3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le lien secret entre procrastination et perfectionnisme révélé.
Vous avez encore repoussé. Ce dossier que vous deviez rendre vendredi, vous l’avez ouvert ce matin à 8h, en sueur. Le mail de relance de votre chef datait de la veille. Vous avez passé la nuit à le finaliser, en pestant contre vous-même. “Je suis nul”, “Je ne changerai jamais”, “Pourquoi je fais toujours ça ?”
Je reçois ce discours en consultation presque tous les jours. Et si je vous disais que ce que vous appelez “flemme” ou “manque de discipline” cache en réalité un mécanisme bien plus subtil ? Un mécanisme que j’ai vu opérer chez des dizaines de personnes : des cadres brillants, des sportifs de haut niveau, des artistes talentueux. Tous coincés dans le même piège.
La procrastination n’est pas un problème de motivation. C’est un problème de protection. Et son meilleur allié, c’est le perfectionnisme. Oui, ce même perfectionnisme dont vous êtes peut-être secrètement fier. “Je suis exigeant avec moi-même”, dites-vous. En réalité, cette exigence vous empêche d’avancer.
Asseyons-nous cinq minutes. Je vais vous montrer le lien invisible entre ces deux forces qui vous paralysent. Et surtout, je vais vous donner des clés concrètes pour en sortir – sans vous forcer à devenir quelqu’un d’autre.
Commençons par une scène que vous connaissez bien. Vous avez un projet important : préparer une présentation, rédiger un rapport, ou même simplement ranger votre bureau. Vous avez trois semaines devant vous. Que se passe-t-il ?
Les premiers jours, vous y pensez, vous notez quelques idées. Puis la vie continue. Vous vous dites : “J’ai le temps.” Une semaine passe. Une autre. Soudain, il reste trois jours. Votre cœur s’accélère. Vous vous mettez au travail, et vous produisez en quelques heures ce que vous auriez mis des jours à peaufiner.
Pourquoi ce schéma se répète-t-il ? Voici la vérité que votre cerveau vous cache : il associe le travail à une menace. Pas une menace physique, bien sûr, mais une menace pour votre image. Pour votre identité.
Quand vous commencez un projet tôt, vous vous exposez à l’échec. Vous pourriez faire des erreurs. Vous pourriez découvrir que vous n’êtes pas aussi compétent que vous le pensiez. Le perfectionniste en vous hurle : “Tout doit être parfait du premier coup !” Alors votre cerveau, pour vous protéger de cette souffrance potentielle, active le mécanisme de fuite. Il vous pousse vers quelque chose de plus gratifiant, de plus sûr : les réseaux sociaux, le rangement, une série Netflix.
L’urgence, elle, désactive ce piège. Quand la date limite approche, votre cerveau bascule en mode survie. La menace devient externe (le regard du chef, la note, la conséquence), et soudain, l’action devient possible. Vous n’avez plus le choix. Vous agissez.
Mais voici le paradoxe : dans l’urgence, vous lâchez prise sur la perfection. Vous ne pouvez pas être parfait en trois heures. Vous faites de votre mieux, et souvent, c’est très bien. Le problème ? Vous ne le savez pas. Vous n’avez jamais expérimenté ce que ça fait de travailler sereinement, en confiance, sans la pression de la deadline.
“Ce que vous appelez procrastination est en réalité un mécanisme de protection perfectionniste. Vous ne repoussez pas le travail, vous repoussez la possibilité d’échouer à être parfait.”
J’aimerais que vous preniez un instant pour réfléchir à ce que le perfectionnisme vous a apporté. Peut-être une certaine fierté. “Je suis exigeant, je ne fais pas les choses à moitié.” C’est ce que beaucoup de mes clients me disent en première séance. Mais creusons un peu.
Le perfectionnisme, tel que je le vois en cabinet, n’a rien à voir avec le désir de bien faire. C’est une peur viscérale de ne pas être assez. Assez compétent, assez intelligent, assez aimable. Et cette peur est directement liée à votre identité.
Voici comment ça se passe dans votre tête. Vous avez une tâche à accomplir. Vous imaginez le résultat idéal : parfait, sans faille, applaudi par tous. Puis vous regardez la réalité : vous êtes fatigué, vous manquez d’informations, vous doutez. L’écart est immense. Votre tyran intérieur (le perfectionniste) vous dit : “Si ce n’est pas parfait, c’est nul. Et si c’est nul, tu es nul.”
Alors que faites-vous ? Vous fuyez. Vous repoussez. Vous attendez le moment où vous n’aurez plus le choix, parce qu’à ce moment-là, votre tyran accepte de baisser la garde. “Bon, dans l’urgence, on fait ce qu’on peut. Pas le temps d’être parfait.”
