3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment utiliser votre esprit pour réduire la perception de la douleur.
Vous êtes allongé dans votre lit, à 3 heures du matin. Vous avez déjà essayé trois positions différentes, changé l’oreiller, pris un cachet il y a deux heures. Mais cette douleur est toujours là, sourde ou lancinante, installée dans votre dos, votre genou ou votre ventre. Elle vous empêche de dormir, elle vous vole votre énergie, elle vous fait douter de vous-même. Vous vous dites : « Il n’y a rien à faire, c’est comme ça. » Et si ce n’était pas vrai ?
Je suis Thierry Sudan, praticien installé à Saintes depuis 2014. Chaque semaine, je reçois des adultes qui vivent avec une douleur chronique : certains ont des maux de dos qui traînent depuis des années, d’autres une fibromyalgie, d’autres encore des douleurs neuropathiques après une opération. Ils ont souvent tout essayé : anti-inflammatoires, kinésithérapie, infiltrations, parfois même des opérations. Et pourtant, la douleur persiste. Alors ils arrivent dans mon cabinet avec un mélange d’espoir et de scepticisme : « L’hypnose, ça peut vraiment changer quelque chose à ma douleur ? »
La réponse est oui, mais pas comme vous l’imaginez. L’autohypnose ne va pas faire disparaître votre douleur comme par magie. Elle va vous apprendre à changer votre rapport à elle, à réduire la perception que vous en avez, à lui enlever son pouvoir sur votre vie. Et le meilleur ? Vous pouvez apprendre à le faire vous-même, sans médicament, sans matériel, juste avec votre esprit.
Dans cet article, je vais vous expliquer comment ça fonctionne, vous donner des techniques concrètes que vous pouvez utiliser dès ce soir, et vous montrer que votre cerveau n’est pas un ennemi mais un allié que vous pouvez entraîner.
La douleur aiguë, celle que vous ressentez quand vous vous brûlez la main sur une poêle, est utile. C’est une alarme qui vous dit : « Attention, danger, retire ta main tout de suite ! » Une fois que vous avez retiré la main et soigné la brûlure, l’alarme s’éteint. Vous avez mal quelques jours, puis ça passe.
La douleur chronique, c’est une alarme qui reste allumée alors que l’incendie est éteint. Votre corps n’est plus en danger immédiat, mais votre système nerveux continue d’envoyer des signaux de douleur. Pourquoi ? Parce que votre cerveau a appris à avoir mal. Il a créé des connexions neuronales qui maintiennent cette perception, même en l’absence de lésion active.
Prenons un exemple. Un de mes clients, appelons-le Marc, coureur amateur, avait une douleur au genou gauche depuis deux ans. Il avait passé une IRM, vu plusieurs spécialistes, fait de la rééducation. Résultat : aucun problème structurel majeur. Pourtant, il avait mal à chaque foulée. Son cerveau avait associé la course à la douleur, et cette association s’était renforcée à force de répétition. L’alarme était restée allumée.
C’est là que l’autohypnose entre en jeu. Elle ne va pas réparer son genou – il n’y avait rien à réparer. Elle va lui apprendre à désactiver l’alarme, à dire à son cerveau : « Tu peux arrêter d’envoyer des signaux de douleur, je suis en sécurité. »
« La douleur chronique n’est pas une fatalité, c’est un apprentissage inversé. Ce que votre cerveau a appris à faire, il peut apprendre à le défaire. »
Pour comprendre pourquoi l’autohypnose est efficace, il faut d’abord comprendre comment votre cerveau traite la douleur. La douleur n’est pas une simple sensation physique. C’est une expérience complexe qui implique des zones émotionnelles, cognitives et sensorielles de votre cerveau. Quand vous avez mal, ce n’est pas seulement votre genou ou votre dos qui envoie un signal. C’est tout un réseau de neurones qui s’active : l’amygdale (la peur), le cortex préfrontal (l’analyse), l’insula (la conscience du corps).
L’hypnose et l’autohypnose agissent sur plusieurs niveaux de ce réseau. D’abord, elles modifient votre attention. La douleur a tendance à monopoliser toute votre conscience. Vous ne pouvez pas penser à autre chose, elle est là, envahissante. L’hypnose vous apprend à déplacer votre attention ailleurs – vers une sensation agréable, une image mentale, une partie de votre corps qui ne fait pas mal. Quand vous focalisez votre esprit sur autre chose, la douleur perd de son intensité.
Ensuite, l’hypnose agit sur la perception émotionnelle de la douleur. La douleur chronique s’accompagne souvent de peur, d’anxiété, de découragement. Ces émotions amplifient la sensation de douleur. En état d’hypnose, vous pouvez apprendre à dissocier la sensation physique de l’émotion qui l’accompagne. Vous pouvez ressentir la douleur sans paniquer, sans la craindre, et cette simple distance réduit son impact.
