HypnoseAutohypnose

Les 4 erreurs qui bloquent votre autohypnose (et comment les éviter)

Évitez ces pièges courants qui empêchent l'état hypnotique profond.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Vous tenez votre smartphone entre les mains, ou vous êtes posé devant votre écran, et vous avez déjà tenté l’autohypnose. Peut-être même plusieurs fois. Vous avez écouté des enregistrements, suivi des tutoriels, fermé les yeux en vous disant « allez, cette fois, je vais y arriver ». Et puis, rien. Ou presque. Une sensation de calme, oui, mais pas cette bascule, cet état modifié de conscience dont tout le monde parle. Vous vous êtes senti un peu ridicule, peut-être même frustré. « Je ne suis pas fait pour ça », avez-vous conclu.

Détrompez-vous. L’autohypnose n’est pas un don réservé à une élite. C’est une compétence, comme faire du vélo ou cuire un œuf parfait. Mais il y a des erreurs spécifiques qui, sans que vous le sachiez, bloquent le processus. Et la bonne nouvelle, c’est qu’elles se corrigent.

Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois chaque semaine des adultes qui ont essayé l’autohypnose en solitaire, avant de venir me voir en désespoir de cause. « Je n’arrive pas à lâcher prise », « Mon mental papillonne trop », « Je ne me souviens de rien après ». Ces phrases, je les entends comme une musique familière. Et à chaque fois, le problème n’est pas la personne. Ce sont ces quatre erreurs.

Alors, avant de renoncer, lisez ce qui suit. Je vais vous les détailler, une par une, avec des exemples concrets, et surtout, je vais vous donner la clé pour les éviter.

Pourquoi cherchez-vous à « contrôler » l’expérience ? (C’est l’erreur numéro 1)

La première erreur, la plus répandue, est celle qui tue dans l’œuf toute tentative d’hypnose : vous voulez trop la maîtriser.

Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Thierry, j’ai essayé de faire une autohypnose pour arrêter de stresser au travail. Je me suis assis, j’ai fermé les yeux, et j’ai passé vingt minutes à essayer de ne penser à rien. Plus j’essayais, plus mon cerveau s’emballait. J’ai fini par me lever, énervé. »

Cette anecdote est un classique. Ce que cette personne cherchait à faire, c’était contrôler son état mental. Or, l’hypnose, c’est exactement l’inverse. C’est un état de lâcher-prise, où l’on accepte de ne pas être aux commandes de chaque pensée. Quand vous forcez, vous activez votre cortex préfrontal – la partie rationnelle, analytique, celle qui dit « je dois », « il faut », « si je ne réussis pas, c’est que je suis nul ». Cette partie est l’ennemi juré de l’hypnose.

L’hypnose ericksonienne, que j’utilise, fonctionne par la permission, pas par l’injonction. Milton Erickson, le père de cette approche, disait que le patient a en lui toutes les ressources nécessaires, mais qu’il faut lui permettre d’y accéder. Vous ne pouvez pas vous ordonner de « lâcher prise ». C’est comme ordonner à quelqu’un de s’endormir : plus vous insistez, moins ça marche.

« Vous ne forcez pas une porte à s’ouvrir. Vous tournez simplement la poignée, et elle s’ouvre d’elle-même. L’autohypnose, c’est la poignée. »

Comment éviter cette erreur ?

Changez votre objectif. Au lieu de viser « rentrer en transe profonde », visez « accueillir ce qui se présente ». Asseyez-vous, fermez les yeux, et dites-vous : « Je vais passer cinq minutes à observer ce qui se passe dans mon corps et dans mon esprit, sans rien vouloir changer. » Si vous ressentez une tension dans l’épaule, observez-la. Si une pensée arrive, dites-vous « bonjour pensée », et laissez-la repartir. Vous n’êtes pas un metteur en scène, vous êtes un spectateur curieux. La transe viendra quand vous aurez arrêté de la poursuivre.

Vous sous-estimez le pouvoir de votre propre voix (c’est l’erreur numéro 2)

La deuxième erreur concerne le contenant de votre autohypnose : la voix. Et pas n’importe laquelle : la vôtre.

J’ai un client, footballeur amateur, qui voulait améliorer sa concentration avant les matchs. Il avait acheté une application d’autohypnose avec une voix de synthèse, très calme, très lisse. Il l’écoutait dans le vestiaire. Résultat ? Il s’endormait, ou pire, il se sentait agacé par cette voix artificielle. Il est venu me voir en disant : « L’hypnose, ça ne marche pas pour moi. »

Je lui ai proposé un petit exercice : enregistrer lui-même une courte séance, avec ses propres mots, sur son téléphone. Sa voix naturelle, un peu rauque, avec l’accent du terroir. Il a ri en écoutant la première prise. Mais il l’a utilisée. Et là, la bascule s’est produite. Pourquoi ? Parce que votre propre voix, celle que vous entendez quand vous parlez, est un ancrage puissant. Elle est liée à votre identité, à votre histoire. Une voix inconnue, même parfaitement modulée, reste extérieure. Elle ne peut pas créer le même lien de confiance avec votre inconscient.

