3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des gestes simples à faire seul dès les premiers signes.
Tu connais cette sensation. Cette petite alarme silencieuse qui se déclenche quelque part dans ta tête. Une gêne derrière l’œil, une nuque qui se verrouille, une lumière qui devient soudain trop vive. Tu sais ce qui arrive. Dans une heure, deux heures max, ce sera la vague. La migraine.
Tu as déjà tout essayé. Les cachets, l’obscurité totale, la glace sur le front, le café noir avalé trop vite. Parfois ça passe, parfois non. Et quand ça ne passe pas, tu passes le reste de la journée à survivre, pas à vivre.
Je vois ça tout le temps dans mon cabinet à Saintes. Des gens qui arrivent épuisés, qui me disent : « Je sens que ça commence, mais je ne peux pas arrêter ma journée pour ça. » Alors on cherche ensemble des solutions. Pas magiques, pas miraculeuses. Mais des vrais outils, que tu peux sortir de ta poche à n’importe quel moment.
L’auto-hypnose, ce n’est pas un truc de gourou ou de spectacle. C’est simplement une façon de parler à ton système nerveux dans sa langue. Et pour une migraine naissante, c’est souvent ce qu’il y a de plus rapide. Pas besoin de matériel, pas besoin d’être allongé. Juste toi, ta respiration, et quelques clés.
Voici trois techniques que j’enseigne à mes patients. Elles sont simples, courtes, et tu peux les faire discrètement, même au bureau, même dans les transports. L’idée n’est pas de remplacer un traitement médical quand il est nécessaire, mais d’avoir une première ligne de défense. Quelque chose à tenter avant que la tempête ne s’installe.
La première chose que tu dois comprendre, c’est que la migraine n’arrive pas par hasard. Elle est précédée de signaux. Parfois très subtils. Une tension dans la mâchoire que tu ne remarques pas. Une respiration qui devient plus courte et plus haute. Une sensation de froid dans les mains ou les pieds.
On a tendance à attendre que la douleur soit là pour agir. C’est humain. On espère que ça va passer tout seul, on continue ce qu’on fait, et on se retrouve coincé. Avec cette technique, on fait l’inverse : on part en reconnaissance dès les premiers signes.
Voici comment procéder.
Installe-toi confortablement, même si tu es assis à ton bureau. Pose tes deux pieds à plat sur le sol. Ferme les yeux si c’est possible, sinon fixe un point devant toi sans le regarder vraiment. Prends une inspiration par le nez, pas trop profonde, juste normale. Puis expire par la bouche en relâchant les épaules.
Maintenant, déplace ton attention à l’intérieur de toi. Comme si tu faisais un scanner lent de tout ton corps. Pas pour chercher la douleur, mais pour observer ce qui est présent. Commence par le sommet du crâne. Qu’est-ce que tu sens ? Une pression ? Une chaleur ? Un fourmillement ? Ne juge pas, ne cherche pas à changer. Observe.
Descends doucement vers le front, les tempes, l’arrière des yeux. Qu’est-ce qui est là ? Peut-être une sensation d’étau qui commence à peine, peut-être juste une lourdeur. Continue vers la mâchoire. Est-ce que tes dents sont serrées ? Est-ce que tes mâchoires sont verrouillées ? La plupart des gens qui font cet exercice découvrent qu’elles serrent les dents sans s’en rendre compte.
Puis descends dans la nuque, les épaules. Là, c’est souvent le point chaud. Une contracture qui remonte lentement vers le crâne. Continue vers les bras, les mains. Sont-elles froides ? Chaudes ? Est-ce que tes doigts bougent ou sont-ils figés ?
Remonte par le torse. Ta respiration est-elle haute ou basse ? Rapide ou lente ? Termine par le ventre et le bas du corps.
Ce scan ne dure pas plus d’une minute. Ce qui est important, ce n’est pas ce que tu trouves, mais le fait d’être allé chercher l’information avant que le cerveau ne crie. Quand tu fais ça régulièrement, tu deviens capable de détecter une migraine naissante bien avant qu’elle ne devienne douloureuse. Et c’est là que tu as le plus de pouvoir d’action.
« La migraine n’est pas une attaque soudaine. C’est un processus qui met du temps à s’installer. Plus tôt tu l’attrapes, plus tôt tu peux intervenir. »
Pourquoi ça marche ? Parce que la douleur chronique, et la migraine en particulier, entretient un lien très fort avec l’attention que tu lui portes. Plus tu ignores les signaux précoces, plus ton système nerveux doit monter le volume pour se faire entendre. Le scan, c’est l’inverse : tu dis à ton cerveau « je t’écoute, je te vois ». Et souvent, ça suffit à faire baisser la pression.
Entraîne-toi à faire ce scan plusieurs fois par jour, même quand tu n’as pas mal. Dans la file d’attente au supermarché. Avant de démarrer la voiture. Pendant une pause café. Tu vas développer une sensibilité fine à ton propre corps. Et le jour où la migraine pointera son nez, tu seras prêt.
