3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une méthode concrète pour retrouver le confort digestif au quotidien.
Vous êtes peut-être comme ce patient que j’ai reçu mardi dernier. Un homme de 42 ans, cadre commercial, qui passe ses journées à surveiller chaque sortie de route. Il m’a dit : « Thierry, je ne peux plus prendre l’autoroute sans savoir où se trouve chaque toilette sur le trajet. Mon ventre me pourrit la vie. » Il n’est pas seul. Le syndrome du côlon irritable (ou SII) touche environ une personne sur cinq en France. Et si je vous disais qu’il existe une voie d’apaisement qui ne passe ni par les médicaments ni par les régimes draconiens ? L’hypnose ericksonienne, combinée à des outils d’intelligence relationnelle et d’IFS (Internal Family Systems), offre un protocole en cinq étapes pour calmer ce dialogue intérieur dysfonctionnel entre votre cerveau et vos intestins.
Je ne vous promets pas une guérison miracle en une séance. Ce serait malhonnête. Mais je vous propose un chemin concret, éprouvé, que j’utilise depuis des années à Saintes avec des adultes qui, comme vous, en ont assez de subir leur ventre. Voici comment.
Avant de plonger dans les étapes, il faut comprendre un mécanisme central : l’axe cerveau-intestin. Imaginez votre système digestif comme un détecteur de fumée dans une maison. Normalement, il ne s’active qu’en présence de vraie fumée. Mais chez les personnes souffrant de côlon irritable, ce détecteur est hyper-sensibilisé. Il se déclenche pour une simple vapeur de toast, une odeur de pain grillé, ou même un souvenir de feu. Résultat ? Votre intestin se contracte, produit des gaz, déclenche des douleurs, des ballonnements, des urgences, alors qu’il n’y a aucun danger réel.
Ce n’est pas « dans votre tête » au sens d’imaginaire. C’est dans votre système nerveux. Le nerf vague, cette autoroute qui relie votre cerveau à vos viscères, transmet en permanence des signaux. Quand vous êtes stressé, anxieux, ou simplement en état d’hyper-vigilance (ce qui arrive à beaucoup de personnes avec SII), votre cerveau envoie des ordres de « préparation à la fuite » à votre intestin : vidange rapide, sécrétions modifiées, spasmes. Le problème, c’est que ce signal devient une habitude. Votre corps a appris à réagir ainsi, même en l’absence de menace.
« Le côlon irritable n’est pas une maladie, c’est une relation dysfonctionnelle entre votre système nerveux et votre intestin. L’hypnose ne guérit pas une maladie, elle rééduque une relation. »
C’est là que l’hypnose intervient. Elle ne force pas votre ventre à se taire. Elle lui apprend à reconnaître les vrais signaux de danger et à se calmer quand il n’y en a pas. Et pour cela, nous allons utiliser un protocole en cinq étapes, que je vais vous détailler comme si vous étiez dans mon cabinet.
La première étape n’a rien de technique. Elle est humaine. Avant d’apaiser quoi que ce soit, il faut nommer ce qui se passe. Beaucoup de mes patients arrivent en disant : « Mon ventre est nul », « Je ne contrôle rien ». Ce langage de condamnation enferme. Nous allons le transformer en langage d’observation.
Prenez un carnet. Pas un carnet de symptômes médical, mais un journal subjectif. Pendant une semaine, notez trois choses chaque jour :
Ne cherchez pas à expliquer, juste à décrire. Ce faisant, vous faites deux choses essentielles : vous sortez de la fusion avec la douleur (vous l’observez au lieu d’être dedans), et vous commencez à repérer des patterns. Très souvent, les crises ne surviennent pas au hasard. Elles arrivent dans des contextes spécifiques : avant une présentation, après un conflit, le dimanche soir, pendant les courses.
En hypnose ericksonienne, cette étape s’appelle « l’acceptation de la carte ». Nous ne changeons pas le territoire immédiatement. Nous apprenons à le lire. Un patient m’a dit un jour : « Je croyais que mon côlon était capricieux. En fait, il est simplement hyper-vigilant. Il essaie de me protéger d’un danger que mon cerveau a imaginé. » Cette simple reformulation a changé son rapport à son corps.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Posez votre téléphone. Prenez une feuille. Écrivez la dernière fois que votre ventre a crié. Décrivez la scène comme si vous étiez un réalisateur de documentaire : où, quand, avec qui, quelle émotion juste avant. Pas de jugement. Juste des faits.
Vous avez déjà entendu « respirez profondément » ? Pour quelqu’un qui souffre de côlon irritable, cette injonction est souvent contre-productive. Respirer « dans le ventre » quand il est douloureux, c’est comme appuyer sur une ecchymose. Nous allons faire autre chose.
L’étape 2 utilise une technique que j’appelle la respiration en spirale. Elle est inspirée de l’hypnose et de la cohérence cardiaque, mais adaptée au SII. Asseyez-vous confortablement, les pieds au sol. Posez une main sur votre bas-ventre, l’autre sur votre sternum.
Pourquoi cette image ? Parce qu’elle détourne l’attention de la douleur locale. Vous ne forcez pas votre ventre à se détendre. Vous créez un espace de mouvement autour de lui. Les patients me disent souvent : « Je sens que mon ventre n’est plus le centre de tout. Il devient une partie d’un ensemble plus vaste. »
Pratiquez cette respiration 3 minutes, 3 fois par jour, surtout avant les repas et avant de vous coucher. Mais aussi – et c’est crucial – dès les premiers signes d’alerte. Dès que vous sentez le premier spasme ou la première boule d’angoisse monter, vous faites une respiration en spirale. Vous interrompez le cycle avant qu’il ne s’emballe.
