3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Ne tombez pas dans ces pièges courants pour des résultats optimaux.
Tu te lances dans l’autohypnose pour améliorer ta performance mentale. Peut-être es-tu coureur et tu veux gérer cette voix intérieure qui te dit d’arrêter au 15e kilomètre. Peut-être es-tu footballeur et tu cherches à rester concentré sous la pression d’un penalty décisif. Ou alors tu es simplement quelqu’un qui veut apprendre à calmer son mental avant une réunion importante.
C’est une excellente idée. L’autohypnose est un outil puissant, accessible à tous, qui peut transformer ta façon d’aborder l’effort, le stress et la compétition. Je l’utilise moi-même quotidiennement, et je vois régulièrement des sportifs que j’accompagne en préparations mentales en tirer des bénéfices concrets.
Mais il y a un revers à la médaille. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des personnes qui viennent me voir après avoir essayé l’autohypnose seules, avec des résultats décevants, voire contre-productifs. Pas parce que l’outil est mauvais, mais parce qu’elles sont tombées dans des pièges que j’aimerais t’aider à éviter.
Le problème, c’est que l’autohypnose est souvent présentée comme une solution magique. Tu écoutes une vidéo, tu fermes les yeux, et pouf, tu deviens un champion. La réalité est plus subtile. Si tu fais les choses dans le mauvais ordre, avec de mauvaises attentes, ou en ignorant certains mécanismes de ton cerveau, tu risques non seulement de ne pas progresser, mais aussi de renforcer tes blocages.
Dans cet article, je vais te montrer les erreurs les plus fréquentes que je vois chez les sportifs et les adultes qui pratiquent l’autohypnose pour la performance mentale. Je vais t’expliquer pourquoi elles surviennent, et surtout comment les éviter pour que tu puisses obtenir des résultats solides et durables.
Prêt ? C’est parti.
Point clé : L’autohypnose n’est pas une baguette magique. C’est un entraînement. Comme tu ne deviens pas marathonien en une séance de course, tu ne transformes pas ton mental en un claquement de doigts. La différence entre un pratiquant efficace et un frustré, c’est souvent la compréhension de ces pièges.
L’erreur numéro un que je constate, c’est l’impatience. Tu es sportif, tu as l’habitude de voir des progrès mesurables : tu cours plus vite, tu soulèves plus lourd, tu marques plus de buts. Alors tu appliques cette même logique à l’autohypnose. Tu fais une séance, et tu t’attends à te sentir transformé dès le lendemain.
Je pense à un footballeur que j’ai accompagné l’année dernière. Il venait me voir parce qu’il avait des difficultés à gérer son stress avant les matchs. Il avait essayé l’autohypnose seul pendant deux semaines, en écoutant des audios trouvés sur Internet. Après chaque séance, il attendait de se sentir calme et confiant. Mais il ne ressentait rien de particulier, ou alors une légère détente qui disparaissait rapidement. Il a fini par se dire : « Ça ne marche pas pour moi. »
Le problème, c’est qu’il confondait l’état hypnotique avec le résultat. L’autohypnose, ce n’est pas un interrupteur qu’on actionne. C’est un apprentissage. Quand tu commences, ton cerveau n’est pas habitué à entrer dans cet état modifié de conscience. C’est comme si tu voulais jouer un morceau de guitare complexe après avoir regardé un tuto de 10 minutes. Tu as besoin de répétition, de patience, et d’accepter que les premiers essais soient imparfaits.
Ce que tu dois comprendre, c’est que l’hypnose ericksonienne fonctionne sur le principe de l’induction indirecte et de l’exploitation des ressources inconscientes. Ton inconscient, c’est un peu comme un jardin. Tu ne peux pas planter une graine et exiger une récolte le lendemain. Tu dois préparer le sol, arroser régulièrement, et laisser le temps faire son travail.
Alors, comment éviter ce piège ? D’abord, fixe-toi des objectifs de processus, pas de résultat. Par exemple, au lieu de viser « être calme avant le match », vise « faire une séance d’autohypnose de 10 minutes par jour pendant trois semaines ». Ensuite, accepte que les premiers temps, tu ne ressentes peut-être rien de spectaculaire. Parfois, une séance réussie, c’est juste le fait d’avoir pris le temps de t’asseoir et de respirer. C’est déjà énorme.
Voici une scène typique. Tu rentres d’une journée stressante. Tu as eu des tensions au travail, ou tu viens de t’entraîner dur et tu es frustré par une performance en dessous de tes attentes. Tu te dis : « Je vais faire une séance d’autohypnose pour me détendre et me recentrer. » Tu t’installes, tu fermes les yeux, et tu essaies de te concentrer sur une visualisation positive. Mais ton cerveau est encore en mode alerte. Les pensées défilent, les émotions sont à vif, et au lieu de te relaxer, tu finis par t’énerver contre toi-même parce que « tu n’y arrives pas ».