Beaucoup de personnes commettent l’erreur de chercher la « meilleure » voix sur YouTube, celle qui a des milliers de vues. Mais votre inconscient, lui, ne connaît que la vôtre. Il ne se laisse pas bercer par une inconnue.

Comment éviter cette erreur ?

Prenez votre téléphone, ouvrez l’application dictaphone. Parlez comme vous parleriez à un ami fatigué. Lentement, doucement, avec des silences. Dites quelque chose comme : « Prends une grande respiration… et laisse ton corps s’installer… tu es là, maintenant… rien d’autre à faire… » Enregistrez deux minutes. Écoutez-vous. Vous trouverez ça bizarre, peut-être même un peu risible. Persistez. C’est votre voix, c’est votre chemin. L’autohypnose avec la voix d’un autre, c’est comme essayer de danser sur une musique que vous n’aimez pas : techniquement possible, mais sans plaisir.

Vous confondez relaxation et hypnose (l’erreur numéro 3 qui vous trompe)

Troisième erreur, et elle est subtile : vous pensez que l’hypnose, c’est juste une relaxation profonde. Alors vous vous allongez, vous respirez, vous vous détendez, et vous attendez… que quelque chose de « magique » se produise. Mais rien.

Je comprends la confusion. L’hypnose commence souvent par une relaxation, oui. Mais ce n’est pas la destination. C’est le hall d’entrée. La relaxation est un état où votre corps est détendu, mais votre mental peut encore vagabonder, analyser, juger. Vous êtes calme, mais vous êtes toujours dans le mode « conscient ». L’hypnose, c’est un état où votre attention est focalisée de manière très précise, et où votre conscient s’efface au profit de l’inconscient.

Voici une image qui m’aide en cabinet : la relaxation, c’est comme poser un voile sur une cage à oiseaux. Les oiseaux (vos pensées) sont toujours là, mais ils sont plus calmes. L’hypnose, c’est ouvrir la porte de la cage et laisser les oiseaux s’envoler, pour que vous puissiez entrer dans la cage et y trouver ce qui est caché au fond. Ce n’est pas la même chose.

Prenons un exemple. Une de mes clientes, cadre dans une entreprise, venait pour des insomnies. Elle pratiquait la relaxation depuis des années : respiration, visualisation, tout ça. Elle me disait : « Je suis hyper détendue, mais je ne dors pas mieux. » Elle faisait de la relaxation, pas de l’hypnose. En séance, je l’ai guidée vers un état hypnotique en lui demandant de se concentrer non pas sur son corps, mais sur une sensation de « lourdeur qui descend », et surtout, en lui laissant des silences pour que son inconscient « réponde ». La différence a été immédiate. Elle a cessé de « faire » la relaxation, et a commencé à « être » dans l’hypnose.

Comment éviter cette erreur ?

Dans votre prochaine séance, ne cherchez pas à vous « détendre ». Cherchez à diriger votre attention. Choisissez une seule chose : la sensation de l’air qui entre dans vos narines, le battement de votre cœur, ou l’image d’une porte qui s’ouvre. Quand votre mental s’évade (et il le fera), ramenez-le doucement, sans vous juger, vers ce point unique. L’hypnose, c’est de la concentration relaxée. Pas de la relaxation distraite. Ce petit changement de cap fait toute la différence.

Vous abandonnez trop vite (et c’est l’erreur numéro 4)

La quatrième erreur est la plus humaine, et la plus triste : vous abandonnez après deux ou trois tentatives.

Je vois cela tous les jours. Quelqu’un essaie l’autohypnose un soir. Ça ne « marche » pas. Il réessaie le lendemain. Toujours rien. Le surlendemain, il se dit que ce n’est pas pour lui, et il range ça dans un tiroir mental. Puis il vient me voir, six mois plus tard, pour un problème d’anxiété ou de préparation mentale, et il me dit : « J’ai essayé l’autohypnose, ça ne marche pas. » Mais quand je creuse, je découvre qu’il a fait trois tentatives, de cinq minutes chacune, sans préparation, sans savoir ce qu’il faisait.

Apprendre l’autohypnose, c’est comme apprendre à faire du vélo. La première fois, vous tombez. La deuxième, vous vacillez. La troisième, vous tenez deux mètres. Et un jour, sans prévenir, vous roulez. Mais si vous vous arrêtez après la première chute, vous ne saurez jamais la sensation du vent dans vos cheveux. L’état hypnotique profond est un état naturel, mais il demande un entraînement de l’attention. Votre cerveau n’a jamais été conditionné à entrer dans cet état sur commande. Il faut lui apprendre.

Je me souviens d’un coureur à pied que j’accompagnais. Il voulait utiliser l’autohypnose pour gérer la douleur pendant les marathons. Les premières semaines, il me disait : « Je ne sens rien, je m’endors, c’est nul. » Je lui ai demandé de persister, juste trois minutes par jour, sans attente. Au bout de trois semaines, il m’a appelé : « Thierry, j’ai eu une sensation bizarre, comme si mon bras gauche flottait. C’était ça ? » Oui, c’était ça. Son inconscient avait compris le langage. Mais il a fallu vingt et un jours de pratique minuscule pour que la porte s’entrouvre.

