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Hypnose et migraines ophtalmiques : un cas particulier à Saintes

Des pistes concrètes pour calmer les auras visuelles et les maux de tête.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Je ne vais pas te mentir : la première fois que ce patient m’a décrit son aura visuelle, j’ai eu un frisson. « Thierry, je suis au volant, en plein bouchon sur la rocade de Saintes, et soudain, c’est comme si un petit soleil s’allumait au milieu de mon champ de vision. Puis un zigzag lumineux, une tache aveugle qui grandit, et je sais que dans vingt minutes, la douleur va arriver. » Il a dû se garer sur le bas-côté, attendre que ça passe, avant de pouvoir reprendre la route. Pas une fois, pas deux : presque chaque semaine.

Tu vis peut-être la même chose. Ces migraines ophtalmiques, ou migraines avec aura, sont traîtres. Elles ne préviennent pas. Elles te volent la vue un instant, puis te clouent au lit avec un mal de tête qui te donne envie d’arracher ton œil. À Saintes, je reçois plusieurs personnes par mois qui n’en peuvent plus. Médecins, traitements classiques, examens rassurants… mais les crises continuent. Et si l’hypnose pouvait t’offrir une autre voie ? Pas une baguette magique, mais un levier concret pour calmer l’aura et désamorcer la douleur avant qu’elle n’explose.

Je vais te raconter comment je travaille avec ces personnes, ce que j’ai appris en une décennie de pratique, et surtout ce que tu peux essayer dès ce soir, chez toi.

Qu’est-ce qu’une migraine ophtalmique, et pourquoi ton cerveau joue-t-il ce mauvais tour ?

Avant d’entrer dans l’hypnose, il faut comprendre ce qui se passe. Les migraines ophtalmiques – le vrai nom, c’est migraine avec aura – ne sont pas juste un mal de tête costaud. C’est un orage neurologique. L’aura visuelle (ces éclairs, ces taches aveugles, ces formes géométriques) est le signe que ton cortex visuel est en train de vivre une « dépression corticale propagée ». En clair : une vague d’hyperactivité électrique traverse ton cerveau, suivie d’une phase d’inhibition. Les vaisseaux sanguins réagissent, les nerfs s’emballent, et la douleur arrive.

Ce qui est particulier avec les migraines ophtalmiques, c’est que l’aura précède souvent la céphalée (le mal de tête proprement dit) de 20 à 60 minutes. C’est à la fois terrifiant et… une opportunité. Parce que si tu peux agir pendant cette fenêtre, tu as une chance de réduire l’intensité de la crise, voire de l’éviter.

Je reçois des patients qui ont tout essayé : triptans, anti-inflammatoires, éviter le chocolat, le fromage, le vin rouge, dormir à heures fixes, tenir un journal de bord. Mais les crises persistent. Pourquoi ? Parce que la migraine est un signal complexe. Le stress, le manque de sommeil, les variations hormonales, la météo, les écrans… tout peut être un déclencheur. Mais le vrai problème, c’est la réaction en chaîne : une fois que le cerveau est en mode « alerte rouge », il a du mal à redescendre.

L’hypnose, dans ce cadre, n’est pas un traitement de substitution. Elle ne remplace pas ton suivi médical. Mais elle peut t’aider à calmer le système nerveux, à modifier ta perception de l’aura, et à interrompre le cycle douleur-crainte-douleur.

« Ce que j’ai découvert, c’est que ma peur de l’aura alimentait la crise. Plus je redoutais les zigzags, plus ils arrivaient fort. L’hypnose m’a appris à les regarder autrement, comme des nuages qui passent. » — Un patient, 42 ans, Saintes

Pourquoi l’hypnose ericksonienne est particulièrement adaptée aux migraines avec aura

Milton Erickson, le père de l’hypnose que j’utilise, était un pragmatique. Il ne s’intéressait pas à la cause profonde de chaque symptôme, mais à la manière dont le patient pouvait mobiliser ses propres ressources pour changer sa relation au problème. Pour les migraines ophtalmiques, c’est parfait.

Pourquoi ? Parce que l’aura visuelle est déjà un état modifié de conscience. Ton cerveau produit des images que tu ne contrôles pas, qui semblent venir de l’extérieur, mais qui sont en fait une production interne. C’est étrangement proche de ce qu’on fait en hypnose : induire des perceptions modifiées, volontairement. Si tu peux apprendre à influencer cette production interne, tu peux peut-être en réduire l’impact.

Je ne te dis pas que tu vas « visualiser » et faire disparaître l’aura. Non. Mais tu peux apprendre à la « décentrer ». Par exemple, un patient que j’ai suivi l’an dernier décrivait son aura comme un « projecteur de cinéma qui s’allume dans son œil gauche ». On a travaillé à déplacer ce projecteur mentalement : le faire tourner, baisser la luminosité, le projeter sur un écran imaginaire plutôt que dans son champ visuel réel. Ça ne supprime pas l’aura, mais ça change la sensation d’envahissement. Moins de peur, moins de stress, moins de douleur ensuite.