Enfin, l’hypnose peut modifier directement les signaux nerveux. Des études en imagerie cérébrale montrent que sous hypnose, l’activité du cortex somatosensoriel – la zone qui traite les sensations corporelles – peut diminuer. Votre cerveau apprend à filtrer les signaux douloureux, à les considérer comme moins importants.
Je ne vous dis pas que vous allez faire disparaître votre douleur en cinq minutes. Mais je vous dis que vous pouvez passer d’une douleur à 8 sur 10 à une douleur à 4 ou 5, juste avec votre esprit. Et ça, c’est déjà énorme.
L’autohypnose, ça s’apprend. Ce n’est pas un don réservé à quelques initiés. Voici une méthode simple que j’enseigne à mes clients. Elle repose sur trois étapes : l’induction, la suggestion, et le retour.
1. L’induction : entrez dans un état de relaxation profonde
L’induction, c’est la porte d’entrée de l’hypnose. Il s’agit de calmer votre système nerveux, de ralentir vos pensées, de vous installer dans un état de conscience modifié. Vous n’allez pas vous endormir, mais vous allez vous détendre suffisamment pour que votre esprit devienne réceptif.
Asseyez-vous ou allongez-vous confortablement. Fermez les yeux. Portez votre attention sur votre respiration. Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu’à 4, retenez l’air en comptant jusqu’à 4, expirez par la bouche en comptant jusqu’à 6. Répétez ce cycle 5 à 10 fois. Vous sentez votre corps qui s’alourdit, votre cœur qui ralentit.
Ensuite, visualisez un escalier. Vous êtes en haut. Chaque marche que vous descendez vous emmène plus profondément dans la détente. Descendez une marche, et dites-vous : « Je me détends un peu plus. » Descendez une autre marche, et sentez vos épaules qui se relâchent. Continuez jusqu’à la dernière marche. Vous êtes maintenant dans un état d’hypnose léger. Vous êtes conscient, vous pouvez entendre les bruits autour de vous, mais vous êtes calme, apaisé.
2. La suggestion : donnez une instruction à votre cerveau
C’est le cœur du travail. Une fois que vous êtes détendu, vous allez adresser une suggestion à votre esprit. Pas une injonction brutale (« Douleur, disparais ! »), mais une invitation douce et précise.
Voici la suggestion que je recommande souvent pour la douleur chronique : « Je peux imaginer que ma douleur est une couleur. Je la vois, rouge vif, palpitante. Maintenant, je vais imaginer que cette couleur se transforme progressivement en bleu, un bleu calme, apaisant. À chaque expiration, la couleur devient plus douce, plus froide, moins intense. La sensation change. »
Vous pouvez aussi utiliser une image métaphorique. Par exemple : « Ma douleur est un robinet qui coule fort. Je peux imaginer que je tourne doucement le robinet, pas à pas, pour réduire le débit. Un tour, le débit diminue. Un autre tour, la pression baisse. »
Répétez cette suggestion plusieurs fois, lentement, avec votre propre voix intérieure. Prenez le temps de ressentir les changements, même infimes. Ne forcez pas. L’hypnose fonctionne mieux quand vous lâchez prise.
3. Le retour : revenez en pleine conscience
Quand vous estimez avoir suffisamment travaillé (5 à 15 minutes suffisent), il est temps de revenir. Ne sortez pas brutalement. Remontez l’escalier que vous avez descendu : une marche, deux marches, trois marches… À chaque marche, vous sentez votre corps qui se réveille, votre esprit qui devient plus alerte. Quand vous arrivez en haut, ouvrez doucement les yeux. Bougez vos doigts, vos orteils. Prenez une grande inspiration.
Vous pouvez ressentir une légère sensation de flottement ou de calme. C’est normal. Buvez un verre d’eau, étirez-vous, et reprenez votre journée.
« L’autohypnose n’est pas une fuite de la réalité. C’est un outil pour reprendre le contrôle de votre réalité intérieure. »
Quand j’explique cette technique à mes clients, certains me disent : « J’ai essayé, mais ça n’a pas marché. » C’est souvent parce qu’ils tombent dans des pièges classiques. Voici les trois principaux, et comment les éviter.
Piège n°1 : Vouloir forcer la disparition totale de la douleur
L’autohypnose n’est pas un interrupteur on/off. Si vous vous dites « Je dois arrêter la douleur maintenant », vous allez créer de la frustration et de la tension, ce qui augmente la douleur. L’objectif n’est pas d’éliminer la douleur, mais de la réduire, de la transformer, de l’apprivoiser. Acceptez qu’elle puisse encore être présente, mais moins forte, moins envahissante. La phrase à retenir : « Je n’ai pas besoin de supprimer la douleur pour me sentir mieux. »
Piège n°2 : Sauter l’étape de la relaxation
Beaucoup de gens veulent aller directement à la suggestion, sans prendre le temps de se détendre. C’est une erreur. Si vous êtes stressé, tendu, en état d’hypervigilance, votre cerveau n’est pas réceptif. L’induction n’est pas une perte de temps, c’est la condition pour que la suggestion fonctionne. Prenez 5 minutes pour respirer et vous détendre avant toute suggestion.