Le perfectionnisme est donc un système de croyances qui vous maintient dans l’inaction. Il vous promet la perfection comme récompense, mais ne vous donne jamais les moyens d’y accéder. Il vous condamne à l’échec, puis vous punit de ne pas avoir réussi.
Je vois cela très souvent chez les sportifs que j’accompagne. Un coureur de fond qui veut absolument battre son record personnel. Il s’entraîne dur, mais le jour de la course, il se blesse ou il craque. Pourquoi ? Parce que son perfectionnisme l’a poussé à ignorer les signaux de fatigue. Il n’a pas osé ralentir, de peur de ne pas être assez bon. Résultat : il échoue, et il renforce sa croyance qu’il n’est pas à la hauteur.
Parlons maintenant d’un outil que j’utilise beaucoup en consultation : l’IFS, ou Internal Family Systems. Ne vous laissez pas impressionner par le nom. C’est une approche simple et puissante qui repose sur une idée : vous n’êtes pas un bloc monolithique. Vous êtes composé de plusieurs “parts” ou “protecteurs”.
Imaginez votre esprit comme une famille intérieure. Vous avez une partie perfectionniste, une partie procrastinatrice, une partie critique, une partie qui veut juste se reposer. Chacune a un rôle, une intention positive, même si ses actions vous semblent contre-productives.
La partie procrastinatrice, par exemple, n’est pas là pour vous nuire. Elle est là pour vous protéger. Elle vous évite de souffrir. Elle vous évite le jugement, l’échec, la honte. Elle a probablement pris ce rôle très tôt dans votre vie, à un moment où vous avez été blessé par une critique ou une attente trop haute.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un entrepreneur, appelons-le Marc. Il a 38 ans, une entreprise qui marche bien, mais il est incapable de démarrer ses projets les plus importants. Il repousse sans cesse la refonte de son site web, pourtant essentielle. Il me dit : “Je sais que c’est crucial, mais je n’y arrive pas. Je me sens paralysé.”
En travaillant avec l’IFS, nous découvrons une partie de lui qui a peur. Cette partie se souvient d’un épisode de son enfance : à 12 ans, il avait préparé un exposé avec passion, mais son professeur l’avait humilié devant toute la classe pour une erreur mineure. La honte avait été si forte que cette partie avait décidé : “Plus jamais ça. On ne s’expose plus. On se protège.”
Aujourd’hui, chaque fois que Marc veut lancer un projet, cette partie de lui crie “danger”. Elle active la procrastination pour le maintenir en sécurité. Marc n’est pas “nul” ou “paresseux”. Il est simplement gouverné par une partie protectrice qui fait son travail, mais avec des méthodes d’un autre âge.
L’IFS nous permet de dialoguer avec cette partie. De comprendre sa peur. De la remercier pour sa protection. Puis de lui montrer qu’aujourd’hui, en tant qu’adulte, Marc est capable de gérer les critiques et les erreurs. La partie peut alors se détendre, et la procrastination disparaît.
Venons-en au concret. Comment faire pour arrêter ce cycle infernal ? Je vais vous donner des pistes que j’utilise avec mes clients, et que vous pouvez essayer dès aujourd’hui.
Première piste : identifiez votre perfectionniste intérieur
Prenez un papier. Notez une tâche que vous repoussez. Puis écrivez la phrase : “Pour que je me sente en sécurité en commençant cette tâche, il faudrait que…” Complétez librement. Vous obtiendrez probablement des exigences comme “… je sois sûr de réussir”, “… personne ne me critique”, “… ce soit parfait du premier coup”.
Ce sont les règles de votre perfectionniste. Maintenant, demandez-vous : “Est-ce que ces règles sont réalistes ?” Non, bien sûr. Mais votre partie perfectionniste ne le sait pas. Elle est coincée dans une logique ancienne.
Deuxième piste : pratiquez le “commencer moche”
C’est mon exercice préféré. Il consiste à démarrer une tâche en acceptant que le résultat soit moche, imparfait, voire raté. Vous voulez écrire un rapport ? Écrivez la version la plus pourrie possible. Vous devez préparer un discours ? Enregistrez-vous en bafouillant, en hésitant, en disant des âneries.
Le but n’est pas de produire quelque chose de bien, mais de désamorcer la peur. Votre perfectionniste hurle ? Laissez-le hurler. Continuez. Au bout de cinq minutes, vous verrez que la pression baisse. Le simple fait d’agir, même mal, libère votre créativité et votre énergie.
Troisième piste : recadrez l’échec
Le perfectionnisme vous fait croire que l’échec est une catastrophe. En réalité, c’est une information. Chaque erreur vous apprend quelque chose. Les sportifs de haut niveau le savent : ils ratent des tirs, des courses, des compétitions. Mais ils ne s’identifient pas à l’échec. Ils l’analysent, l’intègrent, et passent à autre chose.
