3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des stratégies rapides à utiliser en pleine crise douloureuse.
« Je ne sais jamais quand ça va me tomber dessus. »
C’est la phrase que j’entends le plus souvent dans mon cabinet à Saintes, quand une personne atteinte de fibromyalgie me parle de ses crises. Vous aussi, vous vivez peut-être cette épée de Damoclès au-dessus de votre quotidien : une douleur qui s’invite sans prévenir, qui transforme une matinée tranquille en enfer silencieux, qui annule un rendez-vous chez des amis ou vous cloue au lit pour deux jours.
Je m’appelle Thierry Sudan, praticien installé depuis 2014, et j’accompagne des adultes comme vous, qui jonglent avec cette imprévisibilité. Pas pour la supprimer magiquement — je ne vous vendrai pas de rêve — mais pour vous donner des outils concrets, issus de l’hypnose ericksonienne et de l’IFS (le travail avec nos parties intérieures), afin de traverser ces crises avec moins de peur et plus de contrôle.
Aujourd’hui, je vais vous partager des stratégies rapides, utilisables en pleine tempête douloureuse, que vous pouvez commencer à expérimenter dès maintenant. Parce que oui, même quand la douleur est imprévisible, vous pouvez reprendre un peu la barre.
Avant de parler de solutions, prenons un moment pour comprendre le mécanisme. La fibromyalgie n’est pas une maladie qui abîme vos articulations ou vos muscles comme une arthrite. C’est un trouble du système nerveux central : votre cerveau, en quelque sorte, a « mal réglé le volume » de la douleur. Les signaux nerveux sont amplifiés, et ce qui serait une gêne passagère pour une autre personne devient une douleur intense pour vous.
Mais alors pourquoi l’imprévisibilité ? Parce que votre système nerveux est hypervigilant. Il scanne en permanence votre corps à la recherche d’une menace. Un rien — un son trop fort, une lumière vive, une contrariété, un changement de temps — peut déclencher une alarme. Cette alarme, c’est la crise. Et comme vous ne pouvez pas prédire ce qui va mettre le feu aux poudres, vous vivez dans l’attente anxieuse du prochain coup.
J’ai accompagné une dame, appelons-la Sophie, qui me disait : « Je n’ose plus rien planifier. Chaque fois que je prévois quelque chose, mon corps me trahit. » Cette peur de l’imprévisible est souvent plus handicapante que la douleur elle-même. Elle vous isole, vous épuise, et paradoxalement, elle entretient la crise : le stress de l’anticipation met votre système nerveux en alerte rouge, prêt à amplifier le moindre signal douloureux.
Point clé : L’imprévisibilité de la fibromyalgie n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un système nerveux qui a perdu sa capacité à distinguer une menace réelle d’une simple fluctuation corporelle. Et cette hypervigilance, vous pouvez apprendre à la calmer.
L’hypnose, dans ce contexte, n’est pas une baguette magique. C’est un outil pour redescendre le volume de cette alarme intérieure, pour que votre cerveau apprenne à ne plus amplifier systématiquement la douleur. Et pour cela, il faut des stratégies que vous pouvez déployer pendant la crise, pas seulement entre les crises.
Quand la douleur arrive, votre premier réflexe est souvent la lutte. Vous vous crispez, vous retenez votre souffle, vous espérez que ça passe. Et c’est normal : c’est la réaction de survie. Mais cette lutte augmente la tension musculaire, accélère votre rythme cardiaque, et nourrit le cercle vicieux douleur-stress-douleur.
L’auto-hypnose, c’est l’inverse : c’est un état de relaxation profonde où vous guidez votre attention ailleurs, tout en restant conscient. Pas besoin d’être un expert. Voici une technique simple, que j’appelle « l’ancrage du souffle », que vous pouvez tester dès la prochaine montée de douleur.
Étape 1 : Acceptez la douleur sans la juger (30 secondes) Je sais, ça sonne contre-intuitif. Mais la première chose à faire, c’est de dire intérieurement : « OK, elle est là. » Pas de lutte, pas de « pourquoi encore maintenant ? » juste une reconnaissance. Cela enlève la couche de résistance qui amplifie la douleur. Vous pouvez poser une main sur la zone douloureuse, simplement pour dire à votre corps : « Je t’entends. »
Étape 2 : Ancrez votre respiration (1 minute) Portez votre attention sur votre respiration. Inspirez lentement par le nez pendant 4 secondes, retenez 2 secondes, expirez par la bouche pendant 6 secondes. L’expiration plus longue que l’inspiration active le système nerveux parasympathique (celui qui calme). Imaginez que chaque expiration est une vague qui emporte un peu de tension. Vous n’essayez pas de faire disparaître la douleur, juste de créer un espace autour d’elle.
