3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un guide pas à pas pour débuter sans stress.
Je vois souvent arriver dans mon cabinet des personnes qui me disent : « J’ai essayé l’autohypnose, mais je n’y arrive pas. » Ou encore : « Je ne sais pas quoi me dire, je me sens ridicule. » Parfois, c’est plus simple : « J’ai téléchargé un enregistrement, mais ça n’a pas marché pour moi. »
Si tu te reconnais dans l’une de ces phrases, sache que tu n’es pas seul. Et surtout, que ce n’est pas de ta faute. L’autohypnose, ce n’est pas une recette magique qu’on applique sans comprendre. C’est un apprentissage, comme apprendre à faire du vélo ou à cuisiner un plat que tu aimes. Au début, ça peut sembler étrange, un peu mécanique. Puis, avec un peu de pratique, ça devient fluide, naturel, et surtout, ça devient ton outil.
Aujourd’hui, je te propose un guide simple, en cinq étapes, pour créer ton propre script d’autohypnose. Pas un script copié-collé trouvé sur Internet, mais quelque chose qui te ressemble, qui parle à ta situation, à tes besoins. Quelque chose que tu pourras utiliser seul, à la maison, sans pression, sans jugement. Et si ça te semble encore flou, ne t’inquiète pas : on va y aller pas à pas, comme si on était en séance ensemble.
C’est une question que je me suis posée longtemps, au début de ma pratique. J’ai testé des dizaines d’enregistrements, des méditations guidées, des scripts écrits par d’autres. Certains étaient très bien faits, mais ils ne collaient pas à mon rythme, à mon langage intérieur.
Quand tu écoutes une voix qui n’est pas la tienne, ton cerveau fait un petit travail de traduction permanent. Il doit décoder le ton, le débit, les mots choisis par quelqu’un d’autre. C’est un effort supplémentaire, même si tu ne t’en rends pas compte. En revanche, quand tu utilises tes propres mots, ceux qui te viennent naturellement, ton cerveau n’a pas à traduire. Il reconnaît immédiatement le langage, les images, les sensations qui sont les tiennes.
C’est un peu comme si tu lisais un livre écrit dans une langue étrangère que tu maîtrises bien, versus un livre écrit dans ta langue maternelle par quelqu’un qui parle exactement comme toi. Le second te parlera plus directement, plus profondément.
Créer ton script, c’est aussi te donner le pouvoir de l’ajuster à chaque instant. Un jour, tu as besoin de calme. Un autre jour, de motivation. Parfois, tu veux travailler sur une peur spécifique, d’autres fois sur un sommeil réparateur. Un script tout fait ne peut pas s’adapter à tout ça. Le tien, si.
Alors oui, ça demande un petit investissement initial. Mais c’est un investissement qui te rend autonome. Et l’autonomie, c’est exactement ce que l’autohypnose vient renforcer.
L’autohypnose, ce n’est pas obéir à une voix extérieure. C’est apprendre à écouter et à guider ta propre voix intérieure.
La première erreur que je vois, c’est de vouloir tout régler d’un coup. « Je veux être moins stressé, mieux dormir, arrêter de grignoter, et avoir plus confiance en moi. » C’est louable, mais c’est trop. C’est comme vouloir courir un marathon sans avoir jamais fait un kilomètre.
L’autohypnose fonctionne mieux quand elle se concentre sur un objectif précis, un seul à la fois. Pas parce que tu es limité, mais parce que ton cerveau a besoin de clarté pour créer un nouveau chemin. Si tu lui envoies dix directions différentes, il ne sait pas par où commencer.
Alors, prends un moment, un vrai. Installe-toi, respire un grand coup, et demande-toi : « Qu’est-ce qui, si ça changeait un tout petit peu, rendrait ma journée significativement meilleure ? »
Pas « ma vie entière », pas « mon bonheur absolu ». Juste un petit changement réaliste.
Par exemple :
Tu vois la différence ? C’est concret, c’est situé dans le temps, c’est observable. Et surtout, c’est honnête. Ne te force pas à choisir un objectif qui te semble « noble » ou « sérieux ». Si ton vrai besoin, c’est d’arrêter de t’énerver en faisant la queue à la caisse du supermarché, c’est parfait. L’autohypnose n’a pas de hiérarchie des problèmes.
Une fois que tu as ton intention, écris-la en une phrase, au présent, comme si c’était déjà en train de se réaliser. Pas « je voudrais être moins stressé », mais « je me sens calme et posé quand je parle en réunion ». Le cerveau ne fait pas bien la différence entre une réalité vécue et une réalité imaginée vivement. Si tu lui donnes une phrase au présent, il commence à y croire.
Et garde cette phrase précieuse. C’est le phare de tout ton script.
