3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole simple pour calmer vos crampes et ballonnements.
Vous lisez ces lignes parce que vous en avez assez. Assez de ces crampes qui vous plient en deux au milieu d’une réunion. Assez de ces ballonnements qui vous font rentrer chez vous le soir en déboutonnant votre pantalon, la main posée sur un ventre dur comme une planche. Assez de ces nuits hachées par des réveils en sursaut, le plexus en feu. Vous avez consulté. Plusieurs fois. Gastros, ostéos, naturopathes. Vous avez fait des régimes : sans gluten, sans lactose, sans FODMAPs. Vous avez avalé des litres de charbon, des probiotiques, des tisanes. Parfois ça marche un peu. Parfois pas du tout. Et au fond de vous, une voix vous susurre que « c’est dans votre tête ». Que vous êtes trop stressé, trop anxieux. Et cette voix, vous la détestez, parce qu’elle vous fait sentir coupable d’avoir mal, comme si vous fabriquiez vous-même votre souffrance.
Alors je vais être très clair : non, vous ne fabriquez pas vos douleurs. Mais votre cerveau et votre ventre, eux, dialoguent en permanence. Et parfois, ce dialogue tourne au vinaigre. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique depuis plus de dix ans à Saintes, n’est pas une baguette magique. C’est un traducteur. Elle va vous aider à réécrire le script de cette conversation nerveuse entre votre tête et votre intestin. Et dans la grande majorité des cas, en quatre séances, on obtient un changement tangible. Pas une guérison miracle, mais une vraie réduction des symptômes. Assez pour que vous retrouviez une vie normale. Assez pour que vous arrêtiez de planifier votre journée autour de vos toilettes.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi ça marche, comment ça se déroule concrètement, et ce que vous pouvez faire dès ce soir pour amorcer le mouvement. On ne va pas parler de « guérison » – je ne suis pas médecin et je ne remplace aucun suivi médical – mais on va parler de soulagement durable.
Avant de parler hypnose, il faut comprendre le mécanisme. Votre système digestif est piloté par un réseau complexe de neurones qu’on appelle parfois le « deuxième cerveau ». Il compte environ 500 millions de neurones, soit plus que la moelle épinière. Ce réseau est relié à votre cerveau central via le nerf vague, une autoroute d’informations qui descend du crâne jusqu’au côlon.
Normalement, ce dialogue est fluide. Votre cerveau dit : « Je mange, c’est l’heure de digérer », et votre intestin s’exécute. Mais quand vous êtes en stress chronique – travail, vie familiale, anxiété latente – votre cerveau passe en mode alerte. Il active le système sympathique, celui de la lutte ou de la fuite. Et il envoie un message clair à votre ventre : « On se calme sur la digestion, on a des choses plus urgentes à gérer. » Résultat : le péristaltisme ralentit, les sécrétions enzymatiques diminuent, les muscles de la paroi intestinale se contractent de façon désordonnée. Vous ressentez des spasmes, des ballonnements, des douleurs.
« Votre ventre n’est pas détraqué. Il réagit normalement à un signal d’alarme anormal. Le problème, c’est que l’alarme reste allumée même quand il n’y a pas de danger. »
Ce que beaucoup de personnes ignorent, c’est que ce phénomène s’auto-entretient. La douleur abdominale elle-même devient un facteur de stress. Vous avez peur d’avoir mal, donc vous vous crispez avant même de manger. Votre cerveau anticipe la crampe, et cette anticipation suffit à déclencher la crampe. C’est un cercle vicieux classique. L’hypnose va intervenir à deux niveaux : d’abord en calmant le système nerveux central (votre cerveau), ensuite en redonnant des consignes apaisantes au système nerveux entérique (votre ventre). Vous n’allez pas « forcer » votre intestin à se détendre. Vous allez lui donner la permission de le faire.
L’hypnose ericksonienne – du nom du psychiatre américain Milton Erickson – ne fonctionne pas comme l’hypnose de spectacle. Personne ne vous fera chanter comme une poule ou oublier votre prénom. L’idée est d’induire un état de conscience modifié, un peu comme la rêverie légère qui précède le sommeil, mais en restant pleinement conscient. Dans cet état, votre esprit critique s’abaisse, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions.
Concrètement, en séance, je vais vous guider avec des images, des métaphores, des sensations. Je ne dirai pas : « Vous n’avez plus mal. » Votre inconscient n’y croirait pas et rejetterait la suggestion. Je vais plutôt dire : « Vous pouvez remarquer comment votre respiration, en descendant doucement, trouve un chemin vers cette zone de tension… et comment, à chaque expiration, cette tension peut se dissiper un peu plus… » C’est une approche indirecte, respectueuse de votre rythme.
Ce qui est fascinant, c’est que des études en imagerie médicale le confirment. Sous hypnose, on observe une modification de l’activité du cortex insulaire et du cortex cingulaire antérieur – les zones du cerveau qui traitent la douleur et les sensations viscérales. En clair, votre cerveau apprend à interpréter les signaux venus du ventre de façon moins alarmiste. Une contraction intestinale normale, qui serait perçue comme une crampe, redevient une simple contraction. Le volume de la douleur baisse.
