3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les causes de la distraction et la solution simple pour y remédier.
Vous avez probablement déjà vécu ça. Vous êtes assis à votre bureau, une tâche importante vous attend. Vous ouvrez votre ordinateur, prêt à vous concentrer. Et puis, presque sans y penser, vous attrapez votre téléphone pour vérifier une notification. C’est juste un message rapide. Ensuite, vous vous souvenez que vous devez répondre à un email. Puis, vous jetez un œil aux prévisions météo. Vingt minutes plus tard, vous êtes toujours sur votre téléphone, à regarder une vidéo de chat, et la tâche importante n’a pas avancé d’un millimètre. Vous vous dites : « Je n’arrive pas à me concentrer. Je suis dispersé. »
Cette sensation d’éparpillement mental, vous la connaissez bien. Elle n’est pas un défaut de caractère ni un manque de volonté. C’est le fonctionnement normal de votre cerveau dans un monde conçu pour le distraire. Et la solution ne consiste pas à vous forcer davantage, à serrer les dents et à vous répéter « concentre-toi, concentre-toi ». Cela ne marche pas, ou alors très temporairement.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je vois chaque semaine des adultes intelligents, compétents, qui se sentent dépassés par leur propre esprit. Ils viennent pour de l’anxiété, pour des blocages, pour des insomnies. Mais presque toujours, la plainte sous-jacente est la même : « Je n’arrive plus à penser clairement. Mon cerveau est partout à la fois. » Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi votre cerveau s’éparpille, et vous donner un outil simple, que vous pouvez utiliser seul, pour le recentrer : l’autohypnose.
Commençons par une bonne nouvelle : vous n’êtes pas brisé. Votre cerveau fonctionne exactement comme il a été conçu. Le problème, c’est que l’environnement dans lequel il évolue a changé radicalement, et lui, il n’a pas eu le temps de s’adapter.
Notre cerveau, en particulier le cortex préfrontal (la partie « chef d’orchestre » qui gère l’attention, la planification et la prise de décision), est un organe énergivore. Pour économiser de l’énergie, il est programmé pour scanner constamment l’environnement à la recherche de menaces ou d’opportunités. C’est ce qu’on appelle l’attention sélective. Il y a des centaines de milliers d’années, ce système était parfait. Un bruit dans les buissons ? Votre attention se détache de la baie que vous cueillez et se tourne vers le buisson. C’est un réflexe de survie.
Aujourd’hui, ce système de détection de nouveauté est détourné. Chaque notification est un bruit dans les buissons. Chaque email, chaque like, chaque message instantané. Votre cerveau reçoit une petite dose de dopamine (le neurotransmetteur de la récompense) à chaque fois qu’il découvre une information nouvelle. Il est littéralement récompensé pour se laisser distraire.
Le problème, c’est que ce système de récompense est pavlovien. Vous avez conditionné votre cerveau à trouver le téléphone plus gratifiant que le travail. Et ce n’est pas de votre faute. Les designers d’applications sont payés des fortunes pour rendre leurs interfaces aussi addictives que possible.
Votre incapacité à vous concentrer n’est pas un échec personnel. C’est le résultat d’un conflit entre un cerveau ancestral et un monde numérique conçu pour le pirater.
Je reçois souvent Paul, un commercial de 42 ans. Il est brillant, mais il passe ses journées à zapper entre ses mails, son CRM, WhatsApp et trois onglets de navigation. Le soir, il est épuisé, mais il a l’impression de n’avoir rien accompli de substantiel. Il me dit : « Je devrais pouvoir me concentrer. Je sais que c’est important. Pourquoi je n’y arrive pas ? » La réponse est simple : son cerveau a appris que la distraction est plus gratifiante que la concentration. Il n’est pas paresseux, il est entraîné.
Puisque la distraction est un apprentissage, la solution serait-elle de se forcer à être attentif ? De faire taire les distractions par la force de la volonté ? Malheureusement, c’est une stratégie qui échoue presque toujours à long terme.
