3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Explication des allodynies et solutions hypnotiques.
« Le simple contact d’un drap sur ma peau me brûle comme si on m’arrosait d’acide. Mon mari ne peut plus me prendre dans ses bras sans que je hurle. Je ne supporte même plus une caresse de mon enfant. »
Quand on me raconte ça en consultation, je vois bien la détresse dans le regard. Pas seulement celle de la douleur. Celle de la solitude, de l’incompréhension. Parce qu’une allodynie — ce nom savant pour dire que des stimuli normalement indolores deviennent douloureux — c’est une condamnation à s’isoler. À ne plus pouvoir être touché. À devoir choisir entre la souffrance et la privation de contact humain.
Et pourtant, depuis des années, j’accompagne des personnes fibromyalgiques à Saintes. Et je vois quelque chose qui change : l’hypnose ne guérit pas la fibromyalgie — soyons clairs — mais elle permet souvent de réduire cette sensibilité au toucher. Pas par magie. Par un travail sur la perception, sur l’interprétation que fait le cerveau du signal tactile.
Alors comment ça marche, concrètement ? Qu’est-ce qui se joue dans le système nerveux quand le simple effleurement d’un vêtement devient une torture ? Et surtout, qu’est-ce que l’hypnose peut vraiment faire pour toi, si tu vis ça au quotidien ?
Avant de parler solutions, il faut comprendre le mécanisme. Parce que quand on comprend, on arrête de se sentir fou.
L’allodynie, c’est une distorsion de la perception tactile. Dans la fibromyalgie, le système nerveux central est en hypervigilance permanente. Il traite des informations tactiles normales — un contact léger, une pression douce — comme s’il s’agissait de signaux de danger. Le cerveau, qui devrait filtrer et classer ces sensations comme « inoffensives », les amplifie et les transforme en douleur.
C’est un peu comme si le volume de ton système auditif était bloqué au maximum : même un murmure devient assourdissant. Pour le toucher, c’est pareil. Les récepteurs cutanés envoient un message normal, mais le cerveau le lit en mode « alerte rouge ». Il active alors les réseaux de la douleur, du stress, de la protection.
Il y a plusieurs types d’allodynie :
Ce qui est terrible, c’est que cette hypersensibilité n’est pas « dans ta tête » au sens où elle serait imaginaire. Elle est bien réelle, mesurable, avec des modifications de l’activité cérébrale. Mais elle est aussi modulable. Parce que le cerveau n’est pas une machine figée. Il peut réapprendre à interpréter les signaux autrement.
« L’allodynie, ce n’est pas un problème de peau. C’est un problème de lecture. Le toucher reste doux, c’est le cerveau qui le lit comme une agression. »
C’est là que l’hypnose entre en jeu. Elle agit directement sur cette lecture, sur la façon dont le cerveau filtre, amplifie ou atténue les sensations.
Si tu as une fibromyalgie, tu as probablement essayé des antalgiques, des anti-inflammatoires, peut-être même des opioïdes. Et tu as constaté que ça ne marchait pas, ou très mal. Pourquoi ?
Parce que la douleur fibromyalgique n’est pas une douleur inflammatoire classique. Elle n’est pas causée par des lésions tissulaires, des muscles abîmés ou des articulations enflammées. C’est une douleur neuropathique et centrale. Le problème n’est pas à l’endroit où ça fait mal, mais dans la façon dont le système nerveux central traite l’information.
Les antalgiques classiques agissent sur les voies périphériques de la douleur. Ils bloquent la transmission du signal au niveau du site douloureux. Mais si le problème est dans le cerveau lui-même, dans les réseaux qui amplifient ou inhibent la douleur, ces médicaments sont comme un pompier qui arrose le toit alors que le feu est dans la cave.
Les traitements qui fonctionnent un peu mieux sont ceux qui agissent sur les neuromédiateurs : certains antidépresseurs (comme la duloxétine) ou antiépileptiques (comme la prégabaline). Mais ils ont des effets secondaires lourds et ne soulagent pas tout le monde.
