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Témoignage : J'ai doublé ma productivité grâce à l'autohypnose

L'histoire vraie de Marc, qui a retrouvé son calme et son efficacité.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Je reçois beaucoup de questions sur l’autohypnose, souvent formulées comme ça : « Est-ce que ça marche vraiment ? » ou « Je n’arrive pas à me concentrer, est-ce que je peux apprendre à le faire tout seul ? ».

Alors, plutôt que de te donner une réponse théorique, j’ai demandé à Marc (prénom modifié, bien sûr) de me raconter son histoire. Il y a six mois, il est venu me voir parce qu’il se sentait submergé, inefficace, et qu’il enchaînait les journées à ne rien terminer. Aujourd’hui, il gère son temps avec une sérénité qu’il ne pensait pas possible. Il a doublé sa productivité — pas en travaillant plus, mais en travaillant différemment.

Voici son témoignage, tel qu’il me l’a partagé.


Le piège dans lequel je tournais en rond

Je vais être honnête : avant, je passais mes journées à courir après le temps. Je suis commercial dans une PME, et mon métier, c’est de convaincre, de relancer, de planifier. Mais au bout de quelques années, je m’étais installé dans une routine infernale. Le matin, j’arrivais au bureau, j’ouvrais mon ordinateur, et au lieu de traiter le dossier le plus urgent, je checkais mes mails, puis je me perdais dans des tâches sans importance. À 11 heures, je n’avais toujours pas attaqué le vrai boulot. Je culpabilisais, alors je forçais. Je bossais pendant deux heures sans pause, en serrant les dents, mais avec la sensation de ne pas être vraiment présent. L’après-midi, c’était pire : la fatigue s’installait, et je finissais par répondre à des messages en surface, sans jamais avancer sur les projets qui comptaient.

Je rentrais chez moi épuisé, avec une liste de choses non faites. Le soir, je me disais : « Demain, je serai plus organisé. » Mais le lendemain, c’était la même rengaine. Je me sentais comme un hamster dans une roue, sauf que la roue tournait de plus en plus vite. Le pire, c’est que je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui clochait. J’avais une to-do list, un agenda, des applis de productivité. Rien n’y faisait.

C’est ma compagne qui m’a poussé à consulter. Elle m’a dit : « Tu n’es plus toi-même. Tu es irritable, tu stresses pour des broutilles, et tu n’arrives même plus à profiter de ton week-end. » Elle avait raison. Je n’étais pas en burn-out, pas encore, mais j’étais en surchauffe permanente.

Quand j’ai rencontré Thierry, je lui ai décrit mon quotidien. Il ne m’a pas sorti un discours sur la gestion du temps ou la priorisation. Il m’a posé une question qui m’a déstabilisé : « Quand tu travailles, où est ton attention ? » J’ai répondu : « Sur ce que je fais, forcément. » Mais en y réfléchissant, je me suis rendu compte que non. Mon attention était constamment ailleurs : sur ce que j’aurais dû faire la veille, sur ce que le client allait penser, sur la peur de rater une deadline. Mon cerveau était en mode « survie », pas en mode « création ».

Le piège de la productivité, ce n’est pas de manquer de temps, c’est d’avoir l’esprit qui tire dans toutes les directions. Quand tu es partout à la fois, tu n’es nulle part vraiment.

Ce que j’ai découvert sur ma propre tête

Je ne connaissais rien à l’hypnose. Pour moi, c’était un truc de spectacle, avec des montres à balancier et des gens qui font le poulet. Thierry m’a expliqué en deux minutes que l’autohypnose, c’est l’inverse : c’est un outil pour reprendre le contrôle de son attention. Pas pour dormir ou pour être manipulé, mais pour apprendre à se mettre dans un état de concentration profonde, volontairement.

Lors des premières séances, j’ai expérimenté l’hypnose ericksonienne. Thierry me guidait avec des métaphores et des suggestions indirectes. Je me souviens d’une séance où il m’a parlé d’un jardin. Il disait : « Il y a un chemin, et sur ce chemin, tu peux décider de t’arrêter pour observer les fleurs, ou de continuer droit devant. » Pendant que je l’écoutais, je me suis rendu compte que mon esprit avait naturellement ralenti. Je n’étais plus dans la lutte. J’étais juste là, à écouter. C’était la première fois depuis des mois que je ressentais un calme intérieur.

Ensuite, il m’a appris à faire ça tout seul. Le premier exercice était simple : je devais m’asseoir, fermer les yeux, et porter mon attention sur ma respiration pendant trois minutes. Juste ça. Mais au bout de trente secondes, mon mental partait en vrille : « Tu fais quoi là ? Tu perds ton temps ! » Thierry m’avait prévenu : « Ce n’est pas grave. Le but n’est pas d’avoir un esprit vide. Le but, c’est de remarquer quand tu t’éloignes, et de revenir. » J’ai compris que ce « revenir » était un muscle. Au début, il était tout mou. Au fil des jours, il s’est renforcé.