C’est une erreur que j’ai faite moi-même au début de ma pratique. Et je vois beaucoup de sportifs tomber dedans. Le problème, c’est que l’autohypnose n’est pas une technique pour « éteindre » les émotions. C’est une technique pour travailler avec elles. Si tu commences une séance alors que tu es submergé par le stress, la colère ou la frustration, tu risques de renforcer cet état plutôt que de le transformer.
Pourquoi ? Parce que ton cerveau associe l’état hypnotique à ce que tu ressens au moment de l’induction. Si tu es tendu, ton inconscient peut associer la relaxation à la tension. C’est un mécanisme de conditionnement classique. Tu veux créer une ancre positive, mais tu finis par ancrer l’inverse.
La solution est simple, mais elle demande de l’honnêteté envers toi-même. Avant de commencer une séance d’autohypnose, prends 30 secondes pour évaluer ton état émotionnel. Demande-toi : « Est-ce que je suis dans un état d’esprit qui me permet d’accueillir une suggestion ? » Si tu sens que tu es trop agité, trop en colère ou trop anxieux, ne force pas. Commence plutôt par une technique de recentrage rapide, comme la respiration en cohérence cardiaque (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration pendant 2 minutes). Une fois que tu as un peu abaissé ton niveau d’activation, tu peux entrer dans l’autohypnose.
Dans mon approche, je combine souvent l’Intelligence Relationnelle avec l’hypnose. L’idée, c’est de reconnaître ton émotion, de l’accueillir sans jugement, et ensuite seulement de travailler avec elle. Par exemple, si tu es anxieux avant une course, au lieu de chercher à supprimer l’anxiété, tu peux lui donner une direction : « Cette énergie, je vais la transformer en vigilance et en concentration. » Mais pour ça, il faut déjà être capable de l’identifier.
Quand tu pratiques l’autohypnose, tu utilises des suggestions – des phrases ou des images que tu donnes à ton inconscient pour orienter ton comportement. C’est là que beaucoup de sportifs se plantent. Soit leurs suggestions sont trop vagues (« Je vais être meilleur »), soit trop rigides (« Je ne vais plus jamais stresser »).
Prenons le cas d’un coureur que j’ai suivi. Il voulait améliorer sa gestion de la douleur pendant les courses longues. Il se répétait en autohypnose : « Je ne vais pas avoir mal. » Résultat ? Pendant ses entraînements, dès qu’il ressentait la moindre gêne, il paniquait parce que ça contredisait sa suggestion. Il finissait par abandonner mentalement.
Le problème, c’est que ton inconscient est littéral. Si tu lui dis « je ne vais pas avoir mal », il entend « mal » et il va chercher à vérifier que tu n’as pas mal. C’est un peu comme si je te disais : « Ne pense pas à un ours blanc. » Qu’est-ce qui te vient à l’esprit immédiatement ? L’ours blanc. C’est le même mécanisme. Ta suggestion devient une cible que ton cerveau scrute, et si elle n’est pas atteinte, tu te sens en échec.
À l’inverse, une suggestion trop vague comme « je vais être plus performant » ne donne pas de direction précise à ton inconscient. C’est comme donner à un GPS une adresse qui dit « quelque part en France ». Tu vas tourner en rond.
La clé, c’est de formuler des suggestions qui sont à la fois spécifiques et flexibles. Par exemple, au lieu de « je n’ai pas mal », tu peux dire : « Je peux ressentir des sensations dans mon corps, et je choisis de les accueillir comme des signaux de mon effort, tout en restant concentré sur mon rythme. » Tu vois la différence ? Tu ne nies pas la réalité (la douleur peut exister), mais tu lui donnes un sens et tu orientes ton attention ailleurs.
Dans l’hypnose ericksonienne, on privilégie les suggestions indirectes, celles qui laissent une porte ouverte à l’inconscient pour trouver sa propre solution. Par exemple, pour un footballeur qui veut améliorer sa concentration, je peux suggérer : « Et tu peux remarquer comment, à chaque match, tu trouves un moyen de plus en plus efficace de rester dans l’instant présent. » C’est une suggestion qui ouvre des possibilités, sans imposer une voie unique.
Quand je parle d’autohypnose avec les sportifs que je suis, ils sont souvent très focalisés sur l’induction et les suggestions. Ils passent 10 minutes à s’installer, à se détendre, à visualiser. Mais quand ils sortent de l’état hypnotique, ils le font comme on sort d’un ascenseur : vite, sans transition. Ils ouvrent les yeux, se lèvent, et repartent dans leur journée.
C’est une erreur majeure. L’état hypnotique, c’est un moment où ton cerveau est particulièrement réceptif aux suggestions. Mais si tu sors brusquement, tu risques de perdre une grande partie des bénéfices. Pire, tu peux te sentir désorienté, fatigué, ou même irritable.
