3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'histoire de Claire, qui a transformé sa peur en sérénité durable.
Je les vois arriver de loin, ces yeux qui cherchent un point fixe au sol, ces mains qui se frottent l’une contre l’autre sans s’arrêter. Avant même qu’ils ne prononcent un mot, je sais pourquoi ils sont là. La crise d’angoisse, ce n’est pas qu’une sensation désagréable : c’est un ouragan intérieur qui vous fait douter de tout, de votre corps, de votre esprit, de votre capacité à tenir debout. Claire est entrée dans mon cabinet comme ça, un mardi de mars. Elle avait 34 ans, un travail qu’elle aimait, un mari patient, et une vie qu’elle qualifiait de « normale ». Sauf que depuis deux ans, cette normalité était devenue un champ de mines. Chaque trajet en voiture, chaque réunion imprévue, chaque soirée entre amis pouvait déclencher cette vague de panique qui lui serrait la gorge, accélérait son cœur, et la laissait vidée, honteuse, épuisée. Elle avait tout essayé : la respiration, les médicaments, les tisanes, les applications de méditation. Rien n’avait tenu. Puis elle a découvert l’autohypnose. Et ce n’est pas une formule magique, ni un tour de passe-passe. C’est un apprentissage, un entraînement, une reconquête de soi. Voici son histoire, et comment elle a transformé sa peur en sérénité durable.
Avant de comprendre ce qui a marché pour Claire, il faut regarder en face ce qui ne marche pas. Et je suis le premier à le dire : la respiration, la cohérence cardiaque, la relaxation, tout ça a du bon. Mais pour une personne qui vit des crises d’angoisse récurrentes, ces outils agissent comme des pansements sur une plaie qui saigne à l’intérieur. Le problème, c’est que l’angoisse n’est pas un simple stress passager. Ce n’est pas la peur de parler en public ou le trac avant un examen. La crise d’angoisse, c’est un système d’alarme qui se déclenche sans raison apparente. Le corps se met en état d’urgence alors qu’il n’y a aucun danger. Le cerveau, lui, interprète une sensation banale – une accélération du pouls, une oppression thoracique, une boule dans la gorge – comme un signal de mort imminente. Et plus on essaie de contrôler cette alarme, plus elle s’emballe.
Claire me racontait qu’elle passait ses soirées à essayer de « ne pas penser à l’angoisse ». Elle lisait des livres sur la gestion du stress, écoutait des podcasts de pleine conscience, faisait des exercices de respiration avant de s’endormir. Résultat ? Elle y pensait encore plus. Parce que plus on lutte contre une sensation, plus on lui donne de l’énergie. C’est comme essayer de ne pas penser à un ours blanc : plus tu t’interdis d’y penser, plus l’image de l’ours blanc s’impose. L’autohypnose, elle, ne lutte pas. Elle contourne. Elle utilise le langage même du cerveau inconscient, celui des images, des métaphores, des sensations, pour désamorcer l’alarme de l’intérieur. Et c’est exactement ce dont Claire avait besoin : non pas contrôler son angoisse, mais apprendre à lui parler autrement.
La première fois que j’ai proposé à Claire d’essayer l’autohypnose, elle a froncé les sourcils. Pour elle, l’hypnose, c’était ce qu’on voit à la télé : des gens qui imitent des poulets ou qui arrêtent de fumer en une séance. Je lui ai expliqué que non, l’hypnose ericksonienne – celle que je pratique – est un état de conscience modifié, parfaitement naturel, que nous traversons plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand vous êtes absorbé par un film, quand vous rêvassez dans le train, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir des derniers kilomètres : vous êtes en état d’hypnose léger. L’autohypnose, c’est simplement la capacité à provoquer volontairement cet état, pour y installer des ressources, des changements, des apaisements.
Nous avons commencé par des séances en cabinet. Je l’ai guidée dans un état de relaxation profonde, puis j’ai installé une image : celle d’un interrupteur. Pas un interrupteur électrique classique, mais une sorte de molette, comme celle d’un vieux poste de radio, qui permettait de régler l’intensité de l’angoisse. Je lui ai appris à visualiser cette molette, à la toucher mentalement, à la tourner doucement vers la gauche pour réduire l’intensité. Ça a marché immédiatement. Pourquoi ? Parce que son cerveau inconscient, qui ne fait pas la différence entre une image mentale et une expérience réelle, a intégré ce geste comme un outil concret. La première fois qu’elle a senti les prémices d’une crise, au volant de sa voiture, elle a visualisé la molette, l’a tournée, et l’accélération cardiaque s’est calmée en moins d’une minute. Elle m’a dit : « C’était comme si j’avais soudain une télécommande pour mon propre corps. »
« J’ai passé deux ans à avoir peur de ma propre peur. L’autohypnose ne l’a pas fait disparaître du jour au lendemain, mais elle m’a donné un levier. Et ce levier, c’est tout ce qui m’a manqué pendant des années. » – Claire
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez un peu de Claire en vous, sachez que l’autohypnose s’apprend. Ce n’est pas un don, pas une affaire de « bons » ou « mauvais » sujets. C’est un entraînement, comme aller à la salle de sport, mais pour votre cerveau émotionnel. Voici les trois étapes que Claire a suivies, et que j’enseigne à tous mes patients.
