3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Gérer les intolérances thermiques liées à la fibromyalgie.
L’hiver dernier, Clara est venue me voir avec une lassitude qui dépassait la simple fatigue. « Je ne peux plus vivre comme ça », m’a-t-elle dit en posant ses deux mains à plat sur ses cuisses, comme pour stabiliser son corps. Elle souffrait de fibromyalgie depuis plusieurs années. Mais ce qui la minait le plus ces derniers mois, ce n’était pas seulement la douleur diffuse. C’était cette impossibilité à réguler sa température.
Elle portait trois couches de vêtements dans mon cabinet pourtant chauffé à 20 degrés. « Mon corps réagit comme si j’étais en pleine tempête de neige. Dès que la température baisse d’un degré, mes muscles se crispent, les douleurs s’intensifient, et je me sens gelée de l’intérieur. » À l’inverse, une simple douche tiède lui donnait l’impression que sa peau brûlait. Elle évitait les sorties en hiver, redoutait l’été, et s’isolait progressivement.
Son histoire n’a rien d’exceptionnel dans le cadre de la fibromyalgie. Les intolérances thermiques – qu’il s’agisse d’une sensibilité excessive au froid ou à la chaleur – touchent une majorité de personnes concernées. La médecine conventionnelle parle de dysrégulation du système nerveux autonome, mais ce constat n’aide pas toujours à retrouver une vie confortable.
C’est là que l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems), peut ouvrir une porte. Non pas pour faire disparaître la fibromyalgie, mais pour modifier la perception que votre cerveau a du froid et de la chaleur. Et cela change tout.
Avant de parler d’hypnose, il faut comprendre ce qui se passe dans le cerveau d’une personne fibromyalgique face à une variation de température. Imaginez votre système nerveux comme un régulateur de chauffage central. Chez une personne sans douleur chronique, ce régulateur fonctionne avec une marge de tolérance. Un vent frais ? Le corps resserre légèrement les vaisseaux sanguins, produit un peu de chaleur, et tout va bien. Une bouffée d’air chaud ? Il active la sudation et se refroidit.
Chez une personne fibromyalgique, ce régulateur est déréglé. Les recherches en neurosciences montrent que le seuil de tolérance est réduit. Là où une personne ordinaire ressent une gêne légère, vous ressentez une alerte maximale. Votre cerveau interprète le froid ou la chaleur comme une menace, même quand ils sont objectivement modérés.
Cette réponse amplifiée n’est pas un caprice, ni une sensibilité « psychologique » dans le sens péjoratif du terme. C’est un phénomène neurophysiologique réel. Le système limbique – la partie émotionnelle du cerveau – et le cortex somatosensoriel – qui traite les sensations physiques – se mettent en hypervigilance. Résultat : une exposition thermique banale déclenche une cascade de douleurs, de spasmes musculaires et d’inconfort général.
Je vois souvent des patientes qui passent leur temps à vérifier la météo, à ajuster le chauffage, à accumuler les couvertures ou les ventilateurs. Non par manie, mais par nécessité vitale. Pourtant, cette stratégie de contrôle a un coût : elle entretient un état d’alerte permanent. Plus vous luttez contre la sensation de froid, plus votre cerveau l’enregistre comme une urgence. Et plus il l’enregistre comme une urgence, plus la sensation s’intensifie. C’est un cercle vicieux que l’hypnose peut interrompre.
On me demande souvent : « L’hypnose va-t-elle m’empêcher d’avoir froid ? » La réponse est non, pas exactement. L’hypnose ne modifie pas la température de votre corps, ni celle de la pièce. Ce qu’elle modifie, c’est la manière dont votre cerveau interprète et réagit à cette information thermique.
Faisons une analogie. Imaginez que vous êtes dans une salle de cinéma. Sur l’écran, il y a un paysage enneigé. Vous pouvez voir la neige, ressentir une ambiance visuelle froide, mais votre corps ne se met pas à grelotter. Pourquoi ? Parce que votre cerveau sait que c’est une image, pas une réalité. Il peut décoder le symbole sans activer la réponse physiologique complète.
L’hypnose ericksonienne vous apprend à faire quelque chose de similaire avec les sensations thermiques. Elle ne vous demande pas de nier le froid ou la chaleur. Elle vous propose de changer votre relation à cette sensation. Au lieu de lutter contre elle, de la redouter, de l’amplifier par la peur, vous pouvez l’observer comme un signal, pas comme un ennemi.