C’est pourquoi de plus en plus de personnes cherchent des approches non médicamenteuses. Et l’hypnose, dans ce cadre, n’est pas une alternative aux traitements médicaux. Elle est une complémentaire qui agit sur un levier que les médicaments ne touchent pas : la perception consciente et inconsciente du signal douloureux.
Quand je travaille avec quelqu’un qui souffre d’allodynie, je ne cherche pas à lui faire croire qu’elle n’a pas mal. Ce serait malhonnête et inefficace. Je travaille sur le filtre perceptif.
L’hypnose, c’est un état modifié de conscience. Dans cet état, le cerveau est plus réceptif aux suggestions et moins sur la défensive. On peut alors accéder à des zones qui, dans l’état ordinaire, sont verrouillées par l’hypervigilance.
Concrètement, voici ce qu’on peut faire :
1. La dissociation sensorielle : On apprend à séparer la sensation tactile de l’interprétation douloureuse. Par exemple, je peux suggérer que la main qui touche envoie un signal, mais que ce signal est « lu » comme une simple information, sans déclencher l’alarme douleur. C’est un peu comme quand on regarde un film d’horreur : on sait que ce n’est pas réel, même si le corps réagit. On peut apprendre au cerveau à faire la même chose avec le toucher.
2. La modification de la qualité de la sensation : On peut transformer une sensation de brûlure en picotement, ou un contact insupportable en une pression diffuse. Le cerveau peut « recoder » l’information. Je vois régulièrement des personnes qui, après quelques séances, décrivent la même caresse comme « moins tranchante », « plus floue », « comme à travers une gaze ».
3. La création d’une zone de sécurité corporelle : On construit mentalement un espace sur le corps où le toucher est neutre, puis on étend progressivement cette zone. C’est un travail de réhabilitation sensorielle, très progressif, qui respecte le rythme de la personne.
« L’hypnose ne supprime pas le toucher. Elle change le rapport au toucher. Elle apprend au corps à ne plus crier au loup à chaque effleurement. »
Ce qui est fascinant, c’est que ces modifications ne sont pas juste « psychologiques ». Des études en imagerie cérébrale montrent que sous hypnose, l’activité des zones cérébrales liées à la douleur (comme le cortex somatosensoriel et l’insula) diminue réellement. Le cerveau change son fonctionnement.
Je vais être honnête : non, pas sur toutes. Et pas à 100 %. L’hypnose n’est pas une baguette magique.
Ce que j’observe dans ma pratique à Saintes :
Ce qui fait la différence, c’est la régularité. Une séance d’hypnose, c’est bien. Un travail quotidien d’auto-hypnose (quelques minutes par jour), c’est ce qui produit les changements durables. Je donne toujours à mes patients des exercices à faire chez eux. Pas pour les transformer en experts, mais pour que le cerveau répète le nouveau pattern.
Et il y a un autre facteur clé : l’état émotionnel. La fibromyalgie n’est pas une maladie « psychologique », mais le stress, l’anxiété et les traumatismes non résolus amplifient énormément la sensibilité tactile. C’est pour ça que j’intègre souvent l’IFS (Internal Family Systems) dans mon accompagnement. Parce que parfois, la partie du cerveau qui crie « danger » au moindre contact est une partie qui a été traumatisée, et qu’il faut d’abord apaiser.
Si tu n’as jamais fait d’hypnose, tu imagines peut-être un spectacle ou un pendule. Rassure-toi, ce n’est pas ça du tout.
Une séance type pour une personne fibromyalgique avec allodynie ressemble à ça :
1. L’entretien : On parle de ta sensibilité. Où exactement ? Depuis quand ? Dans quels contextes ? Qu’est-ce qui l’aggrave ? Qu’est-ce qui l’apaise un peu ? Je cherche aussi à comprendre l’histoire : est-ce que cette hypersensibilité est arrivée brutalement après un choc, ou progressivement ? Est-ce qu’elle est liée à une période de stress intense ?