Piège n°3 : Se décourager après un échec
La première fois que vous pratiquez l’autohypnose, vous pouvez avoir l’impression de « ne rien faire », de « ne pas être en hypnose ». C’est normal. L’autohypnose est un apprentissage, comme le vélo ou la natation. Au début, c’est bancal, on force, on doute. Puis, avec la pratique, ça devient fluide. Ne jugez pas votre première séance. Recommencez le lendemain, et le surlendemain. La régularité compte plus que l’intensité.
Un de mes clients, Paul, souffrait de douleurs lombaires depuis 10 ans. Il faisait de l’autohypnose tous les soirs pendant 10 minutes. Au bout de trois semaines, il m’a dit : « Je n’ai pas moins mal tous les jours, mais il y a des jours où je ne pense même plus à ma douleur. C’est la première fois depuis des années. » La clé, c’était la répétition.
L’autohypnose est un outil puissant, mais elle a ses limites. Si vous souffrez de douleur chronique depuis des années, si elle est liée à un traumatisme émotionnel profond, si vous avez des blocages inconscients, l’autohypnose seule peut ne pas suffire. C’est là que l’accompagnement par un praticien prend tout son sens.
Dans mon cabinet, je ne me contente pas de vous apprendre l’autohypnose. Je travaille avec d’autres approches, comme l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. L’IFS, par exemple, permet de dialoguer avec les parties de vous-même qui « utilisent » la douleur à des fins de protection. Parfois, la douleur chronique est maintenue par une partie de vous qui croit qu’elle vous protège d’un danger plus grand – une peur, un souvenir, une émotion refoulée. En identifiant et en apaisant cette partie, la douleur peut se libérer.
Je me souviens d’une femme, Claire, qui avait des douleurs à l’estomac depuis son divorce, trois ans plus tôt. Les examens médicaux étaient normaux, mais elle avait mal tous les jours. En séance d’IFS, elle a découvert une partie d’elle-même qui « tenait » la douleur pour ne pas ressentir la tristesse de la séparation. Une fois qu’elle a pu accueillir cette tristesse, la douleur a commencé à diminuer. L’autohypnose l’aidait au quotidien, mais le travail en profondeur avec un praticien a été le déclencheur.
Si vous sentez que votre douleur est liée à des émotions anciennes, à des traumatismes, ou si vous avez essayé l’autohypnose pendant plusieurs semaines sans résultat, n’hésitez pas à consulter. Un bon praticien vous donnera des clés personnalisées, adaptées à votre histoire.
L’autohypnose n’est pas une pilule à prendre une fois pour toutes. C’est une pratique, comme le sport ou la méditation. Plus vous la faites, plus elle devient efficace. Voici comment l’intégrer dans votre vie sans que ce soit une corvée.
Choisissez un moment fixe chaque jour. Le matin au réveil, avant de vous lever, ou le soir avant de dormir. 5 à 10 minutes suffisent. Installez-vous dans un endroit calme, même si c’est votre voiture garée devant chez vous. La régularité est plus importante que la durée.
Utilisez des déclencheurs. Associez l’autohypnose à une action que vous faites déjà. Par exemple : « Dès que je pose ma tête sur l’oreiller, je fais 10 respirations profondes et je descends mon escalier. » Ou : « Quand j’attends que mon café chauffe, je ferme les yeux et je visualise ma douleur qui change de couleur. »
Soyez bienveillant avec vous-même. Certains jours, vous serez trop fatigué, trop stressé, et l’autohypnose ne fonctionnera pas. Ce n’est pas grave. Ne vous dites pas « j’ai échoué ». Dites-vous « aujourd’hui, mon esprit avait besoin de repos ». Reprenez le lendemain.
Enfin, gardez un journal. Notez chaque jour votre niveau de douleur avant et après la séance, sur une échelle de 0 à 10. Vous verrez des tendances : certains jours, la douleur baisse de 2 points, d’autres jours de 1 point. Ces petites victoires sont des preuves que votre cerveau apprend. Elles vous motivent à continuer.
« La régularité transforme un exercice en réflexe. Et un réflexe, ça ne se discute pas, ça s’exécute. »
Vous êtes arrivé jusqu’ici, et je vous en remercie. Si vous souffrez de douleur chronique, vous savez à quel point c’est épuisant. Vous avez peut-être essayé beaucoup de choses, et vous vous sentez découragé. L’autohypnose n’est pas une baguette magique, mais c’est une porte que vous pouvez ouvrir vous-même, sans ordonnance, sans rendez-vous, sans frais. Elle vous redonne un pouvoir que la douleur vous a volé : celui d’agir sur votre propre corps.
Commencez ce soir. Avant de vous endormir, installez-vous, respirez, descendez votre escalier, et offrez-vous une suggestion simple. « Ma douleur peut devenir plus douce, plus supportable. » Ne cherchez pas la perfection. Cherchez juste le geste.
Et si vous sentez
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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