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Fibromyalgie et anxiété : pourquoi l'hypnose brise ce cercle vicieux

Un double traitement pour apaiser corps et esprit.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Je reçois encore aujourd’hui des personnes qui me disent : « On m’a dit que j’avais une fibromyalgie, mais personne ne m’a vraiment expliqué pourquoi j’ai mal partout sans raison. Et surtout, on me dit que c’est dans ma tête. Alors je finis par douter de moi. »

Si tu te reconnais dans ces mots, sache une chose : tu n’imagines pas ta douleur. Elle est bien réelle, et le lien avec ton anxiété n’est pas une invention, mais un mécanisme physiologique et émotionnel que l’on commence seulement à bien comprendre. Dans cet article, je vais te montrer comment la fibromyalgie et l’anxiété s’alimentent mutuellement, et surtout pourquoi l’hypnose ericksonienne, associée à l’IFS et à l’Intelligence Relationnelle, peut briser ce cercle vicieux.

Quand la douleur devient une seconde peau

Prenons l’exemple de Claire (prénom modifié), une femme de 42 ans que j’ai reçue il y a quelques mois. Elle courait les marathons il y a encore cinq ans, jusqu’au jour où ses jambes ont commencé à la brûler sans raison apparente. Les examens médicaux ? Normaux. Les rhumatologues ? « C’est une fibromyalgie, on ne peut pas grand-chose. » Elle est passée de sportive accomplie à une personne qui redoutait de se lever le matin.

Ce que Claire ne m’a pas dit tout de suite, c’est qu’elle vivait avec une anxiété de fond depuis l’adolescence. Pas une anxiété paralysante, non, plutôt cette petite voix intérieure qui lui disait : « Fais plus, sois parfaite, ne montre pas ta fragilité. » Cette voix, elle l’avait tellement intériorisée qu’elle ne l’entendait même plus. Mais son corps, lui, l’entendait.

Dans la fibromyalgie, le système nerveux central est comme un détecteur de fumée hyper-sensible. Un rien – une émotion, une pensée, un geste banal – déclenche une alarme douloureuse. L’anxiété, de son côté, maintient ce détecteur en état d’alerte permanent. Résultat : ton cerveau interprète des signaux normaux (une caresse, un mouvement) comme des menaces. Tu vis en mode survie, même quand tu es allongée sur ton canapé.

« La douleur chronique n’est pas un problème de tissus abîmés, mais un problème de perception. Et la perception, on peut la travailler. »

Pourquoi ton cerveau ne « lâche » pas la douleur

Tu as sûrement déjà entendu cette phrase : « Essaie de te détendre, ça te fera du bien. » Sauf que quand tu es en plein dans une crise de fibromyalgie, te détendre semble aussi inaccessible que de courir un marathon. Et si tu forces, tu te tends encore plus.

C’est là que le cercle vicieux s’installe. Voici comment il fonctionne, étape par étape :

  1. Tu ressens une douleur (par exemple, dans le bas du dos ou les épaules).
  2. Ton cerveau active une réponse de stress : « Attention, danger ! »
  3. Ton corps produit du cortisol et de l’adrénaline pour te préparer à fuir ou combattre.
  4. Ces hormones augmentent la sensibilité nerveuse – la douleur devient plus intense.
  5. Tu commences à anticiper la douleur : tu évites certains mouvements, certaines activités, certaines interactions sociales.
  6. Ton monde rétrécit, ce qui génère de l’anxiété sociale, de la frustration, de la tristesse.
  7. L’anxiété entretient la tension musculaire, qui elle-même alimente la douleur.

Tu vois le piège ? Plus tu luttes contre la douleur, plus tu la renforces. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de programmation neuro-émotionnelle.

Claire, par exemple, avait développé une stratégie inconsciente : elle se « raidissait » intérieurement dès qu’elle sentait une gêne, comme pour se protéger. Mais ce raidissement, c’était exactement ce qui entretenait ses crampes et ses brûlures. Elle était devenue son propre geôlier.

L’hypnose ericksonienne : réapprendre à ton cerveau à ne plus avoir peur de la douleur

Je pratique l’hypnose ericksonienne depuis plus de dix ans, et c’est l’outil que j’utilise en premier avec les personnes fibromyalgiques. Pourquoi ? Parce qu’elle ne cherche pas à supprimer la douleur par la force, mais à changer la relation que tu entretiens avec elle.

Milton Erickson, le père de cette approche, disait : « Le patient a toutes les ressources en lui. Mon rôle est de l’aider à les trouver. » Dans la fibromyalgie, ces ressources sont souvent enfouies sous des années de tension et d’anxiété. L’hypnose permet d’y accéder sans passer par la volonté consciente.

Concrètement, que se passe-t-il en séance ?