« L’autohypnose est un jardin qu’on arrose un peu chaque jour, pas une énorme tempête qu’on déclenche une fois. »

Comment éviter cette erreur ?

Fixez-vous un objectif ridiculement petit : deux minutes par jour, pendant trente jours. Pas plus. Même si vous pensez que « ça ne sert à rien », faites-le. Asseyez-vous, fermez les yeux, respirez deux fois, et observez. C’est tout. Vous n’essayez pas de « réussir ». Vous entraînez votre cerveau à créer un nouveau chemin neuronal. La profondeur viendra avec la répétition, pas avec l’intensité. Et si un jour vous oubliez, ce n’est pas grave. Reprenez le lendemain. La persistance douce est votre alliée, pas la performance.

Comment tout rassembler : votre premier vrai protocole d’autohypnose

Maintenant que vous connaissez les erreurs, voici comment les éviter en une seule pratique. Ce n’est pas une recette miracle, c’est un cadre. Vous pouvez l’adapter.

  1. Préparez votre environnement. Pas de téléphone qui sonne, pas de lumière agressive. Asseyez-vous confortablement, les pieds au sol. Pas couché – vous risquez de vous endormir, ce qui n’est pas le but (sauf si vous cherchez le sommeil). La position assise maintient une vigilance douce.
  2. Utilisez votre voix. Prenez votre téléphone, enregistrez-vous disant : « Je ferme les yeux… je prends trois respirations… je sens le poids de mon corps… je laisse mes pensées venir et repartir… » Écoutez cet enregistrement. Pas besoin de plus de trois minutes.
  3. Focalisez, ne détendez pas. Pendant l’écoute, choisissez un point d’attention : la sensation de vos fesses sur la chaise, ou le son de votre propre respiration. Quand votre mental s’égare (et il le fera), ramenez-le avec douceur, sans colère. « Ah, me voilà parti. Je reviens à ma respiration. »
  4. Accueillez l’échec. Si vous ne sentez rien, si vous vous ennuyez, si vous avez envie de rire, dites-vous : « C’est parfait. C’est exactement ce qui doit arriver aujourd’hui. » L’autohypnose n’est pas linéaire. Certains jours, vous aurez des sensations de flottement, d’autres jours, rien. Les deux sont des progrès.
  5. Persistez. Faites ça deux minutes par jour, pendant un mois. Notez sur un carnet ce que vous ressentez, même si c’est « rien ». Après trente jours, vous aurez créé une habitude. Et l’habitude est le terreau de la transe.

Je ne vous promets pas que vous allez instantanément revivre votre naissance ou parler à votre inconscient comme à un vieil ami. L’autohypnose n’est pas un spectacle. Mais je vous promets que si vous évitez ces quatre erreurs, vous allez progressivement ressentir une profondeur, un calme, et une capacité à influencer vos états intérieurs que vous pensiez impossibles. Et ça, c’est un outil pour la vie.

Quand l’autohypnose ne suffit plus : oser demander de l’aide

Il est possible qu’après avoir lu cet article, vous ayez essayé, persisté, et que vous sentiez encore un blocage. Peut-être que votre histoire personnelle, un traumatisme, ou une anxiété très profonde fait que votre inconscient résiste, comme une porte verrouillée de l’intérieur. C’est normal. L’autohypnose est un formidable outil, mais elle a ses limites. Elle ne remplace pas un accompagnement humain, en direct, où quelqu’un vous tient la main (métaphoriquement) et ajuste le geste en fonction de votre respiration, de vos silences, de vos micro-expressions.

Si vous êtes dans cette situation, sachez que ce n’est pas un échec. C’est une reconnaissance de votre complexité. Vous n’avez pas à tout faire seul.

Je reçois des adultes à Saintes, dans mon cabinet, pour des séances d’hypnose ericksonienne, d’IFS (Internal Family Systems) ou d’Intelligence Relationnelle. Parfois, une seule séance suffit à débloquer ce qui résistait depuis des mois en autohypnose. Parce qu’un regard extérieur, une présence, une voix qui n’est pas la vôtre, peut créer l’espace de sécurité nécessaire pour que la transe s’installe vraiment. Et ensuite, vous repartez avec des clés renforcées pour votre pratique personnelle.

Alors, si vous sentez que vous avez besoin d’un coup de pouce, d’un cadre, ou simplement d’être entendu, n’hésitez pas. Vous pouvez me contacter via mon site thierrysudan.com, ou passer me voir à Saintes. Je ne vous promets pas de miracle, mais je vous promets une écoute honnête, sans jugement, et des outils qui ont fait leurs preuves.

En attendant, commencez par ces deux minutes aujourd’hui. Vous n’avez rien à perdre, sauf l’erreur de ne pas essayer.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

Prendre contact

Cet article vous a parlé ?

Parlons-en — premier échange, sans engagement.

Premier échange gratuit