3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparaison des approches : soulagement durable ou temporaire ?
Je reçois régulièrement des messages de personnes qui vivent avec la fibromyalgie. Des messages qui commencent souvent par la même question : « Thierry, je ne sais plus quoi faire. Mon médecin me propose des médicaments, mais j’ai peur des effets secondaires. On m’a aussi parlé d’hypnose. Qu’est-ce qui marche vraiment ? »
Je comprends cette hésitation. Quand on souffre depuis des mois ou des années, qu’on a consulté plusieurs spécialistes, qu’on a essayé des traitements sans résultat probant, on finit par douter de tout. Et on cherche une solution qui soit à la fois efficace et respectueuse de son corps.
Alors aujourd’hui, je vais essayer d’être le plus clair possible. Pas pour vous vendre une méthode contre une autre, mais pour vous donner des éléments concrets qui vous aideront à faire un choix éclairé. Parce que la fibromyalgie, ce n’est pas un simple « mal partout ». C’est une condition qui touche votre système nerveux, votre sommeil, votre humeur, votre énergie. Et souvent, votre espoir aussi.
Avant de comparer les approches, il faut comprendre ce qui se passe. La fibromyalgie n’est pas une maladie inflammatoire. Ce n’est pas une atteinte des articulations ou des muscles au sens classique. C’est un dysfonctionnement du système de traitement de la douleur.
Votre cerveau, pour des raisons encore mal comprises, amplifie les signaux douloureux. Là où une personne sans fibromyalgie ressentirait une simple pression, vous ressentez une brûlure. Là où une autre ressentirait une fatigue normale après une journée de travail, vous ressentez un épuisement profond.
Ce mécanisme s’appelle la sensibilisation centrale. Concrètement, votre système nerveux central devient hyperréactif. Il interprète comme dangereux des stimuli qui ne le sont pas. Et cette hypervigilance s’auto-entretient : plus vous avez mal, plus votre cerveau se prépare à avoir mal, et plus il amplifie la douleur.
J’ai accompagné une femme de 52 ans, appelons-la Sylvie. Elle était infirmière, active, sportive. Puis un jour, après un épisode de stress intense au travail, tout a basculé. Des douleurs diffuses, des nuits hachées, une fatigue qui ne passait pas avec le repos. Elle me disait : « J’ai l’impression que mon corps a un volume trop fort, comme si quelqu’un avait monté le gain d’un ampli au maximum et que le bouton était cassé. »
Cette image est juste. Et c’est exactement sur ce « gain » que les traitements, qu’ils soient médicamenteux ou non, vont essayer d’agir.
« La fibromyalgie n’est pas une maladie des muscles ou des articulations. C’est un amplificateur de douleur installé dans le cerveau. Comprendre cela change tout. »
Commençons par ce que la médecine conventionnelle propose. Les médicaments prescrits pour la fibromyalgie sont essentiellement de trois familles.
Les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires) sont souvent peu efficaces. La douleur neuropathique ne répond pas bien à ce type de molécules. Les opioïdes faibles ou forts sont parfois prescrits, mais les recommandations officielles les déconseillent sur le long terme, car ils perdent en efficacité et créent une dépendance.
Les antidépresseurs, notamment les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (comme la duloxétine), sont plus fréquemment utilisés. Ils agissent sur la modulation de la douleur en augmentant la disponibilité de ces neurotransmetteurs. Certains patients ressentent une nette amélioration. D’autres, non. Et beaucoup subissent des effets secondaires : nausées, sécheresse buccale, troubles du sommeil, prise de poids.
Les antiépileptiques (prégabaline, gabapentine) sont aussi prescrits. Ils calment l’hyperexcitabilité neuronale. Là encore, l’efficacité varie. Certains patients voient leur douleur diminuer de 30 à 50 %. Mais les effets secondaires – somnolence, vertiges, gonflements – peuvent être difficiles à supporter.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces médicaments ne guérissent pas la fibromyalgie. Ils atténuent les symptômes. Ils agissent comme un cache-misère chimique. Et souvent, le corps s’habitue. Il faut augmenter les doses. Ou changer de molécule. Parfois, le patient se retrouve avec une prescription multiple, sans savoir exactement ce qui fonctionne vraiment.
Je ne suis pas opposé aux médicaments. Ils ont leur place. Quand la douleur est insupportable, qu’elle empêche de dormir, de travailler, de vivre, un traitement peut offrir une bouffée d’air. Mais je constate aussi que beaucoup de personnes restent sous traitement des années, sans jamais avoir exploré d’autres voies, et se retrouvent prisonnières d’un système qui gère la douleur sans jamais s’attaquer à ses racines.