  • On installe un état de relaxation profonde : pas un simple « détends-toi », mais une véritable modification de ton état de conscience. Tu restes maître de toi, mais ton mental critique s’apaise.
  • On travaille sur les métaphores : par exemple, je peux te proposer d’imaginer que ta douleur est une alarme trop sensible, et que tu as le bouton pour régler son seuil de déclenchement.
  • On désamorce les ancrages négatifs : un geste, une odeur, un mot peuvent déclencher une montée d’anxiété. En hypnose, on peut « reconditionner » ces déclencheurs.

Un exemple avec Claire : lors d’une séance, je lui ai proposé de visualiser sa douleur comme un fil électrique qui chauffait dans son dos. Au lieu de le couper (ce qui aurait été une résistance), elle a imaginé poser un tissu frais autour. En quelques minutes, sa respiration s’est modifiée, ses épaules ont lâché, et elle m’a dit : « C’est étrange, la brûlure s’est transformée en une sensation de chaleur supportable. »

Ce n’était pas magique. C’était son cerveau qui, en état hypnotique, avait trouvé une nouvelle manière de traiter l’information douloureuse. Et cette nouvelle manière, on peut la consolider séance après séance.

L’IFS (Internal Family Systems) : accueillir les parties qui ont peur

L’hypnose seule est puissante, mais elle ne suffit pas toujours. Parce que derrière la douleur, il y a souvent une partie de toi qui a un rôle caché. C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) entre en jeu.

L’IFS, c’est l’idée que notre psyché est composée de multiples « parties » – des sous-personnalités qui ont des émotions, des croyances et des comportements propres. Par exemple :

  • Une partie perfectionniste qui te pousse à en faire toujours plus.
  • Une partie protectrice qui te raidit pour éviter la douleur.
  • Une partie enfant blessée qui porte des souvenirs d’abandon ou de rejet.

Dans la fibromyalgie, j’observe souvent une partie anxieuse qui croit que si elle arrête de surveiller ton corps, quelque chose de grave va arriver. Alors elle maintient une vigilance constante, qui se traduit par des tensions musculaires et une hypervigilance douloureuse.

Le travail en IFS, c’est d’entrer en dialogue avec cette partie, non pas pour la combattre, mais pour la comprendre. Et c’est là que la magie opère.

« Chaque partie a une intention positive, même celle qui te fait souffrir. La comprendre, c’est déjà commencer à l’apaiser. »

Prenons un cas concret : un patient que j’appellerai Marc, 50 ans, ancien rugbyman. Il souffrait de fibromyalgie depuis dix ans, avec des douleurs dans les épaules et les cervicales. En séance d’IFS, il a identifié une partie qu’il a appelée « Le Soldat ». Cette partie le tenait droit, les épaules en arrière, même quand il était seul chez lui. Pourquoi ? Parce que Le Soldat avait été créé à l’adolescence, quand Marc devait « encaisser » les moqueries de ses camarades sans broncher. Cette partie croyait que si elle lâchait la posture, il s’effondrerait.

En accueillant Le Soldat avec bienveillance, Marc a pu lui dire : « Je sais que tu as fait ton boulot pendant des années. Maintenant, tu peux te reposer. Je suis adulte, je peux gérer. » Résultat ? Ses épaules ont commencé à se détendre de manière durable, et ses douleurs ont diminué de façon significative.

L’IFS ne remplace pas l’hypnose. Il la complète. L’hypnose ouvre la porte de l’inconscient, et l’IFS t’aide à y faire le ménage avec douceur.

L’Intelligence Relationnelle : sortir de l’isolement

Il y a un autre facteur que l’on sous-estime dans la fibromyalgie : la relation à l’autre. Quand tu souffres au quotidien, tu as tendance à t’isoler. Tu annules des soirées, tu évites les discussions sur ta santé (par peur d’ennuyer), tu te sens incomprise. Et cet isolement nourrit l’anxiété.

L’Intelligence Relationnelle, c’est un ensemble d’outils que j’enseigne à mes patients pour rétablir une communication authentique avec eux-mêmes et avec les autres. Pas pour devenir un « bon communicant » formaté, mais pour sortir du silence et de la culpabilité.

Concrètement, cela peut passer par :

  • Apprendre à poser des limites : dire non à une sortie quand tu es fatiguée, sans te justifier pendant dix minutes.
  • Exprimer tes besoins sans te plaindre : « J’ai besoin de m’asseoir cinq minutes, ça me ferait du bien » au lieu de « Je suis désolée, je suis nulle, je n’y arrive plus ».
  • Reconnaître les signaux de ton corps : avant de ressentir la douleur, il y a souvent une tension, une oppression, une respiration qui se bloque. L’Intelligence Relationnelle t’apprend à les repérer et à agir avant la crise.

