3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un exercice guidé pour apaiser les poussées de douleur.
Je les reçois souvent dans mon cabinet de Saintes, ces personnes qui arrivent avec un dossier médical épais comme un annuaire, des examens qui ne montrent rien de vraiment “grave” selon les termes des spécialistes, et pourtant une douleur qui occupe chaque recoin de leur existence. La fibromyalgie, on lui a donné un nom, ce qui est déjà un progrès, mais ce nom ne dit pas comment vivre avec au quotidien. Si vous lisez ces lignes, vous savez de quoi je parle : cette fatigue qui n’est pas une simple fatigue, ces douleurs qui migrent sans prévenir, cette sensation d’être trahi par son propre corps.
J’ai accompagné des douzaines de personnes avec ce diagnostic. Et une chose revient toujours : le sentiment d’impuissance. “Je ne peux rien y faire, ça me tombe dessus.” C’est compréhensible. Mais c’est aussi là que quelque chose peut changer. Pas une guérison miraculeuse – je ne promets jamais ça – mais une manière de reprendre un tout petit peu de volant sur ce qui vous arrive.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis plus de dix ans, ne fait pas disparaître la douleur comme par enchantement. Elle permet de changer votre relation à elle. Et quand on pratique un tout petit peu chaque jour – cinq minutes, pas plus – on peut créer un espace où la douleur n’est plus la seule voix qui compte. Je vais vous montrer comment.
C’est la question que tout le monde me pose. “Cinq minutes ? Mais j’ai mal vingt-quatre heures sur vingt-quatre.” Je comprends votre scepticisme. Quand on souffre, on a l’impression qu’il faudrait des heures de soins, des semaines de repos, des traitements lourds. Et c’est vrai que la fibromyalgie ne se résout pas en cinq minutes. Mais ce n’est pas le but.
Ce qui se joue dans ces cinq minutes, c’est quelque chose de plus subtil. La douleur chronique, ce n’est pas juste un signal d’alarme qui reste coincé en position “on”. C’est aussi un pattern neurologique qui se renforce à force d’être activé. Plus vous y pensez, plus vous la ressentez. Plus vous la ressentez, plus vous y pensez. C’est un cercle vicieux que l’hypnose peut interrompre.
Le cerveau humain fonctionne par associations. Si vous passez votre journée à scruter chaque sensation corporelle pour savoir si la douleur arrive, vous entraînez votre système nerveux à être en alerte permanente. C’est épuisant, et ça amplifie la douleur. L’hypnose, même courte, permet de créer une pause dans cette vigilance. C’est comme si vous disiez à votre cerveau : “OK, pendant cinq minutes, on ne surveille rien. On laisse faire.”
Ces cinq minutes, c’est une fenêtre de répit qui, pratiquée régulièrement, commence à modifier la structure même de votre expérience de la douleur. Ce n’est pas un traitement curatif, c’est un outil de régulation. Et croyez-moi, j’ai vu des personnes passer de crises quotidiennes à des poussées espacées de plusieurs semaines simplement en intégrant ce genre de pratique.
“La douleur n’est pas une punition, c’est une information. Mais quand l’information devient un bruit de fond permanent, on peut apprendre à baisser le volume.”
Pour comprendre pourquoi ça marche, il faut voir ce qui se passe dans votre corps quand la douleur s’installe. La fibromyalgie est souvent décrite comme un “dysfonctionnement du traitement de la douleur”. Concrètement, votre système nerveux central amplifie les signaux. Ce qui serait une sensation légère chez quelqu’un d’autre devient une douleur vive chez vous. Ce n’est pas “dans votre tête” au sens imaginaire du terme, c’est dans votre système nerveux.
L’hypnose agit sur plusieurs niveaux. D’abord, elle active le système nerveux parasympathique – celui qui calme, qui permet la récupération. Quand vous êtes en état d’hypnose, votre corps sécrète moins de cortisol, votre rythme cardiaque ralentit, vos muscles se détendent. C’est l’inverse de la réponse de stress qui accompagne souvent la douleur.
Ensuite, l’hypnose modifie la façon dont votre cerveau interprète les signaux corporels. Des études en neuroimagerie montrent que sous hypnose, l’activité du cortex cingulaire antérieur – une zone impliquée dans la perception de la douleur – diminue significativement. Ce n’est pas que la douleur n’existe plus, c’est que votre cerveau la traite différemment. Elle devient moins intense, moins envahissante.