Avant de plonger dans le travail, il faut que tu sois dans un état d’esprit réceptif. En hypnose, on appelle ça l’état de transe. Mais pas de panique : la transe, ce n’est pas un état mystérieux ou réservé aux initiés. C’est un état naturel que tu vis plusieurs fois par jour sans t’en rendre compte.
Tu sais quand tu es tellement absorbé par un film que tu n’entends plus ton téléphone sonner ? Ou quand tu conduis sur une route familière et que tu arrives à destination sans te souvenir du trajet ? Ça, c’est de la transe légère. C’est un état de concentration intérieure, où ton attention se détache du bruit extérieur pour se tourner vers ton monde intérieur.
Pour ton script, tu vas avoir besoin d’un moyen simple et fiable d’entrer dans cet état. Pas besoin de méthodes compliquées. Voici trois techniques que tu peux utiliser, testées et approuvées par des dizaines de personnes que j’ai accompagnées.
La respiration longue. Inspire pendant 4 secondes, retiens 2 secondes, expire pendant 6 secondes. Répète 5 à 10 fois. À chaque expiration, imagine que tu relâches un peu plus les tensions. C’est simple, discret, et ça fonctionne presque tout le temps.
Le point de fixation. Choisis un point sur un mur, une tache sur le plafond, ou même la flamme d’une bougie. Regarde-le fixement sans cligner des yeux. Au bout de quelques secondes, ta vision va se brouiller légèrement, tes paupières vont devenir lourdes. C’est le signal que tu commences à entrer en transe. Tu peux alors fermer les yeux et poursuivre.
La relaxation progressive. Porte ton attention sur tes pieds. Sens-les. Puis remonte lentement : mollets, cuisses, bassin, ventre, poitrine, épaules, bras, cou, visage. À chaque étape, tu peux imaginer que tu déposes un peu plus de poids, que tu t’enfonces un peu plus dans ton assise ou ton lit.
Choisis celle qui te parle le plus. Et intègre-la dans ton script. Par exemple : « Je prends une grande inspiration, je retiens, et à l’expiration, je sens que mon corps s’alourdit un peu plus. »
L’important, c’est que cette étape ne soit pas une corvée. Si tu te forces, ça ne marchera pas. Fais-en un rituel agréable, un moment que tu t’offres, même si ce n’est que pour deux minutes.
C’est le cœur de ton script : la partie où tu vas glisser tes suggestions, c’est-à-dire les messages que tu veux que ton cerveau intègre. Mais attention : il ne s’agit pas de te donner des ordres comme « tu dois être calme » ou « arrête de stresser ». Le cerveau n’aime pas les ordres, surtout venant de lui-même. Il préfère les invitations, les découvertes, les métaphores.
Voici comment construire cette partie, sans stress.
Utilise un langage positif. Ton cerveau ne traite pas bien les négations. Si je te dis « ne pense pas à un ours blanc », à quoi penses-tu ? À un ours blanc, évidemment. Alors, dans ton script, évite les « ne pas », « plus jamais », « arrêter de ». Préfère des formulations comme « je me sens de plus en plus calme », « je choisis des aliments qui me font du bien », « je m’endors paisiblement ».
Fais appel à tes sens. Les suggestions les plus puissantes sont celles qui créent des images, des sensations, des sons. Ne dis pas « je suis détendu ». Dis plutôt : « Je sens mes épaules qui se relâchent, comme si un poids doux s’en allait. J’entends ma respiration qui devient plus lente, plus profonde. Je vois une lumière douce qui m’enveloppe. » Plus tu es précis, plus ton cerveau va réellement ressentir ce que tu décris.
Utilise des métaphores simples. Une métaphore, c’est une histoire courte qui parle à l’inconscient sans passer par la raison. Par exemple, pour le calme : « Imagine un lac. Au début, il y a des vaguelettes, des remous. Puis, progressivement, l’eau devient plus lisse, plus claire. Le reflet du ciel apparaît. » Ton cerveau comprend le message sans que tu aies à le formuler en mots.
Varie le rythme. Ne fais pas tout à la même vitesse. Alterne des phrases courtes et rythmées avec des phrases plus longues, plus douces. Par exemple : « Inspire profondément. L’air entre, frais et léger. Et à l’expiration, tout ce qui n’est pas nécessaire s’en va. Tu sens que ton ventre se détend, que ta mâchoire se desserre, que tes épaules s’abaissent doucement. »
Intègre des pauses. Les silences sont aussi importants que les mots. Ils laissent le temps à ton cerveau d’assimiler, de ressentir. N’aie pas peur de laisser quelques secondes de blanc dans ton script. Tu peux même écrire « (pause de 5 secondes) » dans ton texte pour te souvenir de ralentir.
