3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Arrêtez de vous éparpiller et apprenez à focaliser votre énergie.
Vous avez probablement déjà vécu ça : vous êtes en pleine rédaction d’un rapport important, et votre téléphone vibre. Vous jetez un œil, répondez rapidement à un message, puis retournez à votre écran. Mais le fil de votre pensée est coupé. Vous devez relire la dernière phrase, retrouver votre élan. Quelques minutes plus tard, une notification d’e-mail apparaît. Vous l’ouvrez, l’idée d’une réponse vous traverse, vous commencez à taper… et vous réalisez soudain que vingt minutes ont passé, que vous n’avez pas avancé sur le rapport, et que votre niveau d’énergie est en chute libre. Vous vous sentez dispersé, inefficace, et frustré.
Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul. Nous vivons dans une culture qui glorifie le multitâche. Répondre à trois conversations en même temps, gérer ses mails tout en écoutant une réunion, cuisiner en regardant une série… On appelle ça de la productivité, mais la science dit autre chose. Le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter plusieurs tâches complexes simultanément. Ce que nous appelons multitâche est en réalité une alternance rapide entre des actions, un « changement de contexte » permanent qui épuise nos ressources mentales.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et je reçois chaque semaine des adultes qui viennent me dire : « Je n’arrive plus à me concentrer », « Je suis débordé sans rien faire de concret », « J’ai l’impression de courir après mon temps ». Derrière ces plaintes, il y a souvent une croyance : celle qu’on devrait pouvoir tout faire en même temps. Et une fatigue profonde.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi le multitâche est un piège, comment il désorganise votre attention, et surtout comment l’autohypnose – un outil que vous pouvez apprendre à utiliser seul – peut vous aider à recentrer votre énergie sur ce qui compte vraiment. Pas de promesses magiques, mais des mécanismes concrets, illustrés par des situations du quotidien.
Pour comprendre le problème, il faut jeter un coup d’œil sous le capot. Notre cerveau dispose de ce qu’on appelle une « mémoire de travail », un espace limité où il maintient et manipule les informations en temps réel. Imaginez-la comme un petit tableau blanc. Vous pouvez y écrire quelques mots, mais si vous essayez d’y ajouter une équation mathématique, un plan de match de football, et le texte d’un e-mail, le tableau devient illisible. Vous devez effacer quelque chose pour écrire autre chose.
C’est exactement ce qui se passe quand vous alternez entre des tâches. Chaque fois que vous passez de l’une à l’autre, votre cerveau doit :
Ce processus, appelé « coût de changement de contexte », prend du temps et consomme de l’énergie. Des études en neurosciences montrent qu’il peut réduire votre productivité jusqu’à 40 %. Autrement dit, une personne qui se croit multitâche passe en réalité plus de temps à faire moins de choses, avec plus d’erreurs.
Prenons un exemple concret. Je reçois souvent des entrepreneurs ou des cadres qui me disent : « Je suis super organisé, j’ai mon téléphone, mon ordinateur, mon agenda, je réponds aux clients tout en préparant mes dossiers. » Pourtant, ils arrivent en séance épuisés, avec des douleurs cervicales et une sensation de « brouillard mental ». Ce n’est pas de la paresse. C’est le résultat d’une surcharge cognitive permanente.
Le vrai problème, ce n’est pas de faire plusieurs choses dans la même journée. C’est de croire qu’on peut les faire en même temps. Votre cerveau n’est pas un processeur multitâche. Il est un processeur séquentiel, mais très rapide. L’autohypnose va justement vous aider à ralentir ce processus pour le rendre plus efficace.
Avant de parler de solution, il est utile de reconnaître les signaux d’alarme. Vous vous demandez peut-être si vous êtes concerné. Voici quelques indicateurs qui reviennent souvent dans mon cabinet :
Ces signes ne sont pas une fatalité. Ils sont le reflet d’une habitude : celle de laisser votre attention être capturée par des stimuli extérieurs (notifications, bruits, collègues, sollicitations). L’autohypnose ne va pas supprimer ces stimuli, mais elle va vous apprendre à choisir où poser votre attention, et à y rester.