Un patient m’a dit un jour : « Les médicaments m’ont permis de tenir le coup pendant deux ans. Mais au bout du compte, j’avais toujours mal, j’étais juste plus engourdi. »
C’est là que l’hypnose entre en jeu. Et je vais être très concret.
L’hypnose éricksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec les spectacles ou les pendules. C’est un état de conscience modifié, un état de relaxation profonde où votre esprit devient plus réceptif aux suggestions. Mais contrairement à ce qu’on croit, vous ne perdez pas le contrôle. Vous êtes au contraire plus actif dans votre propre processus de changement.
Comment ça marche sur la fibromyalgie ? À plusieurs niveaux.
D’abord, l’hypnose permet de réduire l’activation du système nerveux sympathique (celui qui vous met en alerte, en stress, en mode « combat ou fuite »). Or, chez les personnes fibromyalgiques, ce système est souvent en surrégime. L’hypnose vous aide à basculer vers le système parasympathique, celui de la détente et de la récupération. En clair, elle calme le « gain » dont on parlait tout à l’heure.
Ensuite, l’hypnose peut modifier votre perception de la douleur. Pas en la faisant disparaître magiquement, mais en changeant la manière dont votre cerveau l’interprète. On peut apprendre à « mettre la douleur de côté », à la visualiser comme une couleur qui change, comme un volume qu’on baisse, comme une sensation qui se déplace.
J’ai travaillé avec Marc, un coureur amateur de 45 ans, diagnostiqué fibromyalgique après des années d’errance médicale. Il ne pouvait plus courir sans avoir mal partout. Sous hypnose, nous avons exploré une métaphore : celle d’un tableau de bord avec des curseurs. Il a appris, en état de conscience modifié, à baisser le curseur de la douleur et à monter celui de la détente. Au bout de quelques séances, il a pu reprendre la course à pied, doucement, en écoutant son corps. Il n’était pas guéri, mais il avait retrouvé une partie de sa vie.
L’hypnose agit aussi sur les croyances limitantes. Quand on vit avec une douleur chronique, on finit par intégrer que « je suis malade », « je ne peux plus faire ceci ou cela ». Ces croyances deviennent des prophéties auto-réalisatrices. L’hypnose permet de les déconstruire et d’en installer de nouvelles, plus aidantes.
« L’hypnose ne fait pas disparaître la douleur par magie. Elle vous donne les outils pour que votre cerveau cesse de l’amplifier. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde, et pas de la même manière pour tous.
D’abord, elle demande un investissement personnel. Ce n’est pas un traitement passif où vous prenez une pilule et vous attendez que ça agisse. Vous devez être actif, vous impliquer dans les séances, et parfois faire des exercices entre les séances.
Ensuite, l’hypnose ne remplace pas un suivi médical. Si vous avez besoin d’un traitement médicamenteux pour passer un cap, il ne faut pas l’arrêter brutalement. L’idéal est de combiner les approches, en coordination avec votre médecin.
Enfin, l’hypnose ne guérit pas la fibromyalgie au sens où elle ferait disparaître le terrain sous-jacent. Mais elle vous donne des moyens de vivre avec, de réduire l’impact de la douleur sur votre quotidien, de retrouver du sommeil, de l’énergie, de la mobilité.
J’ai vu des personnes faire des séances d’hypnose et repartir déçues parce qu’elles espéraient un résultat immédiat et spectaculaire. L’hypnose, c’est un apprentissage. Comme apprendre à nager ou à jouer d’un instrument. Plus vous pratiquez, plus vous progressez.
Faisons maintenant une comparaison concrète, point par point.
Rapidité d’action Les médicaments agissent souvent en quelques jours ou semaines. C’est leur point fort. Quand on souffre, on veut du soulagement vite. L’hypnose, elle, demande plusieurs séances (4 à 8 en général) avant de voir des résultats significatifs. Mais les effets, quand ils viennent, sont souvent plus durables.
Effets secondaires C’est le talon d’Achille des médicaments. Nausées, somnolence, dépendance, prise de poids. Avec l’hypnose, il n’y a pas d’effets secondaires chimiques. On peut ressentir une fatigue passagère après une séance, ou une légère confusion, mais rien de comparable.
Durabilité des résultats Les médicaments doivent être pris en continu. Si vous arrêtez, la douleur revient, souvent aussi intense. Avec l’hypnose, vous apprenez des compétences que vous conservez. Vous pouvez les réutiliser quand vous en avez besoin. Les résultats s’inscrivent dans la durée.
