3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les indices qui montrent que votre cerveau peut aider votre ventre.
Vous avez probablement déjà essayé beaucoup de choses. Régimes sans gluten, sans lactose, sans FODMAP, sans presque rien. Probiotiques, charbon végétal, huiles essentielles, tisanes de menthe poivrée. Vous avez consulté un gastro-entérologue, fait une coloscopie, des examens sanguins. Le diagnostic est tombé : syndrome du côlon irritable, ou SII. Et on vous a dit, souvent avec un haussement d’épaules gêné : « Ce n’est pas grave, c’est fonctionnel. » Ce qui, dans la bouche du médecin, signifie : « On ne trouve rien d’organique, donc c’est dans votre tête. » Sauf que la douleur, elle, est bien réelle. Les ballonnements, la sensation d’avoir une pierre dans le ventre après chaque repas, cette urgence imprévisible qui vous stresse à l’idée de sortir, tout ça existe. Alors comment expliquer que l’hypnose, une méthode souvent associée à la relaxation ou au spectacle, puisse aider votre ventre ? La réponse est simple, mais contre-intuitive : votre cerveau et votre intestin sont en couple. Et parfois, ils ne se parlent plus. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle que j’utilise à Saintes ne promettent pas de faire disparaître votre côlon irritable comme par magie. Mais elles peuvent vous aider à comprendre pourquoi votre système nerveux est en alerte permanente, et comment le rassurer. Dans cet article, je vais vous donner trois signes très concrets qui indiquent que l’hypnose est faite pour vous. Pas des promesses en l’air, des indices que vous pouvez reconnaître dans votre quotidien.
C’est le premier signe, et sans doute le plus courant. Vous êtes dans une situation banale : une conversation un peu tendue avec un collègue, un embouteillage, une contrariété avec votre conjoint, ou même une anticipation d’un événement à venir (un rendez-vous, un examen, un voyage). Et là, sans que vous ayez le temps de dire « ouf », votre ventre se contracte. Ce n’est pas une pensée du genre « je suis stressé » qui précède la crampe. Non. La crampe arrive en premier. Parfois, vous ne réalisez même pas que vous êtes énervé ou anxieux. C’est votre intestin qui vous le signale, comme un détecteur de fumée qui se déclenche avant que vous ayez senti l’odeur.
Prenons un exemple anonymisé, que je vais appeler Sophie. Sophie est venue me voir après des années de douleurs abdominales. Elle avait tout essayé : régimes, médicaments antispasmodiques, même une thérapie cognitivo-comportementale qui lui avait appris à « gérer son stress ». Mais le problème persistait. Un jour, elle me raconte un épisode banal : elle était à un supermarché, devant un rayon, et elle hésitait entre deux marques de yaourts. Rien de grave. Soudain, une douleur violente au niveau du colon. Elle a dû abandonner son caddie et rentrer chez elle précipitamment. En discutant, on a découvert que cette hésitation banale était liée à une peur profonde de faire le mauvais choix, peur qui remontait à son enfance, quand sa mère était très critique. Son ventre réagissait à une menace émotionnelle que son cerveau conscient n’avait même pas identifiée.
Ce mécanisme s’appelle l’axe cerveau-intestin. C’est un réseau de communication très dense entre votre système nerveux central (cerveau) et votre système nerveux entérique (l’intestin, qu’on surnomme parfois « deuxième cerveau »). Normalement, ces deux-là dialoguent en permanence pour réguler la digestion, l’immunité, et même l’humeur. Mais chez les personnes atteintes de côlon irritable, ce dialogue est perturbé. L’intestin devient hyperréactif. Il interprète des signaux normaux (une petite distension après un repas, un peu de gaz) comme des signaux de douleur. Et il réagit aux émotions de manière disproportionnée.
L’hypnose ericksonienne, dans ce contexte, ne va pas vous dire « arrêtez de stresser ». Ce serait ridicule et contre-productif. Elle va plutôt travailler avec la partie de vous qui est en alerte. En hypnose, on peut apprendre à votre système nerveux à moduler cette réactivité. On peut, par exemple, utiliser des métaphores pour envoyer un message de sécurité à votre intestin. Je compare souvent ça à un enfant qui crie dans une pièce parce qu’il a peur. L’hypnose ne va pas le faire taire, elle va aller le voir, lui dire « je suis là, tu es en sécurité », et progressivement, le calme revient.
« Le plus grand malentendu sur l’hypnose pour le côlon irritable, c’est de croire qu’il faut « arrêter de penser » ou « se relaxer ». En réalité, il faut apprendre à écouter ce que votre ventre essaie de vous dire, et lui répondre avec une présence nouvelle. »
Si vous reconnaissez que votre ventre réagit aux émotions avant même que vous les ayez nommées, c’est un signe que votre cerveau peut devenir un allié plutôt qu’un ennemi. L’hypnose vous offre un langage commun avec votre intestin.
