3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole simple à suivre, même sans expérience préalable.
Tu refermes la porte de ton bureau. Le bruit de l’open space s’éteint. Tu poses ton téléphone à l’envers sur la table, tu sors une feuille blanche, tu écris trois mots en haut. Tu te dis : « Cette fois, je vais vraiment me concentrer. » Puis tu passes vingt minutes à lire les mêmes deux phrases, à vérifier tes mails, à te lever pour un verre d’eau, à regarder par la fenêtre. Tu sais de quoi je parle. Ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème d’état.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois des adultes qui viennent pour des blocages émotionnels, des angoisses, des questions de sens. Mais je vois aussi des sportifs – des coureurs, des footballeurs – qui veulent apprendre à entrer dans un état de concentration profonde avant une compétition ou un entraînement. Et ce que j’ai constaté, c’est que la capacité à se concentrer n’est pas une question de discipline. C’est une question de savoir comment ton cerveau fonctionne, et comment l’inviter à coopérer.
L’autohypnose est un outil concret pour ça. Pas de mysticisme, pas de pendule. Juste une méthode pour mettre ton cerveau dans un état où il arrête de disperser ton attention sur tout ce qui n’est pas important. Dans cet article, je vais te donner un protocole en trois étapes. Tu n’as besoin d’aucune expérience préalable. Juste de cinq minutes, d’un endroit calme, et de la curiosité de voir ce qui se passe quand tu arrêtes de forcer.
Commençons par une question simple. Pourquoi, alors que tu as un objectif clair, que tu as bloqué du temps et que tu es motivé, ton cerveau part-il dans tous les sens ? La réponse est dans la nature même de ton système nerveux. Tu as un cerveau qui a été conçu pour survivre, pas pour lire des rapports de quarante pages ou rédiger une analyse budgétaire.
Quand tu es face à une tâche exigeante, ton cerveau active ce qu’on appelle le réseau du mode par défaut. C’est le système qui s’occupe des pensées automatiques : les souvenirs, les anticipations, les inquiétudes. En temps normal, c’est utile. Mais quand tu veux te concentrer, ce réseau devient un bruit de fond constant. Il te rappelle que tu n’as pas répondu à ce message, que tu as mal au dos, que demain tu as une réunion importante. Plus tu forces ton attention à rester sur ta tâche, plus ce réseau s’active en retour. C’est un combat épuisant.
L’hypnose, et l’autohypnose en particulier, ne vise pas à éteindre ce réseau. Elle vise à le mettre en veille, à le rendre moins bruyant, pour que ton cerveau puisse se recentrer sur ce que tu choisis. C’est un état de relaxation focalisée. Tu n’es pas endormi, tu n’es pas inconscient. Tu es simplement dans un état où ton esprit est plus réceptif à ce que tu lui proposes, et moins distrait par le reste.
L’autohypnose, c’est apprendre à ton cerveau à ne plus écouter tous les bruits en même temps. Tu ne forces pas le silence. Tu choisis ce que tu entends.
Dans la pratique, cela signifie que tu vas créer une séquence d’induction – un chemin pour amener ton cerveau dans cet état –, puis une suggestion – ce que tu veux que ton cerveau fasse une fois qu’il est dans cet état –, puis un retour progressif. C’est simple sur le papier. Ce qui est difficile, c’est de le faire sans se juger. Tu vas peut-être te dire que « ça ne marche pas » parce que tu as pensé à autre chose pendant deux secondes. C’est normal. L’autohypnose n’est pas un état parfait. C’est un entraînement.
La première étape est celle que les gens sautent le plus souvent. Ils veulent aller directement à la suggestion, à la visualisation, à la formule magique. Mais si ton cerveau n’est pas dans le bon état, la suggestion n’a aucun effet. C’est comme essayer de parler à quelqu’un qui court. Il ne t’entend pas vraiment.
Alors, comment installes-tu le cadre ? Tu commences par un geste simple, un rituel. Cela peut être de t’asseoir toujours à la même place, de poser tes mains à plat sur tes cuisses, de fermer les yeux, de prendre trois respirations profondes. Ce n’est pas anodin. Tu envoies un signal à ton cerveau : « On change de mode. » Plus tu répètes ce rituel, plus ton cerveau l’associe à l’état d’hypnose. Au bout de quelques jours, il suffit de poser tes mains sur tes cuisses pour que ton système nerveux commence à ralentir.
Ensuite, tu passes à l’induction proprement dite. L’objectif est de focaliser ton attention sur une seule chose, pour que le reste devienne secondaire. Je te propose une induction simple, que j’utilise souvent avec les sportifs qui débutent en autohypnose.
