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Hypnose pour la douleur : 3 erreurs à éviter absolument

Conseils pratiques pour tirer le meilleur de vos séances.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

« J’ai tout essayé. L’hypnose, c’était mon dernier espoir. Mais ça n’a pas marché. »

Je l’entends souvent, cette phrase, dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes arrivent avec une douleur chronique qui les épuise — un genou qui craque depuis des années, une migraine qui revient trois fois par semaine, un dos qui verrouille au moindre faux mouvement. Ils ont consulté des spécialistes, avalé des antalgiques, fait de la kiné. Et puis quelqu’un leur a dit : « Essaie l’hypnose. »

Ils viennent avec une attente précise : « Faites disparaître ma douleur, docteur. »

Et quand la douleur ne disparaît pas après une ou deux séances, ils repartent déçus. Certains arrêtent. D’autres continuent en traînant un scepticisme lourd comme une pierre.

Je vais être honnête avec vous : l’hypnose pour la douleur, ce n’est pas un bouton Off. Ce n’est pas une pilule magique. C’est un outil puissant, mais mal utilisé, il peut vous faire perdre du temps, de l’argent et, pire, de l’espoir.

Dans cet article, je vais vous parler des trois erreurs que je vois le plus souvent — chez mes patients, mais aussi chez certains praticiens. Des erreurs qui sabotent les résultats. Et je vais vous dire comment les éviter, concrètement, avant votre prochaine séance.

Asseyez-vous confortablement. Prenez une respiration. On y va.


Erreur n°1 : Vouloir « supprimer » la douleur au lieu de changer votre relation avec elle

C’est l’erreur la plus fréquente. La plus compréhensible aussi.

Vous avez mal. Vous voulez que ça s’arrête. Point. Alors vous arrivez en séance avec cette idée en tête : « Je veux que la douleur disparaisse. » Et le praticien, parfois, se laisse embarquer dans cette demande. Il va tenter de « faire partir » la douleur avec une métaphore — une rivière qui emporte la sensation, un nuage qui se dissipe, un interrupteur qu’on éteint.

Parfois, ça marche. Pour certaines douleurs aiguës, récentes, l’hypnose peut effectivement agir comme un anesthésiant puissant. Je pense à ce patient, un coureur amateur, qui s’est déchiré un mollet pendant un semi-marathon. Une séance d’hypnose, et la douleur était réduite de 80 % pendant la course suivante. C’était spectaculaire.

Mais pour la douleur chronique — celle qui dure depuis des mois, des années — c’est une autre histoire.

Votre système nerveux a appris à avoir mal. Il a construit des autoroutes neuronales dédiées à la douleur. Votre cerveau, qui est un organe incroyablement protecteur, a décidé que cette sensation devait rester pour vous protéger d’un danger perçu. Vous voulez supprimer la douleur ? Votre cerveau dit : « Non, c’est dangereux. Je la garde. »

Alors quand le praticien essaie de « faire disparaître » la douleur, il se heurte à un mur. Et vous, vous repartez frustré, en vous disant que l’hypnose ne marche pas sur vous.

Ce qu’il faut faire à la place :

Ne cherchez pas à supprimer la douleur. Cherchez à changer votre relation avec elle.

L’hypnose ericksonienne, que j’utilise, est particulièrement adaptée à ça. Au lieu de combattre la douleur, on va l’accueillir différemment. On va lui donner une forme, une couleur, une texture. On va la déplacer de quelques centimètres. On va réduire son intensité de 10 %, puis de 20 %. On va apprendre à votre cerveau que la douleur peut exister sans que vous soyez en mode « alerte rouge » en permanence.

Je me souviens de Julie, une femme de 52 ans qui souffrait de fibromyalgie. Elle avait mal partout, tout le temps. Après trois séances, elle m’a dit : « La douleur est toujours là. Mais elle ne me prend plus toute la place. Avant, elle était comme un orchestre qui jouait à fond dans ma tête. Maintenant, c’est une radio en fond, je peux choisir de l’écouter ou pas. »

C’est ça, le vrai changement. Pas la disparition. La transformation du lien.

« La douleur chronique n’est pas un interrupteur qu’on éteint. C’est un volume qu’on apprend à baisser. Et parfois, c’est déjà une victoire immense. »

Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois que vous sentez votre douleur, arrêtez-vous 30 secondes. Ne cherchez pas à la chasser. Observez-la comme si vous étiez un scientifique. Où est-elle exactement ? Quelle forme a-t-elle ? Est-elle chaude ou froide ? Fixe ou mobile ? Vous n’essayez pas de la faire partir. Vous apprenez à la connaître. C’est le premier pas.