Pour les personnes qui souffrent de syndrome de l’intestin irritable (SII), c’est particulièrement efficace. Une méta-analyse de 2020 (Peters et al., Alimentary Pharmacology & Therapeutics) montre que l’hypnose réduit les symptômes du SII chez 70 à 80 % des patients, avec des effets qui se maintiennent sur le long terme. Et ça ne se limite pas au SII : les douleurs abdominales fonctionnelles, les colites spasmodiques, les reflux liés au stress répondent aussi très bien.
La première séance, c’est un peu comme un premier rendez-vous. On fait connaissance. Je vous pose des questions précises : quand la douleur est-elle apparue ? Dans quelles circonstances ? Quelle est sa qualité – coup de poignard, brûlure, pesanteur ? À quel moment de la journée est-elle la plus forte ? Qu’est-ce qui la calme, qu’est-ce qui l’aggrave ?
Je vous explique aussi le protocole. Quatre séances, espacées d’une à deux semaines, avec des exercices à faire chez vous entre les séances. L’hypnose, ce n’est pas une passivité. C’est un apprentissage. Vous allez devenir votre propre hypnothérapeute.
La première induction est très douce. Je vous propose de vous installer confortablement, de fermer les yeux, et de porter votre attention sur votre respiration. Mais pas n’importe comment. Je vais vous guider vers ce que j’appelle la respiration abdominale inversée. En temps normal, quand on inspire, le ventre se gonfle. Pour beaucoup de personnes douloureuses, ce mouvement déclenche une crispation. On va donc inverser : à l’inspiration, vous imaginez que votre ventre se creuse légèrement, comme si vous aspiriez l’air vers le haut. À l’expiration, vous laissez le ventre se relâcher, s’arrondir. Ça semble contre-intuitif, mais ça désamorce immédiatement la tension réflexe.
À la fin de cette première séance – qui dure environ une heure – je vous donne un enregistrement audio de 10 minutes. Vous écouterez cette voix chaque soir avant de dormir, ou chaque fois que vous sentez les crampes monter. Le but n’est pas de faire disparaître la douleur tout de suite. Le but est que vous expérimentiez une fois, même 30 secondes, un état où votre ventre n’est pas en guerre contre vous.
La deuxième séance, c’est là que ça devient intéressant. Vous avez écouté l’audio, vous avez peut-être senti des micro-changements. Une sensation de chaleur dans le ventre. Un relâchement inattendu en pleine journée. Ou rien du tout – et c’est normal aussi. L’hypnose n’est pas une compétition.
Je vais maintenant vous emmener plus loin avec une métaphore. Je vous propose d’imaginer votre système digestif comme un jardin. Il y a des allées (les intestins), des parterres (les organes), et un système d’arrosage (les nerfs et les vaisseaux). Quand le jardinier est stressé, il arrose trop, ou pas assez, il marche sur les plates-bandes, il arrache les plantes par nervosité. Le jardin devient chaotique.
Sous hypnose, je vais vous guider pour que vous deveniez ce jardinier calme, compétent, qui ajuste le débit d’eau, qui prend le temps de désherber en douceur. Cette métaphore n’est pas un joli discours. Elle agit directement sur votre système nerveux autonome. Votre inconscient ne fait pas la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginée de façon vivante. Si vous visualisez votre intestin comme un tuyau souple qui se détend, votre corps va réellement envoyer des signaux de relaxation à cette zone.
Je travaille aussi avec des sensations de chaleur et de poids. Par exemple, je vous suggère que vous posez une main imaginaire, chaude et lourde, sur votre ventre. Cette main a le pouvoir de « fondre » les tensions. Les personnes hypersensibles ressentent parfois une véritable chaleur physique. C’est le signe que le système nerveux parasympathique – celui de la détente – a pris le relais.
À la fin de cette séance, vous repartez avec un nouvel exercice : la visualisation du jardin. Vous allez la pratiquer 5 minutes, deux fois par jour. Pas plus. La régularité compte plus que la durée.
« Votre inconscient est un élève brillant mais lent. Il a besoin de répétitions pour intégrer un nouveau programme. Chaque visualisation est une révision de ce programme de paix intestinale. »
La troisième séance aborde la partie la plus délicate : le lien entre vos émotions et vos douleurs. Vous avez peut-être remarqué que vos crampes surviennent dans des contextes précis. Avant une réunion importante. Après une dispute. Le dimanche soir, à l’idée de la semaine qui commence. Ou au contraire, dans des moments de « vide » où votre cerveau n’est plus occupé et où l’anxiété remonte.
Je ne vais pas vous demander de « parler de vos problèmes ». Ce n’est pas une psychothérapie classique. Je vais plutôt utiliser l’hypnose pour vous aider à désamorcer ces déclencheurs. On appelle ça la dissociation thérapeutique.