L’hypnose ericksonienne est aussi très utile pour travailler sur les déclencheurs inconscients. Tu sais que le stress est un facteur, mais tu ne peux pas toujours l’éviter. En séance, on peut installer des « ancrages » : un geste, une respiration, une sensation qui te ramène à un état de calme. Tu actives ça dès les premiers signes de l’aura, et tu envoies un signal à ton système nerveux : « On ne part pas en guerre, on reste en observation. »

Comment une séance d’hypnose peut-elle cibler l’aura visuelle et la douleur ?

Concrètement, quand tu arrives dans mon cabinet à Saintes – ou en visio – on ne commence pas par l’hypnose tout de suite. On parle. Je veux comprendre ta migraine : à quoi ressemble ton aura ? Combien de temps dure-t-elle ? Que fais-tu quand elle arrive ? Quelle est la douleur ? 0 à 10 ? Où exactement ? Derrière l’œil ? La tempe ? La nuque ?

Ensuite, on définit un objectif. Pas « guérir la migraine », parce que ce n’est pas réaliste ni honnête. Plutôt : « Réduire l’intensité de la douleur de 8 à 4 », ou « Apprendre à rester calme pendant l’aura », ou « Espacer les crises de 2 à 4 semaines ».

Puis vient l’hypnose. Je t’invite à t’installer confortablement, les yeux fermés. Je parle doucement, je te guide vers un état de relaxation profonde, mais pas endormi. Tu restes conscient, tu peux parler si tu veux. C’est un état de « attention focalisée » où ton esprit est plus réceptif aux suggestions.

Un exercice que j’utilise souvent pour les migraines ophtalmiques, c’est la « métaphore du tableau de bord ». Je te propose d’imaginer que ton cerveau a un tableau de bord, comme dans une voiture. Il y a un voyant rouge qui s’allume quand l’aura arrive. Jusque-là, tu ne pouvais rien faire. Mais en hypnose, on va ajouter un bouton : un interrupteur que tu peux actionner mentalement pour réduire l’intensité du voyant. Pas l’éteindre du jour au lendemain, mais le faire passer de rouge à orange, puis à jaune. Certains patients ressentent une vraie différence physique : la tension dans les tempes se relâche, le scintillement s’atténue.

Un autre travail que je fais, c’est sur la « dissociation thérapeutique ». La douleur, tu la ressens dans ton corps. Mais tu n’es pas ta douleur. En hypnose, je peux t’aider à prendre un peu de recul : imaginer que tu observes ta migraine depuis un endroit sûr, comme si tu regardais un film. Tu vois la scène, mais tu n’es plus dedans. Cette distance réduit la charge émotionnelle, et souvent, la douleur suit.

Je ne te promets pas que ça marche à tous les coups. Mais pour beaucoup de personnes, c’est une bouffée d’air.

L’Intelligence Relationnelle et l’IFS : quand la migraine parle de toi

L’hypnose seule, c’est bien. Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est de comprendre ce que ta migraine essaie de te dire. Je ne suis pas dans le « tout est psychosomatique ». La migraine est une maladie neurologique, point. Mais le stress, les émotions refoulées, les conflits intérieurs peuvent être des allumeurs de mèche.

C’est là que j’utilise l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties ». Tu as peut-être une partie en toi qui est hyper-responsable, qui veut tout contrôler, qui ne s’arrête jamais. Et une autre partie, plus fragile, qui porte la fatigue et la tension. La migraine peut être le signal d’alarme de cette partie fragile : « Stop, tu vas trop loin, repose-toi. »

Je me souviens d’une femme de 35 ans, commerciale, qui venait pour ses migraines ophtalmiques. En discutant, on a découvert que ses crises arrivaient systématiquement le week-end, après des semaines de surcharge. Son corps disait « non » là où sa tête disait « oui ». On a travaillé avec l’IFS pour donner une voix à cette partie épuisée, négocier avec la partie « performeuse », et trouver un équilibre. Résultat ? Ses crises ont diminué de fréquence, et quand elles arrivaient, elle les gérait mieux.

L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de lire les relations entre tes parties, mais aussi entre toi et les autres. Parfois, la migraine ophtalmique est déclenchée par une situation relationnelle : un conflit non réglé, une parole avalée, un besoin non exprimé. Apprendre à dire non, à poser une limite, à respirer avant de répondre – ça ne guérit pas la migraine, mais ça enlève du carburant au feu.

« Je croyais que ma migraine était une ennemie. L’IFS m’a montré qu’elle était une alliée maladroite qui essayait de me protéger. Depuis que je l’écoute, elle crie moins fort. » — Un patient, 29 ans, Saintes

Ce que l’hypnose ne fait pas (et pourquoi c’est important d’être honnête)

Je pourrais te vendre du rêve. « Venez, je vous hypnotise, et vos migraines disparaissent. » Ce serait mensonger et irresponsable. L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle sont des outils puissants, mais ils ont des limites.