Première étape : l’induction, ou comment entrer dans l’état modifié de conscience.
Il existe des dizaines de façons de s’induire en autohypnose. La plus simple pour débuter, celle que Claire a adoptée, c’est la fixation du regard. Vous choisissez un point fixe sur un mur, un objet, une flamme de bougie. Vous fixez ce point sans le quitter des yeux, en respirant calmement. Au bout de 30 secondes à une minute, vos paupières deviennent lourdes, votre vision se brouille légèrement. Vous fermez les yeux, et vous laissez votre attention glisser vers l’intérieur. Vous pouvez aussi compter lentement de 10 à 0, en imaginant à chaque chiffre que vous descendez un escalier ou un ascenseur. L’important, c’est de ne pas forcer. L’état d’hypnose, c’est un laisser-aller, pas un contrôle. Si votre esprit s’égare, ce n’est pas grave. Vous le ramenez doucement, sans vous juger.
Deuxième étape : l’ancrage, ou comment créer votre outil personnel.
Une fois dans cet état de relaxation profonde, vous installez une ressource. Pour Claire, c’était la molette. Pour d’autres, ce peut être un lieu sûr, une couleur apaisante, une musique intérieure, un mot-clé comme « calme » ou « paix ». L’idée est de lier une sensation de sécurité, de sérénité, à un signal précis. Vous visualisez ce signal, vous l’associez à une respiration lente, à un relâchement musculaire, à une chaleur dans le ventre. Vous répétez cette association plusieurs fois, jusqu’à ce qu’elle devienne automatique. Ensuite, en pleine journée, même sans être en état d’hypnose, vous pouvez utiliser ce signal pour faire remonter la sensation de calme. C’est ce qu’on appelle un ancrage.
Troisième étape : la désensibilisation, ou comment apprivoiser la peur.
L’angoisse est souvent liée à des déclencheurs spécifiques : une situation, un lieu, une sensation corporelle. Avec l’autohypnose, vous pouvez revivre mentalement ces situations, mais en restant détendu. C’est le principe de la désensibilisation. Claire s’est entraînée à visualiser une scène qui la terrifiait – être coincée dans un embouteillage sur le pont de l’île d’Oléron – tout en maintenant son état de relaxation. Au début, son cœur s’accélérait rien qu’en y pensant. Mais en répétant l’exercice, avec la molette pour réguler l’intensité, la scène a perdu son pouvoir. Elle n’était plus une menace, juste une image. Et quand elle s’est retrouvée dans un vrai embouteillage, quelques semaines plus tard, son corps n’a plus réagi. La peur avait été désamorcée.
Je ne vais pas vous vendre du rêve. L’autohypnose n’est pas une baguette magique. Elle n’efface pas les traumatismes, elle ne guérit pas les troubles paniques sévères en une nuit, elle ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique quand il est nécessaire. Claire avait déjà consulté son médecin, fait des bilans cardiaques, pris un traitement léger. L’autohypnose est venue en complément, pas en substitution. Et c’est là que réside sa vraie force : elle redonne du pouvoir là où on se sentait impuissant.
Ce qu’elle ne fait pas non plus, c’est supprimer les émotions. L’angoisse, comme toutes les émotions, a une fonction. Elle nous alerte, elle nous protège, elle nous prépare à l’action. L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir de peur, mais de ne plus être submergé par elle. Claire m’a dit un jour : « Avant, j’avais peur d’avoir peur. Maintenant, j’ai peur de certaines choses, mais c’est une peur normale, une peur que je peux écouter sans qu’elle me détruise. » C’est une nuance fondamentale. L’autohypnose ne coupe pas le fil de l’émotion, elle en régule le volume.
Enfin, elle demande de la pratique. Claire s’entraînait 10 minutes par jour, tous les jours, pendant les trois premiers mois. Pas des séances spectaculaires, juste un petit rituel le matin, avant de sortir du lit, ou le soir, avant de s’endormir. Elle a tenu un carnet où elle notait ses sensations, ses progrès, ses difficultés. Elle a eu des rechutes, bien sûr. Des jours où l’angoisse revenait plus fort, où la molette refusait de tourner. Mais elle savait désormais que c’était normal, que ça faisait partie du processus, et qu’elle pouvait recommencer. Cette persévérance, c’est ce qui a fait la différence.
