3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une technique simple pour apaiser votre esprit agité.
Vous êtes là, à lire ces lignes, peut-être le cœur qui bat un peu plus vite que d’habitude, l’esprit qui tourne en boucle sur une inquiétude, une deadline, un conflit. Cette sensation d’oppression dans la poitrine, cette difficulté à inspirer profondément, c’est votre système nerveux qui sonne l’alarme. L’anxiété n’est pas une faiblesse, c’est une réponse de survie qui s’est emballée. Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes : des adultes compétents, lucides, qui se sentent prisonniers d’un mental qui ne s’arrête jamais. Et si je vous disais qu’il existe un levier simple, accessible, validé par la clinique et par la neurobiologie, pour reprendre les commandes en moins de temps qu’il n’en faut pour préparer un café ? Cette technique, c’est l’induction par le souffle. Pas une vague promesse de bien-être, mais un outil concret que vous pouvez utiliser maintenant, seul, sans matériel. Dans cet article, je vais vous montrer comment trois minutes de respiration peuvent désamorcer une crise d’angoisse, et surtout, comment transformer ce geste en une véritable pratique d’autohypnose.
Quand l’anxiété vous saisit, votre corps ne fait pas la différence entre un danger réel (un tigre dans la pièce) et un danger imaginé (la peur de rater une présentation). Le même circuit s’active : l’amygdale cérébrale, cette petite structure en forme d’amande, envoie un signal d’alerte à l’hypothalamus, qui active le système nerveux sympathique. Résultat : votre cœur s’emballe, votre respiration devient courte et thoracique, vos muscles se tendent. Vous êtes en mode « combat ou fuite », prêt à affronter un prédateur qui n’existe pas.
Ce que j’observe chez mes patients, c’est que la plupart essaient de lutter contre l’anxiété par la pensée. Ils se disent « calme-toi », « ce n’est pas grave », « arrête de stresser ». Mais le cortex préfrontal, la partie rationnelle du cerveau, est court-circuité par l’alarme émotionnelle. Plus vous essayez de raisonner votre anxiété, plus elle s’intensifie. C’est comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence.
Le souffle, lui, agit directement sur le système nerveux autonome. C’est un point d’entrée privilégié parce qu’il est à la fois volontaire et involontaire. Vous pouvez décider de ralentir votre respiration, et ce faisant, vous envoyez un signal puissant au nerf vague, ce câble nerveux qui relie le cerveau au ventre et qui est le chef d’orchestre du système parasympathique (le système du repos et de la digestion). Une expiration longue, par exemple, stimule le nerf vague et abaisse la fréquence cardiaque. En trois cycles respiratoires lents, vous pouvez littéralement dire à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux baisser la garde. »
L’anxiété, c’est un système d’alarme qui ne s’éteint pas. Le souffle, c’est l’interrupteur que vous pouvez actionner à tout moment.
Mais attention : il ne s’agit pas de respirer « profondément » comme on le répète partout. Une respiration profonde mal faite – thoracique, rapide, forcée – peut au contraire augmenter l’hyperventilation et l’anxiété. L’induction par le souffle que je vais vous détailler repose sur un pattern précis, qui mime la respiration d’un dormeur ou d’une personne en relaxation profonde. C’est une technique que j’utilise en séance d’hypnose ericksonienne, et que j’enseigne à mes patients pour qu’ils puissent l’emporter partout avec eux.
L’hypnose, ce n’est pas un état magique ou un sommeil mystérieux. C’est un état de conscience modifié, parfaitement naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez sous la douche. Dans cet état, votre attention est focalisée, votre critique rationnelle s’assouplit, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions.
L’induction par le souffle est une porte d’entrée vers cet état. En concentrant votre attention sur les sensations de l’air qui entre et qui sort, sur le mouvement de votre ventre ou de vos côtes, vous détournez votre esprit des pensées anxiogènes. Vous ne luttez pas contre elles, vous les laissez simplement en arrière-plan. C’est le principe de l’hypnose ericksonienne : utiliser ce qui est déjà là – ici, votre respiration – pour créer un changement.