La volonté est une ressource limitée. Les psychologues l’appellent l’épuisement de l’ego (ou fatigue décisionnelle). Chaque fois que vous vous forcez à faire quelque chose que vous ne voulez pas faire, vous puisez dans un réservoir d’énergie mentale. Si vous passez votre matinée à vous forcer à ne pas regarder votre téléphone, vous aurez moins de volonté pour vous concentrer sur votre rapport l’après-midi.
Et il y a un autre effet pervers : la rumination. Quand vous vous dites « Je dois me concentrer, je dois me concentrer, arrête de penser à ça », vous utilisez vos ressources pour lutter contre vos propres pensées. C’est comme essayer de calmer une personne qui panique en lui criant dessus. Ça ne marche pas, ça l’agite encore plus.
Je pense à Sophie, une cheffe de projet de 35 ans. Elle avait des listes de tâches, des bloqueurs de sites web, des techniques Pomodoro. Rien n’y faisait durablement. Elle passait autant d’énergie à lutter contre sa distraction qu’à travailler. Elle venait me voir, épuisée, en disant : « Je me sens nulle. Je n’arrive même pas à faire ce que je veux faire. »
Le problème de Sophie, ce n’était pas son attention. C’était son rapport à son attention. Elle était en guerre contre son propre cerveau. Et dans une guerre, il n’y a que des perdants.
L’autohypnose propose une approche radicalement différente. Au lieu de lutter, on apprend à orienter son attention avec douceur. On ne force pas le cerveau à faire taire les pensées parasites, on lui donne un endroit où aller. C’est une forme de redirection, pas de répression.
Parlons maintenant de l’outil. L’autohypnose. Le mot peut faire peur. On imagine un pendule, un hypnotiseur de spectacle, un état de sommeil mystérieux. En réalité, l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique et que j’enseigne, est un état naturel. Vous l’avez déjà vécu des centaines de fois.
Vous êtes-vous déjà retrouvé au volant de votre voiture, arrivé à destination, sans vous souvenir du trajet ? C’est un état hypnotique léger. Votre attention était focalisée sur autre chose (une conversation intérieure, une musique), et votre cerveau a géré la conduite en pilotage automatique.
Avez-vous déjà été absorbé par un bon livre, un film, ou une conversation passionnante, au point d’en perdre la notion du temps ? C’est un état de concentration profonde, un état de « flow », qui partage des mécanismes physiologiques avec l’hypnose.
L’autohypnose, c’est simplement la capacité à induire volontairement cet état de conscience modifiée. C’est un état de focalisation interne et de réceptivité accrue. Vous n’êtes pas endormi, vous êtes hyper-alerte sur un plan intérieur. Vous n’êtes pas inconscient, vous êtes simplement moins encombré par le bruit extérieur et le bavardage mental.
Dans cet état, votre cerveau est plus plastique. Il est plus ouvert au changement. Les connexions neuronales qui sous-tendent vos habitudes (comme celle de vérifier votre téléphone toutes les trois minutes) peuvent être « réécrites » plus facilement.
L’autohypnose ne vous endort pas. Elle vous réveille à un état d’attention plus profond, plus flexible, plus calme. C’est un réglage fin de votre système nerveux.
Assez de théorie. Voici une méthode simple, en trois étapes, que vous pouvez essayer dès aujourd’hui. Elle ne nécessite aucun matériel, juste cinq minutes et un endroit relativement calme.
1. L’arrêt : fixer un point d’ancrage
La première étape, la plus importante, est de vous arrêter physiquement et mentalement. Asseyez-vous confortablement, posez vos mains sur vos cuisses, et choisissez un point sur le mur ou sur un objet devant vous. Fixez-le du regard.
Pendant que vous fixez ce point, prenez une respiration un peu plus ample. Inspirez profondément par le nez, expirez lentement par la bouche. Vous n’essayez pas de vider votre esprit. Vous laissez simplement votre attention se poser sur ce point et sur votre souffle.
C’est l’étape de la stabilisation. Vous dites à votre système nerveux : « On arrête de courir. On se pose là. » Votre cerveau va protester. Il va vouloir générer des pensées, des envies de bouger, des souvenirs. C’est normal. Ne les combattez pas. Observez-les comme des nuages qui passent, puis ramenez doucement votre attention sur le point et la respiration.
