3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Retrouver confiance en son corps malgré la douleur chronique.
« Je ne me reconnais plus dans ce corps. »
Cette phrase, je l’entends presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Elle vient de personnes qui, avant leur douleur chronique, avaient une relation neutre, parfois même joyeuse avec leur corps. Puis un jour, tout a basculé : un accident de voiture, une maladie inflammatoire, une fibromyalgie, un syndrome douloureux régional complexe. Le corps, autrefois allié ou simple véhicule du quotidien, est devenu un adversaire, une source de trahison permanente.
Quand votre corps vous fait mal en permanence, vous apprenez à le détester. Vous le regardez dans le miroir et vous ne voyez que ce qui ne va pas : cette épaule qui bloque, ce genou qui gonfle, ce ventre qui noue. Vous ne l’écoutez plus, vous le surveillez. Vous ne l’habitez plus, vous le subissez. Et progressivement, l’image que vous avez de vous-même se déforme, comme un reflet dans un miroir brisé.
L’image corporelle, ce n’est pas simplement « comment je trouve mon corps physiquement ». C’est la représentation mentale que vous avez de votre corps : sa forme, sa capacité, sa fiabilité, sa valeur. Quand la douleur chronique s’en mêle, cette image devient négative, fragmentée, parfois carrément hostile. Et c’est un cercle vicieux : plus vous avez une image négative de votre corps, plus vous êtes tendu, plus vous évitez de bouger, plus la douleur s’installe.
L’hypnose ericksonienne, couplée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, offre un chemin pour reconstruire cette image de l’intérieur. Pas en vous forçant à « penser positif » ou en niant la douleur, mais en allant rencontrer les parties de vous qui ont perdu confiance, qui se sont repliées, qui ont appris à haïr ce corps pour se protéger.
Voici comment cela se passe concrètement.
Commençons par comprendre le mécanisme. Votre cerveau possède une carte interne de votre corps, ce qu’on appelle le schéma corporel. Cette carte est dynamique : elle se met à jour en permanence grâce aux informations sensorielles que vous envoyez (toucher, mouvement, douleur). Quand vous avez mal, votre cerveau reçoit un signal d’alarme fort. Pour vous protéger, il va modifier cette carte.
Prenons un exemple concret, que j’appellerai celui d’Émilie. Émilie, 42 ans, souffre de douleurs neuropathiques au bras droit suite à une opération du canal carpien mal cicatrisée. Elle vient me voir après deux ans d’errance médicale. Elle me dit : « Je ne peux plus utiliser mon bras. Il est devenu un poids mort. Quand je le regarde, je vois un truc qui ne m’appartient pas. »
Ce qu’Émilie décrit, c’est une distorsion de l’image corporelle. Son cerveau, pour éviter la douleur, a progressivement « désinvesti » son bras droit. Il a réduit la place qu’il occupe dans sa carte mentale. Résultat : elle ne le sent plus vraiment, elle ne le contrôle plus vraiment, et visuellement, elle a l’impression qu’il est plus petit, plus faible, voire étranger.
Ce phénomène touche tout le monde différemment. Pour certains, c’est une zone précise (une jambe, un dos). Pour d’autres, c’est le corps entier qui devient un ennemi : « Je suis devenue cette personne qui boite, qui grimace, qui ne peut plus suivre les autres. » L’image corporelle ne concerne pas seulement la forme, mais aussi la fonction et l’identité. Quand vous ne pouvez plus faire ce que vous faisiez avant, votre corps devient le symbole de tout ce que vous avez perdu.
« Votre cerveau ne distingue pas une douleur physique d’une blessure émotionnelle. Quand vous haïssez votre corps, vous activez les mêmes circuits que si vous le frappiez. La reconstruction passe par la réconciliation. »
Cette déformation a des conséquences concrètes. Vous évitez de toucher la zone douloureuse, vous la protégez, vous la figez. Moins vous bougez, moins votre cerveau reçoit d’informations correctives, plus la carte se dégrade. C’est un engrenage. L’hypnose permet de casser ce cycle en fournissant de nouvelles informations sensorielles au cerveau, en douceur, sans forcer.
L’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, ne cherche pas à vous endormir ou à vous faire perdre le contrôle. Elle cherche à créer un état de conscience modifié où votre esprit devient plus réceptif aux suggestions et plus connecté à votre corps de manière nouvelle. C’est un état de concentration intérieure, de relaxation profonde, où la critique et la méfiance s’apaisent.
