3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Débloquez votre motivation et votre focus avec cette technique douce.
Je les vois arriver dans mon cabinet, souvent avec un sourire gêné. Ils me disent : « Je sais ce que je devrais faire, mais je ne le fais pas. » Ils ont des listes de tâches qui s’allongent, des projets qu’ils repoussent depuis des semaines, parfois des mois. Ils se jugent sévèrement : « Je suis flemmard », « Je manque de discipline », « Je n’y arriverai jamais ».
Et pourtant, ces mêmes personnes sont capables de rester trois heures concentrées sur une série Netflix, de gérer une crise familiale avec sang-froid, ou de courir un semi-marathon sans broncher. Alors, non, le problème n’est pas la paresse. Le problème, c’est que leur cerveau a appris à associer la tâche à une sensation désagréable — et que cette sensation bloque tout le reste.
J’accompagne des adultes à Saintes depuis 2014, et je vois ce mécanisme tous les jours. La procrastination n’est pas un défaut de caractère. C’est un symptôme. Et l’autohypnose, bien utilisée, peut en être la clé.
Pas une clé magique, attention. Une clé concrète, que vous pouvez apprendre à tourner vous-même. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi votre cerveau procrastine, comment l’autohypnose agit directement sur ce mécanisme, et surtout, vous donner des exercices que vous pouvez essayer dès ce soir.
« La procrastination n’est pas un problème de gestion du temps. C’est un problème de gestion des émotions. » — Timothy Pychyl, chercheur en procrastination.
Avant de parler d’autohypnose, il faut comprendre ce qui se passe dans votre tête quand vous repoussez une tâche. Ce n’est pas un caprice. C’est une réaction neurologique parfaitement logique.
Votre cerveau possède un système d’alarme ancien, le système limbique, qui détecte les menaces. Une échéance stressante, un dossier complexe, un appel que vous redoutez : pour lui, c’est une menace. Pas une menace vitale comme un tigre à dents de sabre, mais une menace quand même. Et sa réponse est immédiate : évite, fuis, cherche une récompense immédiate.
Alors vous ouvrez Instagram. Vous regardez la météo. Vous vérifiez vos mails pour la troisième fois. Votre cerveau obtient une petite dose de dopamine — le neurotransmetteur du plaisir immédiat — et il se calme. Problème résolu ? Non. La tâche est toujours là, et la culpabilité s’ajoute à l’anxiété initiale.
Le cortex préfrontal, lui, la partie rationnelle de votre cerveau, sait très bien ce qu’il faudrait faire. Mais il est en conflit permanent avec le système limbique. Et devinez qui gagne le plus souvent ? Celui qui crie le plus fort : l’émotionnel.
Ce conflit s’appelle la dissonance cognitive. Vous voulez faire, vous ne faites pas, et vous vous en voulez. Plus vous vous en voulez, plus la tâche devient associée à une sensation désagréable. Plus elle devient désagréable, plus vous la repoussez. C’est un cercle vicieux qui se renforce à chaque fois.
L’autohypnose ne va pas faire disparaître ce mécanisme. Elle va vous apprendre à le désamorcer en changeant la perception de la tâche à la source.
Quand je parle d’autohypnose, beaucoup de gens imaginent un pendule, un endormissement profond, ou un spectacle de scène. Rien de tout ça.
L’autohypnose, c’est un état de conscience modifié, naturel, que vous entrez et sortez plusieurs fois par jour sans le savoir. Vous savez, quand vous conduisez sur une route familière et que vous arrivez à destination sans vous souvenir du trajet ? Ou quand vous lisez un livre et que vous ne voyez plus le temps passer ? C’est ça, un état de transe légère.
Dans cet état, votre cerveau fonctionne sur un mode différent. Le cortex préfrontal ralentit un peu, et les connexions entre vos émotions et vos souvenirs deviennent plus accessibles. C’est le moment idéal pour communiquer avec les parties de vous qui résistent au changement.
L’autohypnose que j’enseigne repose sur trois piliers :
Ce n’est pas un sommeil. Vous restez conscient, maître de vous-même, capable de vous arrêter à tout moment. C’est juste un mode de fonctionnement différent, plus réceptif au changement.
Et c’est exactement ce dont vous avez besoin pour sortir du cercle vicieux de la procrastination.
