3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'histoire vraie d'un déclic salvateur au quotidien.
Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ça : cette sensation que le sol se dérobe sous vos pieds, alors que vous êtes tranquillement chez vous, ou dans une file d’attente, ou au volant de votre voiture. Le cœur qui s’emballe, la respiration qui se bloque, la tête qui tourne, et cette peur irrationnelle qui monte, qui monte… comme si une vague intérieure allait vous engloutir. C’est une crise d’angoisse. Et quand elle arrive, tout ce que vous voulez, c’est qu’elle s’arrête. Mais votre cerveau, lui, est comme un cheval emballé : plus vous tirez sur les rênes, plus il s’affole.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Dans mon cabinet, je vois régulièrement des personnes qui viennent me dire : « Thierry, je n’en peux plus. Dès que je sens cette montée d’angoisse, je suis perdu. Rien ne marche. » Et puis, un jour, un patient m’a raconté une histoire qui a tout changé pour lui. Une histoire d’ancre. Pas une ancre de bateau, mais une ancre de survie. Une technique simple, apprise en hypnose, qu’il a utilisée au moment où il en avait le plus besoin. Ce jour-là, il m’a dit : « Thierry, cette ancre m’a sauvé d’une crise d’angoisse. »
Je vais vous raconter son histoire. Elle est réelle, même si j’ai changé les prénoms et certains détails pour préserver l’anonymat. Mais la mécanique, elle, est universelle. Et si vous lisez ces lignes, c’est que peut-être vous aussi, vous cherchez une solution. Pas une solution miracle, mais une solution qui marche pour vous, au moment où ça compte. Asseyez-vous, respirez. On va décortiquer tout ça.
Commençons par le commencement. Pourquoi une crise d’angoisse, ça ressemble à un tsunami intérieur ? Parce que c’en est un. Votre système nerveux, ce merveilleux ordinateur de bord qui gère votre respiration, votre digestion, votre rythme cardiaque, se met soudainement en mode « alerte rouge ». Et ce mode, il ne se contrôle pas avec la volonté. Vous ne décidez pas d’avoir peur. La peur vous prend. C’est un réflexe de survie archaïque, vieux de plusieurs millions d’années.
Imaginez votre ancêtre chasseur-cueilleur. Il marche dans la savane, il entend un bruit suspect. Son cerveau, en un éclair, analyse : « Est-ce un prédateur ? » Si la réponse est oui, il ne prend pas le temps de réfléchir. Son corps se prépare à fuir ou à combattre. Le cœur pompe plus fort, la respiration s’accélère pour oxygéner les muscles, la digestion s’arrête (pas le temps de digérer un mammouth quand un tigre vous charge), et la pensée logique se met en veille. C’est le fameux réflexe « combat-fuite ».
Aujourd’hui, vous n’êtes plus dans la savane. Vous êtes dans un supermarché, ou dans une réunion, ou au volant. Mais votre cerveau, lui, n’a pas évolué aussi vite que la société. Un stress au travail, une contrariété, un souvenir douloureux, ou même une simple fatigue peuvent activer ce même circuit d’alerte. Et voilà : le tsunami arrive. Vous perdez le contrôle, parce que ce n’est pas votre cerveau rationnel qui commande à ce moment-là. C’est votre système limbique, la partie émotionnelle et instinctive. Et lui, il ne parle pas le langage des mots. Il parle le langage des sensations, des images, des émotions.
Alors, quand je reçois quelqu’un en crise, la première chose que je fais, c’est de normaliser. « Ce que vous vivez n’est pas une faiblesse. C’est une réponse biologique normale à une menace perçue. Le problème, c’est que votre détecteur de fumée est trop sensible : il se déclenche pour une simple toast brûlée, alors qu’il n’y a pas le feu. » Et c’est là que l’hypnose et l’autohypnose entrent en jeu. Parce que, si on ne peut pas commander au système nerveux avec la volonté, on peut l’influencer avec d’autres langages : le langage du corps, de l’imagination, des sensations. Et l’ancre, c’est l’outil parfait pour ça.
L’ancre, en hypnose éricksonienne, c’est un mot un peu technique pour dire : un déclencheur. Un geste, une sensation, un mot, une image qui, parce qu’il a été associé à un état ressource (calme, confiance, sécurité), va pouvoir réactiver cet état en un instant. C’est un peu comme la madeleine de Proust, mais en version proactive. Vous ne subissez pas le souvenir, vous créez la ressource.
