3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole simple pour débuter sans peur et en toute sécurité.
Ça fait trois semaines que vous tournez en rond.
Vous avez ce poids dans le ventre dès le réveil, cette fatigue qui ne passe pas, cette voix intérieure qui répète en boucle les mêmes scénarios d’échec. Vous avez entendu parler de l’hypnose, vous vous êtes même renseigné sur un praticien près de chez vous. Mais l’idée de raconter votre vie à un inconnu, de vous allonger sur un fauteuil en espérant un déclic, ça vous bloque.
Alors vous cherchez une autre porte.
Celle de l’autohypnose.
Et vous avez raison de la chercher. Parce que l’autohypnose, c’est la version que vous pouvez pratiquer seul, chez vous, à votre rythme, sans pression ni jugement. Pas besoin de matériel, pas besoin de don particulier, pas besoin de « lâcher prise » comme on vous le répète partout. Juste vous, un endroit calme, et trois étapes simples.
Je vais vous les donner exactement comme je les enseigne à mes patients à Saintes depuis 2014. Des gens qui, comme vous, doutaient au début. Des cadres stressés, des sportifs qui bloquaient sur une performance, des parents épuisés, des insomniaques chroniques. Tous ont commencé par ça : trois étapes.
Alors installez-vous. Lisez d’une traite, puis relisez en appliquant. C’est maintenant que ça commence.
Avant de vous donner le protocole, il faut que je lève un malentendu qui empêche la plupart des gens de réussir leur première séance.
On vous a vendu l’hypnose comme un état mystérieux, un sommeil magnétique où vous perdez le contrôle. Ça fait 150 ans que cette image traîne, et elle est fausse. En réalité, l’hypnose – et l’autohypnose – c’est un état de conscience modifié naturel. Vous entrez dedans plusieurs fois par jour sans le savoir.
Quand vous lisez un roman et que vous ne voyez plus le temps passer. Quand vous conduisez sur une route familière et que vous réalisez soudain être arrivé sans vous souvenir du trajet. Quand vous regardez un film et que vous pleurez pour un personnage qui n’existe pas. Ça, c’est de l’hypnose légère.
Votre cerveau bascule alors dans un mode de fonctionnement différent : le mode parasympathique, celui de la détente et de la récupération. Les ondes cérébrales ralentissent, la partie analytique (le cortex préfrontal) baisse en activité, et la partie émotionnelle et inconsciente (le système limbique) devient plus accessible.
C’est exactement ce qu’on cherche en autohypnose : permettre à votre inconscient de recevoir des suggestions sans que votre mental critique ne vienne tout saboter en disant « ça ne marchera pas », « je n’y arriverai jamais », « c’est ridicule ».
Donc si vous vous dites en lisant ces lignes « je ne suis pas réceptif, je contrôle trop », vous êtes exactement la personne qui a le plus besoin de cette pratique. Votre mental surcontrôle est justement ce qui vous épuise. L’autohypnose n’est pas un lâcher-prise passif, c’est un recentrage actif.
« L’autohypnose, ce n’est pas perdre le contrôle. C’est reprendre la main sur ce qui vous échappe. »
Maintenant que ce cadre est posé, passons aux trois étapes concrètes.
La première chose que je demande à mes patients, c’est de ne surtout pas essayer de « se mettre en hypnose » directement. Ça ne marche pas comme ça. Vous n’attrapez pas l’état hypnotique par la force. Vous l’invitez.
Et pour l’inviter, il faut un lieu. Pas un lieu physique (même si un endroit calme chez vous aide), mais un espace intérieur où vous vous sentez suffisamment en sécurité pour laisser tomber vos défenses.
Voici comment le construire, étape par étape.
Asseyez-vous confortablement dans un fauteuil ou sur une chaise, dos droit mais pas raide, pieds à plat sur le sol. Posez vos mains sur vos cuisses. Fermez les yeux. Respirez trois fois lentement, en gonflant le ventre à l’inspiration, en le laissant se dégonfler à l’expiration. Rien de forcé, juste une respiration abdominale naturelle.
Maintenant, imaginez un lieu. Pas besoin qu’il soit exotique ou parfait. Ça peut être un coin de votre salon, un banc dans un parc que vous connaissez, une plage où vous êtes allé une fois, ou même un endroit totalement imaginaire. L’important n’est pas l’image, c’est la sensation.
Posez-vous ces questions, intérieurement, sans chercher à répondre avec votre mental :
Ne cherchez pas à construire une image parfaite. Laissez venir ce qui vient, même flou, même incomplet. Votre inconscient sait ce dont vous avez besoin. Il va vous proposer un lieu qui correspond à votre besoin de sécurité du moment.
