3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reprenez le contrôle quand tout vous submerge.
Vous êtes en pleine conversation avec votre manager. Vous avez préparé vos arguments, vous savez ce que vous voulez dire. Mais à la première phrase un peu sèche, votre gorge se serre, votre cœur s’emballe, vos mains deviennent moites. Les mots que vous aviez en tête s’évanouissent. Vous avez l’impression de regarder la scène de l’extérieur, impuissant.
Ou alors, c’est le soir, vous êtes au lit. Vous devriez dormir, mais votre esprit repasse en boucle cette interaction difficile de la journée. Votre corps est tendu, votre mâchoire crispée, et plus vous voulez vous calmer, plus l’agitation intérieure s’intensifie. Vous n’êtes plus dans votre salon ou votre chambre : vous êtes encore là-bas, dans le conflit, dans le stress.
Ces moments, je les vois tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui vivent dans la sensation d’être submergés, dépassés par des vagues émotionnelles qui semblent venues de nulle part. On croit souvent que “gérer ses émotions” signifie les contrôler, les réprimer, les dompter. Mais en réalité, cela revient à essayer d’arrêter la pluie à mains nues.
Il existe une autre voie. Une voie qui ne demande pas de lutte, mais de l’intelligence relationnelle avec soi-même. Une voie qui s’appelle l’ancrage.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon travail avec des adultes en souffrance, j’utilise l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Et il y a un outil que je transmets quasi systématiquement à mes patients, parce qu’il est simple, concret, et profondément efficace : l’ancrage.
Dans cet article, je vais vous montrer pourquoi l’ancrage n’est pas une technique de relaxation de plus, mais un véritable allié pour reprendre le gouvernail de votre vie émotionnelle. Et surtout, je vais vous donner les clés pour le mettre en pratique, dès maintenant.
Avant de parler de solution, il faut comprendre le problème. Pourquoi certaines émotions nous prennent-elles littéralement le corps et l’esprit ?
Notre cerveau est équipé d’un système d’alarme très ancien, qu’on appelle le système limbique. Son job, c’est de détecter les menaces et de déclencher une réaction de survie : combat, fuite ou figement. Ce système est extrêmement rapide – bien plus rapide que notre cortex préfrontal, la partie “réfléchie” du cerveau. Résultat : quand une situation active une mémoire traumatique ou un schéma de peur, votre corps réagit avant même que vous ayez eu le temps de penser.
Prenons un exemple concret. Un patient, appelons-le Marc, vient me voir parce qu’il fait des crises d’angoisse dès qu’il doit prendre la parole en réunion. En explorant son histoire, on découvre qu’à 12 ans, il a été humilié devant toute la classe par un professeur. Son corps a enregistré cette scène comme un danger vital. Aujourd’hui, des années plus tard, lorsqu’il se lève pour parler devant ses collègues, son cerveau ne fait pas la différence entre la menace sociale d’hier et celle d’aujourd’hui. L’alarme se déclenche.
Ce qui se passe alors, c’est ce que les neurosciences appellent “l’amygdale détourne le cortex”. L’amygdale, petite structure en forme d’amande au cœur du cerveau, prend le contrôle. Elle coupe l’accès à la pensée rationnelle. Vous vous retrouvez en mode survie, sans accès à vos ressources. Vous ne pouvez plus réfléchir, parler calmement, ni même respirer correctement.
C’est là que la plupart des gens se disent : “Je dois me calmer.” Ils essaient de respirer, de se raisonner, de positiver. Mais c’est comme essayer d’éteindre un incendie avec un verre d’eau. Pourquoi ? Parce que la partie du cerveau qui est aux commandes (le système limbique) ne comprend pas le langage verbal. Elle ne répond qu’au langage sensoriel et corporel.
L’erreur que nous faisons tous : vouloir calmer une émotion avec des mots quand elle s’exprime dans le corps. L’émotion ne se raisonne pas, elle se ressent et se transforme.
L’ancrage, justement, parle le langage du corps. Il permet de créer un point de référence sensoriel qui signale à votre système nerveux : “Je suis en sécurité, je peux revenir au calme.” Mais attention, ce n’est pas une simple technique de distraction. C’est une reprogrammation en profondeur de votre réponse automatique.
L’ancrage est un concept central en hypnose ericksonienne, mais aussi en PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et en Intelligence Relationnelle. À la base, c’est un processus naturel : votre cerveau associe en permanence des stimuli à des états intérieurs.
Exemple : une chanson qui vous rappelle un moment heureux, et soudain vous vous sentez bien. Ou l’odeur d’un parfum qui vous replonge dans une peine ancienne. Ce sont des ancrages spontanés. Votre cerveau a créé un lien entre un stimulus sensoriel (la musique, l’odeur) et un état émotionnel.