La deuxième technique, c’est celle que j’utilise le plus souvent avec les sportifs que je suis. Les coureurs, les footballeurs. Eux aussi connaissent la pression. Pas la migraine toujours, mais des céphalées de tension, des blocages. Et dans l’effort, on n’a pas le temps de s’allonger sur un divan. Il faut un geste rapide, efficace, qui fait redescendre le système nerveux en quelques respirations.
Cette technique s’appelle la respiration à expansion crânienne. C’est un terme un peu technique, mais le geste est très simple.
Place tes mains sur tes tempes, les doigts écartés, sans appuyer fort. Juste posées. Comme si tu voulais contenir quelque chose, mais sans forcer. Ferme les yeux. Prends une inspiration lente par le nez, en imaginant que l’air que tu inspires monte directement dans ta tête, comme si tu gonflais doucement l’intérieur de ton crâne.
Pendant l’inspiration, visualise l’espace entre tes tempes qui s’élargit. Tes mains sont là pour te donner une sensation de contenant, mais c’est l’air qui fait le travail. Tu ne forces rien. Tu laisses l’inspiration créer de l’espace là où il y a de la pression.
Puis expire longuement par la bouche, comme si tu soufflais doucement dans une paille. Pendant l’expiration, imagine que toute la tension, toute la raideur, toute la pression s’écoule par le sommet de ton crâne, par tes oreilles, par ta nuque. Comme un liquide qui se vide.
Répète ça cinq à sept fois. Pas plus. À chaque inspiration, tu crées de l’espace. À chaque expiration, tu relâches ce qui serre.
Ce qui est intéressant avec cette respiration, c’est qu’elle agit directement sur le nerf vague. C’est le câble principal qui relie ton cerveau à ton système nerveux parasympathique, celui qui calme. En ralentissant ta respiration et en y ajoutant une visualisation spatiale, tu envoies un message clair à ton cerveau : « On peut relâcher la vigilance, on n’est pas en danger. »
Les migraines naissantes sont souvent liées à une hypervigilance du système nerveux. Tout devient trop fort, trop lumineux, trop bruyant. Le corps se prépare à combattre ou à fuir. Sauf que la menace n’est pas extérieure, elle est interne. Et plus le système s’active, plus la douleur s’installe.
La respiration à expansion crânienne casse ce cercle. Elle dit au cerveau : « On peut baisser la garde, on est en sécurité. » Et la pression intracrânienne, qui est souvent un facteur dans les migraines, se régule naturellement.
Tu peux faire cette technique partout. Dans les toilettes d’un restaurant. Dans ta voiture garée avant d’entrer au travail. Dans le métro, les yeux ouverts, en fixant un point flou. Personne ne voit rien. Toi, tu es en train de détricoter une migraine qui commençait à s’installer.
Un patient m’a raconté qu’il l’utilise maintenant dès qu’il sent une gêne derrière l’œil. Il pose sa main sur sa tempe, fait trois respirations, et dans 80% des cas, la sensation disparaît. Pas toujours, mais assez souvent pour que ce soit devenu son réflexe numéro un.
Si tu veux renforcer l’effet, tu peux ajouter une petite astuce : pendant l’expiration, imagine que tu souffles une couleur. Choisis une couleur qui représente le calme pour toi. Le bleu clair, le vert doux, le blanc. Et pendant l’inspiration, vois cette couleur qui remplit l’intérieur de ton crâne. La visualisation renforce l’effet sur le système nerveux, parce que le cerveau ne fait pas bien la différence entre une image réelle et une image imaginée.
La troisième technique est un peu plus avancée, mais elle est redoutablement efficace. Elle s’appelle la dissociation sécurisée. Attention, le mot « dissociation » peut faire peur. On pense à des trucs bizarres, à perdre le contact avec la réalité. Ce n’est pas du tout ça.
La dissociation dont je parle, c’est simplement le fait de prendre un peu de distance avec une sensation inconfortable. Tu le fais déjà naturellement. Quand tu as mal quelque part et que tu te concentres sur ta respiration, tu te dissocies un peu de la douleur. Là, on va le faire de façon intentionnelle et structurée.
Voici comment.
Dès que tu sens les premiers signes de migraine, installe-toi confortablement. Ferme les yeux. Prends deux ou trois respirations pour te poser. Puis imagine que tu es assis dans une salle de cinéma, confortablement installé dans un fauteuil, seul. Devant toi, un grand écran blanc.
Sur cet écran, projette une image de toi-même, assis là où tu es en ce moment. Mais vu de l’extérieur. Comme si tu regardais une scène de film. Tu vois cette personne qui commence à ressentir une migraine. Tu vois sa posture, son visage, sa respiration. Peut-être qu’elle a les sourcils froncés, les épaules remontées, la mâchoire serrée.
Maintenant, depuis ton fauteuil de cinéma, tu peux observer cette scène sans être dedans. Tu es en sécurité, dans l’obscurité, confortable. La personne sur l’écran ressent quelque chose, mais toi, tu observes simplement. Tu n’es pas la sensation. Tu es celui qui regarde la sensation.