Voici comment ça fonctionne. Imaginez que vous écoutez une chanson qui vous rappelle un été magnifique, une première danse, un moment de bonheur pur. Dès les premières notes, vous ressentez une émotion. Votre corps réagit : un sourire, une chaleur, une détente. La chanson est une ancre. Elle déclenche l’état. Maintenant, imaginez que vous puissiez créer volontairement une ancre pour un état de calme profond. Un geste simple, comme joindre le pouce et l’index, ou poser la main sur votre cœur. Un geste que vous allez répéter uniquement dans des moments de bien-être, de sérénité, de sécurité. À force de répétition, ce geste va se conditionner. Le cerveau va faire une association : « geste = calme ».
Le patient dont je vous parle, appelons-le Marc. Marc était un cadre commercial, 42 ans, père de deux enfants. Il venait me voir parce qu’il vivait des crises d’angoisse à répétition, surtout le soir, après le travail, ou le dimanche après-midi, quand le silence de la maison lui renvoyait ses angoisses. Il avait tout essayé : la respiration, la cohérence cardiaque, les médicaments. Mais au moment de la crise, rien ne passait. Il était en boucle dans sa tête : « Et si ça recommence ? Et si je deviens fou ? Et si je fais un malaise ? » Cette peur de la peur, c’est le carburant de la crise.
Je lui ai proposé de construire une ancre. Pas une ancre de secours, mais une ancre de ressource. On a d’abord travaillé sur un souvenir, un vrai. Un moment où il s’était senti profondément bien, en sécurité, fort. Pour lui, c’était un souvenir de vacances en montagne, seul, au sommet d’un col, avec le vent, le silence, et une sensation de paix immense. On a pris le temps, en séance, de revivre ce moment en détail : les sensations physiques (la chaleur du soleil sur la peau, le vent dans les cheveux, l’odeur des pins), les émotions (la fierté, la sérénité, la liberté), les images (le ciel bleu, la vallée en contrebas). Et au moment où cette sensation était à son maximum, je lui ai demandé de faire un geste simple : presser le pouce et l’index de sa main gauche, doucement, en inspirant.
On a répété l’exercice plusieurs fois, en séance, puis chez lui, le soir, quand il était calme. L’idée, c’était d’ancrer solidement ce geste à l’état de ressource. Comme un jardinier qui arrose une jeune pousse, il fallait de la répétition.
« Une ancre ne se décrète pas, elle se cultive. Comme un chemin dans l’herbe, il faut marcher plusieurs fois pour qu’il devienne un sentier. »
Puis, un soir, la crise est arrivée. Marc était chez lui, seul. Il sentait les premiers signes : la boule dans la gorge, l’oppression thoracique, l’envie de fuir. Son cerveau commençait à s’emballer. Et là, au lieu de lutter, il a fait ce qu’on avait préparé. Il a posé la main sur son cœur (son ancrage personnel) et il a volontairement pressé son pouce et son index. Il m’a raconté plus tard : « Au début, rien. J’ai senti que la panique était encore là. Mais j’ai continué à respirer, à presser, à essayer de me souvenir de la montagne. Et puis, au bout de quelques secondes, c’est venu. Comme une vague qui redescend. La sensation de calme a commencé à émerger, timidement, puis plus fort. La crise n’a pas disparu d’un coup, mais elle a perdu son pouvoir. Je n’étais plus en train de me noyer. Je flottais. »
Vous voulez essayer ? C’est tout à fait possible, en autohypnose, chez vous. Mais attention : une ancre, ça se construit avec soin et patience. Ce n’est pas un code de triche. C’est un outil. Si vous le faites à la va-vite, ça ne marchera pas. Voici les étapes, comme je les donne à mes patients.
Étape 1 : Choisissez un état ressource. Quel état voulez-vous pouvoir déclencher ? Le calme ? La sécurité ? La confiance ? La force ? Ne choisissez pas « l’absence d’angoisse », ça ne marche pas. Le cerveau ne comprend pas la négation. Choisissez un état positif, précis. Pour vous, ce pourrait être la sensation d’être en sécurité, comme chez vous, dans un canapé moelleux, sous une couverture, avec une boisson chaude.
Étape 2 : Trouvez un souvenir ou un moment où vous avez vécu cet état intensément. Il doit être réel, même infime. Pas besoin d’un exploit. Un moment simple : une promenade au bord de la mer, un câlin, un instant de lecture paisible. Fermez les yeux et revivez-le. Qu’est-ce que vous voyez ? Qu’est-ce que vous entendez ? Quelles sensations dans le corps ? Une chaleur dans la poitrine ? Un relâchement des épaules ? Une douceur dans le ventre ? Restez là, dans ce souvenir, pendant une à deux minutes. Laissez la sensation grandir.
Étape 3 : Choisissez une ancre. Simple, discrète, unique. Un geste que vous ne faites pas habituellement. Par exemple :
Étape 4 : Associez l’ancre à l’état de ressource. Quand la sensation du souvenir est à son maximum, à son pic, faites votre geste d’ancre. Maintenez-le pendant que vous continuez à ressentir l’état. Respirez. Restez 5 à 10 secondes. Puis relâchez.
