3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Retrouvez un sommeil réparateur grâce à ces exercices simples.
Tu fermes les yeux depuis vingt minutes, mais ton cerveau refuse de s’éteindre. Les douleurs lancinantes dans tes jambes, cette sensation de brûlure diffuse dans le dos, l’impression que chaque drap qui touche ta peau est un irritant de plus. Et demain, il faudra te lever, tenir une journée de plus avec cette fatigue qui ne te quitte jamais. Je rencontre cette scène plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, parfois depuis des années, qui ont tout essayé : les médicaments, les régimes, les gadgets connectés, les conseils bien intentionnés de leur entourage (« Tu devrais essayer la mélatonine »). Et rien ne marche vraiment, ou du moins pas durablement.
La fibromyalgie, c’est ce trouble invisible qui transforme le sommeil en champ de bataille. Les études montrent que 90 % des personnes fibromyalgiques souffrent de troubles du sommeil. Et ce n’est pas seulement une question de fatigue : c’est un cercle vicieux. Moins tu dors, plus ton système nerveux devient sensible à la douleur. Plus tu as mal, moins tu arrives à dormir. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis plus de dix ans, propose une porte de sortie. Pas une baguette magique, mais des techniques concrètes que tu peux apprendre et utiliser chez toi, seul, sans dépendre d’un praticien à chaque insomnie.
Ces trois exercices sont issus de ce que j’enseigne en séance. Je les ai choisis parce qu’ils sont simples, reproductibles, et qu’ils agissent directement sur les mécanismes qui perturbent ton sommeil : l’hypervigilance, la tension musculaire, et les ruminations nocturnes. Prends un carnet si tu veux noter, mais surtout, ne les lis pas comme un article de plus. Teste-les. Ce soir, si tu veux.
Point clé : L’hypnose pour la fibromyalgie ne vise pas à faire disparaître la douleur par magie. Elle apprend à ton système nerveux à se réguler, pour que tu puisses t’endormir malgré la douleur, et non après qu’elle ait disparu.
Avant de plonger dans les techniques, il faut comprendre ce qui se passe dans ta tête quand tu t’allonges. La fibromyalgie n’est pas une maladie des articulations ni des muscles, même si c’est là que tu ressens la douleur. C’est un dysfonctionnement du traitement de la douleur par le système nerveux central. En clair, ton cerveau amplifie les signaux douloureux, comme un volume poussé à fond sur une chaîne hi-fi qui grésille.
Le problème, c’est que ton cerveau fait aussi le guet la nuit. Il reste en état d’alerte, prêt à détecter le moindre danger. C’est ce qu’on appelle l’hypervigilance. Tu es allongé, tu entends le frigo, une voiture au loin, une goutte d’eau dans la salle de bain. Normalement, ton cerveau filtre ces bruits. Mais quand il est en mode « fibromyalgie », il les traite comme des menaces potentielles. Résultat : ton système nerveux sympathique (celui qui prépare à l’action, à la fuite ou au combat) reste activé. L’autre branche, le parasympathique (celui qui permet le repos et la digestion), n’arrive pas à prendre le relais.
Tu te retrouves donc dans un état paradoxal : ton corps est fatigué, mais ton système nerveux est en éveil. C’est comme si tu essayais de t’endormir dans une voiture dont le moteur tourne encore. L’hypnose, et en particulier les techniques que je vais te montrer, va permettre de calmer le moteur. Pas en forçant, mais en donnant à ton cerveau des signaux de sécurité précis, qu’il va reconnaître et auxquels il va répondre.
La première technique que je propose à presque tous mes patients fibromyalgiques, c’est ce que j’appelle la respiration en paliers. Pourquoi ? Parce qu’elle est tellement simple qu’on a tendance à la sous-estimer. Et pourtant, c’est la plus efficace pour sortir de l’état d’alerte.
Voici comment la pratiquer, étape par étape.
Allonge-toi dans ton lit, dans la position qui te semble la moins douloureuse. Si aucune position n’est confortable, installe-toi en position semi-assise avec des oreillers. L’important, c’est que tu puisses respirer librement, sans que ta cage thoracique soit compressée.
Maintenant, pose une main sur ton ventre, juste sous le nombril. L’autre main sur ta poitrine. Et commence par une expiration complète, comme si tu vidais un ballon de baudruche. Puis, inspire doucement par le nez, en gonflant d’abord le ventre (la main du bas se soulève), puis la poitrine (la main du haut se soulève). C’est une respiration dite « abdominale » ou « diaphragmatique ».
Mais ce n’est pas tout. Le secret, c’est le palier. Après avoir inspiré, marque un temps d’arrêt de deux secondes. Puis expire lentement par la bouche, en vidant d’abord la poitrine, puis le ventre. Et à la fin de l’expiration, marque un autre temps d’arrêt de deux secondes.