Concrètement, quand je reçois quelqu’un comme Émilie, je ne commence jamais par « imaginez que votre bras va mieux ». Ce serait un mensonge pour son cerveau, et il le rejetterait. Je commence par l’inviter à porter attention à son bras d’une manière totalement neutre, sans jugement. Par exemple : « Je vous invite à poser votre attention sur la sensation de la manche de votre pull contre votre poignet. Juste ça. Pas besoin de chercher la douleur ou le bien-être. Juste la sensation du tissu. »
Cette simple consigne a un effet puissant. Elle oblige le cerveau à envoyer de l’attention vers une zone qu’il avait appris à ignorer. C’est une micro-rééducation du schéma corporel. Ensuite, je peux progressivement élargir : « Et maintenant, pouvez-vous imaginer que cette sensation de tissu remonte doucement le long de votre avant-bras ? » L’imagination, en hypnose, est une réalité pour le cerveau. Les mêmes zones cérébrales s’activent.
Au fil des séances, on reconstruit une carte sensorielle positive de la zone douloureuse. On ne supprime pas la douleur (elle a ses raisons), mais on ajoute des couches d’informations nouvelles : la chaleur, le contact, le mouvement imaginé, la légèreté. Le cerveau, progressivement, intègre ces nouvelles données et modifie sa représentation. Émilie, après six séances, a pu me dire : « Mon bras, je le sens à nouveau. Il fait partie de moi. Il n’est plus une excroissance douloureuse. »
Cela ne signifie pas que sa douleur a disparu. Mais son rapport à son bras a changé. Elle peut le toucher sans dégoût, le bouger sans peur, le regarder sans hostilité. L’image corporelle commence à se réparer.
L’hypnose prépare le terrain, mais elle ne suffit pas toujours. Car la distorsion de l’image corporelle n’est pas seulement neurologique, elle est aussi émotionnelle. Il y a des parties de vous qui ont pris le contrôle pour vous protéger, et ces parties ont des croyances bien ancrées : « Si je déteste mon corps, il arrêtera de me faire souffrir. » « Si je le méprise, je le domine. » « Si je l’ignore, il n’existe pas. »
L’IFS (Internal Family Systems), que j’intègre systématiquement dans mon accompagnement, considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties », comme une famille intérieure. Certaines parties sont protectrices (elles vous poussent à éviter, à contrôler, à critiquer), d’autres sont exilées (elles portent des blessures anciennes). L’image corporelle négative est souvent portée par une partie protectrice très active.
Prenons un autre exemple, celui de Marc. Marc, 55 ans, ancien sportif, souffre d’arthrose lombaire. Il ne peut plus courir, plus soulever ses petits-enfants. Il me dit : « Je me regarde dans le miroir et je vois un vieux. Mon corps me trahit. » En l’écoutant, je perçois de la colère, mais aussi beaucoup de tristesse.
En séance d’hypnose, je l’invite à se connecter à cette partie critique. Pas pour la combattre, mais pour la comprendre. « Qu’est-ce que cette partie essaie de faire pour toi ? » La réponse, qui émerge spontanément : « Elle me pousse à être dur avec moi-même pour que je ne baisse pas les bras. Elle a peur que si je m’accepte comme ça, je devienne mou et que je perde tout. »
C’est une découverte clé. La partie qui hait son corps est en réalité une partie qui essaie de le sauver, à sa manière. Elle utilise la critique comme un moteur. Le problème, c’est que cette stratégie échoue : plus Marc se critique, plus il se tend, plus il a mal, plus il se sent diminué.
L’IFS permet de dialoguer avec cette partie, de la remercier pour son intention, puis de lui montrer une nouvelle voie. En hypnose, on peut lui demander de prendre un peu de recul, de faire confiance au « Soi » (la partie centrale, calme et compatissante de vous-même). Progressivement, la critique s’adoucit. Marc peut alors rencontrer la partie exilée : celle qui porte la tristesse d’avoir perdu ses capacités, la honte de ne plus être « le fort ». Cette partie a besoin d’être écoutée, consolée, intégrée.
« La haine de son corps est souvent une tentative maladroite de le protéger. Derrière chaque critique se cache une peur. Quand vous accueillez cette peur, la critique n’a plus de raison d’être. »
Après quelques séances, Marc a changé son discours. Il ne dit plus « mon vieux corps », mais « mon corps qui a besoin de nouveaux repères ». Il a recommencé à marcher, non pas pour performer, mais pour ressentir le plaisir du mouvement. Son image corporelle s’est élargie : elle inclut désormais la douleur, mais aussi la capacité d’adaptation, la résilience, la douceur.
Le troisième pilier de mon approche, c’est l’Intelligence Relationnelle. Ce terme, que j’emprunte à des travaux sur la communication non-violente et la psychologie humaniste, désigne la capacité à établir une relation saine avec soi-même et avec les autres. Et dans le cadre de l’image corporelle, il s’agit de réparer la relation que vous entretenez avec votre propre corps.
Posez-vous cette question : si votre corps était une personne, comment lui parleriez-vous ? Lui diriez-vous « merci de m’avoir porté aujourd’hui » ou « tu es nul, tu ne fais que des problèmes » ? La plupart des personnes douloureuses chroniques sont dans le deuxième cas. Elles ont développé un mode de communication interne violent, fait d’injonctions, de reproches, de mépris.