2. La redirection : la technique du « et en même temps »
Maintenant que vous êtes un peu plus stable, vous allez introduire un élément de distraction contrôlée. C’est le cœur de la technique. Vous allez apprendre à votre cerveau à gérer la distraction sans s’éparpiller.
Imaginez que vous êtes toujours assis, les yeux fixes. Au lieu de lutter contre les bruits extérieurs (une voiture qui passe, une porte qui claque, votre chien qui aboie), vous allez les inclure dans votre expérience. Vous dites intérieurement : « Il y a ce bruit de voiture, et en même temps je sens ma respiration. Il y a cette pensée qui me dit que je dois faire les courses, et en même temps je sens mes pieds sur le sol. Il y a cette démangeaison dans le dos, et en même temps je reste immobile et je fixe mon point. »
Le mot-clé, c’est « et en même temps ». Vous ne niez pas la distraction. Vous l’accueillez, sans la suivre. Vous entraînez votre cerveau à maintenir un point d’attention central (la respiration, le point fixe) tout en tolérant la présence d’autres stimuli. C’est exactement ce dont vous avez besoin pour travailler : être capable de rester sur votre tâche même quand votre téléphone vibre.
3. L’ancrage : créer un signal de recentrage
La dernière étape consiste à créer un ancrage. Un ancrage, c’est un signal (un geste, un mot, une sensation) qui déclenche automatiquement cet état de calme et de concentration.
Après avoir pratiqué les deux premières étapes pendant 3 à 4 minutes, vous allez choisir un geste simple. Par exemple, joindre le pouce et l’index de votre main gauche. Puis, au moment où vous vous sentez le plus calme et le plus centré, vous pressez doucement ces deux doigts l’un contre l’autre, et vous respirez profondément. Vous répétez ce geste 3 à 4 fois, en pleine conscience.
Ce geste devient un interrupteur. Vous pouvez l’utiliser dans la journée, au travail, quand vous sentez votre attention s’éparpiller. Un simple geste de la main, une respiration, et votre cerveau se souvient de l’état de recentrage que vous avez créé.
Soyons honnêtes. L’autohypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas vous transformer en robot hyper-productif en une séance. Mais elle va changer quelque chose de fondamental : votre relation à votre propre attention.
Au lieu d’être le jouet de vos distractions, vous allez devenir le gardien de votre attention. Vous allez passer d’un mode réactif (« Oh, une notification, je dois regarder ») à un mode proactif (« Je choisis maintenant de me concentrer sur cette tâche »).
Concrètement, voici ce que vous pouvez attendre après quelques jours de pratique (5 minutes par jour suffisent) :
Ce que l’autohypnose ne fera pas :
Mais pour 80% des personnes qui se sentent simplement « éparpillées » par le rythme de la vie moderne, c’est un outil d’une efficacité redoutable. C’est un peu comme aller à la salle de sport pour votre cerveau. Vous ne devenez pas un athlète olympique en une séance, mais vous construisez une force qui vous sert toute la journée.
Je vous invite à essayer. Pas demain. Pas lundi prochain. Maintenant. Prenez 30 secondes. Posez votre téléphone. Fixez un point devant vous. Respirez. C’est déjà un début.
Votre cerveau n’est pas votre ennemi. Il a juste appris de mauvaises habitudes. L’autohypnose est un moyen de lui réapprendre à se poser, à se concentrer, à trouver le calme dans la tempête.
Si vous sentez que vous avez besoin d’un guide pour les premiers pas, ou si votre éparpillement cache quelque chose de plus profond (une anxiété, une tristesse, un blocage), je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont loin.
Ce n’est pas une promesse de miracle. C’est une invitation à reprendre le contrôle, doucement, par petites touches. Vous n’êtes pas obligé de vivre dans le bruit. Vous pouvez choisir le silence, ne serait-ce que cinq minutes par jour. Et ce choix, c’est le début de tout.
Prenez soin de vous.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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