : « Cette ancre est pour toi. Elle te relie à quelque chose de stable. Tu peux t’y accrocher si tu veux. » Cela transforme l’ancrage en un refuge.
Pour une partie en colère, vous pouvez imaginer une ancre qui est comme un socle solide sous ses pieds. Vous lui dites : « Ta colère peut s’appuyer sur cette ancre. Elle n’a pas besoin de disparaître. Elle peut être là, mais enracinée. » La colère, quand elle est ancrée, devient une force stable plutôt qu’une explosion.
Pour une partie triste, l’ancrage peut être une main posée sur le cœur. Vous lui offrez une présence douce : « Je suis là avec toi. Tu peux pleurer, tu peux être triste, et je reste ancré·e à côté de toi. » La tristesse, quand elle est accompagnée, peut s’écouler sans noyer.
Ce qui est puissant, c’est que l’ancrage ne cherche plus à supprimer l’émotion. Il l’accueille. Et en l’accueillant, il permet à la partie de se sentir en sécurité. C’est un cercle vertueux : plus une partie se sent entendue, plus elle lâche prise, plus l’ancrage devient profond.
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour pratiquer. L’IFS et l’ancrage peuvent devenir une routine quotidienne, un peu comme une hygiène mentale. Voici comment vous pouvez intégrer cela en 5 à 10 minutes par jour.
Le matin, avant de commencer votre journée, prenez un moment pour vous poser. Posez les pieds au sol. Respirez. Puis, demandez-vous : « Quelle partie de moi est la plus active en ce moment ? » Peut-être une partie stressée par la journée à venir, ou une partie fatiguée. Accueillez-la. Puis, proposez-lui un ancrage : « Si tu veux, on peut s’ancrer ensemble. » Visualisez une ancre qui descend, et imaginez que cette partie est à côté de vous, reliée à la même ancre.
Vous pouvez aussi faire cela avant un événement stressant : une réunion, un examen, une compétition. Par exemple, un footballeur que j’accompagne fait cela avant chaque match. Il ferme les yeux, il trouve la partie de lui qui a peur de l’échec, il lui dit : « Je te vois. Tu peux rester, mais on va s’ancrer ensemble. » Puis il sent ses pieds dans ses crampons, et il visualise une ancre qui traverse le terrain. Résultat : il est plus présent, moins submergé.
Le soir, vous pouvez faire un bilan. « Quelle partie a été la plus présente aujourd’hui ? Est-ce qu’elle a besoin d’un ancrage maintenant ? » Parfois, une partie qui a été activée dans la journée a besoin d’être apaisée avant de dormir. Vous pouvez alors faire un ancrage doux, en posant une main sur votre ventre, en imaginant une lueur qui descend.
L’important, c’est la régularité. Plus vous pratiquez ce dialogue, plus vos parties apprennent à vous faire confiance. Et plus elles vous font confiance, plus l’ancrage devient un réflexe, une ressource disponible en toutes circonstances.
« Quand j’ai commencé à dialoguer avec mes parties, j’ai compris que mon anxiété n’était pas une ennemie. C’était juste une partie de moi qui avait besoin d’être écoutée. L’ancrage, avec elle, est devenu un moment de paix. »
Je veux être honnête avec vous. L’ancrage avec l’IFS n’est pas une baguette magique. Il ne va pas faire disparaître vos émotions du jour au lendemain. Il ne va pas résoudre des traumatismes profonds en une seule séance. Et il ne remplace pas un suivi thérapeutique si vous êtes dans une souffrance intense.
Cette approche est douce, mais elle demande de la pratique et de la patience. Parfois, des parties très anciennes ou très protectrices ne veulent pas lâcher prise facilement. Parfois, le dialogue peut faire émerger des émotions fortes, et il est important de savoir s’arrêter si cela devient trop. Dans ce cas, il vaut mieux être accompagné·e par un professionnel formé à l’IFS ou à l’hypnose.
Ce que cette approche fait, en revanche, c’est vous donner un outil pour mieux vous connaître. Elle vous apprend à ne plus être en guerre avec vous-même. Elle transforme l’ancrage d’une technique mécanique en une relation vivante avec vos ressources internes. Et elle vous permet, progressivement, de développer une sécurité intérieure qui ne dépend pas des circonstances extérieures.
J’ai vu des personnes qui, après quelques semaines de pratique, ont changé leur rapport à l’anxiété. Elles ne disent plus « je dois me calmer », mais « je peux accueillir cette partie qui a peur ». Et ce simple changement de posture fait toute la différence.
Nous arrivons à la fin de cette exploration. J’espère que cet article vous a donné une nouvelle perspective sur l’ancrage, une perspective plus humaine, plus douce, plus respectueuse de ce que vous êtes vraiment.
L’ancrage n’est pas une performance. Ce n’est pas un exercice à réussir ou à rater. C’est une invitation à rencontrer vos parties, à les écouter, à leur offrir un espace de sécurité. Et quand vous faites cela, l’ancrage devient bien plus qu’une technique : il devient un geste d’amour envers vous-même.
Si vous sentez que cette approche pourrait vous aider, si vous avez des parties qui résistent, ou si vous voulez simplement approfondir votre pratique, je suis là. En tant que praticien, je peux vous accompagner dans ce dialogue intérieur, que ce soit en hypnose, en IFS, ou en préparation mentale. Nous pouvons travailler ensemble, à votre rythme, sans forcer.
Prenez soin de vous, et souvenez-vous : vos parties ne sont pas des problèmes à résoudre, mais des alliés à comprendre. Et l’ancrage, quand il est fait avec elles, devient une source de paix durable.
Si vous souhaitez échanger, poser une question, ou prendre rendez-vous, n’hésitez pas à me contacter via mon site ou en cabinet. Je vous recevrai avec la même écoute et la même bienveillance que j’essaie de transmettre dans cet article.
À très bientôt,
Thierry
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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