Étape 3 : Utilisez une image mentale (1 minute 30) Maintenant, visualisez un lieu sécurisant. Ce peut être une plage, une forêt, votre canapé préféré. Ajoutez des détails sensoriels : la chaleur du soleil sur votre peau, le bruit des vagues, l’odeur du café. Laissez cette image prendre de l’ampleur dans votre esprit. Si la douleur revient au premier plan, ne la combattez pas : ramenez doucement votre attention sur l’image, comme si vous repositionniez un projecteur.
Cette technique ne supprimera pas une crise majeure en 3 minutes. Mais elle peut la rendre plus supportable, réduire son intensité de 30 à 50 %, et surtout, vous redonner un sentiment d’action. Vous n’êtes plus passif face à la douleur : vous avez un levier.
Témoignage anonyme : « Au début, je pensais que c’était trop simple pour marcher. Mais un soir, j’ai senti une crise arriver. J’ai fait l’ancrage du souffle dans mon lit. La douleur n’a pas disparu, mais elle est restée à un niveau 5 au lieu de monter à 8. Ça a changé ma nuit. »
L’IFS (Internal Family Systems) est une approche que j’utilise beaucoup à Saintes, car elle offre un regard profond sur la fibromyalgie. L’idée ? Vous n’êtes pas un bloc monolithique. Vous êtes composé de « parties » — des sous-personnalités qui ont des rôles, des émotions, des croyances. Et souvent, la douleur chronique est portée par une partie spécifique.
Imaginez une partie en vous qui a été créée pour vous protéger. Peut-être qu’à un moment de votre vie, vous avez dû ignorer vos limites, pousser votre corps au-delà du raisonnable, pour tenir un job, élever des enfants, ou survivre à un stress. Cette partie a dit : « Je vais créer une douleur pour que tu t’arrêtes, pour que tu prennes soin de toi. » Au début, c’était un signal d’alarme utile. Mais avec le temps, cette partie est devenue hyperactive, elle crie au loup pour un rien.
Quand vous êtes en crise, cette partie prend le contrôle. Elle vous submerge de sensations pour vous forcer à vous arrêter. Et votre réaction naturelle est de la combattre, de la haïr, de vouloir la faire taire. Mais l’IFS propose une autre voie : dialoguer avec elle.
Comment faire en pleine crise ?
Ce n’est pas de la pensée magique. C’est une manière de désamorcer la lutte intérieure. Quand vous arrêtez de combattre la partie douloureuse, elle se calme souvent un peu. Elle se sent entendue, reconnue. Et la crise peut perdre de son intensité.
J’ai travaillé avec un patient, footballeur amateur, qui avait une partie « guerrière » qui le poussait à toujours dépasser ses limites. Cette partie était aussi celle qui déclenchait ses crises de fibromyalgie. En dialoguant avec elle, il a compris qu’elle voulait juste qu’il soit performant, mais qu’elle ne savait pas doser. Ensemble, ils ont trouvé un accord : la partie guerrière acceptait de le laisser s’arrêter 5 minutes quand la douleur montait, en échange de quoi il promettait de ne pas abandonner son entraînement. Ridicule ? Peut-être. Mais ça a fonctionné.
La fibromyalgie est souvent associée à une tension musculaire chronique, même inconsciente. Vous vous crispez peut-être sans le savoir, en prévision de la douleur. Et cette tension, à son tour, crée plus de douleur. Briser ce cercle est crucial, surtout en pleine crise.
Voici deux stratégies que vous pouvez utiliser immédiatement, sans matériel, sans sortir de chez vous.
Stratégie 1 : Le scan corporel en 2 minutes Allongez-vous ou asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Portez votre attention sur vos pieds. Sentez-vous une tension ? Laissez-la se dissoudre. Remontez lentement vers les chevilles, les mollets, les genoux… Jusqu’au sommet du crâne. À chaque zone, expirez en relâchant consciemment. Le but n’est pas de « réussir » à tout relâcher, mais de créer un moment de pause où votre cerveau envoie un signal différent à vos muscles. Même 30 % de relâchement peut réduire la perception de la douleur.
