HypnoseAutohypnose

Autohypnose et IFS : libérez votre potentiel de concentration

Combinez ces approches pour apaiser les parties de vous qui distraient.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous fermez les yeux. Vous êtes assis à votre bureau, la tâche est claire : terminer ce rapport avant ce soir. Vous inspirez, posez les doigts sur le clavier… et une pensée fuse : « Et si j’allais plutôt vérifier mes mails ? » Vous résistez. Deux phrases plus tard, votre téléphone vibre. Vous jetez un œil. Puis un autre. Dix minutes plus tard, vous êtes sur Instagram, à regarder la vie d’un inconnu, sans savoir comment vous êtes arrivé là. Vous vous dites : « Je n’ai aucune volonté. » Ou pire : « Je suis nul(le). »

Pourtant, ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de dialogue intérieur. Il y a une partie de vous – une voix, une impulsion, un sentiment – qui a pris le contrôle. Et cette partie, elle n’est pas votre ennemie. Elle essaie juste de vous protéger, de vous éviter l’effort, la peur, le jugement. Mais elle vous coupe de votre concentration. Et si vous pouviez l’apaiser, non pas en la combattant, mais en l’écoutant ? C’est exactement ce que permet l’alliance de l’autohypnose et de l’IFS (Internal Family Systems). Ensemble, ces deux approches forment une clé puissante pour libérer votre potentiel de concentration, sans lutte, sans violence intérieure.

Dans cet article, je vais vous montrer comment identifier les parties qui vous distraient, les accueillir avec l’autohypnose, et les transformer en alliées. Vous repartirez avec une pratique concrète à faire seul(e), chez vous, dès ce soir.


Pourquoi vous n’arrivez pas à vous concentrer : ce n’est pas un manque de volonté

Vous avez peut-être déjà essayé des méthodes classiques : la technique Pomodoro, la liste de tâches, le blocage des sites web. Ça marche un temps, puis ça craque. Pourquoi ? Parce que ces méthodes s’adressent à votre mental conscient, mais ignorent ce qui se passe en dessous.

Imaginez un instant que votre esprit est une maison. Vous êtes le propriétaire, mais il y a d’autres habitants : des parties de vous. L’une est un petit enfant qui a peur de l’échec. Une autre est un gardien sévère qui vous rappelle sans cesse vos erreurs passées. Une troisième est un aventurier qui veut tout sauf la routine. Quand vous essayez de vous concentrer, ces parties entrent en conflit. L’enfant crie : « Trop dur, arrête ! » Le gardien menace : « Si tu échoues, tu es nul(le) ! » L’aventurier fuit vers une distraction.

Votre cerveau, pour éviter la douleur, choisit la distraction. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est un réflexe de survie. La volonté seule ne peut pas calmer un enfant qui panique ou un gardien qui hurle. Il faut une approche qui parle le langage de ces parties. L’autohypnose, c’est la porte d’entrée vers cet espace intérieur. L’IFS, c’est la carte pour y naviguer.

Point clé : La distraction n’est pas un ennemi à vaincre, mais un signal d’alarme envoyé par une partie de vous. L’écouter, c’est désamorcer la bombe.


L’autohypnose : votre voie rapide vers l’intérieur

L’autohypnose, contrairement à ce qu’on imagine, n’est pas un état de sommeil ou de contrôle mental. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous rêvassez sous la douche. À ce moment-là, votre cerveau critique ralentit, et votre esprit inconscient devient plus accessible.

Pour la concentration, l’autohypnose est un outil précieux car elle vous permet de :

  • Calmer le système nerveux : en quelques minutes, vous passez d’un état de stress (sympathique) à un état de calme (parasympathique). Les parties de vous qui distraient sont souvent en mode « urgence ». L’autohypnose les apaise.
  • Accéder à vos ressources internes : vous avez déjà en vous la capacité de vous concentrer, de mémoriser, de rester calme. L’autohypnose vous aide à les activer.
  • Créer un espace de dialogue : vous pouvez parler à vos parties sans être submergé par elles.

Prenons un exemple. Un de mes clients, Paul, 38 ans, était commercial. Il devait préparer des argumentaires de vente, mais dès qu’il ouvrait son fichier, une anxiété montait. Il se levait, allait chercher un café, vérifiait son téléphone. En séance, nous avons fait une courte autohypnose. Je lui ai demandé de visualiser son bureau, puis de laisser venir une sensation dans son corps. Il a senti une boule dans le ventre. « C’est comme un poids », a-t-il dit. « Et si cette boule pouvait parler, que dirait-elle ? » aije demandé. La réponse est venue : « Je ne suis pas assez bon. Je vais me planter. »

Cette partie, qui se manifestait par une boule dans le ventre, n’était pas une ennemie. C’était une partie protectrice, qui voulait éviter l’humiliation de l’échec. L’autohypnose a permis à Paul de l’entendre sans jugement. Ensuite, nous avons utilisé l’IFS pour dialoguer avec elle.