Tu fermes les yeux. Tu portes ton attention sur ta respiration. Tu ne cherches pas à la modifier. Tu observes juste l’air qui entre, qui sort. Puis tu commences à compter tes respirations à l’envers, de 10 à 1. À chaque expiration, tu prononces mentalement le chiffre. Entre chaque chiffre, tu laisses un blanc. Tu ne forces rien. Si une pensée arrive, tu la laisses passer comme un nuage. Tu reviens au chiffre.
Voici le rythme que tu peux suivre :
Ce comptage à rebours a un effet particulier. Il donne à ton cerveau une direction, un mouvement vers l’intérieur. À chaque chiffre, tu descends un peu plus dans un état de relaxation. Ce n’est pas une chute, c’est un glissement. Quand tu arrives à 1, tu es déjà dans un état différent. Tu es plus calme, plus présent, moins agité.
Si tu te perds, si tu oublies le chiffre, ce n’est pas grave. Tu reprends là où tu es. L’autohypnose n’a pas de « bonne » manière. Elle a une manière qui fonctionne pour toi.
Une fois que tu as installé l’état d’hypnose, tu arrives au cœur de la séance : la suggestion. C’est le moment où tu vas dire à ton cerveau ce que tu attends de lui. Mais attention, la suggestion n’est pas un ordre. Ce n’est pas « Tu vas te concentrer bordel ! ». C’est une invitation, une proposition que ton cerveau peut accepter ou non. Plus elle est formulée avec finesse, plus elle a de chances d’être intégrée.
Pour la concentration, il y a une erreur classique. Les gens disent : « Je veux être concentré sur mon travail pendant deux heures. » C’est trop vague. Le cerveau ne sait pas ce que ça signifie concrètement. Il a besoin d’images, de sensations, de points d’ancrage.
Voici une suggestion que tu peux adapter. Après être arrivé à 1 dans ton comptage, tu passes à cette phrase, que tu prononces mentalement, lentement :
« Je choisis maintenant de laisser mon attention se poser sur ce qui est important pour moi. Chaque fois que mon esprit s’éloigne, je peux le ramener doucement, sans effort, comme on ramène un bateau à son quai. »
Tu vois la différence ? Il n’y a pas d’injonction. Il y a une image (le bateau, le quai) et une sensation (la douceur, le retour sans effort). C’est ce que ton cerveau peut intégrer.
Ensuite, tu peux ajouter un geste, un ancrage. Par exemple, tu serres légèrement ton pouce et ton index ensemble. Ce geste devient un signal. Quand tu le feras en séance de travail, il déclenchera automatiquement un rappel de l’état de concentration. C’est ce qu’on appelle un ancrage kinesthésique.
Tu peux aussi visualiser une couleur, une lumière, un espace. Un coureur que j’accompagne visualise une ligne blanche devant lui. Quand il est concentré, il voit la ligne nette. Quand il est distrait, la ligne devient floue. Il utilise l’autohypnose pour remettre la ligne nette. C’est simple, concret, et ça fonctionne.
Laisse la suggestion infuser pendant quelques respirations. Ne la répète pas vingt fois. Une ou deux fois, avec un temps de silence après, suffisent. Ton cerveau travaille pendant le silence. C’est là que l’intégration se fait.
La dernière étape est souvent négligée. Les gens ouvrent les yeux brutalement, se lèvent, et se demandent pourquoi ils se sentent groggy ou pourquoi l’effet s’est dissipé en trente secondes. Le retour est aussi important que l’induction. Il permet à ton cerveau de ramener l’état de concentration dans ta conscience ordinaire.
Pour sortir, tu reprends le comptage, mais cette fois de 1 à 5. À chaque chiffre, tu laisses un peu plus de conscience revenir dans ton corps. Tu peux bouger doucement les doigts, les orteils, sentir le contact de tes vêtements. À 5, tu ouvres les yeux.
Tu ne te lèves pas immédiatement. Tu restes assis quelques secondes, tu observes ce qui a changé. Peut-être que tu te sens plus calme, plus clair, plus présent. Peut-être que tu sens une légère vibration dans les mains. C’est normal. Tu ne cherches pas à reproduire l’état d’hypnose. Tu cherches à le prolonger dans ton activité.
Le retour n’est pas une sortie. C’est une transition. Tu emportes l’état avec toi, comme on emporte une couverture chaude en sortant dans le froid.
Si tu veux renforcer l’effet, tu peux, juste après avoir ouvert les yeux, faire ton geste d’ancrage (pouce-index serrés) et te dire mentalement : « Je suis prêt. » Ce petit rituel scelle la séance. Il dit à ton cerveau : « C’est fini, maintenant on passe à l’action. »
Un conseil pratique : ne fais pas d’autohypnose juste avant de dormir si tu veux l’utiliser pour la concentration. L’état d’hypnose est proche du sommeil, et tu risques de t’endormir. Préfère un moment où tu es éveillé mais calme : le matin après le café, ou en début d’après-midi avant une session de travail.