Un exemple concret de corps de script pour l’objectif « se sentir calme en réunion » pourrait ressembler à ça :
« Maintenant que tu es bien installé, que ton corps est lourd et détendu, imagine que tu es dans une salle de réunion. Tu vois les visages, tu entends les voix. Mais au lieu de ressentir de la tension, tu sens une vague de calme qui monte du bas de ton ventre. C’est une sensation chaude, stable, comme une ancre. À chaque inspiration, cette sensation grandit un peu. À chaque expiration, elle se diffuse dans tout ton corps. Tu te surprends à sourire intérieurement. Tu sais que tu peux parler, que tu peux t’exprimer, sans que cette vague de calme ne vacille. Elle est là, solide, présente. »
Tu vois ? Ce n’est pas un ordre. C’est une exploration, une invitation à ressentir.
Tu es en transe, tout va bien, ton corps est détendu, tu as travaillé ton intention. Maintenant, il faut revenir. Et c’est une étape trop souvent négligée. Beaucoup de personnes pensent que l’autohypnose se termine quand on ouvre les yeux brusquement et qu’on se lève. C’est une erreur.
Le retour doit être progressif, comme un réveil en douceur. Si tu sors trop vite de la transe, tu risques de te sentir groggy, confus, ou même un peu étourdi. Ce n’est pas dangereux, mais ce n’est pas agréable, et ça peut te décourager de réessayer.
Dans ton script, prévois une phase de retour qui dure au moins une minute. Voici comment la structurer.
Annonce le retour. Dis-toi quelque chose comme : « Dans quelques instants, je vais commencer à revenir, en douceur. Je vais reprendre conscience de mon corps, de la pièce, du moment présent. »
Réveille les sensations. Porte ton attention sur des parties de ton corps qui étaient relâchées. Par exemple : « Je sens mes doigts, je les bouge doucement. Je sens mes orteils, je les bouge à mon tour. Je prends une inspiration un peu plus profonde, et je sens l’air qui circule dans mes narines. »
Ouvre les yeux progressivement. Ne les ouvre pas d’un coup. Commence par les entrouvrir, laisse entrer la lumière, puis ouvre-les complètement. Tu peux même compter de 1 à 3 ou de 1 à 5 en associant chaque chiffre à un degré d’éveil.
Ancre un état positif. Avant de sortir complètement, prends un moment pour te rappeler ce que tu as ressenti. Par exemple : « Je garde avec moi cette sensation de calme. Je sais que je peux y revenir à tout moment, simplement en respirant profondément. »
Termine par un geste simple. Un étirement, un bâillement, un frottement des mains. Cela signale à ton corps que la séance est finie et que tu es de retour.
Si tu fais cela, tu sortiras de ta séance frais, détendu, et avec la sensation d’avoir vraiment fait quelque chose pour toi.
Ne confonds pas sortir de transe et te réveiller d’un sommeil profond. La transe, c’est un état d’éveil concentré. Le retour se fait en conscience, pas en sursaut.
La dernière étape est peut-être la plus importante, et celle que beaucoup oublient. Tu as écrit ton script. Félicitations. Mais ce n’est que le début. Un script d’autohypnose n’est pas un texte sacré, gravé dans le marbre. C’est un outil vivant, qui doit évoluer avec toi.
Alors, comment faire ?
Teste ton script à voix haute. Avant de l’utiliser en séance, lis-le à voix haute, doucement, comme si tu le disais à quelqu’un. Tu vas rapidement repérer les phrases qui sonnent faux, les mots qui te paraissent bizarres, les passages trop longs. Modifie-les. Ton script doit te sembler naturel quand tu le prononces, même si tu es seul.
Enregistre-toi. Si tu préfères utiliser un enregistrement plutôt que de lire en direct, enregistre-toi avec ton téléphone. Mais écoute-toi. Est-ce que le débit est trop rapide ? Trop lent ? Est-ce que ta voix est monotone ? Essaie de parler comme si tu t’adressais à un ami que tu veux rassurer. Doucement, posément. Si tu n’aimes pas le son de ta voix enregistrée, c’est normal. Persiste un peu. Avec le temps, ça devient plus facile.
Note tes ressentis après chaque séance. Juste après avoir terminé, prends 30 secondes pour écrire ce que tu as ressenti : « calme », « un peu distrait », « j’ai eu du mal à me concentrer au début », « j’ai senti une chaleur dans le ventre ». Ces notes sont précieuses. Elles te montrent ce qui fonctionne et ce qui a besoin d’être ajusté.
Adapte ton script à ton humeur du jour. Un même objectif peut nécessiter des formulations différentes selon ton état. Si tu es très fatigué, tu peux allonger la phase de relaxation. Si tu es agité, tu peux ajouter une métaphore d’ancrage plus forte. Ne reste pas prisonnier de ta première version.
Ne cherche pas la perfection. Le script parfait n’existe pas. Certaines séances seront fluides, d’autres moins. Parfois, tu n’arriveras pas à te concentrer, et ce n’est pas grave. L
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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