3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre le cerveau et les voies de la douleur.
Tu as peut-être déjà vécu ça : tu poses ta main sur une plaque chauffante que tu crois éteinte, et pendant une fraction de seconde, ton cerveau hésite. Est-ce que ça brûle vraiment ou est-ce que tu imagines ? Cette micro-seconde de doute, c’est exactement ce qui se passe en continu dans le cerveau d’une personne atteinte de fibromyalgie. Sauf qu’au lieu de durer un instant, le signal d’alarme reste bloqué en position « on ».
Je m’appelle Thierry, je suis praticien à Saintes, et je reçois régulièrement des adultes qui vivent avec cette maladie invisible. Des hommes et des femmes qui entendent souvent : « Mais tu as l’air en forme », « C’est dans ta tête », ou pire : « Tu devrais pouvoir faire un effort ». Pendant des années, la médecine conventionnelle a rangé la fibromyalgie dans la case « syndrome sans cause claire ». Aujourd’hui, on commence à comprendre ce qui se passe vraiment dans le système nerveux. Et l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle offrent des clés concrètes pour réécrire le rapport à la douleur.
Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi la fibromyalgie amplifie la douleur, comment le cerveau traite les signaux, et pourquoi l’hypnose n’est pas une baguette magique mais un outil redoutable pour reprendre le pouvoir sur ton corps.
Quand on pense à la douleur, on imagine souvent un système simple : une partie du corps est abîmée, des capteurs envoient un signal électrique le long de la moelle épinière jusqu’au cerveau, qui affiche la température sur un écran mental. « Là, ça brûle. Là, ça pique. » C’est pratique, mais c’est faux.
En réalité, le cerveau ne reçoit pas des informations brutes. Il les interprète. Imagine un traducteur qui reçoit un mot dans une langue étrangère. Selon le contexte, l’émotion du moment, les expériences passées, il peut le traduire par « danger mortel » ou par « simple inconfort ». C’est exactement ce que fait ton cerveau à chaque seconde.
Dans la fibromyalgie, ce traducteur est en hypervigilance permanente. Il est comme un gardien de sécurité qui, après avoir été agressé une fois, voit un suspect dans chaque passant. Le moindre signal corporel – une tension musculaire, un changement de température, un simple effleurement – est amplifié, interprété comme une menace, et transformé en douleur.
Ce mécanisme s’appelle la sensibilisation centrale. Ce n’est pas que tes tissus sont plus abîmés que chez les autres. C’est que ton système nerveux central a appris à sur-réagir. Et comme tout apprentissage, il peut être désappris. Mais pour ça, il faut comprendre comment il s’est installé.
La douleur n’est pas une mesure objective des dégâts corporels. C’est une décision du cerveau, prise à partir de multiples sources d’information : physique, émotionnelle, contextuelle. Quand le cerveau décide qu’il y a danger, la douleur apparaît, même sans lésion.
J’ai reçu il y a quelques années un patient, appelons-le Marc. Marc était un ancien commercial, dynamique, sportif. Un jour, après une période de stress intense – licenciement, séparation, déménagement – il a commencé à ressentir des douleurs diffuses. D’abord dans le dos, puis les épaules, puis partout. Les examens médicaux étaient normaux. IRM, prise de sang, tout allait bien. Pourtant, Marc souffrait.
Ce qui s’est passé dans son corps, c’est que son système nerveux a été saturé. Le stress chronique a maintenu son corps en état d’alerte permanent. Ses muscles étaient contractés, sa respiration courte, son sommeil fragmenté. À force de recevoir des signaux de danger (le stress), le cerveau a généralisé : tout est potentiellement dangereux. La douleur est devenue une stratégie de protection.
Dans la fibromyalgie, ce n’est pas la douleur qui est le problème principal. C’est la perte de la capacité à discriminer. Le cerveau ne fait plus la différence entre un vrai danger (une brûlure) et un faux danger (une émotion désagréable, une pensée anxieuse, une variation de température). Tout déclenche la même alarme.