Autonomie Avec les médicaments, vous dépendez de votre prescription. Vous devez voir votre médecin régulièrement, gérer les renouvellements. Avec l’hypnose, vous devenez progressivement autonome. Vous savez comment entrer en état de conscience modifié, comment utiliser les suggestions que vous avez travaillées. Vous êtes acteur de votre bien-être.
Approche globale Les médicaments ciblent la douleur, parfois le sommeil. L’hypnose peut travailler sur la douleur, le stress, l’anxiété, les croyances, la gestion des émotions. C’est une approche plus holistique.
Je ne dis pas qu’il faut choisir l’un ou l’autre. Beaucoup de personnes que j’accompagne combinent les deux. Elles prennent un traitement léger pour gérer les pics de douleur, et utilisent l’hypnose pour réduire le volume global et retrouver une qualité de vie. C’est une stratégie intelligente.
Je ne travaille pas qu’avec l’hypnose. J’utilise aussi l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Ces deux approches apportent une dimension supplémentaire dans la gestion de la fibromyalgie.
L’IFS part du principe que notre psychisme est composé de différentes « parties » qui ont chacune une fonction et une histoire. Une partie de vous peut vouloir guérir, une autre peut avoir peur du changement, une autre encore peut être en colère contre votre corps qui vous « lâche ». En dialoguant avec ces parties, on peut désamorcer des conflits internes qui entretiennent la douleur.
Par exemple, une patiente a découvert en séance qu’une partie d’elle utilisait la douleur comme un moyen de se protéger du stress. Tant qu’elle avait mal, elle ne pouvait pas s’engager dans des situations professionnelles difficiles. Une fois cette partie comprise et rassurée, la douleur a diminué.
L’Intelligence Relationnelle, elle, vous apprend à mieux communiquer avec vous-même et avec les autres. Quand on souffre de fibromyalgie, on a souvent du mal à dire non, à poser des limites, à exprimer ses besoins. On accumule des tensions qui finissent par s’exprimer dans le corps. Apprendre à mieux gérer ses relations, c’est aussi réduire la charge sur votre système nerveux.
Je ne vais pas terminer cet article en vous disant « venez me voir et tout ira bien ». Ce serait malhonnête. Je vais plutôt vous proposer des actions concrètes que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui.
1. Faites le point sur votre traitement actuel Prenez un carnet. Notez quels médicaments vous prenez, à quelles doses, depuis combien de temps. Notez ce que vous ressentez : les bénéfices, les effets secondaires, ce qui vous manque. Ce carnet, vous pourrez le montrer à votre médecin pour discuter d’un ajustement ou d’une stratégie combinée.
2. Testez une auto-hypnose simple Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration. Imaginez que votre souffle est une couleur. À l’inspiration, une couleur apaisante (bleu, vert) entre dans votre corps. À l’expiration, une couleur plus sombre (gris, rouge) sort avec la tension. Faites cela 5 minutes, deux fois par jour. Ce n’est pas miraculeux, mais c’est un premier pas pour calmer votre système nerveux.
3. Observez vos croyances Quand vous pensez à votre douleur, quelles phrases vous viennent en tête ? « Je ne guérirai jamais », « Je suis trop fragile », « Mon corps est contre moi ». Notez-les. Puis demandez-vous : est-ce que cette croyance m’aide ou me freine ? Si elle vous freine, pouvez-vous imaginer une croyance alternative ? Par exemple : « Je peux apprendre à vivre avec cette douleur et à réduire son impact. »
4. Parlez-en autour de vous La fibromyalgie est une maladie invisible. Vos proches ne comprennent pas toujours ce que vous vivez. Prenez le temps d’expliquer, simplement. Dites-leur ce dont vous avez besoin : de l’écoute, pas de solutions. Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement professionnel, n’hésitez pas à chercher un praticien formé à l’hypnose, à l’IFS ou à une approche intégrative.
Je ne prétends pas avoir la solution miracle. Personne ne l’a. Mais je crois profondément que vous avez en vous des ressources insoupçonnées pour traverser cette épreuve. L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle sont des outils pour vous aider à les découvrir.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que vous avez besoin d’un espace pour parler, pour explorer, pour expérimenter, je suis là. On peut commencer par un premier échange, sans engagement, juste pour voir si le courant passe. Parfois, le simple fait d’être entendu et compris fait baisser la douleur d’un cran.
Prenez soin de vous. Et si vous avez des questions, écrivez-moi. Je réponds toujours.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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