Concrètement, je vous guide vers un état d’hypnose, puis je vous invite à visualiser une situation qui déclenche habituellement votre douleur. Mais on va le faire en « écran de cinéma ». Vous êtes dans la salle, confortablement installé, et vous regardez la scène sur un écran. Vous pouvez ajuster la luminosité, le son, la distance. Si la scène devient trop intense, vous avez une télécommande pour mettre sur pause ou passer en noir et blanc.
Cette technique permet à votre cerveau de revivre le déclencheur sans activer la réponse de stress. Petit à petit, le lien entre l’émotion et la crampe se distend. Vous n’effacez pas l’émotion – elle est légitime – mais vous empêchez qu’elle se traduise immédiatement par une contraction douloureuse.
Je vous apprends aussi un signal de sécurité : un geste simple, comme poser votre main sur votre sternum, associé à une respiration spécifique. Vous pourrez utiliser ce geste en situation réelle, discrètement, pour calmer le système nerveux en moins de 30 secondes. C’est un outil de première ligne, comme un bouton « reset » pour votre ventre.
La quatrième séance est celle de l’intégration. On fait le point sur les trois semaines écoulées. Les douleurs ont-elles diminué en fréquence ? En intensité ? Avez-vous identifié des moments où vous avez réussi à les désamorcer ? Certaines personnes constatent une réduction de 50 à 70 % des symptômes. D’autres, plus modestement, remarquent qu’elles passent moins de temps aux toilettes, ou que les ballonnements sont moins invalidants.
Je renforce alors les ancrages que nous avons installés. Un ancrage, c’est un stimulus (un mot, un geste, une respiration) qui déclenche automatiquement un état de relaxation. Par exemple, le mot « calme » prononcé mentalement en inspirant, associé à la sensation de chaleur dans le ventre. Avec la répétition, ce mot suffira à activer le parasympathique.
Je vous donne aussi un protocole de « maintenance ». Une fois par semaine, vous refaites l’exercice de la visualisation du jardin. Et à la moindre alerte – une crampe qui revient, une période de stress intense – vous reprenez l’audio quotidien pendant quelques jours. L’idée n’est pas de devenir dépendant de l’hypnose, mais d’avoir des outils dans votre boîte à outils.
Je termine toujours cette séance par une suggestion post-hypnotique de confiance. Quelque chose comme : « Vous savez maintenant que votre corps sait retrouver son équilibre. Et chaque fois que vous sentirez cette chaleur monter dans votre ventre, vous saurez que vous êtes sur la bonne voie. »
Je dois être clair : l’hypnose ne remplace pas un diagnostic médical. Si vous avez des douleurs abdominales, vous devez d’abord consulter un médecin pour écarter une cause organique (maladie inflammatoire chronique, infection, tumeur, etc.). L’hypnose est indiquée pour les douleurs dites « fonctionnelles », celles où les examens ne montrent pas de lésion mais où la douleur est bien réelle.
L’hypnose ne guérit pas non plus les pathologies structurelles. Si vous avez une colite ulcéreuse ou une maladie de Crohn, l’hypnose peut réduire les symptômes associés au stress et améliorer la qualité de vie, mais elle ne remplace pas votre traitement médical. Ne stoppez jamais un traitement prescrit par votre médecin sans son accord.
Enfin, l’hypnose n’est pas efficace à 100 %. Certaines personnes ne parviennent pas à entrer en état d’hypnose, ou n’obtiennent qu’un bénéfice minime. Dans ce cas, je les oriente vers d’autres approches : thérapie cognitivo-comportementale, cohérence cardiaque avancée, ou travail corporel. Mon job n’est pas de vous garder en séance, c’est de vous aider à aller mieux, par le chemin qui vous convient.
Vous n’avez pas besoin d’attendre un rendez-vous pour commencer à apaiser votre ventre. Voici un exercice simple, que je donne à tous mes patients en attendant la première séance.
Installez-vous dans un endroit calme. Posez une main sur votre sternum, l’autre sur votre ventre, juste sous le nombril. Fermez les yeux. Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu’à 4. En inspirant, imaginez que votre main sur le sternum se soulève très légèrement, comme si l’air montait vers le haut de la poitrine. N’essayez pas de gonfler le ventre. Expirez par la bouche en comptant jusqu’à 6, en laissant le ventre se relâcher complètement, comme un ballon qui se dégonfle.
Répétez ce cycle 10 fois. Ne cherchez pas à « vider » votre esprit. Laissez les pensées passer comme des nuages. Portez juste votre attention sur le mouvement de vos mains. À la fin, restez immobile 30 secondes, et observez les sensations dans votre ventre. Peut-être une chaleur diffuse, un picotement, ou simplement une sensation d’espace.
Faites-le chaque soir avant de dormir. Ce n’est pas magique. C’est un signal que vous envoyez à votre système nerveux : « On peut
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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