« La respiration en spirale, c’est comme un interrupteur. Vous ne pouvez pas arrêter l’orage, mais vous pouvez couper le courant avant qu’il ne grille tout le tableau électrique. »
Ce que vous pouvez faire maintenant : Levez les yeux de votre écran. Prenez 3 respirations en spirale. Sentez la différence. Si rien ne se passe, ce n’est pas grave. Vous venez d’entraîner votre système nerveux à un nouveau mouvement. C’est comme apprendre un nouveau geste sportif : ça prend du temps.
Voici l’étape la plus surprenante pour mes patients, mais souvent la plus libératrice. Elle vient de l’IFS (Internal Family Systems), une approche qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » ou sous-personnalités. Vous avez une partie qui veut contrôler, une partie qui a peur, une partie qui se cache. Et vous avez une partie qui est votre côlon irritable.
Ne riez pas. Je suis sérieux. Imaginez que votre côlon n’est pas un organe passif, mais une partie de vous qui a une fonction, une intention, même si elle est devenue dysfonctionnelle. En hypnose légère, je guide mes patients à dialoguer avec cette partie.
Voici comment faire seul, en état de conscience modifié (installez-vous dans un endroit calme, fermez les yeux, et respirez en spirale) :
Un patient, grand manager, a découvert que son côlon était une partie de lui qui « criait » pour qu’il arrête d’encaisser les pressions de son patron sans rien dire. Une fois ce besoin reconnu, la partie n’avait plus besoin de spasmer pour se faire entendre. Il a appris à dire non, et son ventre s’est apaisé.
Cette étape ne remplace pas un suivi thérapeutique long, mais elle ouvre une porte. Elle transforme votre relation à votre symptôme. Au lieu d’être un ennemi à combattre, votre côlon devient un messager à comprendre.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Ce soir, avant de dormir, posez votre main sur votre ventre et demandez-lui doucement : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Notez la première réponse qui vient, sans la censurer. Même si c’est « Laisse-moi tranquille. » C’est un début de dialogue.
Les trois premières étapes préparent le terrain. Maintenant, nous allons utiliser l’hypnose formelle pour recâbler les schémas neuronaux qui déclenchent les crises. L’hypnose ericksonienne est particulièrement adaptée car elle utilise des métaphores et des suggestions indirectes, ce qui contourne les résistances conscientes.
Voici un protocole que je donne souvent à mes patients à pratiquer chez eux, après l’avoir expérimenté en séance. Il dure environ 10 minutes.
Ce n’est pas de la magie. C’est un entraînement. Comme pour les étirements, la répétition est clé. Pratiquez cette visualisation une fois par jour pendant 21 jours. Au bout d’une semaine, beaucoup de mes patients constatent une diminution des spasmes et une meilleure tolérance aux aliments habituellement « problématiques ».
« L’hypnose ne supprime pas le symptôme, elle change le canal par lequel l’information circule. Elle ouvre une nouvelle voie dans la forêt de votre système nerveux. Au début, c’est un sentier. Avec la pratique, c’est une autoroute. »
Ce que vous pouvez faire maintenant : Avant de vous coucher ce soir, écoutez un enregistrement de 10 minutes de respiration guidée (il en existe des centaines gratuits). L’important n’est pas la voix, mais le fait de vous offrir ce moment de recâblage. Même 5 minutes comptent.
La dernière étape est peut-être la plus difficile : maintenir les acquis dans le tumulte de la vie réelle. Vous pouvez faire des séances d’hypnose magnifiques, mais si vous replongez dans le stress sans filet, votre côlon reprendra ses mauvaises habitudes. L’intégration est un art.
Je propose à mes patients ce que j’appelle les micro-pauses d’intelligence relationnelle. Il s’agit de petites interruptions conscientes de quelques secondes, disséminées dans la journée, pour vérifier l’état de votre système nerveux et le recalibrer.
Un patient, coureur de fond, utilise ces micro-pauses avant chaque départ de course. Il me dit : « Avant, mon ventre me faisait des misères pendant 10 kilomètres. Maintenant, je fais une pause de 5 secondes au départ, je parle à mon côlon, et je pars tranquille. »
L’intégration passe aussi par la restauration de la confiance. Votre côlon irritable vous a fait douter de votre corps. Il est temps de réapprendre à lui faire confiance. Commencez par de petites choses : mangez un aliment que vous évitiez (en petite quantité) et observez votre réaction sans panique. Si vous sentez une gêne, respirez en spirale au lieu de céder à la peur. Souvent, la gêne diminue.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Aujourd’hui, choisissez un seul déclencheur (par exemple, chaque fois que vous ouvrez une porte) et faites une respiration en spirale. Notez-le sur un post-it. Demain, ajoutez-en un deuxième. En une semaine, vous aurez créé un réflexe d’apaisement automatique.
Je ne vais pas vous mentir : ce protocole demande un engagement. Il ne s’agit pas d’une pilule miracle, mais d’une rééducation de votre système nerveux. Certaines personnes voient des résultats en deux semaines. D’autres, après plusieurs mois. Et parfois, des rechutes surv
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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