En hypnose, on utilise ce mécanisme de manière intentionnelle. On va créer un “point d’ancrage” – un geste, un toucher, un mot, une image – qui sera associé à un état ressource : calme, confiance, sécurité, force. Une fois cet ancrage installé, vous pouvez le déclencher volontairement, en conscience, pour retrouver cet état en quelques secondes.
L’idée n’est pas de supprimer l’émotion forte. Une émotion est une information, elle a du sens. Mais quand elle devient envahissante, paralysante, elle vous coupe de vos ressources. L’ancrage vous permet de créer un espace entre le stimulus et votre réaction. Un espace où vous pouvez choisir.
Imaginez que votre état émotionnel soit comme une radio. Parfois, une station émotionnelle forte (peur, colère, tristesse) s’impose à plein volume et couvre toutes les autres. L’ancrage, c’est un bouton qui vous permet de changer de fréquence. Pas pour éteindre la radio, mais pour choisir une autre station, plus apaisante, plus utile pour la situation.
Dans mon cabinet, je vois des personnes qui viennent avec des ancrages involontaires très puissants : un regard, un ton de voix, un lieu, une date anniversaire. Ces stimuli déclenchent des réactions émotionnelles automatiques, souvent douloureuses. L’ancrage volontaire offre une alternative : créer de nouveaux chemins neuronaux, de nouvelles associations, qui permettent de répondre plutôt que de réagir.
L’ancrage, c’est la différence entre subir une émotion (elle vous arrive) et l’accueillir avec la possibilité de la transformer.
Je vais maintenant vous guider dans la création d’un ancrage simple et puissant. Prenez le temps de le faire, pas en lecture rapide, mais en expérience réelle. Vous pouvez le faire seul, chez vous, dans un moment calme. Une fois installé, vous pourrez l’utiliser dans les situations du quotidien.
Demandez-vous : dans quelles situations ai-je besoin de plus de calme, de confiance, de sécurité ? Quel état me serait le plus utile ? Pour la plupart des gens, le calme ou la sécurité intérieure sont de bons points de départ.
Ne choisissez pas un état trop vague comme “être heureux”. Soyez précis : “Je veux ressentir un calme profond, comme après une promenade en forêt” ou “Je veux me sentir en sécurité, comme blotti dans un canapé chez moi.”
Fermez les yeux et ramenez à votre mémoire un moment précis où vous avez ressenti cet état. Pas un concept, mais une expérience sensorielle. Par exemple, un après-midi d’été où vous étiez allongé dans l’herbe, au soleil, sans aucune inquiétude. Revivez-le pleinement :
Prenez 30 secondes à une minute pour vraiment vous immerger. Si l’état devient présent dans votre corps – une détente des épaules, une respiration plus ample, un sourire involontaire – c’est le signe que l’ancrage fonctionne.
C’est le “bouton” que vous allez utiliser pour déclencher cet état. Il doit être discret, facile à reproduire, et toujours à disposition. Quelques exemples :
Choisissez quelque chose que vous ne faites pas déjà machinalement. L’important, c’est la répétition du lien entre ce geste et l’état.
Pendant que vous êtes immergé dans l’état ressource (étape 2), appliquez votre stimulus. Par exemple, si vous avez choisi le pouce et l’index, pressez-les ensemble au moment où la sensation de calme est la plus forte. Maintenez la pression 5 à 10 secondes, en continuant à ressentir l’état. Puis relâchez.
Répétez cette association 3 à 5 fois de suite. À chaque fois, ravivez l’état et activez le stimulus en même temps. C’est comme si vous “téléchargiez” l’état dans le geste.
Attendez quelques minutes, puis déclenchez votre stimulus seul, sans avoir ravivé le souvenir. Que se passe-t-il ? Vous devriez ressentir au moins une partie de l’état ressource. Peut-être une respiration plus calme, une détente des muscles, une sensation de chaleur.
Si cela ne marche pas du premier coup, ne vous inquiétez pas. Revenez à l’étape 2, renforcez l’immersion sensorielle, et répétez l’association. Plus vous le ferez, plus le lien sera fort.
L’ancrage, c’est comme un entraînement musculaire : plus vous répétez l’association, plus le chemin neuronal devient solide et rapide.
J’accompagne des dizaines de personnes chaque année dans la création d’ancrages. Voici les trois erreurs les plus courantes que je vois, et comment les corriger.