« L’autohypnose ne vous endort pas. Elle vous réveille à ce qui se passe vraiment en vous. »
Revenons à cette tâche que vous repoussez. Disons que c’est rédiger un rapport important. Chaque fois que vous pensez à ce rapport, votre corps réagit : épaules qui se tendent, respiration qui se bloque, petite boule dans le ventre. Cette réaction physique est le signal d’alarme que votre cerveau a appris à associer à la tâche.
L’autohypnose permet d’intervenir à trois niveaux précis :
En état d’autohypnose, vous pouvez revisiter la tâche sans la menace perçue. Vous l’imaginez, mais avec des sensations de calme et de contrôle. Progressivement, votre cerveau dissocie l’image de la tâche de la réaction de stress. C’est ce qu’on appelle le contre-conditionnement.
Un exemple : un de mes clients, commercial, devait passer des appels de prospection. Chaque fois qu’il voyait le téléphone, son rythme cardiaque s’accélérait. En autohypnose, nous avons travaillé à associer l’image du téléphone à une sensation de curiosité et de légèreté. Après quelques séances, il a commencé à prendre le téléphone sans y penser.
Sous la procrastination, il y a presque toujours une intention positive. La partie qui procrastine essaie de vous protéger : de l’échec, du jugement, de la fatigue. Mais il y a aussi une partie qui veut avancer, qui veut réaliser, qui sait pourquoi cette tâche est importante.
L’autohypnose permet d’entrer en dialogue avec cette partie motivée. Vous lui donnez la parole, vous écoutez ce qu’elle a à vous dire, et vous renforcez sa voix. Petit à petit, ce n’est plus la peur qui guide votre décision, mais le désir.
Le plus dur dans la procrastination, ce n’est pas de faire la tâche. C’est de la commencer. Une fois que vous avez écrit la première phrase, le premier mail, le premier geste, l’élan est souvent lancé.
En autohypnose, vous pouvez installer un déclencheur : un geste, une respiration, un mot qui active immédiatement un état de concentration légère et d’action. C’est comme un interrupteur mental. Vous le créez en état modifié, et vous l’utilisez dans la vie quotidienne.
Ces trois mécanismes ne sont pas théoriques. Je les ai vus fonctionner des centaines de fois. Pas parce que l’autohypnose est magique, mais parce qu’elle s’adresse directement au système émotionnel, là où la volonté seule échoue.
Je vais vous donner trois protocoles précis. Choisissez-en un, testez-le pendant une semaine, et observez ce qui se passe. Ne faites pas les trois en même temps — vous risqueriez de vous disperser.
C’est la plus simple, et la plus rapide pour désamorcer l’émotion négative liée à une tâche.
Étape 1 : Identifiez une tâche que vous repoussez. Prenez une minute pour la visualiser, et notez où vous ressentez la tension dans votre corps (mâchoire, ventre, épaules).
Étape 2 : Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux. Inspirez lentement par le nez pendant 4 secondes. Retenez votre souffle 2 secondes. Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Faites cela trois fois.
Étape 3 : Maintenant, tout en continuant à respirer doucement, imaginez que vous êtes dans un endroit calme (plage, forêt, salon confortable). Restez-y 30 secondes, le temps que votre corps se détende un peu.
Étape 4 : Revisualisez la tâche, mais cette fois, imaginez-la avec les sensations de calme que vous venez de créer. Vous voyez la tâche, mais votre corps reste détendu. Répétez-vous intérieurement : « Je peux aborder cette tâche sans stress. »
Étape 5 : Ouvrez les yeux, étirez-vous doucement, et passez à autre chose.
Cette technique ne va pas faire disparaître la procrastination en un jour. Mais elle va commencer à casser l’association automatique entre la tâche et l’inconfort. Utilisez-la juste avant de démarrer la tâche, ou le soir pour préparer le lendemain.
Cette technique installe une intention pour la journée. Elle prend 3 minutes, idéalement juste après le réveil ou sous la douche.
Étape 1 : Au réveil, avant de prendre votre téléphone, fermez les yeux et prenez trois respirations profondes.
Étape 2 : Dites-vous intérieurement une phrase courte, au présent, comme si c’était déjà vrai. Par exemple : « Je commence ma journée avec clarté et action. » Ou : « Chaque tâche que je commence, je la termine avec fluidité. »
Étape 3 : Imaginez une situation précise de votre journée où vous allez appliquer cette intention. Par exemple, vous vous voyez assis à votre bureau, ouvrant le dossier, et commençant à écrire sans hésitation.
Étape 4 : Ajoutez une sensation physique : la légèreté dans les mains, la chaleur dans la poitrine, la stabilité dans les jambes. Associez cette sensation à votre phrase.