Comment savoir si l’autohypnose fonctionne vraiment ? Ce n’est pas toujours spectaculaire. Parfois, c’est juste un petit changement qui passe inaperçu aux yeux des autres, mais qui est immense pour vous. Claire a identifié quatre signes qui lui ont montré que la spirale s’inversait.
Le premier signe : l’anticipation s’affaiblit.
Avant, Claire passait des heures à imaginer le pire. Elle visualisait la crise, la panique, l’humiliation. Avec l’autohypnose, elle a appris à interrompre ce film intérieur. Quand elle sentait l’anticipation monter, elle utilisait son ancrage – le mot « calme » associé à une sensation de chaleur dans la poitrine – et le scénario catastrophe perdait de sa force. Elle m’a raconté qu’un jour, elle s’est surprise à penser à son trajet en voiture sans aucune appréhension. C’était la première fois depuis des années.
Le deuxième signe : le corps se détend.
L’angoisse est physique : épaules remontées, mâchoire serrée, ventre noué, respiration courte. Claire a appris à scanner son corps en autohypnose, à repérer les tensions, à les relâcher consciemment. Au bout de quelques semaines, elle s’est rendu compte qu’elle avait moins mal au dos, qu’elle digérait mieux, qu’elle dormait plus profondément. Son mari lui a dit qu’elle avait « le visage plus doux ». C’était le signe que le système nerveux parasympathique – celui de la détente – reprenait le dessus.
Le troisième signe : les crises deviennent des vagues, pas des tsunamis.
Avant, une crise d’angoisse, c’était une déferlante qui emportait tout. Avec l’autohypnose, Claire a appris à la voir comme une vague. Elle sentait monter la sensation, mais au lieu de paniquer, elle se disait : « Voilà, c’est une vague, elle va monter, puis redescendre. » Elle utilisait sa molette pour en réduire l’amplitude, et la vague passait en quelques minutes, sans la submerger. Elle m’a dit : « Je ne suis plus dans la vague, je suis sur la plage à la regarder. »
Le quatrième signe : la confiance revient.
Le plus beau, à mes yeux, c’est quand Claire a recommencé à faire des projets. Pas des projets prudents, « au cas où », mais des vrais. Elle a accepté un voyage en avion qu’elle avait refusé pendant deux ans. Elle a repris le volant sur l’autoroute. Elle s’est inscrite à un cours de yoga. Elle m’a dit, presque gênée : « Je crois que je suis en train de redevenir moi-même. » Et c’est exactement ça, le but. L’autohypnose ne crée pas une nouvelle personne, elle vous aide à retrouver celle que vous étiez avant que l’angoisse ne prenne le volant.
Je sais que certains d’entre vous lisent ces lignes en pensant : « D’accord, mais moi, je n’arrive pas à me détendre. Mon esprit est trop bruyant. » C’est exactement ce que disait Claire au début. Elle était persuadée d’être « trop dans sa tête » pour que l’hypnose marche. Je lui ai proposé un exercice très simple, que je vais vous partager, et qui a fait tilt chez elle.
Prenez un objet ordinaire – une pomme, une clé, un stylo. Posez-le devant vous. Regardez-le pendant une minute, en détaillant chaque aspect : sa couleur, sa texture, sa forme, la lumière qui se reflète dessus. Ensuite, fermez les yeux, et essayez de le visualiser le plus précisément possible. Vous allez probablement voir une image floue, qui disparaît vite. Ce n’est pas grave. Rouvrez les yeux, regardez à nouveau, puis refermez. Répétez trois fois. Ce simple va-et-vient entre la perception réelle et la représentation mentale est déjà une forme d’autohypnose. Vous entraînez votre cerveau à passer d’un mode de pensée analytique à un mode plus sensoriel, plus imagé. C’est la porte d’entrée.
Pour aller plus loin, installez un rituel. Choisissez un moment de la journée où vous serez tranquille : le matin avant le petit-déjeuner, le soir avant de vous coucher. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et faites trois respirations profondes. Puis, sans vous forcer, laissez votre attention se porter sur un point intérieur : le battement de votre cœur, le souffle dans vos narines, la sensation de vos pieds sur le sol. Si des pensées arrivent, laissez-les passer comme des nuages. Ne les combattez pas. Après cinq minutes, ouvrez doucement les yeux. C’est tout. Faites ça pendant une semaine. Vous serez surpris de voir à quel point votre esprit s’habitue à ce nouveau mode de fonctionnement.
« Le plus dur, ce n’est pas d’apprendre l’autohypnose. C’est de s’autoriser à s’arrêter. On a tellement l’habitude de courir après nos pensées qu’on a oublié qu’
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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