Enfin, l’hypnose vous donne un outil d’auto-régulation. Vous n’êtes plus passif face à la douleur. Vous pouvez, en quelques minutes, créer un état intérieur qui n’est pas celui de la souffrance. C’est un changement de positionnement : vous passez de victime à acteur. Et ça, psychologiquement, c’est énorme.
Avant de commencer l’exercice, il faut créer les conditions pour qu’il soit efficace. Vous n’allez pas faire ça dans le bruit de la télé ou en courant après vos enfants. Cinq minutes, c’est court, mais c’est un rendez-vous avec vous-même.
Étape 1 : Trouvez un endroit calme
Ça peut être votre salon, votre chambre, même votre salle de bain si c’est le seul endroit disponible. Asseyez-vous confortablement ou allongez-vous. L’important, c’est que vous ne soyez pas dérangé. Prévenez vos proches : “J’ai besoin de cinq minutes, ne me parlez pas.” C’est un petit geste, mais il pose une limite.
Étape 2 : Choisissez un point d’attention
Fixez un point devant vous – une tache sur le mur, une poignée de porte, une lumière. Ce point va servir d’ancrage pour votre attention. Vous allez le regarder sans le fixer intensément, juste en laissant votre regard s’y poser. Au bout de quelques secondes, vous sentirez peut-être que votre vision se brouille légèrement, que les contours deviennent flous. C’est le début de l’état hypnotique.
Étape 3 : Respirez en conscience
Posez une main sur votre ventre. Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre comme un ballon. Expirez par la bouche en laissant l’air sortir doucement, sans forcer. Faites ça trois fois. Pas plus. L’idée n’est pas de faire une respiration profonde compliquée, mais de signaler à votre corps que vous êtes en train de changer de mode.
Maintenant, vous êtes prêt pour l’exercice lui-même.
Je vais vous décrire l’exercice exactement comme je le ferais avec une personne dans mon cabinet. Prenez le temps de le lire une fois, puis fermez les yeux et essayez. Si vous voulez, vous pouvez enregistrer votre voix en lisant ce texte lentement, pour vous guider.
Minute 1 : L’ancrage corporel
Portez votre attention sur vos pieds. Sentez le contact de vos pieds avec le sol, ou avec le lit si vous êtes allongé. Ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. Juste sentez. Puis remontez lentement l’attention le long de vos jambes, jusqu’à vos hanches. À chaque endroit où vous portez votre attention, dites-vous intérieurement : “Je suis là, c’est OK.” Si la douleur est présente, ne la combattez pas. Reconnaissez-la. “Je sens une tension dans mon épaule droite, c’est OK.” Ce simple fait de nommer sans juger commence déjà à désamorcer la lutte.
Minute 2 : La respiration qui crée un espace
Imaginez que votre respiration peut se déplacer dans votre corps. À l’inspiration, vous pouvez envoyer votre souffle vers une zone douloureuse. Pas pour la “chasser”, mais pour l’entourer. Comme si votre souffle devenait un espace doux autour de la douleur. À l’expiration, vous laissez cet espace s’élargir un peu. Vous ne forcez rien. Vous suggérez simplement que la douleur peut cohabiter avec un peu de douceur.
Minute 3 : L’image qui soulage
Choisissez une image qui évoque pour vous le calme. Ça peut être un lac immobile, un ciel bleu, une plage déserte, une forêt silencieuse. Laissez cette image se former dans votre esprit. Si elle est floue, ce n’est pas grave. L’important, c’est la sensation qui l’accompagne. Laissez cette sensation s’installer dans votre corps. Peut-être que vous sentez vos épaules qui se relâchent, votre mâchoire qui se desserre. Laissez faire.
“Vous n’avez pas besoin de croire en l’hypnose pour que ça marche. Vous avez juste besoin d’essayer, comme on essaie une nouvelle paire de chaussures pour voir si elle est confortable.”
Minute 4 : Le retour progressif
Quand vous êtes prêt, commencez à ramener votre attention vers l’extérieur. Sentez à nouveau le contact de vos pieds avec le sol. Remuez doucement les doigts, les orteils. Ouvrez les yeux si vous les aviez fermés. Prenez le temps de revenir, comme si vous sortiez d’un bain chaud – lentement, sans à-coup.