Prenons un exemple concret. Je reçois un patient, appelons-le Marc, la quarantaine, cadre commercial. Il vient me voir parce qu’il fait des crises d’angoisse avant chaque rendez-vous client important. Il a tout essayé : la cohérence cardiaque, la méditation, les anxiolytiques. Mais rien ne tient sur la durée. En séance, je lui propose un exercice simple : s’installer confortablement, fermer les yeux, et simplement observer sa respiration pendant quelques cycles. Puis je l’invite à allonger progressivement l’expiration, sans forcer. Au bout de deux minutes, son rythme cardiaque a ralenti, ses épaules se sont relâchées, et il me dit : « C’est la première fois depuis des mois que je sens mon corps se calmer sans que j’aie à me battre. »
Ce qui a changé pour Marc, ce n’est pas la technique en elle-même – il connaissait la cohérence cardiaque – c’est la manière dont il s’est autorisé à lâcher prise. En séance d’hypnose, il a appris à ne pas contrôler, à laisser faire. Et c’est là que le souffle devient un outil d’autohypnose : vous pouvez reproduire cet état chez vous, en trois minutes, sans que personne ne vous guide.
Assez de théorie. Voici le protocole exact que j’enseigne à mes patients. Installez-vous dans un endroit calme, assis ou allongé, le dos soutenu. Vous pouvez le faire les yeux ouverts ou fermés, selon ce qui vous convient. L’important est de ne pas vous forcer à « bien » respirer. Laissez votre corps trouver son rythme.
Première minute : l’ancrage sensoriel Portez votre attention sur les sensations physiques de votre respiration. Ne cherchez pas à la modifier. Sentez l’air frais qui entre par vos narines, l’air plus chaud qui ressort. Percevez le mouvement de votre ventre ou de votre cage thoracique. Si votre esprit s’évade – ce qui est normal – ramenez-le doucement, sans jugement, vers ces sensations. Cette première minute sert à ralentir le flux mental et à vous connecter à votre corps.
Deuxième minute : l’expiration longue Commencez à allonger très légèrement l’expiration. Inspirez normalement, puis expirez en comptant mentalement jusqu’à 6, 7 ou 8, selon ce qui est confortable. L’inspiration reste naturelle, sans effort. Si vous sentez une tension, c’est que vous forcez : réduisez le compte. L’objectif n’est pas d’atteindre un nombre parfait, mais de créer un rythme où l’expiration est plus longue que l’inspiration. Ce simple geste active le nerf vague et envoie un signal de sécurité à votre cerveau. Vous pouvez visualiser que vous expirez vos soucis, votre tension, comme une fumée qui se dissipe.
Troisième minute : la pause et l’ancrage Après avoir expiré, marquez une courte pause (1 à 2 secondes), puis laissez l’inspiration revenir d’elle-même. Ne la cherchez pas, ne la provoquez pas. Imaginez que votre corps sait exactement quand et comment inspirer, sans que vous ayez à intervenir. Cette phase de lâcher-prise est le cœur de l’induction hypnotique. Vous n’êtes plus en train de « faire » la respiration, vous êtes en train de « laisser » la respiration vous traverser. À la fin de cette minute, vous pouvez rester dans cet état de calme aussi longtemps que vous le souhaitez, ou reprendre progressivement contact avec l’extérieur en bougeant doucement les doigts, les orteils, puis en ouvrant les yeux.
Ce n’est pas la durée qui compte, c’est la qualité de l’attention. Trois minutes de présence valent mieux que trente minutes de distraction.
Un point crucial : si vous êtes en pleine crise d’angoisse, ne cherchez pas à faire l’exercice parfaitement. L’anxiété, c’est comme une mer démontée : vous ne pouvez pas calmer les vagues en les frappant. Acceptez que votre respiration soit saccadée au début. L’essentiel est de rester en contact avec votre corps, même inconfortablement. Au bout de quelques cycles, la vague s’apaise d’elle-même.
Je veux être honnête avec vous : l’induction par le souffle n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer les causes profondes de votre anxiété, ni résoudre les problèmes qui la déclenchent. Ce n’est pas un substitut à un travail thérapeutique plus large si votre anxiété est chronique ou envahissante. Mais c’est un outil de régulation émotionnelle immédiate, une bouée de sauvetage quand la tempête se lève.
Ce qu’elle fait concrètement :
Ce qu’elle ne fait pas :
Dans mon travail avec les sportifs – coureurs de fond, footballeurs – j’utilise cette induction avant les compétitions ou après un effort intense. Ils ne sont pas anxieux au sens pathologique, mais ils vivent une montée d’adrénaline qui peut perturber leur concentration. Le souffle leur permet de revenir dans leur zone de performance optimale. Pour eux comme pour vous, l’idée est la même : ne pas éliminer le stress, mais apprendre à danser avec lui.