Étape 5 : Répétez, répétez, répétez. Faites cet exercice 3 à 5 fois de suite, à chaque séance. Puis refaites-le plusieurs fois par jour, pendant une semaine, à des moments calmes. L’ancre doit devenir une évidence pour votre cerveau. Chaque fois que vous faites le geste, vous devez ressentir un début de la sensation. Si ce n’est pas le cas, c’est que l’état ressource n’est pas assez fort ou que l’association n’est pas assez nette. Reprenez l’étape 2.
Étape 6 : Testez votre ancre. Une fois que vous sentez que ça fonctionne en séance, testez-la dans un contexte un peu plus difficile. Pas en pleine crise, d’abord. Dans une situation de stress léger : avant une réunion, dans les transports, après une contrariété. Faites le geste, et voyez si l’état ressource émerge. Si oui, félicitez-vous. Si non, continuez l’entraînement.
C’est une question que j’entends souvent : « Thierry, on me dit de respirer, mais au moment de la crise, je n’y arrive pas. L’ancre, c’est pareil, non ? » Pas exactement. La respiration est un outil merveilleux, mais elle demande une attention soutenue. Quand vous êtes en crise, votre attention est captée par la panique. Vous essayez de respirer, mais votre cerveau est en train de crier « danger ! ». C’est comme essayer de lire un mode d’emploi alors que votre maison brûle.
L’ancre, elle, est un raccourci sensoriel. Elle ne passe pas par la volonté. Elle passe par la sensation. Le geste, associé à l’état de calme, devient un signal direct pour votre système nerveux. C’est un peu comme un interrupteur : vous appuyez, et la lumière s’allume. Vous faites le geste, et le calme émerge. Bien sûr, ça ne marche pas du premier coup. Il faut que le circuit soit bien installé. Mais une fois qu’il l’est, c’est immédiat.
De plus, l’ancre a un autre avantage : elle vous redonne un sentiment d’agentivité. Le mot est savant, mais l’idée est simple : vous n’êtes plus passif face à la crise. Vous avez un levier. Vous faites quelque chose. Ce simple fait, « je peux agir », casse le cercle vicieux de l’impuissance. Et ça, c’est énorme. La crise d’angoisse se nourrit de l’impuissance. « Je ne peux rien y faire, ça va m’emporter. » L’ancre vous dit : « Tu peux faire quelque chose. Tu as une ressource. »
« L’ancre ne supprime pas la vague, mais elle vous apprend à surfer. Et parfois, surfer, c’est déjà ne plus se noyer. »
Je ne vais pas vous mentir : l’ancre n’est pas une baguette magique. J’ai vu des patients pour qui ça a été un déclic salvateur, comme Marc. J’en ai vu d’autres pour qui ça n’a pas marché du premier coup. Pourquoi ? Parce qu’ils sont tombés dans des pièges classiques.
Piège n°1 : L’état ressource est trop faible. Si vous choisissez un souvenir moyen, « bof, c’était pas mal », l’ancrage sera moyen. Il faut un état intense, même s’il est bref. Si vous n’en trouvez pas, on peut en créer un par l’imagination : « Comment serait le calme parfait ? À quoi ça ressemblerait ? » L’hypnose permet de construire des états de toutes pièces.
Piège n°2 : Vous testez l’ancre en pleine crise avant qu’elle soit solide. C’est comme vouloir utiliser un téléphone qui n’est pas encore chargé. Vous faites le geste, rien ne se passe, vous vous découragez, et vous abandonnez. La clé, c’est l’entraînement en contexte neutre, puis en contexte léger, puis en contexte modéré. La crise est le niveau expert. Ne commencez pas par là.
Piège n°3 : Vous attendez que la panique disparaisse complètement. L’ancre ne fait pas disparaître la sensation d’angoisse d’un coup. Elle crée une autre sensation, un contrepoint. Au début, les deux sensations cohabitent. C’est normal. L’idée, c’est que la sensation de calme prenne de plus en plus de place. Comme si vous ajoutiez de l’eau chaude dans un verre d’eau froide : au début, ça se mélange, puis la température change. Acceptez que le changement soit progressif.
Piège n°4 : Vous ne répétez pas assez. Une ancre, c’est comme un muscle. Si vous ne l’entraînez pas, il s’atrophie. Certains patients me disent : « J’ai fait l’exercice une fois, ça a marché, et puis plus jamais. » C’est normal. Il faut entretenir l’ancre, la recharger régulièrement. Une fois par semaine, refaites l’exercice complet. Associez le geste à un nouveau moment de calme. Gardez-la vivante.
Si malgré
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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