Stratégie 2 : Le mouvement minimal Quand la crise est là, l’idée de bouger vous horrifie. Pourtant, rester immobile peut augmenter la raideur. Essayez ceci : levez-vous doucement, puis balancez vos bras le long de votre corps, comme des pendules. Sans forcer. Faites des micro-mouvements de la tête, des épaules, des hanches. Imaginez que vous êtes dans une eau tiède, porté par le mouvement. Pas plus de 2 minutes. L’objectif est de dire à votre système nerveux : « On peut bouger sans danger. »
Un conseil de terrain : Une de mes patientes, coureuse de fond, utilise ces micro-mouvements avant même que la crise ne s’installe, dès qu’elle sent les premiers signes annonciateurs (une raideur dans la nuque, une lourdeur dans les jambes). Elle me dit que ça désamorce 70 % des crises. L’anticipation est votre alliée.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est une approche indirecte, centrée sur les ressources de votre inconscient. Elle ne vous dit pas « arrêtez d’avoir peur », mais elle vous offre des métaphores et des suggestions qui réorganisent votre vécu intérieur.
Prenons un exemple concret. Vous avez peut-être une peur bleue de la prochaine crise. Cette peur vous tend, vous épuise. En séance, je pourrais vous guider dans un état hypnotique léger, puis vous raconter l’histoire d’un jardinier qui apprend à reconnaître les signes d’un orage. Au début, il panique à chaque nuage. Mais avec le temps, il apprend à sentir le vent, à lire le ciel, à savoir quand rentrer ses outils et quand rester dehors. Il ne contrôle pas l’orage, mais il ne se laisse plus surprendre.
Votre inconscient, en écoutant cette métaphore, peut intégrer l’idée que vous pouvez, vous aussi, apprendre à lire les signes avant-coureurs de votre crise, et à vous préparer sans panique. Ce n’est pas une recette miracle, c’est un réapprentissage progressif.
Une suggestion que vous pouvez vous donner maintenant : Avant de vous endormir ce soir, dites-vous intérieurement (ou à voix basse) : « Mon corps sait comment traverser une crise. Il l’a déjà fait. Je peux apprendre à être présent avec elle, sans peur. » L’hypnose ericksonienne utilise ce genre de suggestions permissives — pas d’ordre, juste une ouverture. Votre inconscient fera le reste.
Le piège, quand on découvre ces stratégies, c’est de vouloir les appliquer parfaitement. Et si vous échouez, vous vous sentez coupable. « J’ai essayé l’ancrage du souffle, ça n’a pas marché. » Stop. La fibromyalgie n’est pas une faute. Ces outils sont des expérimentations, pas des obligations.
Voici comment les intégrer en douceur :
Rappel important : L’hypnose et l’IFS ne remplacent pas un suivi médical. La fibromyalgie est un diagnostic qui nécessite un médecin. Ces outils sont des compléments pour améliorer votre qualité de vie, pas des traitements curatifs.
Vous l’avez compris, gérer l’imprévisibilité des crises de fibromyalgie, ce n’est pas trouver une formule magique. C’est construire, pas à pas, une relation différente avec votre corps et votre douleur. C’est apprendre à dire « je te vois, je t’entends, mais je ne suis pas toi » à cette partie douloureuse. C’est utiliser le souffle, l’imagerie, le mouvement, non pas pour fuir, mais pour être présent autrement.
Je ne prétends pas que ce soit facile. Certains jours, rien ne marche. Mais d’autres jours, une simple expiration plus longue peut faire la différence entre une crise qui explose et une crise qui reste contenue.
Si vous sentez que vous avez besoin d’être accompagné dans ce cheminement, sachez que mon cabinet à Saintes est ouvert à ceux qui veulent explorer ces approches. L’hypnose ericksonienne, l’IFS, ou même la préparation mentale que j’utilise avec les sportifs, peuvent vous offrir un cadre pour expérimenter en sécurité. Pas pour vous « guérir » — je ne promets jamais ça — mais pour alléger le fardeau.
Vous pouvez commencer dès ce soir. Avant de vous coucher, posez une main sur votre ventre, fermez les yeux, et prenez trois respirations lentes. Juste trois. C’est un premier pas. Et si vous voulez aller plus loin, je suis là.
Prenez soin de vous.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.