Étape 5 : Ouvrez les yeux, et commencez votre journée normalement.
Ce qui est important ici, c’est la répétition. Votre cerveau a besoin de 21 à 66 jours pour créer une nouvelle habitude, selon les études. Faites cette suggestion chaque matin pendant un mois.
Celle-ci est plus puissante, et je la réserve aux personnes qui ont une bonne capacité d’imagination. Elle permet de reconnecter avec le sens profond de la tâche.
Étape 1 : Installez-vous confortablement, fermez les yeux, et faites trois respirations profondes.
Étape 2 : Imaginez que vous êtes dans le futur, disons dans six mois ou un an. Vous avez accompli la tâche que vous repoussez aujourd’hui. Visualisez les résultats concrets : le dossier terminé, le projet lancé, la conversation qui a eu lieu.
Étape 3 : Ressentez ce que vous ressentez dans ce futur. De la fierté ? Du soulagement ? De la satisfaction ? Laissez cette émotion remplir votre corps.
Étape 4 : Maintenant, depuis ce futur, regardez en arrière vers le présent. Qu’est-ce que la version future de vous aimerait dire à celle que vous êtes aujourd’hui ? Quelle est la première action à faire pour arriver jusqu’ici ?
Étape 5 : Revenez doucement au présent, en gardant cette émotion positive et cette action claire en tête.
Cette technique est particulièrement efficace pour les tâches qui ont perdu leur sens. Elle remet en contact avec le « pourquoi » profond, ce qui est souvent plus motivant que le « comment ».
« L’autohypnose ne remplace pas l’action. Elle crée les conditions intérieures pour que l’action devienne possible. »
Je vais être clair : l’autohypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas faire le travail à votre place, ni vous transformer en machine à productivité en une nuit. Les promesses de résultats instantanés, je les laisse à d’autres.
Voici ce qu’elle ne fait pas :
Ce qu’elle fait vraiment, c’est vous redonner du choix. Elle abaisse le seuil de déclenchement, elle calme le bruit émotionnel, elle vous permet de décider consciemment plutôt que de réagir automatiquement. Et ça, c’est énorme.
Le piège, c’est de faire de l’autohypnose une tâche supplémentaire sur votre liste. « Il faut que je fasse mon autohypnose » devient alors une nouvelle source de stress. On tourne en rond.
Voici comment éviter ça :
1. Commencez petit. Une minute suffit. Vraiment. Une minute de respiration consciente, une phrase, une image. Pas besoin de séance de 20 minutes. La régularité prime sur la durée.
2. Ancrez-la à une habitude existante. Faites votre autohypnose juste après vous être brossé les dents, ou en attendant que votre café chauffe. Associez-la à quelque chose que vous faites déjà automatiquement.
3. Utilisez des rappels visuels. Un post-it sur votre écran, une alarme sur votre téléphone, un bracelet que vous touchez. Ces indices déclenchent le rappel sans effort mental.
4. Observez sans juger. Après une semaine, regardez ce qui a changé. Peut-être que vous avez commencé une tâche 5 minutes plus tôt que d’habitude. Peut-être que vous avez moins ruminé avant de démarrer. Ces petits signes sont vos indicateurs de progression.
5. Ajustez. Si une technique ne vous parle pas, changez-en. L’autohypnose est personnelle. Ce qui fonctionne pour votre voisin ne fonctionnera pas forcément pour vous.
« La meilleure technique d’autohypnose est celle que vous pratiquez réellement. »
Je travaille avec des coureurs et des footballeurs en préparation mentale. Eux aussi procrastinent. Pas sur des rapports ou des mails, mais sur l’entraînement : sortir courir quand il pleut, faire les exercices de renforcement, respecter le plan de récupération.
Avec eux, l’autohypnose fonctionne exactement sur le même principe : calmer la résistance intérieure, renforcer la motivation profonde, installer des déclencheurs d’action. Un coureur qui avait peur de la douleur des séances fractionnées a utilisé une induction simple pour associer la sensation d’effort à une image de puissance. Il court aujourd’hui ses séances sans anxiété.
En cabinet, je vois des adultes qui procrastinent sur des décisions de vie : changer de travail, quitter une relation, lancer un projet. L’autohypnose leur permet de contacter la partie d’eux qui sait ce qu’elle veut vraiment, et d’avancer malgré la peur.
Ce n’est pas un hasard
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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