Les voies de la douleur, appelées voies nociceptives, sont comme des autoroutes. Normalement, il y a des péages, des ralentisseurs, des barrières. Dans la fibromyalgie, les barrières sont levées. Le signal passe en continu, sans filtre. Les zones du cerveau qui traitent la douleur (le cortex somatosensoriel, l’insula, le cortex cingulaire antérieur) sont hyperactives. En même temps, les zones qui inhibent la douleur (la substance grise périaqueducale, le cortex préfrontal) sont sous-actives.
Résultat : ton corps est en feu, mais il n’y a pas d’incendie. Juste un détecteur de fumée défectueux qui hurle en permanence.
C’est un point que je répète souvent à mes patients : l’hypnose n’est pas un anesthésiant. Je ne vais pas te faire entrer dans un état second pour que tu ne sentes plus rien. Ce serait illusoire et contre-productif. En revanche, l’hypnose ericksonienne permet de modifier la relation que tu entretiens avec la douleur.
Pour comprendre comment, il faut savoir que la douleur est composée de plusieurs dimensions :
L’hypnose agit principalement sur les dimensions émotionnelle et cognitive. Elle permet de calmer l’interprète. En état d’hypnose, le cerveau entre dans un mode de traitement de l’information plus souple, moins défensif. Les connexions entre les zones qui amplifient la douleur et les zones qui l’inhibent peuvent être rééquilibrées.
Concrètement, en séance, je peux t’aider à :
Ce n’est pas de la pensée magique. C’est de la neuroplasticité. Le cerveau se reconfigure à chaque expérience. Si tu lui offres régulièrement l’expérience d’un corps calme et en sécurité, il finit par intégrer que tout n’est pas une menace.
L’hypnose ne guérit pas la fibromyalgie, mais elle peut désamorcer le cercle vicieux : moins de peur = moins d’amplification = moins de douleur = plus de mobilité = plus de confiance.
L’Internal Family Systems (IFS) est un modèle que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Il part d’une idée simple : notre psyché est composée de multiples « parties », comme des sous-personnalités, chacune avec un rôle et une intention positive. Ces parties ne sont pas des pathologies ; ce sont des stratégies de survie.
Dans la fibromyalgie, il n’est pas rare de trouver une partie qui utilise la douleur comme protection. Cela peut paraître étrange, mais réfléchis : si tu es en douleur, tu ne peux pas aller à ce rendez-vous stressant. Si tu es fatigué, tu ne peux pas encaisser une énième critique. Si ton corps te cloue au lit, tu évites les conflits familiaux.
Cette partie n’est pas ton ennemie. Elle essaie de te protéger. Mais elle le fait avec des moyens anciens, souvent hérités d’une époque où tu étais vulnérable (enfance, traumatisme, surcharge). Aujourd’hui, cette protection est devenue un fardeau.
L’IFS permet d’entrer en dialogue avec cette partie. Pas pour la combattre, mais pour la comprendre. En séance, je peux te guider pour :
C’est un travail de négociation intérieure. Et souvent, quand la partie se sent entendue et rassurée, elle relâche son emprise. La douleur ne disparaît pas toujours du jour au lendemain, mais son intensité émotionnelle diminue. Elle devient une sensation parmi d’autres, plus supportable.
La fibromyalgie est une maladie invisible, mais elle a des conséquences très visibles sur la vie sociale. Les personnes qui en souffrent se retrouvent souvent isolées. Les amis ne comprennent pas pourquoi tu annules au dernier moment. Les collègues pensent que tu simules. Le conjoint peut se sentir impuissant ou agacé.
Cet isolement est un amplificateur de douleur. La solitude active les mêmes circuits cérébraux que la douleur physique. Être incompris, c’est être en danger. Et quand le cerveau se sent en danger social, il renforce la vigilance corporelle.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans les relations humaines avec clarté et authenticité. Dans mon accompagnement, je t’aide à :
Par exemple, une patiente que j’ai suivie, Sophie, avait peur de dire à son patron qu’elle ne pouvait pas faire une journée complète. Elle préférait souffrir en silence, puis s’effondrer le week-end. En travaillant sur l’Intelligence Relationnelle, elle a appris à dire : « J’ai une maladie chronique. Je peux assurer les réunions du matin, mais l’après-midi, je dois me reposer. » À sa grande surprise, son patron a accepté. Et le simple fait de ne plus avoir à cacher sa condition a réduit son stress, et donc sa douleur.
