3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des techniques pour rester détendu du début à la fin.
« Je crois que je vais annuler. »
C’est ce que m’a dit Paul, 52 ans, lors de notre première rencontre. Il avait une endoscopie programmée dans dix jours, et plus la date approchait, plus l’angoisse montait. Il n’avait jamais supporté l’idée d’avoir un tube dans la gorge. Pas tant la douleur, disait-il, que cette sensation d’étouffement, de perte de contrôle, d’être à la merci d’un geste médical qu’il ne maîtrisait pas.
Je l’ai vu arriver dans mon cabinet, les épaules crispées, le souffle court rien qu’en en parlant. Il n’était pas seul : des tas de personnes vivent la même chose avant une endoscopie. Certaines repoussent l’examen pendant des mois, voire des années, au risque de passer à côté d’un diagnostic important. D’autres y vont, mais en serrant les dents, le cœur battant, et en ressortent épuisées, avec la sensation d’avoir vécu une épreuve.
Pourtant, il existe des moyens de traverser cet examen autrement. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis des années dans mon cabinet à Saintes, est un outil puissant pour transformer cette peur en une expérience neutre, voire sereine. Pas de magie, pas de perte de conscience : juste une façon de réorienter l’attention de votre cerveau pour qu’il ne soit plus en alerte maximale.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi l’endoscopie déclenche autant d’anxiété, comment l’hypnose peut vous aider concrètement, et vous donner des techniques simples à utiliser avant, pendant, et après l’examen. Que vous soyez patient, proche d’un patient, ou simplement curieux, vous repartirez avec des clés pour aborder ce geste médical sans peur.
Avant de parler des solutions, il faut comprendre ce qui se joue dans votre tête. L’endoscopie n’est pas un examen banal. On vous introduit un tube flexible muni d’une caméra par la bouche, dans l’œsophage, jusqu’à l’estomac. Même si la procédure est rapide (quelques minutes en général), elle sollicite des zones très sensibles de votre corps.
Notre cerveau est programmé pour détecter les menaces. Quand quelque chose approche de votre visage, de votre bouche, de votre gorge, une alarme s’allume : « Danger, je pourrais ne plus respirer. » C’est un réflexe archaïque, hérité de nos ancêtres. Le problème, c’est que ce réflexe ne fait pas la différence entre un tube médical et une vraie menace. Résultat : votre système nerveux passe en mode combat-fuite, votre cœur s’accélère, votre respiration devient courte, et vous avez envie de tout arrêter.
Ajoutez à cela la peur de la perte de contrôle. Vous êtes allongé, on vous dit de ne pas bouger, on vous met un embout dans la bouche, et vous devez avaler alors que tout votre corps vous dit de résister. C’est une situation paradoxale, et c’est exactement ce qui rend l’expérience si difficile pour certaines personnes.
Paul, par exemple, m’a raconté qu’il avait eu un malaise vagal lors d’une prise de sang quelques années plus tôt. Depuis, son cerveau avait associé tout geste médical invasif à un danger potentiel. L’endoscopie était devenue, dans son esprit, une version amplifiée de cette peur.
Ce que j’ai compris en travaillant avec lui, c’est que la peur de l’endoscopie n’est pas une faiblesse. C’est une réaction normale à une situation anormale. Mais cette réaction peut être désamorcée. L’hypnose ne va pas supprimer la peur d’un coup de baguette magique. Elle va vous apprendre à la regarder autrement, à la laisser passer sans qu’elle prenne le contrôle.
« La peur n’est pas une ennemie à combattre, c’est une alarme qui a mal réglé son seuil de sensibilité. L’hypnose vous permet de baisser le volume de cette alarme, pas de la débrancher. »
L’hypnose ericksonienne, c’est une approche douce, indirecte, qui respecte votre rythme. Contrairement à certaines idées reçues, vous ne serez pas « endormi » ou inconscient. Vous restez pleinement présent, mais vous entrez dans un état de conscience modifié, un peu comme quand vous êtes absorbé par un bon film ou une conversation captivante. Dans cet état, votre attention est focalisée, votre corps se détend, et votre cerveau devient plus réceptif aux suggestions positives.
Concrètement, comment ça se passe pour une endoscopie ?
D’abord, on travaille en amont. Je reçois les personnes une à deux semaines avant l’examen. On explore ensemble ce qui déclenche leur peur : est-ce la sensation d’étouffement ? La peur de la douleur ? La crainte de perdre le contrôle ? Chaque personne a son propre scénario catastrophe. Je les aide à le déconstruire, à le remplacer par une autre image mentale.