Erreur n°2 : Confondre hypnose-spectacle et hypnose thérapeutique

Je vois souvent arriver des patients qui ont une idée très précise de ce qu’est l’hypnose : une personne qui dort, un œil qui se lève, un « vous allez vous endormir profondément » lancé d’une voix grave. Ils ont vu des vidéos sur Internet, des shows télévisés. Et ils s’attendent à ce que je sorte une montre à gousset ou que je fasse des passes magnétiques.

Quand je leur dis qu’on va simplement parler, qu’on va s’asseoir confortablement, qu’ils vont garder les yeux ouverts, certains sont déçus. « C’est tout ? » me demandent-ils. « Je ne vais pas être inconscient ? »

Non. Vous ne serez pas inconscient. Et c’est tant mieux.

L’hypnose thérapeutique — l’hypnose ericksonienne que je pratique — n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Celle de spectacle joue sur la suggestibilité extrême, la mise en scène, la sidération. Elle fonctionne parce que le public est dans un état de vigilance particulier, amplifié par le stress et l’excitation. Mais ce n’est pas comme ça qu’on travaille sur une douleur chronique.

En séance, vous serez dans un état de conscience modifié, oui. Mais un état léger, agréable, où vous restez aux commandes. Vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux si vous voulez. Vous n’êtes pas « possédé » par le praticien. Vous êtes simplement dans un état de relaxation profonde, où votre esprit conscient se met en retrait pour laisser place à votre inconscient.

Et c’est là que le travail se fait.

Votre inconscient, c’est cette partie de vous qui gère votre respiration, votre digestion, votre cicatrisation. C’est aussi celle qui a appris à produire de la douleur. En hypnose, on va dialoguer avec lui. On va lui proposer de nouvelles options. On va lui montrer qu’il peut baisser le volume de la douleur, la transformer, la déplacer.

Mais pour ça, il faut que vous soyez présent. Que vous participiez. Que vous soyez acteur, pas spectateur.

Ce qu’il faut faire à la place :

Avant votre première séance, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je crois savoir sur l’hypnose ? » Et si votre réponse contient des mots comme « endormir », « inconscient », « contrôlé », « manipulateur », prenez un moment pour déconstruire ça.

L’hypnose thérapeutique, c’est un outil de collaboration. Vous et moi, on travaille en équipe. Je suis le guide, vous êtes l’explorateur. Si vous attendez passivement que je « fasse quelque chose », ça ne marchera pas. Si vous venez avec l’idée que vous allez être « endormi » et vous réveiller guéri, vous serez déçu.

Ce que vous pouvez faire maintenant : Cherchez sur YouTube une vidéo de Milton Erickson, le père de l’hypnose thérapeutique moderne. Regardez comment il parle à ses patients. Doucement, respectueusement, sans jamais les forcer. Vous verrez que l’hypnose, c’est avant tout une conversation. Une conversation avec votre propre esprit.


Erreur n°3 : Abandonner après une ou deux séances (et sous-estimer le rôle de votre quotidien)

Voici la scène typique : un patient vient me voir pour une douleur au genou qui dure depuis trois ans. Il a fait de la kiné, des infiltrations, du yoga. Il est motivé. Première séance : on explore, on installe une métaphore, on travaille sur la sensation. Il repart détendu, la douleur est un peu moins présente. « C’était intéressant », me dit-il.

Deuxième séance : on approfondit. On commence à toucher à des choses plus anciennes — car souvent, la douleur chronique est liée à du stress, à des émotions non exprimées, à des schémas de vie. Le patient sent que ça remue. Il se dit : « C’est bizarre, je suis venu pour mon genou, pas pour parler de mon boulot. »

Et puis il ne revient pas.

Parfois, il m’envoie un mail : « Merci, mais je vais essayer autre chose. » Parfois, je ne le revois plus jamais. Et il va raconter autour de lui que l’hypnose, ça n’a pas marché.

Je comprends cette impatience. La douleur est une urgence permanente. On veut du rapide, du concret, du visible. Mais la douleur chronique, elle, s’est installée lentement. Elle a construit des fondations solides dans votre système nerveux. Vous ne pouvez pas la déloger en deux coups de cuillère à pot.

Ce qu’il faut faire à la place :

Considérez l’hypnose comme un réentraînement. Pas comme un soin unique.

Si vous allez à la salle de sport une fois, vous ne vous attendez pas à avoir des abdos en béton. Si vous apprenez une langue étrangère, vous ne parlez pas couramment après un cours. L’hypnose, c’est pareil. Il faut du temps pour que votre cerveau apprenne de nouveaux chemins, pour que votre système nerveux se recalibre.

Comptez en général entre 4 et 8 séances pour des résultats durables sur une douleur chronique. Parfois plus, parfois moins. Mais rarement 1 ou 2.

Et il y a autre chose, essentiel : ce que vous faites entre les séances.