Les relations humaines ne sont pas un supplément optionnel dans la gestion de la fibromyalgie. Elles sont un levier thérapeutique direct. Quand tu te sens vu et accepté, ton système nerveux se calme. Et quand ton système nerveux se calme, la douleur baisse.
Je ne vais pas te promettre que tout va changer en une semaine. Mais il y a des choses concrètes que tu peux expérimenter dès ce soir, sans matériel, sans rendez-vous. Voici trois exercices simples, issus de l’hypnose et de l’IFS.
Exercice 1 : Le scan corporel bienveillant
Allonge-toi ou installe-toi confortablement. Ferme les yeux. Porte ton attention sur ta respiration, sans la modifier. Puis, lentement, promène ton attention dans ton corps, des pieds à la tête. Quand tu arrives sur une zone douloureuse, ne cherche pas à la changer. Pose simplement ta main dessus (si c’est accessible) et dis intérieurement : « Je te vois. Je suis là. » Reste 30 secondes. Puis continue. L’objectif n’est pas de faire disparaître la douleur, mais de lui offrir une présence calme. Tu verras souvent que l’intensité diminue un peu, juste parce que tu ne luttes plus.
Exercice 2 : Dialoguer avec la douleur
Prends un carnet. Note la douleur que tu ressens en ce moment. Donne-lui un nom, une forme, une couleur. Puis pose-lui une question : « Qu’est-ce que tu essaies de me dire ? » ou « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si tu disparais ? » Laisse venir la réponse, même si elle te paraît absurde. Note-la. Tu n’as pas à être d’accord avec elle. Tu l’écoutes, c’est tout. Ce simple geste peut désamorcer des années de silence intérieur.
Exercice 3 : La micro-pause de sécurité
Dans ta journée, choisis trois moments où tu te sens tendu (par exemple, après un appel, avant de manger, en te couchant). Pendant 10 secondes seulement, pose une main sur ton cœur, l’autre sur ton ventre. Inspire profondément. Expire en ralentissant. Dis intérieurement : « Je suis en sécurité, là, maintenant. » Même si ce n’est pas vrai à 100 %, le simple fait de le répéter envoie un signal de sécurité à ton cerveau. Avec le temps, ce signal devient une habitude.
Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement professionnel, mais ils te donnent un point de départ. Tu reprends du pouvoir sur ce qui se passe à l’intérieur de toi.
La fibromyalgie n’est pas une sentence. C’est un état dans lequel ton système nerveux a appris à fonctionner en mode survie. Et ce qui a été appris peut être désappris. Pas en effaçant la mémoire du corps, mais en lui offrant de nouvelles expériences de sécurité.
L’hypnose ericksonienne t’aide à changer le dialogue avec la douleur. L’IFS t’aide à accueillir les parties qui protègent. L’Intelligence Relationnelle t’aide à sortir de l’isolement. Ensemble, ces approches ne promettent pas une guérison miraculeuse, mais elles offrent une voie concrète pour réduire l’intensité, la fréquence et l’impact de la douleur.
Si tu te reconnais dans ce que je viens de décrire, si tu en as assez de te battre contre ton propre corps, sache que tu n’es pas seul. Je reçois à Saintes, en cabinet, et je propose aussi des séances à distance pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer.
Tu n’as pas à traverser ça en silence. Un premier contact, même juste pour poser des questions, c’est déjà un pas vers toi-même. Si tu veux, tu peux me laisser un message ou prendre rendez-vous. Je serai là pour t’écouter, sans jugement, sans promesses irréalistes.
Prends soin de toi. Tu mérites de vivre, pas seulement de survivre.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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