D’abord, l’hypnose ne remplace pas un diagnostic médical. Si tu as des migraines ophtalmiques, tu dois être suivi par un neurologue. Il faut exclure d’autres causes (AVC, anévrisme, etc.). Les auras visuelles peuvent être impressionnantes, mais dans l’immense majorité des cas, elles sont bénignes. Mais seul un médecin peut te le confirmer.

Ensuite, l’hypnose ne supprime pas la migraine à 100% pour tout le monde. Certaines personnes voient une réduction de 50% de l’intensité, d’autres une meilleure gestion de l’anxiété liée à l’aura, d’autres encore une diminution de la fréquence. Mais il y a des profils pour qui ça ne marche pas, ou pas assez. C’est honnête.

Enfin, l’hypnose demande une implication de ta part. Ce n’est pas passif. Tu vas devoir t’entraîner entre les séances, écouter des enregistrements, pratiquer les auto-suggestions. Plus tu t’investis, plus tu progresses.

Mais voici ce que l’hypnose fait vraiment bien : elle te redonne un sentiment de contrôle. La migraine ophtalmique te vole ton autonomie. Elle décide quand elle arrive, combien de temps elle dure. L’hypnose te donne des clés pour reprendre le volant. Pas pour éviter toutes les tempêtes, mais pour mieux naviguer dedans.

Trois pistes concrètes à essayer dès ce soir (sans rendez-vous)

Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici trois choses que tu peux tester chez toi, ce soir, si tu sens une aura arriver ou simplement pour te préparer.

1. La respiration « 4-7-8 » au premier signe d’aura Dès que tu vois les zigzags ou les taches, arrête-toi (si tu conduis, gare-toi). Inspire par le nez pendant 4 secondes. Bloque ta respiration pendant 7 secondes. Expire lentement par la bouche pendant 8 secondes. Répète 4 à 5 fois. Ce rythme active le système parasympathique, celui qui calme. Tu envoies un signal « on ralentit » à ton cerveau. Ce n’est pas miraculeux, mais ça casse le cercle de panique.

2. La technique de « l’écran de cinéma » Quand l’aura est là, ferme les yeux. Imagine que tu es dans une salle de cinéma, confortablement installé. Sur l’écran, tu vois ton aura : les formes, les couleurs. Tu peux mentalement baisser le volume, réduire la luminosité, ou même changer la chaîne. Ce n’est pas du déni, c’est une façon de dire à ton cerveau : « Je vois ce qui se passe, mais je ne suis pas en danger. » Entraîne-toi même sans crise, pour que le geste devienne automatique.

3. L’auto-hypnose courte avant de dormir Avant de te coucher, installe-toi dans ton lit. Ferme les yeux. Porte ton attention sur ta respiration, juste le va-et-vient de l’air. Puis imagine une lumière douce, chaude, qui part de ton cœur et monte vers ta tête. Elle enveloppe tes yeux, tes tempes, ton crâne. Tu peux lui donner une couleur apaisante (bleu, vert, doré). Répète mentalement : « Mon crâne est un espace calme, mes vaisseaux sont souples, mon cerveau se repose. » Fais ça 5 minutes. Ça habitue ton système nerveux à associer détente et zone de la tête.

Ces exercices ne sont pas une solution miracle, mais ils te mettent en mouvement. Et c’est souvent le premier pas vers un mieux-être.

Conclusion : un chemin possible, à ton rythme

Si tu vis avec des migraines ophtalmiques, tu sais à quel point elles peuvent être invalidantes. Les auras visuelles te coupent du monde, te font peur, et la douleur qui suit peut te terrasser. Mais tu n’es pas seul, et il y a des chemins que tu n’as peut-être pas encore explorés.

L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des remèdes miracles. Ce sont des compagnons de route. Ils t’aident à comprendre ce que ton corps et ton esprit essaient de te dire, à calmer le système nerveux, à reprendre un peu de pouvoir là où tu te sens démuni.

Je reçois à Saintes, dans mon cabinet près de la place Bassompierre, mais je travaille aussi à distance. On peut commencer par un échange téléphonique gratuit de 20 minutes, sans engagement. Tu me racontes ce que tu vis, je te dis comment je peux t’aider, et tu décides. Pas de pression, juste une écoute.

Alors si tu en as assez de subir, si tu veux essayer une approche différente, prends contact. Envoie-moi un message sur mon site thierrysudan.com, ou appelle-moi. On verra ensemble si l’hypnose peut trouver une place dans ton parcours.

Prends soin de toi. Et la prochaine fois que l’aura pointera son nez, souviens-toi : tu peux l’observer, respirer, et choisir une réponse plus douce.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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