La clé pour que cette technique fonctionne en situation de crise, c’est de l’avoir pratiquée en dehors des crises. Votre cerveau a besoin de créer des connexions neuronales solides entre le geste respiratoire et l’état de calme. C’est comme un musicien qui répète ses gammes : le jour du concert, les doigts savent où aller sans qu’il ait à réfléchir.
Je vous propose un rituel simple : trois fois par jour, à des moments que vous choisissez (au réveil, avant un repas, avant de vous coucher), prenez exactement trois minutes pour pratiquer l’induction que je vous ai décrite. Pas une de plus, pas une de moins. Utilisez un minuteur si besoin. L’important est la régularité, pas la durée. Au bout d’une semaine, vous remarquerez que votre seuil de tolérance au stress a augmenté. Les petites contrariétés du quotidien vous atteindront moins.
Un patient, enseignant, me disait : « Avant, je rentrais chez moi le soir lessivé par le bruit et l’agitation de la classe. Maintenant, je fais trois minutes de souffle dans ma voiture avant de rentrer, et je suis capable d’être présent pour mes enfants sans m’énerver. » Ce n’est pas un exploit, c’est une hygiène de vie mentale.
Vous pouvez aussi associer cette respiration à un mot ou une image qui a du sens pour vous. Par exemple, à l’expiration, dites mentalement « calme », ou visualisez une couleur apaisante (le bleu clair, le vert doux). En hypnose, on appelle cela un ancrage : un stimulus (le souffle) relié à un état (le calme) devient un déclencheur automatique. Au bout de quelques répétitions, une simple expiration consciente suffira à vous apaiser.
J’aimerais aborder une réalité que je rencontre souvent : certaines personnes viennent me voir après avoir essayé seules des techniques de respiration, de méditation ou d’autohypnose, sans résultat durable. Elles se sentent alors frustrées, voire coupables, comme si elles « n’avaient pas fait assez d’efforts ». Si c’est votre cas, sachez que ce n’est pas de votre faute. L’anxiété chronique est souvent le symptôme d’un système qui a besoin d’être rééquilibré en profondeur.
L’induction par le souffle est un outil de première ligne, mais elle peut révéler des couches plus profondes : une blessure ancienne, un schéma de pensée toxique, une difficulté relationnelle qui alimente l’anxiété en boucle. C’est là qu’interviennent l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, deux approches que j’utilise en complément de l’hypnose ericksonienne.
L’IFS, par exemple, considère que nous avons tous en nous des « parties » – des sous-personnalités – qui portent des croyances, des émotions, des stratégies de protection. Une partie anxieuse peut être un pompier qui essaie d’éteindre un feu intérieur en vous alertant sans cesse. Au lieu de la combattre, on apprend à dialoguer avec elle, à comprendre ce qu’elle essaie de protéger. Le souffle devient alors un moyen de créer un espace de sécurité pour ce dialogue intérieur.
L’Intelligence Relationnelle, elle, explore comment vos relations passées et présentes influencent votre système nerveux. L’anxiété est souvent contagieuse : elle se transmet dans les familles, dans les couples, dans les équipes. En travaillant sur vos patterns relationnels, vous pouvez désamorcer des déclencheurs qui semblaient incontrôlables.
Je ne vous dis pas ça pour vous vendre une consultation, mais pour que vous sachiez qu’il existe des ressources si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnalisé. L’autohypnose est une porte d’entrée magnifique, mais ce n’est pas la seule pièce de la maison.
Vous avez lu jusqu’ici, et peut-être que votre esprit commence déjà à chercher la prochaine tâche à accomplir. Je vous invite à résister à cette impulsion. Prenez une minute, exactement une minute, pour fermer les yeux et porter votre attention sur votre respiration. Ne cherchez pas à la modifier. Sentez simplement l’air qui entre, l’air qui sort. Si des pensées viennent, laissez-les passer comme des nuages. Vous n’avez rien à faire, rien à réussir. Juste être là, avec votre souffle.
Cette minute, c’est un cadeau que vous vous faites. C’est un arrêt dans la course, une trêve dans le combat contre vous-même. Et si vous sentez que cette pratique résonne en vous, si vous avez envie d’aller plus loin, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi en visio pour ceux qui sont loin. Pas besoin d’être en crise pour venir : parfois, on vient juste pour apprendre à mieux se connaître, à mieux respirer.
Prenez soin de vous. Et si le souffle vous a offert un instant de calme, tant mieux. Sinon, ce n’est que le début d’une exploration.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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