Erreur n°1 : Choisir un état trop faible. Beaucoup de gens essaient d’ancrer un état de “calme” alors qu’ils n’ont jamais vraiment expérimenté un calme profond et sûr. Si votre état ressource est trop léger, l’ancrage n’aura pas assez de “poids” pour contrer une émotion forte. Solution : prenez le temps de trouver un souvenir intense, sensoriel, qui vous fait vraiment vibrer. Si vous n’en trouvez pas, vous pouvez en imaginer un, ou utiliser un état de “confiance” lié à une réussite personnelle.
Erreur n°2 : Vouloir l’utiliser en pleine crise sans l’avoir entraîné. L’ancrage, c’est comme un parachute. Vous ne voulez pas le déployer pour la première fois en chute libre. Entraînez-le dans des moments calmes, puis dans des situations légèrement stressantes (un appel téléphonique, une file d’attente), avant de l’utiliser dans des moments plus intenses. La répétition est la clé.
Erreur n°3 : Confondre ancrage et suppression. Certaines personnes utilisent l’ancrage pour “ne plus rien ressentir”. Ce n’est pas son but. L’ancrage ne fait pas disparaître l’émotion forte, il crée un espace de choix. Vous pouvez ressentir de la peur ET en même temps un calme intérieur. Les deux peuvent coexister. L’ancrage vous donne une base stable pour accueillir l’émotion sans être submergé.
Erreur n°4 : Un stimulus trop complexe. Évitez les gestes trop amples (comme vous taper la cuisse) ou trop visibles (comme lever la main). En réunion ou en public, vous devez pouvoir l’activer discrètement. Le pouce-index sous la table, ou une main posée sur le ventre, sont parfaits.
Maintenant que vous avez votre ancrage, voici comment l’utiliser dans des moments réels.
Situation 1 : Avant un rendez-vous stressant (entretien, réunion, examen). Activez votre ancrage 5 à 10 minutes avant. Respirez calmement en le maintenant. Visualisez-vous en train de réussir, avec cet état de calme et de confiance. Vous entrez dans la situation déjà ancré, ce qui change votre posture, votre voix, votre regard.
Situation 2 : Pendant une conversation difficile. Vous sentez la tension monter, votre voix devient plus aiguë, votre cœur s’accélère. C’est le signal. Au lieu de réagir immédiatement, prenez une micro-pause. Activez votre ancrage discrètement (pouce-index, main sur la poitrine). Même 3 secondes suffisent à envoyer un signal à votre système nerveux. Vous pouvez ensuite répondre avec plus de clarté, sans être dans la réaction à chaud.
Situation 3 : Le soir, pour lâcher prise. L’anxiété du coucher est un classique. Allongé dans votre lit, activez votre ancrage plusieurs fois, en inspirant profondément à chaque fois. Associez-le à une image de sécurité (un lieu, une lumière). Progressivement, votre corps se détend, et l’esprit suit. Ce n’est pas un somnifère, mais un outil pour créer les conditions du sommeil.
Un patient, chauffeur de poids lourds, utilisait son ancrage avant chaque péage ou bouchon, situations qui déclenchaient chez lui une montée d’agressivité. Il m’a dit : “Je ne suis plus en train de m’énerver tout seul dans ma cabine. Je ressens encore l’énervement, mais il ne me contrôle plus. Je peux choisir de mettre de la musique, de respirer, de sourire.” C’est exactement ça : reprendre le choix.
L’ancrage est un outil puissant, mais il a ses limites. Si vous êtes dans un état de stress chronique, si vous avez des antécédents de traumatismes complexes, ou si vos émotions fortes sont liées à des schémas profonds (comme un sentiment d’insécurité permanent), l’ancrage seul peut ne pas suffire. Il est alors comme un pansement sur une plaie qui nécessite des soins plus profonds.
Dans ces cas, l’hypnose ericksonienne permet d’aller travailler directement avec la partie inconsciente qui a créé la réponse automatique. L’IFS (Internal Family Systems) va plus loin encore : elle considère que les émotions fortes ne sont pas des “problèmes” mais des “parties” de vous-même qui ont été blessées ou qui protègent des blessures anciennes. Au lieu de simplement calmer ces parties, on entre en dialogue avec elles, on comprend leur rôle, et on les aide à se libérer de leur fardeau.
L’Intelligence Relationnelle, enfin, vous apprend à identifier vos propres schémas relationnels et à développer des réponses plus matures et plus libres.
Si vous sentez que vos émotions fortes vous limitent depuis longtemps, si vous avez l’impression de tourner en rond, un accompagnement personnalisé peut vous aider à dénouer les racines du problème.
L’ancrage est un premier pas, un outil de premier secours. Pour une transformation plus profonde, il faut parfois oser regarder ce qui se cache derrière la vague.
Vous n’avez besoin ni d’un diplôme
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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