Deuxième signe caractéristique : la chronicité avec un motif. Ce n’est pas une douleur aléatoire. Elle revient dans des situations précises, parfois avec une régularité déconcertante. Peut-être le matin avant d’aller travailler, ou après le déjeuner du dimanche en famille, ou systématiquement quand vous devez prendre la route pour un long trajet. Vous avez peut-être même établi des listes : « aliments à éviter », « situations à fuir », « heures dangereuses ». Vous avez l’impression de marcher sur des œufs, de mener une vie de plus en plus étroite pour éviter la douleur.
Je reçois beaucoup de sportifs, notamment des coureurs et des footballeurs, qui viennent pour un accompagnement mental. Mais certains viennent aussi pour leur ventre. Un footballeur que j’appellerai Julien m’a raconté que ses douleurs arrivaient toujours à la 60e minute des matchs. Pas à l’entraînement, pas le matin, pas le soir. À la 60e minute. Il avait tout vérifié : son alimentation avant le match, son hydratation, son échauffement. Rien n’y faisait. En explorant, on a découvert que la 60e minute correspondait au moment où, dans son enfance, son père venait le voir jouer et devenait très critique. Son ventre anticipait la déception. La douleur était une mémoire corporelle.
Ce phénomène s’explique par le conditionnement. Votre cerveau associe un contexte (un lieu, une heure, une personne, une sensation) à une réponse de douleur. C’est un apprentissage implicite, très rapide, qui se fait souvent hors de votre conscience. Une fois que ce lien est créé, il se renforce à chaque répétition. C’est le fameux « cercle vicieux » de la douleur chronique : la peur de la douleur augmente la tension, la tension augmente la douleur, la douleur renforce la peur.
L’IFS (Internal Family Systems) est particulièrement utile ici. Cette approche considère que notre psyché est composée de différentes « parties ». Il y a une partie de vous qui a peur de la douleur, une partie qui essaie de tout contrôler (régimes, routines), une partie qui est épuisée, et peut-être une partie qui est en colère contre ce ventre qui vous gâche la vie. Au lieu de lutter contre ces parties, on apprend à dialoguer avec elles. On va par exemple rencontrer cette partie qui déclenche la douleur à la 60e minute. Souvent, on découvre qu’elle essaie de vous protéger, d’une manière maladroite. Elle vous dit : « Si je te fais mal maintenant, tu vas t’arrêter, et tu éviteras la critique de ton père. » C’est une protection, pas une attaque. Quand vous comprenez cela, vous pouvez remercier cette partie, et lui proposer un nouveau rôle, plus apaisé.
L’Intelligence Relationnelle, que j’intègre aussi dans mes accompagnements, vous aide à repérer ces schémas relationnels inconscients. Par exemple, la relation que vous entretenez avec votre douleur est souvent une relation de pouvoir : vous voulez la dominer, la chasser, la contrôler. Et plus vous luttez, plus elle résiste. L’idée est de passer d’une relation de combat à une relation d’écoute. Cela ne signifie pas que vous acceptez passivement la douleur. Cela signifie que vous arrêtez de lui jeter de l’huile sur le feu.
Si vous voyez que vos douleurs suivent un pattern répétitif, lié à des contextes précis, c’est un signe fort que votre cerveau a appris une réponse inadaptée. Et ce qui a été appris peut être désappris. L’hypnose est un outil formidable pour cela, car elle travaille directement avec les processus d’apprentissage implicite, ceux qui sont automatiques et souvent inconscients.
Troisième signe : vous êtes passé par la case médicaments, et ça n’a pas vraiment marché. Peut-être que les antispasmodiques vous soulagent un peu, mais pas complètement. Peut-être que les laxatifs ou les antidiarrhéiques vous aident sur un symptôme mais en créent un autre. Peut-être que les antidépresseurs à faible dose (souvent prescrits pour moduler la sensibilité intestinale) vous ont fait un peu de bien, mais avec des effets secondaires gênants. Ou alors, vous avez eu des périodes de rémission, mais la douleur revient toujours, comme une mauvaise herbe.
Ce n’est pas un échec de votre part. Le côlon irritable est un trouble multifactoriel. Il implique une hypersensibilité viscérale (vos nerfs intestinaux sont trop sensibles), une dysbiose (déséquilibre du microbiote), une motricité intestinale perturbée (contractions trop fortes ou trop faibles), et bien sûr une composante émotionnelle et cognitive. Les médicaments agissent souvent sur un seul de ces aspects. Les antispasmodiques détendent le muscle, mais ne changent pas la sensibilité nerveuse. Les antidépresseurs modulent la douleur, mais ne traitent pas la cause sous-jacente. Les régimes alimentaires peuvent soulager, mais ils créent parfois une peur de la nourriture qui aggrave le stress.
