3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des solutions adaptées aux petits patients pour des visites sereines.
« Maman, j’ai mal aux dents… » Ce sont souvent les mots qui déclenchent une course contre la montre chez le dentiste, avec son lot d’appréhension. Et si l’enfant est anxieux, la simple évocation du fauteuil, de la roulette ou de l’aiguille peut provoquer des crises de larmes, des refus catégoriques, voire des crises d’angoisse. Je reçois régulièrement des parents désemparés : « Il a besoin d’un soin, mais il se débat, il ne veut même pas ouvrir la bouche. On a déjà essayé la sédation consciente, mais ça le stresse encore plus. » Je comprends cette détresse. Vous voulez le meilleur pour votre enfant, mais la peur semble plus forte que tout.
Pourtant, il existe une solution douce, non médicamenteuse, qui transforme l’expérience : l’hypnose. Non, ce n’est pas un numéro de cirque ni un sommeil profond. C’est un outil de communication puissant qui permet à l’enfant de se sentir acteur de son soin, de gérer sa douleur et son anxiété. Dans cet article, je vais vous expliquer comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle peuvent rendre une visite chez le dentiste non seulement supportable, mais parfois même… amusante. Nous allons voir ensemble des mécanismes concrets, des exemples anonymisés de petits patients que j’ai accompagnés, et surtout, des pistes que vous pouvez mettre en place dès maintenant.
Avant de chercher à calmer l’enfant, il faut comprendre ce qui se joue dans sa tête. La peur du dentiste n’est pas une simple « peur de la douleur ». Elle est souvent le résultat d’un cocktail complexe : peur de l’inconnu, peur de perdre le contrôle, peur des bruits stridents, peur de l’aiguille (belonephobie), ou encore peur d’être jugé (par le praticien, par le parent). Un enfant de 6 ans n’a pas la même capacité à verbaliser ou à rationaliser qu’un adulte. Son système nerveux est en alerte, et son cerveau limbique (le centre des émotions) prend le dessus sur son cortex préfrontal (la raison). En d’autres termes, quand il panique, il ne peut pas « se raisonner ».
J’utilise souvent l’IFS (Internal Family Systems) pour aider les parents à comprendre ce qui se passe. Dans cette approche, on considère que nous avons tous en nous des « parties » qui ont des rôles et des émotions. Chez un enfant anxieux, une partie « protectrice » peut prendre le contrôle : c’est celle qui crie, qui se débat, qui refuse d’ouvrir la bouche. Cette partie a une mission : le protéger d’une menace perçue (la douleur, l’aiguille). Si vous essayez de la raisonner ou de la forcer, cette partie se renforce. Elle se dit : « Tu vois ? On a raison d’avoir peur, il faut se défendre encore plus fort. »
L’hypnose, dans ce cadre, ne vise pas à faire taire cette partie protectrice, mais à l’apaiser en lui offrant une alternative. On va créer un espace de sécurité où l’enfant peut « laisser sa partie peureuse au vestiaire » et inviter une autre partie, plus curieuse ou plus créative, à prendre les commandes. Par exemple, un petit garçon de 7 ans que j’ai suivi avait une « partie super-héros » qui adorait les missions secrètes. En hypnose, on a transformé le soin dentaire en une mission d’infiltration dans une caverne (sa bouche) pour combattre les « vilaines caries ». La partie peureuse s’est calmée, car le super-héros avait un plan. La peur n’a pas disparu, elle a été accueillie et dépassée.
« La peur n’est pas l’ennemie. Elle est un signal d’alarme. L’hypnose ne coupe pas l’alarme, elle donne à l’enfant une télécommande pour régler le volume. »
L’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre Milton Erickson, est une approche indirecte et permissive. On ne dit pas à l’enfant « tu vas te relaxer » ou « tu ne vas pas avoir mal ». On lui propose une expérience sensorielle et imaginaire qui va mobiliser son attention et modifier sa perception. Le principe est simple : l’enfant n’est pas en état de conscience modifié « profond » (comme dans les spectacles), mais dans un état de focalisation intense, où son inconscient peut accepter des suggestions utiles.
Prenons un exemple concret. Léa, 5 ans, devait se faire poser un scellement sur une molaire. Elle était terrorisée par la « fraise » (la turbine). Avant même d’entrer dans la salle, elle pleurait. Je ne suis pas dentiste, mais en tant que préparateur mental, j’ai travaillé avec le chirurgien-dentiste qui utilise l’hypnose. Voici comment on a procédé :
La préparation en amont : Avant le rendez-vous, la maman de Léa lui a raconté une histoire que je lui avais suggérée : « Tu vas rencontrer un petit robot qui s’appelle Zzzip, il fait un bruit de guêpe endormie, mais il est très doux. Il va nettoyer ta dent avec un pinceau magique. » Cette histoire a créé une attente positive.
L’installation dans le fauteuil : Le dentiste, après avoir salué Léa, a utilisé un langage hypnotique. Au lieu de dire « Ouvre la bouche », il a dit : « Tu sais, Léa, quand tu es allongée, tu peux imaginer que tu es sur un nuage. Tu sens le fauteuil qui te porte ? Maintenant, je vais te montrer une petite lumière magique (la lampe du scialytique). Si tu la regardes, tu vas voir qu’elle peut changer de couleur. Elle devient bleue… comme l’océan. Et dans l’océan, il y a un dauphin qui nage. Tu veux le voir ? »
La dissociation de la sensation : Quand la turbine a démarré, le dentiste a immédiatement lié le bruit à l’histoire : « Écoute, c’est le dauphin qui siffle pour appeler ses amis. Toi, tu restes sur ton nuage, et tu sens un petit vent frais sur ta dent (le spray d’air). C’est agréable, comme une brise marine. » Léa a gardé les yeux ouverts, mais son regard était fixé sur la lumière. Elle était dans son monde. La sensation de vibration et le bruit ont été réinterprétés par son cerveau comme faisant partie du jeu. Le soin a duré 12 minutes. Léa n’a pas bougé, n’a pas pleuré.