Restez dans ce lieu intérieur pendant 2 à 3 minutes. Puis, avant de rouvrir les yeux, ancrez-le mentalement. Vous pouvez poser votre main droite sur votre cœur et votre main gauche sur votre ventre, en vous disant : « Ce lieu est mon refuge. Je peux y revenir à tout moment, simplement en fermant les yeux et en respirant trois fois. »
Ouvrez les yeux.
Ce que cette étape fait concrètement : elle conditionne votre système nerveux à associer un signal simple (trois respirations + fermeture des yeux) à un état de détente et de sécurité. C’est le premier réflexe hypnotique que vous construisez. En 5 minutes, vous créez un interrupteur vers le calme.
Je vois souvent des patients me dire : « Je n’ai rien vu, c’était flou, je ne suis pas visuel. » Ce n’est pas grave. Certains ressentent une sensation de chaleur, d’autres entendent un son, d’autres encore ne perçoivent qu’une vague impression de bien-être. L’hypnose n’est pas visuelle. Elle est sensorielle.
Répétez cet exercice seul pendant 3 jours. Une fois le matin, une fois le soir. À chaque fois, votre cerveau renforce le lien entre le signal et l’état.
Vous avez votre refuge intérieur. Maintenant, vous allez apprendre à y entrer volontairement et à approfondir l’état. C’est ce que j’appelle le balancier attentionnel.
Le principe est simple : l’hypnose naturelle survient quand votre attention se balance entre deux pôles. Par exemple, quand vous fixez un point et que votre regard se défocalise, ou quand vous écoutez une voix monotone tout en laissant vos pensées vagabonder. Ce balancement fatigue légèrement votre mental critique et permet à l’inconscient de prendre le relais.
Voici comment le reproduire seul.
Installez-vous dans votre posture confortable. Fermez les yeux. Revenez à votre refuge intérieur pendant 3 respirations.
Fixez votre attention sur un point précis de votre corps. Je propose souvent le bout du nez, ou le centre de la paume de la main gauche. Concentrez-vous sur cette zone comme si vous la regardiez de l’intérieur. Sentez les micro-sensations : picotements, chaleur, pression.
Après 30 secondes, déplacez votre attention vers un point extérieur à vous. Par exemple, le bruit d’un ventilateur, le tic-tac d’une horloge, ou simplement le silence de la pièce. Écoutez-le comme si c’était la seule chose qui existait.
Revenez à votre point corporel pendant 30 secondes. Puis repartez vers le son extérieur.
Répétez ce mouvement 5 à 6 fois. À chaque aller-retour, vous sentirez votre corps s’alourdir, votre respiration ralentir, votre esprit devenir plus flottant. C’est normal. C’est le signe que l’état hypnotique s’installe.
Au 6ᵉ retour, laissez votre attention se dissoudre. N’accrochez plus rien. Restez dans cette sensation d’entre-deux, ni totalement dedans, ni totalement dehors. C’est exactement là que votre inconscient devient réceptif.
Ce que vous ressentez concrètement : une lourdeur dans les membres, une sensation de flottement, une distorsion du temps (5 minutes vous semblent durer 20 secondes ou l’inverse), une baisse du dialogue intérieur. Certains ont des fourmillements dans les doigts ou les lèvres. D’autres ont l’impression de basculer doucement.
Si vous ne ressentez rien de tout ça, c’est parfait aussi. L’autohypnose n’est pas une performance. Le simple fait d’avoir fait l’exercice a déjà modifié votre état nerveux. Votre corps a enregistré quelque chose.
« Ne jugez jamais une séance d’autohypnose sur ce que vous avez senti pendant. Jugez-la sur ce qui change après, dans les heures qui suivent. »
Une fois que vous êtes dans cet état flottant, vous pouvez passer à l’étape 3. Mais si vous voulez, vous pouvez aussi rester là, simplement à profiter de cet instant de calme. Beaucoup de mes patients me disent que les 5 minutes passées dans cet état valent 30 minutes de sieste.
Entraînez-vous à ce balancier attentionnel pendant 4 à 5 jours. Une fois par jour suffit. Vous n’avez encore besoin d’aucun objectif. Juste l’entraînement à entrer dans l’état.
Vous avez maintenant les clés : un refuge pour vous sentir en sécurité, un balancier pour entrer en état modifié de conscience. Il ne reste plus qu’à utiliser cet état pour faire évoluer ce qui vous bloque.