Ce que j’ai découvert, c’est que mon stress n’était pas causé par la charge de travail, mais par mon incapacité à être présent. Mon cerveau était habitué à anticiper les problèmes, à ressasser les erreurs, à planifier le futur. C’était comme un moteur qui tournait au ralenti en permanence, même quand je ne faisais rien. L’autohypnose m’a donné un interrupteur. J’ai appris à couper ce ralenti.

Comment j’ai doublé ma productivité sans rien changer à mon planning

Quand on parle de « doubler sa productivité », on imagine souvent des journées plus longues, des listes de tâches deux fois plus grandes. Ce n’est pas du tout ça. Pour moi, ça a été l’inverse : j’ai fait moins de choses, mais je les ai faites mieux.

Prenons un exemple concret. Avant, quand je devais préparer une proposition commerciale, je passais vingt minutes à ouvrir le document, puis je me levais pour un café, puis je répondais à un SMS, puis je relisais trois fois la même phrase sans la comprendre. Le résultat : une proposition bâclée en deux heures, avec des fautes et des incohérences. Aujourd’hui, je commence par une micro-séance d’autohypnose. Je m’installe, je ferme les yeux, je fais trois respirations profondes, et je me donne une intention : « Pendant les quarante minutes qui viennent, je suis entièrement sur cette proposition. » Ce n’est pas magique, mais ça change tout. Mon cerveau comprend qu’il n’a pas à être en alerte. Il peut se concentrer sur une seule chose.

Résultat : je termine la proposition en une heure, sans fatigue. Et elle est meilleure. Je ne passe plus dix minutes à chercher mes mots, ils viennent. Je ne me laisse plus distraire par la notification Outlook, parce que mon attention est déjà ancrée.

Quand tu arrêtes de lutter contre ton propre esprit, tu t’étonnes toi-même de ce que tu peux produire en si peu de temps.

Un autre point crucial : j’ai cessé de faire du multitâche. C’est un mythe, on le sait tous, mais on continue. Thierry m’a fait expérimenter une chose : il m’a demandé de lire un texte en répétant les mois de l’année dans ma tête. Impossible. J’ai compris que mon cerveau n’était pas fait pour ça. Alors maintenant, je bloque des créneaux. 40 minutes de travail profond, 10 minutes de pause où je fais vraiment une pause (je ne scrolle pas, je marche, je respire). Et je recommence. À la fin de la journée, j’ai l’impression d’avoir fait deux jours de boulot. Pas parce que j’ai été plus rapide, mais parce que je n’ai pas perdu d’énergie à me disperser.

Les outils concrets que j’utilise tous les jours

Je ne vais pas te vendre un kit mystique. L’autohypnose, ça s’apprend, et ça se pratique. Voici ce que je fais quotidiennement, et ce que tu peux tester dès aujourd’hui si tu veux voir si ça te parle.

Le « reset » du matin. Avant d’ouvrir mon ordinateur, je prends cinq minutes. Je m’assois, je ferme les yeux, et je visualise ma journée comme une rivière. Je ne la contrôle pas, mais je sais où je veux aller. Je me dis : « Aujourd’hui, je choisis de faire trois choses importantes. Le reste, c’est du bonus. » C’est tout bête, mais ça ancre une intention. Sans ça, je me laisse happer par l’urgence.

Le « signal d’ancrage ». Pendant une séance avec Thierry, il m’a appris à créer un ancrage. C’est un geste, un mot, ou un son que tu associes à un état de calme et de concentration. Moi, j’ai choisi de toucher mon pouce et mon index ensemble, tout en inspirant profondément. Je fais ça avant chaque tâche importante. Ça me prend trois secondes, mais ça me recentre. C’est comme un rappel physique à mon cerveau : « On y va, on est focus. »

La technique du « retour au corps ». Quand je sens que mon mental s’emballe — par exemple en pleine réunion ou devant un client difficile — je ramène mon attention sur mes pieds. Je sens le sol sous mes semelles. Je le fais discrètement, personne ne le voit. En trois secondes, je redescends. Je ne suis plus dans la panique, je suis dans l’instant présent. Et ça change complètement ma capacité à répondre plutôt qu’à réagir.

La pause de l’après-midi. C’est le moment où j’étais le plus vulnérable. Je tombais dans le brouillard vers 15h. Maintenant, je fais une séance d’autohypnose de dix minutes. Je m’allonge sur mon canapé de bureau (oui, j’ai un canapé), je ferme les yeux, et je me laisse aller. Pas de musique, pas de guidance. Juste le silence et ma respiration. Au début, j’avais peur de m’endormir. Mais en fait, je ne dors pas. Je me repose vraiment. Et après, je suis frais comme un gardon pour la fin de journée.