Je me souviens d’un coureur qui venait me voir parce qu’après ses séances d’autohypnose, il se sentait « dans le coton » pendant une heure. Il pensait que c’était normal, que c’était le signe que la séance avait été profonde. En réalité, c’était le signe qu’il négligeait la phase de sortie.
La sortie d’une séance d’autohypnose, c’est comme l’atterrissage d’un avion. Si tu descends trop vite, tu risques de te crasher. Si tu prends le temps de redescendre progressivement, tu arrives en douceur.
Voici ce que je recommande. Après ta phase de suggestions, prends au moins 2 à 3 minutes pour revenir à l’état de conscience ordinaire. Tu peux le faire en comptant de 1 à 5, en te disant qu’à chaque chiffre, tu reviens un peu plus dans la pièce. À 5, tu ouvres les yeux. Ensuite, ne te lève pas immédiatement. Reste assis quelques instants, bouge doucement les doigts, les orteils, sens ton corps. Puis prends une grande inspiration.
Mais il y a un deuxième aspect à cette phase : l’intégration. Une séance d’autohypnose ne s’arrête pas quand tu ouvres les yeux. Les suggestions continuent de travailler dans ton inconscient pendant les heures qui suivent. Si tu te jettes immédiatement dans une activité stressante, tu risques de court-circuiter ce processus.
Idéalement, après une séance, prévois un moment de calme d’au moins 10 minutes. Bois un verre d’eau, marche un peu, écris ce qui t’est venu. Donne à ton cerveau le temps d’intégrer ce qui s’est passé. Les sportifs que j’accompagne qui font ça systématiquement sont ceux qui voient les progrès les plus rapides.
Moment fort : La sortie d’une séance d’autohypnose est aussi importante que l’induction. Si tu la bâcles, tu perds une grande partie du travail que tu viens de faire. Considère-la comme une partie intégrante de ta pratique, pas comme une formalité.
C’est un classique. Tu as un gros match ou une course importante dans deux jours. Tu te dis : « Je vais faire une séance d’autohypnose pour me préparer. » Tu le fais une fois, peut-être deux. Et après l’événement, tu arrêtes jusqu’à la prochaine échéance stressante.
Cette approche est non seulement inefficace, mais elle peut même être contre-productive. Pourquoi ? Parce que l’autohypnose, comme toute compétence mentale, se renforce avec la répétition régulière. Si tu ne pratiques que dans l’urgence, ton cerveau associe l’état hypnotique à la pression et au stress. Au lieu de devenir un outil de ressourcement, il devient un outil de gestion de crise.
Je vois souvent ça chez les footballeurs. Ils viennent me voir après une série de mauvais matchs, et ils veulent une solution rapide. Je leur propose un programme d’autohypnose sur plusieurs semaines. Certains acceptent, d’autres non, parce qu’ils veulent du « prêt-à-porter ». Ceux qui s’engagent dans la régularité voient des changements durables. Les autres reviennent six mois plus tard avec les mêmes blocages.
Le cerveau a besoin de répétition pour créer de nouvelles connexions neuronales. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. Chaque fois que tu pratiques l’autohypnose, tu renforces les circuits qui te permettent d’entrer plus facilement dans cet état, et d’en tirer des bénéfices. Si tu pratiques une fois par mois, ces circuits s’affaiblissent entre les séances.
Alors, comment faire ? Intègre l’autohypnose dans ta routine quotidienne, comme tu le fais pour ton entraînement physique. Tu n’attends pas d’être en compétition pour t’entraîner, n’est-ce pas ? C’est pareil pour le mental. Même 5 minutes par jour, c’est mieux que 30 minutes une fois par semaine.
Un conseil pratique : choisis un moment précis de la journée. Par exemple, juste après ton réveil, ou avant de te coucher. Fais-en un rituel. Au début, tu peux utiliser un audio guidé, puis progressivement, tu apprendras à le faire seul. La clé, c’est la constance, pas l’intensité.
C’est peut-être le point le plus délicat à aborder, mais je dois être honnête avec toi. L’autohypnose est un outil formidable, mais elle a ses limites. Beaucoup de sportifs que je rencontre pensent qu’ils peuvent tout résoudre seuls avec des vidéos YouTube ou des applis. Et parfois, ça marche. Mais souvent, ça ne suffit pas.
L’autohypnose que tu pratiques seul, c’est comme t’entraîner dans ta chambre sans coach. Tu peux progresser, mais tu risques de développer de mauvaises habitudes, de passer à côté de leviers importants, ou de buter sur des blocages que tu n’arrives pas à identifier seul.
Je pense à un coureur qui était venu me voir après six mois d’autohypnose intensive. Il avait tout essayé : des visualisations de victoire, des ancrages de confiance, des suggestions de performance. Mais rien n’y faisait. Il stagnait. En discutant avec lui, j’ai découvert qu’il y avait un conflit interne profond : une partie de lui voulait performer, et une autre partie avait peur du succès (parce que réussir signifiait devoir
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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