Mais attention. C’est là que beaucoup se trompent.
Ils veulent se programmer comme un ordinateur : « Je ne stresse plus », « Je dors bien », « Je suis confiant ». Ça ne marche pas comme ça. Votre inconscient n’est pas un exécutant passif. Il est un partenaire, un jardinier. Vous ne lui donnez pas des ordres, vous lui confiez des intentions.
Voici comment faire.
Avant de commencer votre séance, prenez 30 secondes pour écrire sur un post-it (ou dans votre tête) une intention formulée positivement et au présent. Par exemple :
Évitez les négations (« je ne stresse plus »), les objectifs trop vagues (« je veux aller mieux »), et les exigences irréalistes (« je suis parfaitement serein en toutes circonstances »). L’inconscient aime le simple, le sensoriel, le possible.
Pendant la séance, après avoir installé l’état hypnotique (étape 2), vous allez prononcer votre intention intérieurement, une fois, doucement, comme si vous la chuchotiez à un enfant endormi. Puis vous laissez tomber.
Vous ne la répétez pas 10 fois. Vous ne la forcez pas. Vous ne vérifiez pas si ça « marche ». Vous la posez, comme on pose une graine dans une terre préparée, et vous laissez la terre faire son travail.
Ensuite, vous pouvez revenir à votre refuge intérieur, ou simplement rester dans l’état flottant pendant 5 à 10 minutes. Votre inconscient va travailler tout seul. Il va connecter votre intention à vos ressources internes, à vos souvenirs, à vos apprentissages passés. C’est un processus organique, pas mécanique.
Pour sortir, ramenez doucement votre attention sur votre respiration. Bougez les doigts, les orteils. Étirez-vous comme un réveil en douceur. Ouvrez les yeux. Prenez 30 secondes pour revenir avant de vous lever.
Ce que cette étape fait concrètement : elle plante une graine dans votre inconscient. Les effets apparaissent souvent dans les 24 à 48 heures. Une meilleure nuit de sommeil. Une réaction moins émotionnelle face à un collègue difficile. Une idée soudaine pour résoudre un problème qui vous bloquait. Ce n’est pas magique, c’est neurologique : l’état hypnotique favorise la neuroplasticité, la capacité de votre cerveau à créer de nouveaux chemins.
Répétez ce protocole complet (étapes 1, 2 et 3) pendant 10 jours, avec la même intention. La répétition est ce qui consolide les changements.
Je ne veux pas vous vendre un rêve. L’autohypnose est un outil puissant, mais elle a ses limites. Et je préfère que vous les connaissiez avant de commencer, pour ne pas vous décourager après une semaine.
L’autohypnose n’efface pas les traumatismes profonds. Si vous avez vécu des violences, des abus, des deuils non résolus, des attaques de panique invalidantes, l’autohypnose seule ne suffira pas. Elle peut vous aider à réguler votre système nerveux au quotidien, mais le travail de fond nécessite un accompagnement professionnel, en présentiel ou en visio, avec quelqu’un de formé à l’IFS ou à l’hypnose thérapeutique. Ne faites pas l’économie de cette aide si vous êtes dans ce cas.
L’autohypnose ne remplace pas un traitement médical. Si vous prenez des anxiolytiques, des antidépresseurs, ou si vous suivez un suivi psychiatrique, continuez. L’autohypnose peut être un complément, pas un substitut. Ne stoppez jamais un traitement sans avis médical.
L’autohypnose ne va pas transformer votre vie en une semaine. Les changements durables prennent du temps. C’est comme le sport : une séance ne sculpte pas un corps, c’est la répétition sur des mois qui fait la différence. Soyez patient avec vous-même.
Mais pour tout le reste : le stress quotidien, l’anxiété diffuse, les troubles du sommeil légers, la préparation mentale, la confiance en soi, la gestion des émotions, les ruminations… l’autohypnose est une alliée redoutable. Elle vous redonne un espace à vous, dans un monde qui vous en vole tout le temps.
Vous avez le protocole. Vous savez quoi faire. Mais je connais votre piège préféré, parce que c’est celui de 80 % de mes patients : vous allez vouloir le faire « parfaitement » ou « au bon moment ». Résultat : vous ne le ferez pas.
Alors voici ce que je vous propose.
Dans les 10 minutes qui suivent la fin de cet article, allez dans une pièce calme. Même les toilettes si vous êtes chez vous. Posez un minuteur sur 5 minutes. Fermez les yeux. Faites l’étape 1 uniquement. Créez votre refuge intérieur. 5 minutes. C’est tout.
Ne cherchez pas
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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