3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une comparaison simple pour vous aider à décider.
Vous êtes là, devant votre armoire à pharmacie, ou peut-être devant l’ordonnance que votre médecin vient de vous prescrire. Et cette question vous trotte dans la tête : est-ce que je prends ces médicaments, ou est-ce que j’essaie autre chose ? Peut-être que vous avez entendu parler de l’hypnose pour la douleur. Un ami vous en a dit du bien. Ou au contraire, vous êtes sceptique : « Moi, on ne me hypnotise pas. » Et pourtant, la douleur, elle, ne vous lâche pas.
Je reçois des personnes comme vous presque tous les jours à mon cabinet à Saintes. Des adultes qui souffrent, parfois depuis des années. Certains ont tout essayé : anti-inflammatoires, antalgiques, infiltrations, kiné. D’autres, au contraire, n’ont jamais osé prendre de médicaments, par peur des effets secondaires ou d’une dépendance. Et puis il y a ceux qui sont perdus, ballottés entre les avis des spécialistes, sans savoir vers quoi se tourner.
Alors, hypnose ou médicaments ? La réponse n’est pas binaire. Ce n’est pas un match où il faut choisir un camp. C’est plutôt une question de stratégie, de timing et de ce qui est le plus adapté à votre situation, à votre corps et à votre histoire. Dans cet article, je vais vous aider à y voir plus clair, sans jargon, sans promesses miracles, mais avec des exemples concrets et une honnêteté totale sur ce que ces deux approches peuvent (et ne peuvent pas) faire.
Avant de comparer, il faut comprendre ce qu’est la douleur. Et là, je vais vous surprendre : la douleur n’est pas une simple mesure de ce qui se passe dans votre corps. Ce n’est pas un thermomètre qui indique « 7 sur 10, donc il y a une lésion grave ». La douleur est une construction de votre cerveau. Elle est votre système d’alarme personnel, et ce système peut se dérégler.
Imaginez un détecteur de fumée. Normalement, il se déclenche quand il y a du feu. Mais parfois, un grain de poussière, un courant d’air ou une vapeur de cuisine suffit à le faire hurler. Il n’y a pas de feu, mais l’alarme est là. C’est pareil pour la douleur chronique. Le signal d’alarme continue de sonner, même quand le danger initial (la blessure, l’inflammation) a disparu depuis longtemps.
C’est ce qu’on appelle la sensibilisation centrale. Votre système nerveux devient hypervigilant. Il interprète des signaux normaux (un frôlement, une pression légère) comme des menaces. Et il fabrique de la douleur pour vous protéger… d’un danger qui n’existe plus.
Prenons un exemple. J’ai reçu il y a quelques mois un homme d’une cinquantaine d’années, appelons-le Marc. Marc avait une lombalgie chronique depuis 8 ans. Il avait passé des IRM, des scanners, vu des rhumatologues, des ostéopathes, des kinés. On lui avait dit : « Vous avez de l’arthrose, mais rien de grave. » Pourtant, Marc avait mal tous les jours. Il ne pouvait plus jardiner, plus porter ses petits-enfants, plus dormir une nuit complète. Les médicaments (paracétamol, anti-inflammatoires, puis tramadol) le soulageaient un peu, mais jamais complètement. Et il commençait à avoir des effets secondaires : constipation, somnolence, brouillard mental.
Ce que Marc vivait, c’était exactement ce phénomène d’alarme qui disjoncte. Sa douleur n’était pas « dans sa tête » au sens où elle serait imaginaire. Elle était bien réelle, mais elle était devenue une habitude de son cerveau. Et pour changer une habitude, les médicaments seuls ne suffisent pas toujours. C’est là que l’hypnose entre en jeu.
Je ne suis pas médecin, et je ne vous dirai jamais d’arrêter vos médicaments. Ce serait irresponsable. Les médicaments sont des outils formidables. Ils sauvent des vies, ils permettent de traverser des crises aiguës, ils réduisent l’inflammation, ils bloquent des signaux de douleur à la source. Sans eux, des millions de personnes seraient condamnées à souffrir.
Mais il faut être honnête : les médicaments ont des limites. Ils agissent sur les symptômes, pas toujours sur les causes profondes du dérèglement. Quand vous prenez un antalgique, vous ne « réparez » pas le système d’alarme. Vous le mettez en sourdine. C’est très utile pour dormir, pour passer un cap, pour éviter que la douleur ne s’installe en circuit court. Mais si vous utilisez la sourdine en permanence, le système d’alarme peut devenir encore plus sensible à long terme.
Prenons le cas des opioïdes (morphine, codéine, tramadol). Ils sont très efficaces pour les douleurs aiguës, post-opératoires par exemple. Mais pour une douleur chronique, leur efficacité diminue avec le temps (c’est l’accoutumance), et les risques de dépendance sont réels. Votre cerveau s’habitue, il en demande plus, et quand vous voulez arrêter, le sevrage peut être très difficile. J’ai accompagné des personnes qui étaient devenues prisonnières de leurs antidouleurs, non pas parce qu’elles étaient « faibles », mais parce que leur corps s’était adapté à la molécule.