« Ce que l’hypnose modifie, ce n’est pas le thermomètre, c’est le thermostat interne. Elle réapprend au cerveau à ne pas crier au feu dès qu’il sent une brise. »
Concrètement, en séance, nous utilisons des suggestions métaphoriques. Par exemple, l’image d’un radiateur intérieur que vous pouvez régler mentalement. Ou celle d’une couche protectrice qui filtre les variations brusques. Ces images ne sont pas magiques. Elles servent de levier pour que votre cerveau adopte un nouveau pattern de réponse. Avec la répétition, ce pattern peut devenir automatique, même hors séance.
Un patient sportif que j’accompagne en préparation mentale utilisait cette approche pour ses footings matinaux par temps froid. Avant, il se crispait dès les premiers mètres, et ses douleurs aux jambes s’installaient rapidement. Après quelques séances d’hypnose centrées sur la perception du froid, il a rapporté ceci : « Je sens encore le froid sur ma peau, mais mon corps ne se verrouille plus. C’est comme si j’avais un décalage entre la sensation et la réaction. »
Ce décalage est précisément ce que nous cherchons. Un espace entre le stimulus thermique et la réponse douloureuse. Plus cet espace s’agrandit, plus vous retrouvez de liberté.
L’hypnose seule peut déjà faire beaucoup. Mais dans mon cabinet, j’associe presque toujours l’approche IFS (Internal Family Systems) pour les cas de fibromyalgie, et particulièrement pour les intolérances thermiques. Pourquoi ? Parce que la perception du froid ou de la chaleur n’est jamais purement physique. Elle est toujours habitée par une histoire.
Je m’explique. L’IFS part du principe que notre psychisme est composé de différentes « parties » – des sous-personnalités qui portent des croyances, des émotions et des rôles spécifiques. Dans le cas d’une hypersensibilité au froid, il n’est pas rare de découvrir une partie qui s’est construite autour de la protection par l’évitement.
Prenons un exemple anonymisé. Marc, 42 ans, fibromyalgique depuis dix ans, avait une réaction quasi immédiate de douleur dès que la température passait sous 15 degrés. En explorant cette sensation en hypnose, nous avons rencontré une partie de lui qu’il a appelée « le gardien du gel ». Cette partie était apparue après un épisode d’hypothermie bénin lors d’une randonnée, plusieurs années avant le diagnostic de fibromyalgie. Depuis, elle surveillait la moindre baisse de température et déclenchait une alarme douloureuse pour le forcer à se protéger.
Cette partie n’était pas « méchante ». Elle essayait de l’aider, mais avec des moyens disproportionnés. En IFS, nous ne combattons pas ces parties. Nous les remercions, nous comprenons leur rôle, et nous négocions un nouveau contrat. Dans le cas de Marc, nous avons proposé à son « gardien du gel » de se reposer sur un système d’alerte plus nuancé. Il pouvait signaler le froid sans hurler la douleur.
« La partie de vous qui craint le froid a peut-être une bonne raison d’exister. Mais elle peut apprendre à communiquer autrement que par la douleur. »
Ce travail sur les parties est particulièrement efficace pour les intolérances thermiques car il désamorce le récit émotionnel qui entoure la sensation. Vous ne ressentez plus seulement « il fait froid, j’ai mal ». Vous commencez à percevoir « il fait froid, et une partie de moi s’inquiète, mais je peux l’écouter sans me laisser submerger ».
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter. Voici trois exercices simples, directement issus de ce que je propose à mes patients, pour commencer à modifier votre relation au froid ou à la chaleur.
Exercice 1 : La respiration thermique
Installez-vous confortablement, assis ou allongé. Portez votre attention sur votre respiration. À l’inspire, imaginez que vous accueillez l’air à une température neutre, ni froide ni chaude. À l’expire, visualisez que vous relâchez la sensation thermique inconfortable, comme si vous souffliez une buée. Répétez ce cycle pendant deux minutes. L’objectif n’est pas de supprimer la sensation, mais de créer un début de dissociation entre la respiration (autonome) et la perception thermique (souvent surcontrôlée).