Par exemple, j’ai travaillé avec une femme, Sophie, qui visualisait l’endoscopie comme un combat contre son propre corps. Elle se voyait lutter, se débattre, paniquer. On a transformé cette image : elle a imaginé que le tube était un petit serpent d’eau, glissant et inoffensif, et que sa gorge était un tunnel large et accueillant. À chaque inspiration, elle voyait le tunnel s’élargir un peu plus. Cette simple métaphore a changé sa relation à l’examen.
Ensuite, pendant l’examen lui-même, l’hypnose peut être utilisée en direct. Certains gastro-entérologues travaillent avec des hypnopraticiens ou sont formés eux-mêmes à l’hypnose. Le patient est guidé verbalement tout au long de la procédure. On l’invite à se concentrer sur sa respiration, sur une sensation de chaleur dans une partie de son corps, ou sur un souvenir agréable. La voix du praticien devient un point d’ancrage, une bouée dans l’instant présent.
Le résultat ? Les études montrent que les patients sous hypnose pendant une endoscopie ressentent moins de douleur, moins d’anxiété, et nécessitent parfois moins de sédation. Mais au-delà des chiffres, ce qui change, c’est le vécu. Au lieu de ressortir lessivé, on ressort avec la sensation d’avoir traversé l’épreuve calmement, voire d’avoir vécu un moment étonnamment paisible.
Paul, après son endoscopie, m’a dit : « Je n’ai pas aimé, mais je n’ai pas eu peur. C’était juste… un examen. » Et c’est exactement ce qu’on cherche : transformer l’expérience pour qu’elle devienne neutre, supportable, sans cette charge émotionnelle qui empoisonne les semaines qui précèdent.
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être dans le cabinet médical pour commencer à agir. Voici des outils que vous pouvez utiliser chez vous, dans les jours qui précèdent l’endoscopie. Ils sont simples, mais puissants, parce qu’ils rééduquent votre cerveau à associer l’examen à autre chose qu’une menace.
1. La respiration 4-7-8
C’est une technique de relaxation rapide, inventée par le Dr Andrew Weil. Elle agit directement sur votre système nerveux parasympathique, celui qui calme le corps. Asseyez-vous confortablement. Inspirez par le nez pendant 4 secondes. Retenez votre souffle pendant 7 secondes. Expirez lentement par la bouche pendant 8 secondes. Répétez 4 à 5 fois.
Faites-le chaque soir avant de vous coucher, et surtout le matin de l’examen. Cette respiration envoie un signal clair à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux te détendre. »
2. La visualisation positive
Votre imagination est une alliée redoutable. Prenez 5 minutes par jour pour fermer les yeux et imaginer l’examen se déroulant parfaitement. Vous êtes allongé, calme. Le médecin est compétent et doux. Vous sentez une légère pression, mais pas de panique. Vous respirez tranquillement. L’examen se termine, et vous vous levez, soulagé.
Plus vous répétez cette scène, plus votre cerveau l’enregistre comme un scénario possible, voire probable. Vous créez une mémoire anticipée positive, qui viendra concurrencer la peur.
3. L’ancrage sensoriel
Choisissez un objet ou une sensation qui vous apaise. Une petite pierre lisse dans votre poche, une musique que vous aimez, une odeur de lavande. Avant l’examen, associez cette sensation à un mot ou un geste simple (par exemple, serrer le poing gauche). Pendant l’examen, si l’anxiété monte, vous pourrez reproduire ce geste et activer instantanément un état de calme.
Ces techniques ne demandent pas d’être un expert en méditation. Elles sont accessibles à tous, et elles fonctionnent parce qu’elles redonnent un sentiment de contrôle. Et le contrôle, c’est exactement ce qui manque quand on est allongé sur une table d’examen.
« Ce n’est pas l’examen qui est difficile, c’est l’histoire que vous vous racontez à son sujet. Changez l’histoire, et l’expérience change. »
Le grand jour arrive. Vous êtes dans la salle d’endoscopie. Le personnel médical s’active autour de vous. C’est là que tout se joue. Voici comment utiliser ce que vous avez préparé.
Respirez, encore et encore
Pendant l’introduction du tube, votre réflexe naturel sera de bloquer votre respiration. Ne le faites pas. Concentrez-vous sur une respiration lente et régulière. Inspirez par le nez, expirez par la bouche. Si vous pouvez, comptez vos respirations : inspirez sur 4, expirez sur 6. Cela occupe votre esprit et empêche la panique de prendre le dessus.
Utilisez votre point d’ancrage
Ayez votre petit geste ou votre mot-clé en tête. Si vous sentez une montée d’angoisse, appuyez doucement votre pouce contre votre index, ou dites mentalement « calme ». Votre cerveau, entraîné, répondra en quelques secondes.