Inspire sur 4 temps, pause 2 temps, expire sur 6 temps, pause 2 temps. Recommence pendant 5 cycles. Puis, si tu te sens prêt, augmente l’expiration à 8 temps. L’expiration longue est le signal principal que ton cerveau interprète comme « tout va bien, on peut se détendre ».
Je vois souvent des patients me dire : « Oui, mais respirer, ça ne change rien à ma douleur. » C’est vrai, ça ne la fait pas disparaître. Mais ça change ta relation à la douleur. Quand tu expires longuement, tu actives le nerf vague, qui est le chef d’orchestre du système parasympathique. En quelques minutes, ta fréquence cardiaque ralentit, ta tension artérielle baisse, et ton cerveau reçoit le message : « On n’est pas en danger, on peut baisser la garde. »
Je te conseille de pratiquer cette respiration pendant 3 à 5 minutes avant de passer à la technique suivante, ou même seule si tu te sens trop fatigué pour faire plus. L’essentiel, c’est de le faire avant de chercher à t’endormir. C’est comme un préchauffage pour ton système nerveux.
La fibromyalgie, c’est aussi cette sensation que chaque muscle est noué, tendu, comme si tu portais une armure invisible. Même quand tu es allongé, tu contractes inconsciemment tes épaules, ta mâchoire, tes cuisses. Le scan corporel classique, celui qu’on trouve dans la méditation de pleine conscience, peut être contre-productif pour toi : se concentrer sur chaque partie du corps peut amplifier la perception de la douleur. C’est pour ça que je l’ai adapté en version « bienveillante ».
Voici comment procéder.
Après ta respiration en paliers, ferme les yeux et porte ton attention sur tes pieds. Ne cherche pas à les sentir « détendus » ou à évaluer s’ils ont mal. Contente-toi de les accueillir. Imagine que ta conscience est une lumière douce, chaude, qui se pose sur tes orteils, la plante des pieds, le talon. Tu peux visualiser cette lumière comme une couleur qui t’apaise (le bleu ciel, le vert tendre, le doré pâle). Puis, déplace cette lumière vers tes chevilles, tes mollets, tes genoux.
À chaque étape, tu peux te dire intérieurement : « C’est OK d’être ici. Je peux laisser ce que je trouve. » Si tu sens une tension, ne cherche pas à la forcer à disparaître. Imagine que tu poses un linge chaud et humide dessus. La chaleur n’enlève pas la tension, mais elle l’entoure, elle l’adoucit. Parfois, la tension se relâche d’elle-même quand elle se sent accueillie.
Continue ainsi jusqu’à ton crâne, en passant par le bassin, le ventre, la poitrine, les épaules, les bras, les mains, le cou, le visage. Prends ton temps. L’erreur la plus fréquente, c’est de vouloir finir vite. Ce n’est pas une course. Si tu arrives aux épaules et que tu sens une grosse boule de stress, reste là 30 secondes de plus. Respire dedans, comme si tu soufflais de l’air chaud dans un verre d’eau froide.
Ce qui rend cette technique spécifique pour la fibromyalgie, c’est que tu n’essaies pas de changer la sensation. Tu l’observes, tu l’accueilles, et tu continues ton chemin. Le cerveau, qui est habitué à lutter contre la douleur, reçoit un message radicalement différent : « On ne combat pas, on accompagne. » Et étonnamment, c’est souvent quand on arrête de lutter que la tension commence à se dissiper.
Moment fort : Une patiente m’a raconté qu’elle avait passé des nuits à « commander » à ses muscles de se détendre, sans succès. La première fois qu’elle a fait ce scan bienveillant, elle a fondu en larmes. Pas de douleur, mais de soulagement. « C’était la première fois que quelqu’un (même moi) me disait que c’était OK de ne pas y arriver. »
Tu connais ce moment où tu es couché, et soudain, ton cerveau se met à rejouer la journée, ou à anticiper celle de demain ? « J’aurais dû dire ça à mon collègue », « Et si la douleur est pire demain ? », « Je n’arrive jamais à dormir, ça va être encore une nuit blanche ». Ces pensées, ce sont des ruminations. Elles activent le cortex préfrontal, la partie rationnelle du cerveau, qui envoie des signaux d’alarme à l’amygdale. Et l’amygdale, elle, répond par de l’anxiété. C’est un cercle infernal.
La dissociation bienveillante, c’est une technique d’hypnose que j’utilise pour créer une distance entre toi et tes pensées. L’idée n’est pas de les chasser (plus on essaie de ne pas penser à un ours blanc, plus on y pense), mais de les observer comme si elles étaient sur un écran de télévision.
Voici comment la mettre en place.