Claire, par exemple, avait une amie proche qui lui disait régulièrement : « Mais tu as l’air bien pourtant, tu exagères peut-être ? » Cette phrase la blessait énormément, mais elle n’osait pas répondre. En travaillant sur son intelligence relationnelle, elle a appris à dire : « Je comprends que tu ne voies pas ma douleur, mais elle est réelle. Ce dont j’aurais besoin, c’est que tu me croies sans me juger. » Cette simple phrase a transformé sa relation avec son amie, et a réduit son stress social.

L’isolement est un terreau fertile pour l’anxiété. En rétablissant des liens authentiques, tu désamorces une partie du cercle vicieux.

Ce que ces trois approches font (et ne font pas)

Je veux être honnête avec toi. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne feront pas disparaître ta fibromyalgie du jour au lendemain. Et si quelqu’un te promet une guérison miraculeuse en trois séances, méfie-toi.

Voici ce qu’elles peuvent vraiment faire :

Réduire l’intensité des douleurs de manière significative (souvent de 30 à 60 %). ✅ Diminuer la fréquence des crises en apprenant à ton système nerveux à se réguler. ✅ Améliorer la qualité du sommeil (un des premiers bénéfices que mes patients rapportent). ✅ Restaurer une relation apaisée avec ton corps (tu passes de l’ennemi à l’allié). ✅ Te redonner un sentiment de contrôle sur ta vie, alors que la fibromyalgie te l’a volé.

Ce qu’elles ne font pas :

❌ Elles ne remplacent pas un suivi médical. Je travaille toujours en complément des médecins traitants, rhumatologues ou kinésithérapeutes. ❌ Elles ne suppriment pas complètement la douleur pour tout le monde. Chaque personne est unique. ❌ Elles ne sont pas une solution rapide. Le chemin se fait à ton rythme, pas à celui d’un protocole.

Mais franchement, si tu pouvais passer de 7/10 de douleur à 3/10, et que tu pouvais renouer avec des activités que tu aimes, est-ce que cela ne vaudrait pas la peine d’essayer ?

Un premier pas concret que tu peux faire maintenant

Avant de conclure, je voudrais te proposer un exercice simple, que tu peux faire chez toi, tout de suite, sans matériel. Il s’inspire de l’hypnose et de l’IFS, et il est conçu pour commencer à briser le cercle vicieux anxiété-douleur.

  1. Trouve une position confortable : assise ou allongée, peu importe. Ferme les yeux si tu le souhaites.
  2. Porte ton attention sur ta respiration : inspire par le nez, expire par la bouche, un peu plus longuement. Fais-le trois fois.
  3. Amène ta main là où tu ressens la douleur ou la tension (sans forcer, juste posée).
  4. Demande à cette partie de ton corps (mentalement) : « Qu’est-ce que tu ressens, là, maintenant ? » Pas une analyse, juste une sensation.
  5. Accueille la réponse étonnamment, sans jugement. Peut-être que c’est une brûlure, une pression, un vide. Reste avec cette sensation 30 secondes.
  6. Ensuite, demande-lui : « Qu’est-ce que tu aurais besoin que je sache ? » Laisse venir une phrase, une image, un souvenir. Ne force pas.
  7. Termine en remerciant cette partie – oui, même si elle te fait souffrir. Elle a tenté de te protéger à sa manière.
  8. Reviens doucement, en bougeant les doigts, en ouvrant les yeux.

Cet exercice ne va pas tout résoudre, mais il va commencer à installer une nouvelle relation avec ta douleur. Au lieu de la combattre, tu l’écoutes. Et parfois, c’est le premier pas vers l’apaisement.

Pourquoi je t’écris tout cela

Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et j’accompagne des adultes qui vivent avec une fibromyalgie ou des douleurs chroniques. Ce que j’ai vu dans mon cabinet, c’est que la plupart des personnes qui souffrent ont déjà tout essayé : médicaments, kiné, régimes, médecines douces. Elles sont épuisées, et souvent, elles se sentent seules.

L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des solutions miracles, mais ce sont des outils qui permettent de reprendre le gouvernail. Tu n’es pas condamné à subir. Tu peux apprendre à apaiser ton système nerveux, à comprendre les parties de toi qui ont peur, et à rétablir des liens qui te nourrissent.

Si ce que j’ai écrit résonne en toi, je t’invite à me contacter. Je propose un premier échange, sans engagement, pour que l’on puisse discuter de ta situation, de tes attentes, et voir si ces approches peuvent t’aider. Tu peux m’appeler ou m’écrire via mon site thierrysudan.com.

Parce que tu mérites de vivre, pas seulement de survivre. Et parfois, il suffit d’un premier pas pour que le chemin s’éclaire.

Prends soin de toi.

Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)

À propos de l'auteur

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Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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