L’hypnose n’est pas un traitement passif. Ce n’est pas comme prendre un cachet et attendre que ça agisse. C’est un apprentissage. Je vais vous donner des exercices à faire chez vous — des auto-hypnoses, des respirations, des visualisations. Si vous ne les faites pas, le travail sera dix fois plus long.

Je me souviens de Marc, un footballeur amateur qui avait une tendinite chronique au tendon d’Achille. Il venait toutes les semaines, faisait ses exercices religieusement. Au bout de six séances, il m’a dit : « La douleur est encore là un peu, mais elle ne m’empêche plus de jouer. Et surtout, je sais quoi faire quand elle revient. » Il avait intégré l’outil. Il était devenu son propre thérapeute.

C’est ça, l’objectif final : que vous n’ayez plus besoin de moi.

Ce que vous pouvez faire maintenant : Si vous avez déjà fait une ou deux séances d’hypnose et que vous avez arrêté, posez-vous honnêtement la question : « Est-ce que j’ai vraiment laissé une chance à cette approche ? » Si la réponse est non, reprenez rendez-vous. Mais cette fois, engagez-vous sur un minimum de quatre séances. Et faites les exercices. Vraiment.


Comment bien choisir son praticien (et éviter les charlatans)

Puisqu’on parle d’erreurs, parlons aussi de celui ou celle qui vous accompagne. Tous les praticiens d’hypnose ne se valent pas. Et dans un domaine où il n’y a pas de régulation officielle en France, il faut être vigilant.

Un bon praticien pour la douleur, c’est quelqu’un qui :

  • A une formation solide. Pas un weekend de 3 jours. Une formation reconnue, avec des heures de pratique supervisée. L’Institut Milton Erickson, l’ARCHE, l’IFHE… Ce sont des références.
  • Connaît la douleur chronique. Il sait que ce n’est pas juste une sensation, mais un phénomène neurophysiologique complexe. Il ne vous promettra pas une guérison miracle en une séance.
  • Vous posez des questions sur votre vie. Pas juste sur votre genou. Parce que la douleur chronique est souvent liée à votre sommeil, votre stress, votre histoire.
  • Ne vous force jamais. Si vous êtes mal à l’aise, si une suggestion ne vous convient pas, il s’adapte. Il ne vous dit pas « vous devez faire ça ».
  • Vous donne des exercices. Un bon praticien ne vous laisse pas repartir les mains vides. Il vous outille.

Méfiez-vous des promesses trop belles. « Je vais vous guérir en une séance. » « Je travaille avec l’inconscient, vous n’avez rien à faire. » « Je peux supprimer définitivement votre douleur. » Ce sont des signaux d’alarme.

« Un bon praticien ne vous promet pas la guérison. Il vous promet un chemin. Et il marche à côté de vous. »

Ce que vous pouvez faire maintenant : Avant de prendre rendez-vous avec un praticien, demandez-lui trois choses : sa formation, son expérience avec les douleurs chroniques, et comment se déroule une séance typique. Un bon professionnel répondra clairement, sans esquive. Un charlatan vous renverra une réponse vague ou vous vendra du rêve.


Et si vous veniez à Saintes ?

Je ne sais pas si cet article vous a parlé. Peut-être que vous lisez ces lignes en serrant les dents, avec cette douleur qui vous rappelle qu’elle est toujours là. Peut-être que vous avez déjà tout essayé, et que l’hypnose vous semble être une dernière carte à jouer, avec un mélange d’espoir et de méfiance.

Je ne peux pas vous promettre que je vais « supprimer » votre douleur. Personne ne le peut honnêtement. Mais je peux vous promettre que je vais vous écouter, que je vais vous apprendre à changer votre relation avec elle, et que je vais vous donner des outils concrets pour reprendre le contrôle.

Mon cabinet est à Saintes, à deux pas du centre-ville. Je reçois du lundi au vendredi, en fin d’après-midi et soirée pour ceux qui travaillent. La première séance dure 1h15 — on fait connaissance, on pose le cadre, on commence déjà à travailler. Pas de blouse blanche, pas de jargon. Juste une conversation, un fauteuil confortable, et la volonté de vous aider à aller mieux.

Si vous êtes prêt à essayer, vraiment, sans attendre de miracle mais avec l’envie de faire un bout de chemin, prenez rendez-vous. On verra ensemble si l’hypnose est faite pour vous, et si moi, je suis le bon interlocuteur.

Parfois, le plus dur n’est pas de supporter la douleur. Le plus dur, c’est de tendre la main.

Je suis là.

Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)

[Prendre rendez-vous en ligne] — ou appelez-moi au 06 XX XX XX XX (numéro disponible sur mon site).

À propos de l'auteur

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Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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