Après le scan corporel, imagine que tu es confortablement installé dans un fauteuil de cinéma, face à un grand écran. Sur cet écran, tu vois défiler les pensées qui te traversent l’esprit. Ce ne sont pas tes pensées, ce sont des images, des phrases, des scénarios qui passent sur l’écran. Toi, tu es le spectateur, assis dans ton fauteuil, en sécurité.
Si une pensée douloureuse arrive (« Je vais souffrir toute la nuit »), regarde-la comme une scène de film. Tu peux même lui donner une forme : un nuage gris, une voix off, une couleur sombre. Puis, imagine que tu as une télécommande dans la main. Tu peux appuyer sur « pause » pour figer l’image, ou sur « volume » pour baisser le son, ou même sur « chaîne suivante » pour passer à autre chose.
L’important, c’est que tu restes dans ton fauteuil. Tu n’es pas sur l’écran. Tu n’es pas dans la scène. Tu es le témoin. Et en tant que témoin, tu es libre de choisir ce que tu regardes.
Parfois, je suggère à mes patients d’imaginer que l’écran est en noir et blanc, et que le son est distordu, comme une vieille radio. Pourquoi ? Parce que notre cerveau traite les images en noir et blanc comme moins réelles, moins menaçantes. C’est un petit truc de neuroplasticité.
Pratique cette dissociation pendant 5 à 10 minutes. Si une pensée revient en boucle, ne t’énerve pas. Dis-toi simplement : « Ah, revoilà le même film. Je peux le regarder ou changer de chaîne. » Et change de chaîne vers une image agréable : un paysage que tu aimes, un souvenir heureux, une couleur qui t’apaise.
Ces trois techniques ne sont pas à faire l’une après l’autre comme un protocole rigide. Tu peux les mixer, les adapter, les raccourcir. L’essentiel, c’est de créer un rituel du coucher qui signale à ton cerveau : « On entre en mode sommeil. »
Voici une proposition de routine, que tu peux ajuster selon ton énergie du moment :
Si tu es très fatigué, fais juste les 5 premières minutes de respiration. Si tu es anxieux, accorde plus de temps à la dissociation. Si tu as mal physiquement, reste plus longtemps sur le scan corporel.
Un conseil que je donne souvent : ne fais pas ces exercices dans le but de t’endormir. Fais-les pour te détendre, pour te faire du bien. Le sommeil viendra ou ne viendra pas, mais au moins, tu auras passé 20 minutes à prendre soin de toi, sans lutter. Paradoxalement, c’est en abandonnant l’objectif « dormir » que tu crées les conditions du sommeil.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas un traitement curatif de la fibromyalgie. Elle ne va pas réparer les anomalies de traitement de la douleur dans ton cerveau. Elle ne va pas remplacer un suivi médical, des antalgiques ou une thérapie cognitivo-comportementale si tu en as besoin.
Ce qu’elle fait, c’est te redonner un levier d’action. Quand tu passes des nuits à subir, tu te sens impuissant. L’hypnose te propose des outils que tu peux utiliser, seuls, sans dépendre de personne. Elle change ton rapport à la douleur et à l’insomnie. Au lieu d’être une victime, tu deviens un acteur de ton bien-être.
Certaines personnes ressentent un apaisement dès la première nuit. D’autres ont besoin de plusieurs semaines de pratique régulière pour voir une différence. C’est normal. Ton système nerveux a appris à fonctionner en mode alerte pendant des années ; il a besoin de temps pour intégrer de nouveaux schémas.
Ce que je dis à mes patients : « Ne juge pas la technique sur une seule nuit. Juge-la sur un mois. Tu n’apprends pas à jouer d’un instrument en une soirée. Là, c’est pareil : tu apprends à jouer de ton système nerveux. »
Ces trois techniques sont un point de départ. Dans mon cabinet à Saintes, je les adapte à chaque personne, en fonction de son histoire, de ses sensibilités, de ses résistances. Parfois, on ajoute des métaphores hypnotiques, des ancrages, des auto-suggestions personnalisées. Parfois, on travaille aussi sur les croyances limitantes autour du sommeil (« Je suis quelqu’un qui ne dort jamais bien »). L’hypnose ericksonienne, c’est sur mesure.
Si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement plus personnalisé, je te reçois en consultation. On peut faire une première séance pour explorer ce qui bloque vraiment ton sommeil, et construire ensemble des outils qui te correspondent vraiment. Pas de protocole standard, pas de discours culpabilisant. Juste une écoute et des propositions concrètes.
Tu peux aussi commencer par ce que tu as lu ici. Note dans un carnet ce qui a fonctionné pour toi, ce qui t’a paru difficile. Et surtout, sois indulgent avec toi-même. La fibromyalgie est déjà assez lourde à porter sans que tu ajoutes de la pression sur tes é
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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