Essayez ceci : quand vous faites une erreur, dites-vous à voix haute : “Intéressant. Qu’est-ce que ça m’apprend ?” Pas “Je suis nul”. Pas “Je n’y arriverai jamais”. Juste “Intéressant”. Ce simple changement de vocabulaire modifie votre relation à l’échec.
Vous avez essayé les listes, les applications, les promesses solennelles. Rien n’y fait. Pourquoi ? Parce que la procrastination et le perfectionnisme ne sont pas des problèmes de volonté. Ce sont des programmes inconscients, des automatismes installés dans votre cerveau depuis des années, parfois depuis l’enfance.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, travaille directement sur ces programmes. Elle ne vous force pas à changer, elle vous aide à accéder à vos ressources naturelles de lâcher-prise et de confiance.
Voici comment je procède généralement. En séance, nous commençons par identifier la partie perfectionniste. Nous la remercions pour son travail de protection. Puis, par l’hypnose, je vous guide vers un état de relaxation profonde où cette partie accepte de se détendre. Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif aux nouvelles possibilités. Vous pouvez alors installer une nouvelle croyance : “Je peux agir sans être parfait. Je peux apprendre en faisant. Je suis suffisant, même imparfait.”
Un de mes clients, footballeur amateur, était paralysé par la peur de rater un penalty. Son perfectionnisme lui dictait : “Tu dois le mettre. Si tu rates, tu es nul.” Résultat : il ratait systématiquement. En hypnose, nous avons travaillé sur sa partie perfectionniste. Nous lui avons appris à se détendre, à accepter l’imperfection. Aujourd’hui, il aborde ses penaltys avec une phrase simple : “Je vais tirer, je vais faire de mon mieux, et quoi qu’il arrive, je reste un bon joueur.” Il met plus de penaltys qu’avant.
L’hypnose ne fait pas de miracle. Elle ne supprime pas le perfectionnisme d’un coup de baguette magique. Elle vous donne un accès direct à votre inconscient, là où les schémas sont ancrés. Et elle vous offre une porte de sortie.
“Vous n’avez pas besoin de tuer votre perfectionniste. Vous avez juste besoin de lui montrer qu’il peut se reposer, parce que vous, adulte, êtes capable de gérer l’imperfection.”
Je ne vais pas vous laisser sans rien. Voici un exercice que vous pouvez faire dans les cinq prochaines minutes. Il est simple, mais il a changé la vie de plusieurs de mes clients.
Identifiez une tâche que vous repoussez depuis au moins une semaine. Elle peut être petite ou grande. L’important est que vous ayez une résistance à la commencer.
Prenez un minuteur sur votre téléphone. Réglez-le sur 5 minutes.
Pendant ces 5 minutes, faites la tâche en acceptant que ce soit moche. Si c’est un email, écrivez-le mal, avec des fautes, des phrases maladroites. Si c’est un rangement, jetez les choses n’importe où. Si c’est un appel, laissez un message bafouillé.
Quand le minuteur sonne, arrêtez-vous. Ne jugez pas. Ne corrigez pas. Juste observez ce que vous ressentez. Peut-être un peu de soulagement. Peut-être une envie de continuer. Peut-être rien. C’est OK.
Notez sur une feuille : “J’ai commencé. Ce n’était pas parfait. Et je suis toujours en vie.”
Cet exercice brise le cycle perfectionniste. Il montre à votre cerveau que l’action imparfaite est possible, et qu’elle n’entraîne pas la catastrophe redoutée. Plus vous le ferez, plus votre partie perfectionniste acceptera de lâcher prise.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que vous êtes prêt à changer. Pas à devenir parfait, mais à devenir libre. Libre de commencer sans peur. Libre d’agir sans attendre l’urgence. Libre d’être imparfait et de continuer quand même.
La procrastination et le perfectionnisme ne sont pas des fatalités. Ce sont des réactions apprises, des protections qui ont eu leur utilité, mais qui aujourd’hui vous freinent. Vous pouvez les comprendre, les remercier, et leur dire : “Merci de m’avoir protégé. Maintenant, je peux avancer.”
Je vous reçois à Saintes pour des consultations en hypnose ericksonienne, IFS et intelligence relationnelle. Je travaille aussi en visio si vous êtes loin. On peut explorer ensemble ce qui vous bloque, sans jugement, sans pression. Juste un espace où vous pouvez poser vos fardeaux et voir ce qui est possible.
Si vous sentez que le moment est venu, prenez contact. Un mail, un appel. On trouvera un créneau. Et si vous n’êtes pas prêt, ce n’est pas grave. Gardez l’exercice des 5 minutes dans un coin. Il sera là quand vous voudrez.
Prenez soin de vous. Et souvenez-vous : la perfection n’existe pas. L’action, oui. Et elle vous attend.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose, IFS et intelligence relationnelle
Saintes (17)
thierrysudan.com
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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