Ces outils, je les ai appris en trois séances avec Thierry, puis je les ai adaptés à ma sauce. L’autohypnose, ce n’est pas une recette de cuisine. C’est un cadre que tu habites à ta manière.

Ce que l’autohypnose n’a pas fait pour moi

Je veux être honnête, parce que quand j’ai commencé, j’espérais un peu trop. Je pensais que l’autohypnose allait effacer mon stress, me rendre invincible, et que je n’aurais plus jamais de journée pourrie. Eh bien non.

L’autohypnose n’a pas supprimé les clients relous. Je les ai toujours. Mais je ne les laisse plus m’atteindre. Avant, un mail désagréable me gâchait la matinée. Maintenant, je le prends, je le traite, et je passe à autre chose. C’est une différence énorme.

L’autohypnose n’a pas rendu mes journées plus faciles. J’ai toujours des imprévus, des urgences, des réunions qui s’éternisent. Mais je ne les subis plus. J’ai appris à les accueillir sans paniquer. C’est comme si j’avais gagné une couche de protection entre l’événement et ma réaction. Un espace de respiration.

L’autohypnose ne change pas le monde autour de toi. Elle change le monde à l’intérieur de toi. Et c’est là que tout se joue.

Elle ne m’a pas non plus transformé en robot productif. Je procrastine encore, parfois. Mais je le sais, et je sais comment en sortir. Je ne me flagelle plus. Je me dis : « OK, là tu es en train de fuir. Qu’est-ce que tu fuis ? » Et souvent, c’est la peur de ne pas être à la hauteur. Alors je fais une micro-séance, et je me remets au travail.

Un changement qui a débordé sur toute ma vie

Le plus surprenant, c’est que ça n’a pas seulement changé mon travail. Ça a changé ma façon d’être. Je suis plus patient avec mes enfants. Je les écoute vraiment, au lieu de faire semblant tout en pensant à mes dossiers. Je suis plus présent avec ma compagne. Le soir, je ne suis plus un zombie avachi sur le canapé. J’ai de l’énergie pour parler, pour rire, pour cuisiner.

Je me suis aussi rendu compte que je dormais mieux. Avant, mon cerveau tournait en boucle sur les problèmes du lendemain. Maintenant, je fais une courte séance d’autohypnose avant de dormir. Je me détends, je laisse partir les pensées. Et je m’endors en quelques minutes. Le matin, je suis reposé, sans cette sensation de fatigue accumulée.

Un autre effet inattendu : j’ai arrêté de me comparer. Je voyais des collègues qui semblaient toujours en avance, qui répondaient à leurs mails à 22h. Je me sentais nul. Maintenant, j’ai ma propre cadence. Je sais que je suis plus efficace en travaillant par blocs concentrés, avec des pauses. Je ne cherche plus à copier les autres. Je fais ce qui marche pour moi.

Ce que tu peux faire dès maintenant

Si tu te reconnais dans mon histoire — ce sentiment d’être débordé sans avancer, cette fatigue mentale qui te colle à la peau — sache que tu n’es pas seul. Et que tu peux faire quelque chose. Pas besoin d’attendre d’être au bord du burn-out.

Voici un petit exercice que tu peux tester tout de suite, sans rendez-vous, sans matériel.

Assieds-toi confortablement. Pose tes pieds à plat sur le sol. Ferme les yeux. Inspire profondément par le nez en comptant jusqu’à quatre. Retiens ton souffle une seconde. Expire lentement par la bouche en comptant jusqu’à six. Fais ça trois fois. Ensuite, pose une main sur ton ventre, et une main sur ton cœur. Sens la chaleur de tes mains. Reste là, juste à ressentir, pendant une minute. Ne cherche pas à arrêter tes pensées. Laisse-les passer comme des nuages.

C’est tout. C’est un début. Si tu veux aller plus loin, tu peux répéter cet exercice plusieurs fois par jour. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire.


Je ne vais pas te dire que l’autohypnose est une solution miracle. Elle demande un peu de pratique, un peu de régularité. Mais les résultats, pour moi, ont été bien au-delà de ce que j’espérais. Je ne suis plus le même. Je suis plus calme, plus efficace, et surtout, je me sens vivant.

Si tu veux en parler, sans engagement, juste pour voir si ça peut t’aider, je suis là. Un échange, même de quinze minutes, peut te donner des clés. Parce que parfois, il suffit d’un déclic pour que tout s’éclaire.

Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes – Consultations en cabinet et en visio
thierrysudan.com – Contact via le site

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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