Prends un moment pour vraiment installer cette distance. Puis, depuis ton fauteuil, envoie un message à la personne sur l’écran. Pas un message de lutte, pas un « arrête d’avoir mal ». Plutôt un message de bienveillance. « Je te vois. Je comprends que ce n’est pas agréable. Et en même temps, tu n’es pas obligé de porter ça tout seul. »
Puis, doucement, imagine que tu peux modifier l’image sur l’écran. Peut-être réduire la taille de la personne. Peut-être changer la couleur de la scène. Peut-être ajouter un filtre, comme sur une photo. Tu peux rendre l’image plus floue, plus lointaine, plus petite. Tu joues avec les réglages.
Pendant que tu fais ça, observe ce qui se passe dans ton corps. Souvent, la sensation de douleur diminue d’intensité. Pas parce que tu l’as combattue, mais parce que tu as changé ton rapport à elle. Tu n’es plus dedans, tu es à côté.
« La douleur n’est jamais aussi forte quand tu la regardes de loin que quand tu es collé à elle. La dissociation, c’est juste créer un espace entre toi et la sensation. »
Pourquoi cette technique fonctionne-t-elle si bien sur les migraines naissantes ? Parce que la douleur, c’est d’abord une expérience subjective. Elle n’existe pas dans le vide. Elle est construite par ton cerveau à partir de signaux nerveux, mais aussi à partir de ton attention, de tes émotions, de tes croyances.
Quand tu te dissocies, tu enlèves un ingrédient essentiel à la douleur : la fusion avec la sensation. Tu passes de « j’ai mal » à « il y a une sensation que j’observe ». Et ce petit décalage suffit souvent à casser le processus migraineux, surtout s’il est pris très tôt.
Un conseil pratique : si la dissociation te semble trop abstraite au début, commence par une version plus simple. Pose ta main sur la zone qui commence à être douloureuse, et imagine que ta main est celle de quelqu’un d’autre. Quelqu’un de bienveillant, qui pose sa main sur toi pour t’aider. La chaleur de ta propre main devient une présence extérieure. C’est une forme de dissociation, mais plus facile à attraper.
Avec l’entraînement, tu pourras déclencher cette dissociation en quelques secondes, sans avoir besoin de l’image du cinéma. Juste un petit geste mental, un décalage, et la migraine naissante perd son emprise.
Les trois techniques que je viens de te donner ne sont pas interchangeables. Elles agissent à des niveaux différents. Et pour qu’elles soient vraiment efficaces, il faut les utiliser au bon moment.
Le scan intérieur, c’est pour le tout début. Avant même la douleur, quand tu sens juste un changement dans ton état. Une fatigue inhabituelle, une sensibilité à la lumière, une nuque qui tire. Si tu fais le scan à ce moment-là, tu peux parfois désamorcer la migraine avant qu’elle ne commence vraiment.
La respiration à expansion crânienne, c’est pour quand la pression commence à s’installer. Tu sens une gêne, une lourdeur, mais la douleur n’est pas encore là. C’est le moment idéal pour utiliser la respiration. Elle va détendre le système nerveux et réguler la pression.
La dissociation sécurisée, c’est pour quand la douleur est déjà là, mais pas encore installée. Quand tu sens que ça monte, que ça pulse, mais que tu peux encore penser clairement. C’est le bon moment pour prendre du recul. Si tu attends que la douleur soit à son maximum, la dissociation sera plus difficile.
Bien sûr, rien n’est figé. Tu peux combiner les techniques. Faire un scan, puis une respiration, puis une dissociation. Ou n’en utiliser qu’une seule. L’important, c’est d’avoir ces outils à portée de main, et de les utiliser dès que tu sens le signal.
Un dernier point important : ces techniques ne remplacent pas un suivi médical. Si tu as des migraines fréquentes, intenses, ou qui résistent à tout, il est essentiel de consulter un médecin. L’auto-hypnose est un complément, pas un substitut. Elle te donne du pouvoir d’agir, mais elle ne guérit pas une cause organique sous-jacente.
Je sais ce que tu vas faire. Tu vas lire cet article, te dire que c’est intéressant, et puis tu vas passer à autre chose. Et la prochaine fois que la migraine pointera, tu auras oublié les techniques. C’est humain. On fait tous ça.
Alors voici un petit défi, tout doux, sans pression. Demain matin, au réveil, avant même de sortir du lit, fais le scan intérieur. Juste trente secondes. Explore ton corps, de la tête aux pieds. Pas pour chercher un problème, juste pour t’entraîner à observer.
Fais pareil le soir, avant de t’endormir. Tu verras, en quelques jours, le geste deviendra naturel. Et quand la migraine arrivera, tu n’auras pas à réfléchir. Ton corps saura quoi faire.
Si tu sens que tu as besoin d’accompagnement pour aller plus loin, pour comprendre pourquoi tes migraines reviennent, ou pour intégrer ces techniques dans une stratégie plus large, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi en visio pour ceux qui sont loin. On peut travailler ensemble sur ton rapport à la douleur, sur les déclencheurs, sur les schémas qui se répètent.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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