Minute 5 : L’ancrage de la journée
Avant de vous lever, donnez-vous une intention pour la suite de la journée. Pas un objectif ambitieux du genre “je vais être heureux toute la journée”. Plutôt quelque chose de simple : “Je vais boire un verre d’eau”, “Je vais m’étirer doucement”, “Je vais sortir prendre l’air cinq minutes”. Une action concrète, réalisable, qui prolonge le calme que vous venez de créer.
Soyons clairs. Ce protocole n’est pas un médicament. Il ne va pas faire disparaître la fibromyalgie. Il ne va pas vous permettre de courir un marathon demain. Ce n’est pas une baguette magique.
Ce qu’il fait, c’est autre chose. Il vous donne une expérience concrète de la régulation. Vous n’êtes plus en réaction permanente à la douleur. Vous créez un petit espace de choix. Et cet espace, même microscopique, change tout sur le long terme.
Les personnes qui pratiquent régulièrement ce genre d’exercice rapportent plusieurs choses :
Ce que ça ne fait pas : ça ne remplace pas un suivi médical. Si vous avez un traitement, continuez. Si vous voyez un rhumatologue, continuez. L’hypnose est un complément, pas un substitut.
Le plus dur, ce n’est pas de faire l’exercice. C’est de le faire tous les jours. La fibromyalgie pompe déjà beaucoup d’énergie, alors ajouter une “corvée” en plus peut sembler contre-productif. Mais cinq minutes, ce n’est pas une corvée. C’est un investissement.
Voici quelques astuces que mes patients ont trouvées utiles :
Ancrez la pratique à un moment existant. Par exemple, juste après vous être brossé les dents le soir. Ou juste avant de boire votre café du matin. En associant l’exercice à un geste que vous faites déjà, vous n’avez pas à vous souvenir de le faire. Il devient automatique.
Utilisez un rappel visuel. Mettez un post-it sur votre miroir de salle de bain : “5 minutes ?” Ou une pierre spéciale sur votre table de nuit. Un objet qui vous rappelle votre intention.
Ne jugez pas la qualité de votre pratique. Certains jours, vous serez distrait, votre esprit vagabondera, la douleur sera trop présente. Ce n’est pas grave. L’important, c’est d’avoir pris ces cinq minutes. Même si vous n’avez “rien ressenti”, votre cerveau a enregistré le geste. La répétition compte plus que la performance.
Soyez patient. Les effets ne sont pas linéaires. Vous aurez peut-être une bonne semaine, puis une poussée. C’est normal. La fibromyalgie est une maladie capricieuse. L’hypnose ne la rend pas linéaire, elle vous donne juste plus de ressources pour traverser les vagues.
Je vous ai donné un outil que vous pouvez utiliser chez vous, gratuitement, sans matériel. C’est un premier pas. Mais je sais aussi que certaines personnes ont besoin d’être guidées, au moins au début. L’auto-hypnose, ça s’apprend. Et parfois, le simple fait d’avoir quelqu’un en face de soi qui comprend ce qu’on traverse fait toute la différence.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des personnes qui ont tout essayé – médicaments, kinésithérapie, acupuncture, régimes – et qui arrivent épuisées, avec un reste de méfiance. “L’hypnose, c’est pour les faibles d’esprit ?” m’a demandé un jour un ancien rugbyman, les épaules nouées par la douleur. Non, c’est pour les personnes qui ont assez de force pour essayer quelque chose de nouveau.
Si vous sentez que vous avez besoin d’un cadre, d’un suivi personnalisé, ou simplement d’être accompagné dans les premières semaines, je suis là. On peut travailler ensemble en consultation, ou même à distance si vous êtes loin de Saintes. L’important, c’est que vous trouviez ce qui fonctionne pour vous.
Vous n’êtes pas obligé de traverser ça seul. La fibromyalgie isole, c’est vrai. Mais il existe des chemins pour retrouver un peu de légèreté. Pas une guérison totale, non. Mais des moments de répit, des espaces de calme, une relation moins douloureuse avec votre corps.
Alors, prenez ces cinq minutes aujourd’hui. Pas demain. Pas quand vous serez moins fatigué. Maintenant. Posez ce que vous lisez, fermez les yeux, et respirez. Vous avez déjà commencé.
Si vous voulez aller plus loin, je vous propose deux choses. La première : essayez ce protocole pendant sept jours, et notez sur un carnet comment vous vous sentez avant et après. La deuxième : si vous sentez que ça ne suffit pas, contactez-moi. On trouvera ensemble ce qui peut vous aider.
Prenez soin de vous. Vous le méritez.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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