Focalisez-vous sur autre chose
Regardez un point fixe au plafond, ou fermez les yeux et visualisez un lieu qui vous apaise : une plage, une forêt, votre salon. Plus votre attention est occupée par une image agréable, moins elle peut se fixer sur la sensation du tube. C’est le principe de la distraction hypnotique : votre cerveau ne peut pas être totalement absorbé par deux choses à la fois.
Acceptez la sensation sans la combattre
C’est contre-intuitif, mais c’est la clé. Au lieu de lutter contre la sensation de gêne, dites-vous : « C’est juste une sensation. Elle va passer. » La résistance amplifie la peur. L’acceptation la dissout. Vous n’avez pas à aimer ce qui se passe. Vous avez juste à le laisser être, sans ajouter de couche de jugement ou de panique.
Certaines personnes trouvent utile de se répéter une phrase comme : « Je suis en sécurité. Mon corps sait quoi faire. » D’autres préfèrent chantonner mentalement une chanson. L’important est de trouver ce qui fonctionne pour vous.
J’aimerais vous proposer un changement de perspective. La peur que vous ressentez avant une endoscopie n’est pas une faiblesse. C’est une information. Elle vous dit que quelque chose d’important est en jeu pour vous : votre santé, votre intégrité, votre sentiment de sécurité.
Le problème, ce n’est pas la peur en elle-même. C’est la relation que vous entretenez avec elle. Si vous la combattez, elle grossit. Si vous l’évitez, elle s’installe. Si vous l’écoutez sans vous laisser submerger, elle peut devenir un guide.
Dans mon travail avec les sportifs, je vois la même chose. Un coureur avant un marathon a peur. Un footballeur avant un penalty a peur. La différence entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent, ce n’est pas l’absence de peur. C’est la capacité à l’utiliser comme une énergie, à la transformer en concentration.
Pour l’endoscopie, c’est pareil. Votre peur peut devenir une alliée. Elle vous prépare, elle vous rend attentif. Mais à condition de ne pas la laisser prendre le volant.
Alors, avant de dire « je vais annuler », demandez-vous : « Qu’est-ce que ma peur essaie de me protéger ? » Et ensuite, dites-lui : « Merci, je prends le relais. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une solution miracle. Elle ne supprime pas la douleur ou l’inconfort. Elle ne fait pas disparaître la sensation du tube dans la gorge. Elle ne vous endort pas. Elle ne vous transforme pas en un héros imperturbable.
Ce qu’elle fait, c’est modifier votre rapport à l’expérience. Là où vous aviez une réaction de panique, vous pouvez avoir une réaction de simple vigilance. Là où vous imaginiez une scène catastrophe, vous pouvez imaginer un moment neutre. Là où votre corps se tendait, il peut se détendre.
Certaines personnes me disent : « Je n’y crois pas, je suis trop rationnel pour l’hypnose. » Je leur réponds toujours : « L’hypnose ne demande pas de croire. Elle demande juste d’essayer. » Vous n’avez pas à être suggestible ou crédule. Mon rôle est de vous guider, de trouver les mots et les images qui résonnent avec votre propre fonctionnement.
Si ça ne marche pas du premier coup, ce n’est pas grave. L’hypnose s’apprend, comme une compétence. Et même si vous ne l’utilisez que pour cette endoscopie, elle vous aura donné un outil pour d’autres moments de stress : un examen, une intervention dentaire, une prise de parole en public.
« L’hypnose ne vous promet pas une vie sans peur. Elle vous promet une vie où la peur n’est plus au centre de tout. »
Paul a fait son endoscopie il y a trois mois. Il est venu me voir après pour me remercier, mais aussi pour me dire qu’il avait utilisé les techniques de respiration chez le dentiste la semaine suivante. « Je n’ai pas eu besoin d’hypnose pour ça, m’a-t-il dit, j’ai juste respiré comme tu m’as appris. »
C’est ça, le but. Pas de créer une dépendance à l’hypnose, mais de vous redonner des clés que vous aviez oubliées. Votre corps sait se détendre. Votre esprit sait se focaliser. Parfois, il a juste besoin d’un petit coup de pouce pour retrouver ce chemin.
Si vous lisez cet article et que vous avez une endoscopie à venir, je vous invite à essayer une seule chose aujourd’hui : prenez trois minutes, asseyez-vous, fermez les yeux, et respirez en 4-7-8. Juste ça. Pas de pression, pas d’attente. Observez ce qui se passe dans votre corps. C’est un premier pas, tout petit, mais concret.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnalisé, sachez que je reçois à Saintes, en présentiel ou en visio. On peut travailler ensemble une ou deux séances avant l’examen, et je peux même être présent le jour J si le contexte le permet. Vous n’êtes pas obligé de traverser ça seul.
L’endoscopie, ce n’est qu’un examen. Mais la façon dont vous le vivez, ça, c’est votre choix. Et vous avez plus de ressources que vous ne le croyez.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.