Je pense à un patient, footballeur amateur, qui venait me voir pour améliorer sa concentration en match. Il me disait : « Sur le terrain, je vois tout, je réfléchis trop, je me disperse. » Il était victime du même mécanisme que vous au travail : trop d’informations, trop de stimulations, et une incapacité à filtrer. En travaillant avec l’hypnose, nous avons appris à réduire le champ de son attention à l’instant présent, au ballon, à son prochain geste. Le résultat ? Moins d’erreurs, plus de fluidité. Ce qui fonctionne pour un sportif fonctionne aussi pour un cadre ou un parent débordé.
L’autohypnose, c’est quoi exactement ? Beaucoup de personnes imaginent un spectacle de scène ou un état de sommeil profond. En réalité, c’est un état de conscience modifié, parfaitement naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous lisez un livre captivant. Dans ces moments, votre attention est focalisée, et le monde extérieur s’efface.
L’autohypnose, c’est la capacité à provoquer volontairement cet état pour un objectif précis. Dans notre contexte, l’objectif est simple : entraîner votre cerveau à se concentrer sur une seule chose à la fois.
Le mécanisme est le suivant : en état d’hypnose, votre cerveau ralentit son rythme. Les ondes cérébrales passent d’un mode bêta (alerte, actif, dispersé) à un mode alpha ou thêta (relaxé, réceptif, focalisé). C’est dans cet état que vous êtes le plus réceptif aux suggestions. Vous pouvez alors planter une « intention » : « Quand je travaille, mon attention reste sur ma tâche. Je remarque les distractions, et je les laisse passer sans m’y accrocher. »
Ce n’est pas une baguette magique. C’est un entraînement. Comme pour le sport, plus vous pratiquez, plus votre « muscle attentionnel » devient fort. Au début, vous tiendrez peut-être 30 secondes sans vous disperser. Puis une minute. Puis cinq. L’autohypnose vous donne la structure pour répéter cet entraînement dans un cadre sécurisé.
« L’autohypnose ne vous donne pas plus de temps. Elle vous donne plus de présence dans le temps que vous avez. La qualité de votre attention vaut mieux que la quantité de vos actions. »
La difficulté à se concentrer n’est pas seulement une question d’habitude. C’est aussi une question de conditionnement. Votre cerveau a appris que vérifier votre téléphone procure une petite dose de dopamine, ce neurotransmetteur du plaisir et de la récompense. Chaque notification est une micro-récompense. Vous êtes donc programmé à chercher ces distractions, même quand elles nuisent à vos objectifs.
L’autohypnose permet de défaire ce conditionnement de l’intérieur. Comment ? En utilisant la suggestion pour créer un nouveau réflexe. Par exemple, vous pouvez vous apprendre, en état d’hypnose, à associer la sensation d’une distraction (une vibration de téléphone) à une respiration profonde et à un retour immédiat à votre tâche, sans jugement.
C’est ce que j’appelle le réflexe de recentrage. Voici comment le construire en pratique :
Répétez cet exercice une fois par jour pendant une semaine. Au début, cela vous semblera artificiel. Mais avec la répétition, votre cerveau va intégrer ce nouveau chemin neuronal. La prochaine fois que vous serez au travail et que votre téléphone vibrera, vous aurez une chance de faire une pause consciente avant de réagir. Et de choisir.
Je travaille régulièrement avec des coureurs et des footballeurs. Pour eux, la dispersion mentale est un ennemi direct de la performance. Un coureur qui pense à sa liste de courses pendant un 10 kilomètres va perdre son rythme, sa respiration, et sa foulée. Un footballeur qui anticipe l’action suivante au lieu d’être présent sur le ballon va rater une passe ou se faire prendre.
L’autohypnose sportive consiste à créer un état de flow : cet état où le temps semble suspendu, où les gestes sont fluides, où la pensée critique se tait. Pour y parvenir, on utilise souvent des techniques de focalisation sensorielle.