Ce qui a fonctionné, c’est la dissociation. L’hypnose a permis à Léa de séparer son esprit (qui était sur la plage avec le dauphin) de son corps (qui était dans le fauteuil). La douleur potentielle a été masquée par une sensation agréable imaginée. C’est la même technique que j’utilise avec les sportifs pour gérer la fatigue : on ne supprime pas la sensation, on la transforme en quelque chose d’utile ou de neutre.
Vous, parents, êtes les premiers acteurs de cette transformation. L’anxiété d’un enfant est souvent le miroir de l’anxiété parentale. Si vous êtes tendu, crispé, si vous dites « N’aie pas peur, ça ne va pas faire mal », votre enfant capte votre stress et votre mensonge (car oui, parfois ça peut être inconfortable). L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à gérer ses propres émotions pour créer un climat de sécurité.
Voici des erreurs classiques et comment les remplacer :
Erreur : Minimiser la peur. « Arrête de pleurer, c’est rien. »
Alternative : Valider l’émotion. « Je vois que tu as peur. C’est normal, c’est un endroit bizarre. Je suis là avec toi. On va faire ça ensemble. »
Erreur : Donner des explications médicales. « Le dentiste va enlever la carie, c’est une petite infection… »
Alternative : Utiliser le langage métaphorique. « Le docteur va aider ta dent à se sentir mieux. Il a une petite éponge magique pour la nettoyer. »
Erreur : Être dans le contrôle. « Tiens-toi tranquille ! »
Alternative : Offrir un choix illusoire. « Tu préfères que je tienne ta main gauche ou ta main droite ? Tu veux qu’on imagine la plage ou la montagne ? » Cela redonne un sentiment de contrôle à l’enfant.
J’ai accompagné une maman, Sophie, dont le fils de 8 ans, Mathis, refusait catégoriquement toute anesthésie locale. Il avait eu une mauvaise expérience avec une piqûre. Sophie était très anxieuse elle-même. Nous avons travaillé ensemble sur sa propre « partie protectrice » (celle qui voulait protéger son fils de la douleur, mais qui, par sa tension, augmentait la peur de Mathis). Je lui ai appris à respirer calmement, à visualiser un lieu sûr pour elle-même avant le rendez-vous. Le jour du soin, elle est restée calme, a tenu la main de Mathis et a chuchoté une histoire de dragon qui crachait du feu froid (pour l’anesthésie locale, finalement acceptée après une suggestion hypnotique du dentiste). Mathis a senti la confiance de sa mère et s’est détendu.
« Votre calme est le meilleur des somnifères pour l’anxiété de votre enfant. Avant de vouloir l’apaiser, apaisez-vous vous-même. »
Je vais vous donner des outils pratiques, que vous pouvez intégrer à la maison et sur place. Ce ne sont pas des recettes magiques, mais des leviers qui ont fait leurs preuves.
Un papa que j’ai coaché, Christophe, avait l’habitude de dire à son fils « Tu es courageux ». Mais lors du soin, son fils se sentait obligé de « faire le brave » et refoulait ses émotions, ce qui le faisait exploser après. On a remplacé « Sois courageux » par « Tu es en sécurité. Tu peux ressentir ce que tu ressens. Je suis là. » La différence est subtile mais fondamentale : on passe d’une injonction de performance à une autorisation d’être vulnérable.
Parfois, malgré toute la préparation, l’enfant entre en crise dans la salle d’attente ou dans le fauteuil. Il hurle, se débat, ne peut plus entendre raison. C’est une réaction de stress aigu. Dans ces moments, l’hypnose « classique » est difficile car l’enfant n’est pas réceptif. Il faut d’abord désamorcer la crise.
Voici la marche à suivre, que j’ai adaptée de l’IFS et de l’intelligence relationnelle :
J’ai eu le cas d’une petite fille de 9 ans, Emma, qui a fait une crise de panique en voyant l’aiguille de l’anesthésique. Sa mère a suivi ce protocole : elle l’a prise dans ses bras, est sortie dans le couloir, et lui a dit : « Ta peur est énorme, on va la dessiner ensemble. » Elle a sorti un carnet et a dessiné un monstre. Puis, elle a dit : « Maintenant, on va donner un nom à ce monstre. Il s’appelle Gloups. Et on va lui demander ce dont il a peur. » Emma a répondu : « Il a peur des piqûres. » La maman a dit : « D’accord, on va lui promettre que le docteur va utiliser une piqûre qui est en fait une petite abeille qui endort la dent, et que Gloups peut fermer les yeux. » Emma a accepté de retourner dans la salle, et l’anesthésie s’est déroulée sans problème. La clé a été d’externaliser la peur (le monstre) et de dialoguer avec elle, plutôt que de la nier.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas à tous les coups, et elle a ses limites. Elle est particulièrement efficace pour :
En revanche, elle peut être moins adaptée (ou nécessiter une préparation plus longue) pour :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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