L’IFS : accueillir les parties qui sabotent votre concentration

L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle thérapeutique développé par Richard Schwartz. Il part du principe que notre esprit est composé de multiples « parties », chacune avec ses croyances, ses émotions et ses rôles. Ces parties ne sont pas des pathologies, mais des stratégies de survie. Certaines sont « protectrices » (elles vous poussent à la distraction pour vous éviter la souffrance), d’autres sont « exilées » (elles portent des blessures anciennes, comme la honte ou la peur).

Quand vous perdez votre concentration, c’est souvent qu’une partie protectrice prend le contrôle pour vous éloigner d’une partie exilée. Par exemple, la partie qui vous pousse à scroller sur les réseaux sociaux peut vouloir vous protéger de la partie exilée qui se sent « nulle » ou « débordée ».

L’objectif de l’IFS n’est pas de faire taire ces parties, mais de les écouter, de les remercier, et de leur montrer que vous, votre « Soi » (votre centre calme et confiant), êtes aux commandes. Le Soi a des qualités naturelles : compassion, curiosité, calme, courage. Quand il dirige, la concentration devient fluide.

Prenons un autre exemple. Une amie, Sophie, 29 ans, était étudiante en médecine. Elle devait réviser pour un examen, mais chaque fois qu’elle ouvrait son livre, une voix intérieure disait : « Tu n’y arriveras jamais, c’est trop dur. » Cette voix était stridente, presque méchante. En l’écoutant avec l’IFS, elle a découvert que cette voix était une partie « gardienne », qui avait pris le relais après un échec à un partiel deux ans plus tôt. Cette partie croyait dur comme fer que si elle ne la poussait pas à la perfection, Sophie serait rejetée par sa famille. En comprenant cela, Sophie a pu dire à cette partie : « Merci de vouloir me protéger. Je comprends ta peur. Mais aujourd’hui, je suis capable. Laisse-moi essayer à ma façon. » La voix s’est adoucie. La concentration est revenue.

Point clé : Une partie qui vous distrait n’est pas « mauvaise ». Elle a juste une mission qu’elle ne peut pas lâcher tant qu’elle ne se sent pas entendue.


Comment combiner autohypnose et IFS pour la concentration : la méthode pas à pas

Voici une pratique que vous pouvez faire seul(e), en 10 à 15 minutes. Installez-vous dans un endroit calme, assis ou allongé, sans risque d’être dérangé. Vous pouvez enregistrer le texte sur votre téléphone et l’écouter, ou le lire, puis fermer les yeux.

Étape 1 : Entrez en état d’autohypnose (3 minutes)

Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes. À l’inspire, imaginez que vous aspirez un calme doré. À l’expire, relâchez les tensions. Laissez votre attention se poser sur votre corps : les pieds au sol, les mains sur les cuisses, le dos soutenu. Imaginez maintenant un escalier. Il descend. À chaque marche, vous vous enfoncez un peu plus dans un état de détente. 10… 9… 8… (comptez lentement jusqu’à 1). Au bas des marches, vous êtes dans un lieu sûr, réel ou imaginaire : une plage, une forêt, un salon douillet. Prenez le temps de sentir l’air, les sons, la lumière. Restez ici une minute.

Étape 2 : Identifiez la partie qui distrait (3 minutes)

Maintenant, dans cet état calme, visualisez votre tâche de concentration : le rapport, la révision, le projet. Laissez monter une sensation ou une image qui représente la distraction. Peut-être une boule dans la poitrine, une voix qui dit « va voir ton téléphone », ou une image d’écran. Ne la jugez pas. Accueillez-la avec curiosité. Demandez-lui : « Qui es-tu ? Que veux-tu me dire ? » Écoutez la réponse, sans forcer. Elle peut venir sous forme de mots, d’images, de sensations. Remerciez cette partie d’être venue.

Étape 3 : Dialoguez avec la partie (5 minutes)

Restez dans votre lieu sûr. Adressez-vous à cette partie comme à une personne. Dites-lui : « Je te vois. Je sais que tu essaies de m’aider. Peux-tu me dire ce que tu crains qu’il se passe si tu ne fais pas ton travail ? » Écoutez. Peut-être répondra-t-elle : « Si tu te concentres, tu risques d’échouer et d’être jugé. » Ou : « Tu vas t’ennuyer, c’est trop dur. » Accueillez cette peur. Puis dites : « Merci de me protéger. Je comprends ta mission. Mais aujourd’hui, je suis là. J’ai des ressources. Veux-tu que je t’aide à te sentir plus en sécurité ? » Laissez la partie répondre. Souvent, elle se détend.

Étape 4 : Revenez avec une intention claire (2 minutes)

Remerciez la partie une dernière fois. Dites-lui : « Je vais maintenant me concentrer pendant 20 minutes. Si tu as besoin de moi, tu peux me le faire savoir, mais je te propose de prendre une pause. Je suis aux commandes. » Maintenant, remontez l’escalier. 1… 2… 3… jusqu’à 10. À 10, ouvrez les yeux, frappez doucement dans vos mains, et étirez-vous. Vous êtes de retour, présent et alerte.

Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez votre tâche la plus importante. Réglez un minuteur sur 20 minutes. Commencez. Si une distraction survient, notez-la sur un papier, sans vous y arrêter. Après les 20 minutes, faites une pause de 5 minutes. Puis répétez.


Les pièges à éviter (et comment les contourner)

L’autohypnose et l’IFS sont des outils puissants, mais ils ne sont pas magiques. Voici les écueils les plus fréquents que je vois dans mon cabinet, et comment les éviter.

Piège n°1 : Vouloir supprimer la distraction immédiatement.

Vous faites la pratique, vous vous sentez calme, vous ouvrez les yeux… et cinq minutes plus tard, la distraction revient. Vous vous dites : « Ça ne marche pas. » En réalité, vous n’avez pas écouté la partie assez profondément. Une partie protectrice peut être tenace. Il faut parfois plusieurs dialogues pour qu’elle lâche prise. L’astuce : au lieu de la combattre, dites-lui : « Je t’entends. Je reviens vers toi dans 20 minutes. » Puis concentrez-vous. La partie se sent respectée et se calme.

Piège n°2 : Forcer l’état d’hypnose.

Certaines personnes essaient trop : « Je dois être complètement détendu, sinon ça ne compte pas. » C’est contre-productif. L’autohypnose n’est pas un état binaire. Même avec des pensées parasites, vous êtes en état modifié. L’astuce : acceptez tout ce qui vient. Si vous entendez des bruits extérieurs, intégrez-les dans votre pratique : « Le bruit de la voiture m’aide à m’ancrer. » La souplesse est la clé.

Piège n°3 : Confondre IFS et introspection verbale.

L’IFS n’est pas une conversation mentale où vous vous parlez à vous-même en mode « analyse ». C’est un dialogue sensoriel et émotionnel. Si vous vous surprenez à intellectualiser (« Oh, cette partie vient de mon enfance »), vous êtes dans votre tête, pas dans votre corps. L’astuce : ramenez l’attention sur une sensation physique. Où est cette partie dans votre corps ? Ventre, poitrine, gorge ? Respirez vers cet endroit.

Piège n°4 : Attendre un résultat immédiat.

Vous avez une partie qui distrait depuis des années. Elle ne va pas disparaître en une séance. L’objectif n’est pas de la supprimer, mais de l’apprivoiser. Avec le temps, elle devient un allié. Un de mes clients, après trois semaines de pratique, m’a dit : « Maintenant, quand je sens la distraction, je sais que c’est une partie qui a peur. Je lui dis bonjour, et elle se calme. » C’est ça, la libération : non pas l’absence de distraction, mais la capacité à la traverser.


Témoignage : comment Julien a transformé sa concentration

Julien, 42 ans, était graphiste freelance. Il passait ses journées à zapper entre les projets, incapable de finir quoi que ce soit. Il se sentait coupable, se traitait de « paresseux ». En séance, nous avons fait l’exercice que je viens de décrire. Sa partie distrayante est apparue comme un petit garçon assis par terre, qui tapait du pied en disant : « Je m’ennuie, c’est trop long. » Julien a reconnu ce petit garçon : c’était lui à 8 ans, quand il devait faire ses devoirs sans aide, et que sa mère lui disait : « Dépêche-toi, tu es lent. » Cette partie portait une blessure de honte.

Au lieu de le forcer à travailler, Julien a dialogué avec lui : « Je te vois. Je sais que tu as peur d’être jugé. Mais aujourd’hui, je suis là pour toi. On va y aller doucement. » Il a intégré des micro-pauses dans son travail : 5 minutes de respiration toutes les 30 minutes. En trois semaines, sa productivité a doublé, non pas parce qu’il s’est forcé, mais parce qu’il a apaisé la partie qui le bloquait.

Point clé : La concentration n’est pas une performance, c’est une relation. Quand vous êtes en bon terme avec vos parties, le travail devient fluide.


Conclusion : votre concentration est un jardin, pas une forteresse

Vous n’avez pas besoin de vous enfermer dans une discipline de fer pour être concentré. Vous avez besoin d’écouter les voix intérieures qui vous tirent ailleurs, et de les inviter à s’asseoir à côté de vous. L’autohypnose vous offre le calme pour entendre ces voix. L’IFS vous offre le langage pour les comprendre. Ensemble, ils transforment la distraction en dialogue, et le dialogue en concentration naturelle.

Alors, ce soir, avant de vous coucher, prenez cinq minutes. Asseyez-vous, fermez les yeux, respirez. Imaginez votre tâche de demain. Laissez monter la première sensation de distraction. Dites-lui : « Je te vois. Je t’écouterai demain matin. Pour l’instant, repose-toi. » Et allez dormir. Vous verrez, demain, cette partie sera plus calme.

Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond, que ces parties sont trop lourdes à porter seul(e), n’hésitez pas à me contacter. Je reçois à Saintes ou en visio. On peut explorer ensemble ce qui se cache derrière vos distractions. Parfois

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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