Exercice 2 : La double attention
Quand vous ressentez une gêne liée au froid ou à la chaleur, au lieu de focaliser toute votre attention sur cette zone inconfortable, déplacez une partie de votre conscience sur une autre sensation neutre. Par exemple, la plante de vos pieds en contact avec le sol, ou le poids de vos vêtements sur vos épaules. Maintenez cette double attention pendant trente secondes. Cela apprend à votre cerveau qu’il peut traiter plusieurs sensations à la fois, sans être capturé par la seule sensation thermique.
Exercice 3 : Le cadran intérieur
Fermez les yeux et imaginez un petit cadran devant vous. Il est gradué de 0 à 10. 0 correspond à une température parfaitement neutre, 10 à la sensation la plus extrême (froid glacial ou chaleur brûlante). Sans chercher à changer la réalité, placez mentalement votre sensation actuelle sur ce cadran. Puis, visualisez-vous en train de tourner le cadran d’un cran vers le bas, très doucement. Ne forcez pas. Observez si votre corps réagit, même subtilement. Cet exercice active votre capacité neuroplastique à moduler la perception, sans lutte.
Ces exercices sont des amorces. Ils ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais ils vous montrent que votre cerveau peut apprendre de nouveaux chemins.
Je veux être honnête avec vous, comme je le suis avec tous mes patients. L’hypnose et l’IFS ne guérissent pas la fibromyalgie. Elles ne font pas disparaître le froid ou la chaleur. Elles ne vous transforment pas en super-héros insensible aux éléments.
Ce qu’elles font, c’est vous redonner un certain degré de contrôle là où vous n’en aviez plus. Elles réduisent l’intensité perçue, la fréquence des pics de douleur, et surtout la détresse émotionnelle liée à ces sensations. Quand Clara, la patiente du début, a commencé à travailler sur sa perception du froid, elle n’a pas soudainement pu se promener en t-shirt en décembre. Mais elle a pu sortir de chez elle sans trois couches, et sans que son corps ne se crispe au moindre courant d’air.
« J’ai toujours froid, m’a-t-elle dit après quelques séances. Mais ce n’est plus une tragédie. C’est juste une information. » Ce changement de statut – passer de l’alerte rouge à l’information – est énorme en termes de qualité de vie.
Il faut aussi comprendre que ces approches demandent un engagement. Une séance d’hypnose ne suffit pas toujours. Le cerveau a besoin de répétition pour installer de nouveaux circuits. C’est comme apprendre un instrument de musique : la première leçon ne fait pas de vous un virtuose. Mais avec de la pratique, les doigts trouvent leur chemin.
Je vois parfois des personnes arriver avec l’espoir d’une solution miracle, repartir déçues après une séance parce que « ça n’a pas marché ». La réalité, c’est que la modification de la perception thermique est un réapprentissage. Et comme tout apprentissage, il a besoin de temps, de régularité, et d’un cadre sécurisé.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans cette lutte quotidienne contre le froid ou la chaleur, je voudrais vous proposer une chose simple : arrêtez de vous battre seul.
Pas parce que vous êtes faible. Au contraire. Vous avez développé une force d’adaptation immense pour vivre avec cette hypersensibilité. Mais cette force peut être mieux employée. Au lieu de dépenser votre énergie à lutter contre votre propre système nerveux, vous pouvez apprendre à le guider.
Commencez par un des trois exercices que je vous ai donnés. Faites-le une fois par jour, pendant une semaine. Notez ce qui change, même infime. Peut-être que la sensation ne bougera pas. Mais peut-être que votre rapport à elle commencera à s’assouplir.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un cadre plus structuré, d’un accompagnement qui tienne compte de votre histoire unique et de vos parties, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert aux adultes qui traversent ce type de souffrance. Je reçois aussi en visio pour ceux qui sont éloignés ou dont la mobilité est réduite.
Vous n’avez pas à choisir entre avoir froid et avoir mal. Vous pouvez avoir froid et être en paix. Ce n’est pas un rêve. C’est une compétence qui s’apprend. Et je serais honoré de vous aider à la développer, à votre rythme.
Si cet article résonne en vous, prenez simplement contact. On se rencontrera, sans pression, pour voir si mon approche peut vous convenir. Parce que vous méritez de traverser l’hiver – et l’été – avec moins de combat, et plus de douceur envers vous-même.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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