Et il y a les effets secondaires moins visibles : la somnolence qui vous empêche de conduire, la constipation chronique, la sécheresse buccale, la fatigue, les troubles de la mémoire. Certains de mes clients me disent : « Je ne me reconnais plus. Je suis dans le brouillard. » Ils ont perdu une partie de leur vitalité.
Les médicaments ne sont pas « mauvais ». Mais ils sont souvent une solution partielle, surtout pour la douleur chronique. Ils agissent sur le volume de l’alarme, pas sur le fait que l’alarme soit déréglée. Et c’est là que l’hypnose peut apporter quelque chose de différent.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Vous ne perdez pas conscience, vous n’êtes pas endormi, vous ne faites pas le coq ou la poule. L’hypnose est un état de conscience modifié, très naturel, que vous vivez déjà tous les jours : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous ne vous souvenez plus du trajet, quand vous rêvassez. C’est un état de concentration intérieure, où votre esprit critique est un peu moins actif, et où votre cerveau devient plus réceptif à de nouvelles façons de penser, de ressentir, de réagir.
Pour la douleur, l’hypnose agit sur plusieurs niveaux. D’abord, elle peut modifier la perception de la douleur. Vous ne sentez pas la douleur disparaître complètement (parfois oui, mais c’est rare), mais vous pouvez apprendre à la ressentir différemment. Un de mes clients décrivait sa douleur comme « une barre de fer chauffée à blanc dans le genou ». Après quelques séances d’hypnose, il disait : « C’est comme une lourde couverture tiède. C’est présent, mais ce n’est plus insupportable. » La douleur n’avait pas changé d’intensité objective, mais sa relation à elle avait changé.
Ensuite, l’hypnose agit sur le stress et l’anxiété, qui sont des amplificateurs puissants de la douleur. Quand vous avez mal, vous vous crispez, vous respirez mal, vous anticipez la douleur, vous avez peur du mouvement. Ce cercle vicieux augmente la tension musculaire, ce qui augmente la douleur, ce qui augmente l’anxiété. L’hypnose vous apprend à casser ce cercle. Elle vous donne des outils pour vous détendre, pour respirer, pour faire baisser le niveau d’alerte de votre système nerveux.
« Je pensais que l’hypnose allait me faire disparaître la douleur comme par magie. En réalité, elle m’a appris à vivre avec elle sans qu’elle prenne toute la place. » — Un client, après 3 séances pour une fibromyalgie.
Enfin, et c’est le plus important pour la chronicité, l’hypnose peut aider à « rééduquer » le système d’alarme. En travaillant sur les métaphores, sur les images, sur les sensations, vous pouvez apprendre à votre cerveau que tel signal n’est plus un danger. C’est un processus progressif, comme un réapprentissage. Ce n’est pas instantané. Cela demande de la pratique, comme un sportif qui répète un geste.
Mais l’hypnose a aussi ses limites. Elle ne répare pas une hernie discale. Elle ne guérit pas une infection. Elle ne remplace pas une chirurgie urgente. Pour une douleur aiguë, un traumatisme récent, une fracture, les médicaments sont souvent indispensables. L’hypnose est plutôt un outil pour la durée, pour la chronicité, pour la prévention des rechutes, pour la qualité de vie.
Il y a des situations où l’hypnose seule ne fera pas le poids. Par exemple, une crise de migraine aiguë, avec des nausées, des vomissements, une incapacité à bouger. Dans ce cas, un triptan (médicament spécifique) est souvent plus efficace et plus rapide. De même, une douleur post-opératoire intense, les premières 48 heures, nécessite des antalgiques puissants. L’hypnose peut être un complément pour gérer l’anxiété avant l’opération ou pour réduire la consommation de morphine après, mais elle ne remplace pas le traitement médical d’urgence.
Inversement, il y a des situations où les médicaments seuls échouent. C’est le cas de Marc, mon client lombalgique. Il prenait du tramadol depuis 3 ans. Sa douleur était toujours là, et il avait développé une dépendance. Les médecins essayaient de le sevrer, mais chaque tentative le faisait souffrir davantage. L’hypnose, combinée à un sevrage progressif supervisé par son médecin, lui a permis de réduire sa dose de moitié en deux mois, et de retrouver un sommeil réparateur sans somnifère.
Ce que je veux vous dire, c’est que le choix n’est pas « soit l’un, soit l’autre ». La question la plus utile est : « Qu’est-ce qui est le plus adapté pour moi, à ce moment précis de mon parcours ? » Parfois, la réponse est les deux. Parfois, c’est l’un puis l’autre. Parfois, c’est l’hypnose seule, parce que les médicaments vous font plus de mal que de bien.