Prenons l’exemple d’un coureur que j’accompagne. Il avait du mal à tenir son allure lors des compétitions, parce qu’il se laissait distraire par les autres coureurs, le chronomètre, ou la douleur. Nous avons travaillé sur un protocole d’autohypnose simple :
Le résultat ? Il a non seulement amélioré son temps, mais il a surtout réduit son stress. Il ne lutte plus contre ses pensées. Il les laisse passer, comme des nuages. Cette approche est transposable à votre travail. Vous n’êtes pas un sportif de haut niveau ? Peu importe. La gestion de la dispersion est la même. Que vous prépariez un dossier, une présentation, ou que vous écoutiez un collègue, vous pouvez utiliser ces mêmes techniques pour rester présent.
Vous voulez essayer maintenant ? Voici un exercice que vous pouvez faire en 5 minutes, sans préparation, où que vous soyez. Asseyez-vous, lisez les instructions, puis fermez les yeux.
Étape 1 : Le scan corporel Portez votre attention sur votre respiration. Sans la modifier, sentez l’air entrer et sortir. Puis, déplacez votre attention sur vos pieds. Sentez le contact avec le sol. Remontez lentement : chevilles, mollets, genoux, cuisses. Ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. Observez simplement les sensations.
Étape 2 : La focalisation sur un point Ouvrez les yeux et choisissez un point fixe devant vous (une tache sur le mur, une poignée de porte, la flamme d’une bougie si vous en avez). Regardez-le sans cligner. Laissez votre vision se réduire à ce point. Si votre esprit s’évade, ramenez-le doucement, sans vous fâcher, vers ce point.
Étape 3 : La suggestion Fermez les yeux. Imaginez que ce point est maintenant à l’intérieur de vous, au niveau de votre poitrine. C’est un point lumineux, calme. Dites-vous intérieurement : « Pendant les prochaines minutes, mon attention est entièrement sur ce point. Tout le reste peut exister autour, mais je reste centré ici. »
Étape 4 : L’ouverture Après 2 ou 3 minutes, laissez le point s’estomper. Prenez une respiration plus profonde. Bougez doucement les doigts, les orteils. Ouvrez les yeux.
Cet exercice est une micro-séance d’autohypnose. Il ne résout pas tout, mais il vous ré-entraîne à l’attention unique. Plus vous le ferez, plus il deviendra facile de le reproduire en situation de travail.
« La concentration n’est pas un don. C’est une compétence qui se cultive comme un muscle. L’autohypnose est votre salle de sport mentale. »
Vous avez peut-être déjà essayé des applications de gestion du temps, des minuteurs Pomodoro, des bloqueurs de sites web. Ces outils sont utiles, mais ils agissent de l’extérieur. Ils vous imposent une discipline. Le problème, c’est que quand la contrainte externe disparaît (batterie morte, fin de l’abonnement), votre vieux réflexe de dispersion revient.
L’autohypnose agit de l’intérieur. Elle ne vous force pas à obéir. Elle vous aide à choisir votre concentration. Elle transforme votre rapport à l’attention, en faisant de la focalisation un état naturel, pas une lutte.
Prenons une comparaison : imaginez que vous voulez apprendre à nager. Les applications de productivité sont comme une bouée : elles vous maintiennent à flot tant que vous les tenez. L’autohypnose est comme un maître-nageur qui vous apprend les mouvements, la respiration, la confiance dans l’eau. Une fois que vous savez nager, vous n’avez plus besoin de bouée.
C’est pour cela que je propose souvent à mes patients d’apprendre l’autohypnose en complément d’autres approches (comme l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle). Elle donne des clés pour le quotidien, tout en travaillant les racines profondes de la dispersion : le stress, l’anxiété, le besoin de contrôle.
Le mythe du multitâche est tenace, parce qu’il flatte notre ego : nous aimons nous sentir capables de tout gérer. Mais la réalité est plus humble. Notre cerveau est fait pour la profondeur, pas pour l’éparpillement. La vraie productivité, la vraie créativité, la vraie présence aux autres – tout cela naît de l’attention unique.
L’autohypnose n’est pas une solution miracle. Elle demande un peu de régularité, comme un entraînement physique. Mais elle offre quelque chose que peu d’outils proposent : la possibilité de devenir le maître de votre propre attention, plutôt que l’esclave des sollicitations.
Si vous vous reconnaissez dans ce que j’ai décrit, si la dispersion vous épuise, je vous invite à commencer par un petit pas. Essayez l’exercice des 5 minutes que
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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