L’hypnose, elle, agit sur plusieurs niveaux à la fois. Des études cliniques sérieuses, comme celles menées par le Dr Peter Whorwell à l’Université de Manchester, montrent que l’hypnose est efficace chez 70 à 80 % des patients atteints de SII, et que les effets se maintiennent sur le long terme. Ce n’est pas un effet placebo, ou alors c’est un placebo très puissant et durable, ce qui revient au même en termes de résultat. Mais au-delà des chiffres, ce qui est intéressant, c’est le mécanisme : l’hypnose modifie la manière dont votre cerveau interprète les signaux venant de votre ventre. Elle réduit l’hypervigilance, calme l’amygdale (le centre de la peur), et renforce le cortex préfrontal (la partie rationnelle et apaisante). En clair, elle redonne à votre cerveau la possibilité de filtrer les informations, au lieu de crier au feu à chaque étincelle.
Un exemple concret : une patiente que j’ai reçue, appelons-la Marie, avait un SII sévère avec des diarrhées impérieuses. Elle ne pouvait plus sortir de chez elle sans avoir repéré tous les toilettes sur son chemin. Les médicaments la constipaient ou lui donnaient des nausées. Après quelques séances d’hypnose, centrées sur la visualisation de son intestin comme un fleuve calme, et sur l’apprentissage d’une respiration qui active le nerf vague (le grand nerf de la relaxation), elle a commencé à espacer ses crises. Ce n’était pas miraculeux du jour au lendemain. Mais progressivement, elle a retrouvé une autonomie. Elle a pu aller au cinéma, puis au restaurant, puis faire un voyage en train. La clé n’était pas de « guérir » le côlon irritable, mais de lui redonner une place dans sa vie, au lieu qu’il occupe tout l’espace.
« L’hypnose ne guérit pas le côlon irritable comme on guérit une infection. Elle vous apprend à vivre avec lui sans qu’il dirige votre vie. Et parfois, en lâchant la lutte, le corps trouve son propre équilibre. »
Si vous avez l’impression d’avoir fait le tour des options médicales sans résultat durable, l’hypnose est une piste sérieuse. Elle ne remplace pas un suivi médical, mais elle le complète. Elle s’adresse à la partie de vous que les médicaments ne touchent pas : votre système nerveux, vos émotions, vos croyances sur la douleur.
Ce quatrième signe est plus subtil, mais tout aussi important. Vous avez peut-être entendu des phrases comme « Mais tu te fais du souci pour rien », « C’est dans ta tête », « Essaie de te détendre », « Mange mieux ». Peut-être que vous-même, vous vous dites : « Je suis faible », « Je n’arrive pas à gérer mon stress », « C’est de ma faute ». Cette culpabilité, cette honte, ce sentiment d’être un fardeau pour les autres, c’est une charge mentale énorme qui aggrave les symptômes.
Le côlon irritable est une maladie invisible. Vous avez l’air en pleine forme, mais à l’intérieur, c’est l’enfer. Personne ne voit la crampe, la nausée, l’urgence. Et comme la médecine vous dit que ce n’est « pas grave », vous finissez par douter de votre propre ressenti. C’est ce qu’on appelle la délégitimation de la douleur. Et c’est extrêmement toxique.
L’IFS est particulièrement puissant pour cela. Car il vous permet d’accueillir cette partie de vous qui se sent honteuse, ou coupable, ou en colère contre ce corps qui vous trahit. Vous pouvez lui dire : « Je te vois, je comprends que tu veuilles que tout ça s’arrête, et je suis là avec toi. » Ce n’est pas de la complaisance, c’est de la présence. Et souvent, quand on arrête de se battre contre soi-même, le corps s’apaise.
J’ai accompagné un homme, Marc, qui était cadre commercial. Il devait faire des déplacements et des repas d’affaires. Son SII était un cauchemar. Il se sentait humilié de devoir s’excuser pour aller aux toilettes en plein milieu d’une négociation. Il se disait : « Je ne suis pas un homme fort. » En travaillant avec l’Intelligence Relationnelle, on a mis à jour une croyance : « Un homme digne de ce nom ne montre pas ses faiblesses. » Cette croyance le coupait de son corps. L’hypnose lui a permis de renouer avec une sensation de sécurité intérieure, indépendamment du regard des autres. Il a appris à dire : « Je vais aux toilettes, je reviens dans cinq minutes », sans se justifier, sans honte. Et son ventre s’est détendu.
Si vous vous reconnaissez dans ce sentiment d’incompréhension ou de honte, sachez que votre corps vous parle. Il vous dit : « J’ai besoin que tu m’écoutes, que tu me prennes au sérieux, et que tu arrêtes de me juger. » L’hypnose est un espace où vous pouvez faire cela, sans filtre, sans performance.
Dernier signe, plus surprenant : vous êtes du genre à vous laisser porter par une histoire, un film, un roman. Vous avez de l’imagination. Peut-être que vous rêvassez facilement, ou que vous êtes sensible à l’ambiance d’un lieu. Peut-être que vous avez déjà eu des expériences où vous étiez tellement absorbé par une activité que vous avez perdu la notion du temps. Ce n’est pas un prérequis absolu pour l’hypnose, mais c’est un terrain fertile.
L’hypnose ericksonienne utilise beaucoup les métaphores. Je ne vais pas vous dire « imaginez votre intestin comme un tube qui se détend ». Je v
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.