Je veux être honnête avec toi. L’autohypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas transformer ton cerveau en machine à productivité en trois jours. Si tu es en burn-out, si tu as un trouble de l’attention non diagnostiqué, si tu es submergé par une charge émotionnelle trop lourde, l’autohypnose peut aider, mais elle ne remplace pas un suivi médical ou thérapeutique.
Ce qu’elle fait, c’est te donner un levier. Un outil que tu peux utiliser dans les moments où tu sens que tu perds le fil. Elle te permet de ne pas être passif face à la dispersion. Au lieu de subir ton cerveau, tu deviens acteur.
Il y a aussi un piège fréquent : croire qu’une séance d’autohypnose doit être parfaite pour être efficace. Tu vas avoir des jours où tu n’arriveras même pas à compter jusqu’à trois sans penser à ta liste de courses. C’est normal. Ces jours-là, la séance est tout aussi utile. Parce que tu apprends à ton cerveau que ce n’est pas grave de se perdre, et que tu peux revenir. C’est ça, la vraie concentration : la capacité à revenir, encore et encore, sans t’énerver contre toi-même.
J’ai un exemple qui revient souvent en consultation. Un footballeur que j’accompagnais avait du mal à rester concentré pendant les entraînements, surtout quand il était fatigué. Il faisait son autohypnose le soir, avant de dormir. Pendant deux semaines, rien. Il ne voyait pas de différence. Puis un jour, à l’entraînement, il a senti que son esprit commençait à vagabonder, et il s’est dit : « Je reviens. » Sans effort, sans se forcer. Il a souri. C’était le même mécanisme qu’il avait entraîné en autohypnose. Ça avait pris du temps, mais ça avait fonctionné.
Le plus grand ennemi de l’autohypnose, c’est la bonne intention qui devient une contrainte. Tu te dis : « Je dois faire ma séance tous les jours, vingt minutes, sinon ça ne marche pas. » Résultat, tu abandonnes au bout de trois jours. Je te propose une autre approche.
Commence par une séance de deux minutes. Pas plus. Tu prends le temps de faire l’induction de 10 à 1, une suggestion très courte (une phrase), et un retour de 1 à 5. Deux minutes. Le matin, avant de commencer ta journée. C’est tout. Pendant une semaine.
La semaine suivante, tu passes à trois minutes. Tu ajoutes un ancrage. La troisième semaine, tu fais une séance de cinq minutes avec une suggestion plus élaborée. Tu construis une habitude, pas une performance.
Tu peux aussi utiliser l’autohypnose en micro-doses. Par exemple, avant une réunion importante, tu fermes les yeux, tu prends trois respirations, tu fais ton ancrage, et tu te dis : « Je suis présent. » Ça prend trente secondes. C’est de l’autohypnose aussi, même si c’est court. L’important, c’est le geste, le signal, l’intention.
Un autre conseil : ne fais pas d’autohypnose juste après avoir mangé un repas lourd. Tu vas t’endormir. Préfère un moment où tu es à jeun ou légèrement nourri. Et si tu te sens trop fatigué, fais une micro-sieste de cinq minutes, puis une autohypnose de deux minutes. Tu verras, l’effet est différent.
L’autohypnose n’est pas une discipline. C’est une conversation avec ton cerveau. Et une conversation, ça ne se force pas. Ça s’invite.
Je ne vais pas te dire que l’autohypnose va résoudre tous tes problèmes de concentration. Ce serait mentir. Mais je peux te dire que si tu prends cinq minutes par jour pour faire ce protocole en trois étapes – induction, suggestion, retour –, tu vas progressivement changer la relation que tu as avec ton attention. Tu vas arrêter de la combattre. Tu vas apprendre à l’inviter.
Et un jour, sans que tu t’y attendes, tu poseras ton téléphone, tu ouvriras ton document, et tu resteras concentré pendant vingt minutes sans avoir à lutter. Ce jour-là, tu te diras peut-être : « Ah, c’était ça. »
Si tu veux aller plus loin, si tu sens que la concentration n’est qu’une partie d’un blocage plus large – anxiété, stress, fatigue chronique –, je suis là. Je reçois en cabinet à Saintes, et je propose aussi des consultations en visio pour ceux qui sont plus loin ou qui préfèrent le confort de leur maison. On peut travailler ensemble sur ce qui te freine, avec l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle. Pas de promesses miracles, juste un accompagnement sur mesure.
Prends soin de toi, et donne-toi la permission d’essayer cette séance. Juste une fois. Pour voir.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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