2. La mise en état d’hypnose : Je te guide vers un état de relaxation profonde, mais pas de sommeil. Tu restes conscient, tu peux parler, bouger si besoin. C’est juste un état où ton cerveau est plus ouvert, moins dans le contrôle.
3. Le travail spécifique : Là, j’adapte à ce que tu m’as dit. Si c’est le contact des vêtements qui est insupportable, on va travailler sur la modification de cette sensation. Je peux utiliser des métaphores (un bouclier invisible, un filtre qui adoucit), des suggestions directes (« cette sensation devient plus neutre, plus lointaine »), ou un travail de dissociation (observer la sensation comme si elle était à côté de toi).
4. L’ancrage : On crée un signal (un geste, une respiration) que tu pourras utiliser chez toi pour retrouver cet état d’apaisement. C’est le début de l’auto-hypnose.
5. La sortie : Je te ramène doucement à l’état ordinaire. On échange sur ce que tu as ressenti.
Une séance dure environ une heure. Le nombre de séances varie : certaines personnes voient des changements après 3-4 séances, d’autres ont besoin d’un suivi plus long. Ce qui est important, c’est que tu repartes avec des outils concrets.
« Je ne te promets pas que tu pourras porter un pull en laine demain. Mais je te promets qu’on peut faire bouger les choses, pas à pas, à ton rythme. »
Je ne vais pas te donner une solution miracle. Mais je peux te proposer un petit exercice d’auto-hypnose très simple, que tu peux faire chez toi, en sécurité. Il ne remplace pas un accompagnement professionnel, mais il peut t’aider à amorcer un changement.
Exercice : La main qui explore
Ce n’est pas un exercice de performance. Si tu ne supportes pas le contact, ce n’est pas grave. L’important, c’est d’avoir essayé, d’avoir mis un pied dans l’exploration. Avec le temps, ce genre de pratique peut réhabiliter le toucher, le rendre moins menaçant.
L’auto-hypnose, c’est un bon début. Mais si l’allodynie est installée depuis des années, si elle est très invalidante, ou si elle s’accompagne d’autres symptômes (fatigue chronique, troubles du sommeil, anxiété), un accompagnement individuel est souvent nécessaire.
Ce que je propose, ce n’est pas juste l’hypnose. C’est une approche intégrée :
Je ne remplace pas ton médecin traitant, ton rhumatologue ou ton kiné. Je travaille en complément, sur ce que les médicaments ne touchent pas : la perception, la relation au corps, l’apaisement du système nerveux.
L’allodynie, ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une faiblesse. C’est un fonctionnement du cerveau qui s’est emballé, et qui peut être rééduqué. L’hypnose est un outil puissant pour ça, parce qu’elle agit directement sur la façon dont le cerveau interprète le toucher.
Non, elle ne guérit pas la fibromyalgie. Oui, elle peut réduire la sensibilité au point de retrouver des gestes simples : serrer la main de quelqu’un, porter un vêtement sans souffrir, accepter une caresse.
Et ça, c’est énorme. Parce que le contact humain, le toucher, c’est ce qui nous relie aux autres. En réduire la douleur, c’est rouvrir une porte vers la vie sociale, affective, intime.
Si tu te reconnais dans ces lignes, si le simple fait d’être touché te fait souffrir, sache que tu n’es pas seul. Et que des solutions existent, pas à pas, à ton rythme.
Je reçois à Saintes, en cabinet, mais aussi en visio pour ceux qui sont trop éloignés ou trop fatigués pour se déplacer. Si tu veux en parler, sans engagement, tu peux me contacter. On prendra le temps d’écouter ce que ton corps a à dire, et de voir ensemble si l’hypnose peut t’aider à alléger ce fardeau.
Parce que tu mérites de pouvoir être touché sans avoir mal. Tu mérites de retrouver la douceur d’un contact. Et je crois sincèrement que c’est possible.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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