Prenons un autre exemple. Une femme de 45 ans, appelons-la Sophie, souffrait de douleurs neuropathiques après un zona. Elle prenait de la prégabaline (Lyrica) et de la duloxétine. Les douleurs étaient réduites de 50%, mais elle avait pris 10 kilos, se sentait fatiguée, et avait des difficultés sexuelles. Elle voulait arrêter, mais son neurologue lui disait que sans traitement, la douleur reviendrait. Nous avons travaillé ensemble avec l’hypnose pendant 6 séances. Elle a appris à « déplacer » la sensation de brûlure vers une zone moins gênante, à la transformer en une sensation de fraîcheur. Au bout de 3 mois, elle a pu réduire sa médication de 40% avec l’accord de son médecin, et elle se sentait plus vivante.
Alors, comment décider ? Voici une grille simple, basée sur ce que je vois en consultation. Posez-vous ces questions :
1. Quelle est l’origine de votre douleur ? Si c’est une douleur aiguë, mécanique, inflammatoire (une tendinite, une crise de goutte, une fracture), les médicaments sont souvent la première ligne. L’hypnose peut être un bonus pour gérer le stress lié à la douleur, mais ne faites pas l’impasse sur le traitement médical. Si c’est une douleur chronique, sans lésion active (fibromyalgie, lombalgie chronique, céphalées de tension), l’hypnose a toute sa place, souvent en première intention avec une approche globale (kiné, activité physique adaptée, psychothérapie).
2. Quel est votre rapport aux médicaments ? Avez-vous des effets secondaires invalidants ? Avez-vous peur de la dépendance ? Avez-vous déjà essayé plusieurs molécules sans résultat ? Si oui, l’hypnose peut être une alternative ou un complément pour vous aider à réduire les doses. Si vous n’avez jamais pris de médicaments et que votre douleur est légère à modérée, vous pouvez tenter l’hypnose d’abord, sous réserve d’un avis médical.
3. Votre douleur est-elle liée à du stress, des émotions ou des traumatismes ? C’est un point clé. Les douleurs chroniques sont très souvent liées à des événements de vie difficiles (deuil, séparation, burn-out, traumatisme ancien). Les médicaments ne traitent pas ces causes. L’hypnose, surtout couplée à l’IFS (Internal Family Systems) ou à l’Intelligence Relationnelle, peut vous aider à dénouer ces liens émotionnels. Si vous sentez que votre douleur s’aggrave dans les moments de stress, l’hypnose est une piste sérieuse.
4. Êtes-vous prêt à vous engager dans un processus ? Les médicaments, c’est simple : vous prenez une pilule, vous attendez 30 minutes, et l’effet arrive (ou pas). L’hypnose, c’est un apprentissage. Cela demande des séances (en général 3 à 6 pour des résultats notables), et de la pratique entre les séances. Écouter des enregistrements, faire des exercices de respiration, tenir un journal. Ce n’est pas une solution de facilité, mais c’est une solution durable. Si vous êtes dans une phase de crise où vous n’avez pas l’énergie pour cela, commencez par les médicaments pour stabiliser la douleur, puis envisagez l’hypnose quand vous serez plus disponible.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, voici ce que je vous propose de faire, concrètement, maintenant.
Étape 1 : Parlez-en à votre médecin traitant. Ne faites jamais d’automédication, et n’arrêtez jamais un traitement sans avis médical. Dites-lui : « Je m’intéresse à l’hypnose pour ma douleur. Est-ce que je peux essayer tout en continuant mon traitement ? » Un bon médecin sera ouvert à cette approche complémentaire. S’il est réticent, demandez-lui pourquoi. Parfois, c’est par méconnaissance. Vous pouvez aussi consulter un médecin spécialisé en médecine de la douleur (centre antidouleur) qui connaît bien ces approches.
Étape 2 : Évaluez votre douleur sur une semaine. Avant de prendre une décision, tenez un petit carnet. Notez chaque jour : votre niveau de douleur (de 0 à 10), ce que vous avez pris comme médicament, votre humeur, votre sommeil, et les moments où la douleur est plus forte. Cela vous donnera une photo précise de votre situation. Vous verrez peut-être que votre douleur est très liée à certains moments, certaines émotions, certaines activités. C’est une information précieuse pour l’hypnose.
Étape 3 : Essayez une première séance d’hypnose sans engagement. Je propose souvent une première séance découverte à mes clients. Ce n’est pas une séance « test » où on verra si ça marche ou pas. C’est un temps pour vous expliquer le processus, pour que vous ressentiez l’état hypnotique, et pour que vous décidiez si cela vous parle. Certaines personnes ressentent un soulagement immédiat, d’autres non. L’important est de voir si la méthode vous convient, si vous vous sentez en confiance, si vous avez envie d’aller plus loin.
Étape 4 : Acceptez que ce soit progressif. Ne vous attendez pas à ce que l’hypnose fasse disparaître votre douleur en une séance. Ce n’est pas de la magie. C’est un réapprentissage. Vous allez peut-être d’abord mieux dormir, puis être moins anxieux, puis ressentir la douleur moins intense, puis pouvoir faire des gestes que vous ne faisiez
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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