L’Intelligence Relationnelle, c’est apprendre à changer ce dialogue. Non pas en vous forçant à dire « je t’aime mon corps » si vous ne le pensez pas (ce serait hypocrite et inefficace), mais en adoptant une posture de curiosité et de négociation.
Par exemple, je propose souvent cet exercice à mes patients : « Ce soir, avant de vous endormir, posez une main sur la zone douloureuse. Pas pour la masser ou la forcer à se détendre. Juste pour l’accueillir. Et dites-lui, dans votre tête ou à voix basse : ‘Je reconnais que tu es là. Je reconnais que tu as mal. Je ne vais pas te forcer à changer maintenant. Je suis juste présent.’ »
Ce simple geste a un impact neurologique et émotionnel énorme. Il envoie au cerveau un signal de sécurité. Il réduit la réponse de stress. Il permet au corps de ne plus être en mode « combat ou fuite ». C’est une forme de trêve.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à dire non à ce que votre corps ne peut pas faire, sans le juger. C’est remplacer « je suis nul(le) parce que je ne peux plus porter ça » par « aujourd’hui, mon corps me dit que c’est trop. Je vais trouver une autre solution. » C’est un changement de posture qui, à force, redessine l’image que vous avez de vous-même.
Un patient, Thomas, souffrant de douleurs chroniques au dos, m’a raconté : « Avant, je me forçais à faire du sport pour ‘vaincre’ la douleur. Je finissais en larmes. Maintenant, je marche une demi-heure, et si mon dos dit stop, je m’arrête. Je ne me bats plus. Et bizarrement, je peux marcher plus souvent. » Ce n’est pas bizarre : c’est la logique de la relation réparée.
Je veux être honnête avec vous, comme je le suis avec tous mes patients. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne guérissent pas miraculeusement la douleur chronique. Elles ne font pas disparaître l’arthrose, la fibromyalgie ou les séquelles nerveuses. Si vous cherchez une méthode pour ne plus jamais avoir mal, ce n’est pas cela.
Ce que ces approches font, c’est changer votre relation à la douleur. Et en changeant cette relation, elles modifient votre image corporelle. Vous passez de « je suis un corps douloureux » à « j’ai un corps qui vit avec une douleur, mais qui est aussi capable de bien d’autres choses ». Ce changement de perspective a des effets physiologiques mesurables : baisse du cortisol, amélioration du sommeil, réduction des tensions musculaires, meilleure mobilité.
L’image corporelle positive, ce n’est pas de la vanité ou du déni. Ce n’est pas « je trouve mon corps beau alors qu’il est abîmé ». C’est : « je peux habiter mon corps sans peur, je peux le toucher sans dégoût, je peux le bouger sans appréhension, je peux le regarder avec une forme de neutralité bienveillante. »
C’est un processus. Certaines personnes ressentent un mieux-être après 4 à 5 séances. D’autres ont besoin d’un accompagnement plus long, surtout si la douleur s’accompagne de traumatismes anciens ou de troubles de l’image corporelle antérieurs (troubles alimentaires, complexes, etc.). L’important, c’est de commencer.
Si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire, voici une première étape concrète, à faire chez vous, ce soir ou demain matin.
Installez-vous dans un endroit calme. Asseyez-vous ou allongez-vous. Fermez les yeux. Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier, pendant trois cycles. Ensuite, amenez doucement votre attention sur la zone de votre corps qui vous pose problème (votre dos, votre jambe, votre ventre…). Ne cherchez pas à la changer. Observez-la comme si vous étiez un scientifique curieux. Quelle est la température de cette zone ? Y a-t-il une tension, une lourdeur, un vide ? Y a-t-il une couleur associée ? Une forme ?
Restez avec cette observation pendant une minute, sans jugement. Puis, placez votre main sur cette zone (si c’est accessible) et dites, dans votre tête ou à voix basse : « Je te reconnais. Tu es là. Je ne te demande rien pour l’instant. »
C’est tout. Ce n’est pas une solution miracle, c’est un premier pas pour rétablir une communication non-violente avec votre corps. Si vous sentez que cela résonne, vous pouvez répéter cet exercice chaque jour pendant une semaine.
Et si vous avez besoin d’aller plus loin, si vous sentez que votre image corporelle est devenue un obstacle à votre vie, je suis là. Dans mon cabinet à Saintes, ou en visio, je reçois des adultes qui veulent reconstruire cette relation abîmée. Pas pour effacer la douleur, mais pour retrouver une forme de paix intérieure. Vous pouvez me contacter pour un premier échange, sans engagement, juste pour poser vos mots et voir si cela fait sens pour vous.
Votre corps n’est pas votre ennemi. Il a juste besoin que vous le regardiez autrement. Et vous pouvez apprendre à le faire.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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