3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L’histoire d’une patiente qui a retrouvé du sommeil.
« Je n’en pouvais plus de ces nuits à compter les moutons, à regarder le plafond, à espérer qu’enfin le sommeil vienne. » C’est par ces mots que Sarah (le prénom a été changé) a poussé la porte de mon cabinet, il y a quelques mois. Elle avait 47 ans, un sourire fatigué et des cernes qui racontaient des années de lutte silencieuse. Depuis un accident de voiture survenu cinq ans plus tôt, elle vivait avec une douleur chronique au niveau du dos et de la nuque. Les médecins avaient parlé de « syndrome douloureux chronique », de « fibromyalgie post-traumatique ». On lui avait prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires, des séances de kinésithérapie, des infiltrations. Rien n’avait vraiment changé la donne. La douleur était toujours là, tenace, sourde, parfois lancinante, juste assez forte pour l’empêcher de dormir et juste assez discrète le jour pour lui laisser croire qu’elle pourrait tenir le coup.
Sarah était épuisée. Pas seulement physiquement : moralement aussi. Elle avait l’impression que son corps était devenu son ennemi, une prison dont elle ne pouvait pas s’évader. Elle avait lu des articles sur l’hypnose, mais elle était sceptique. « Je ne suis pas quelqu’un de suggestible, m’avait-elle dit. Je ne vais pas me transformer en poule quand tu claques des doigts. » Je lui avais souri : ce n’était pas ça du tout. L’hypnose ericksonienne que je pratique, ce n’est pas un spectacle. C’est un outil pour renouer avec son propre fonctionnement, pour apprendre à influencer ses perceptions, y compris celle de la douleur.
Ce témoignage est le sien. Mais il pourrait être le vôtre, ou celui de quelqu’un que vous connaissez. Parce que la douleur chronique, c’est l’affaire de 20 à 30 % des adultes en France. Et parce que trop de personnes se résignent à vivre avec, sans savoir qu’il existe d’autres chemins.
Avant de vous raconter la suite de l’histoire de Sarah, il faut que je vous explique un peu le mécanisme. Vous avez probablement déjà entendu dire que « la douleur est dans le cerveau ». C’est vrai, mais c’est trop simple. Disons plutôt que la douleur est une construction. Quand vous vous brûlez le doigt, des capteurs envoient un signal électrique à votre moelle épinière, qui le transmet à votre cerveau. Mais ce n’est pas fini : votre cerveau interprète ce signal, le contexte, votre histoire, vos émotions, et décide de ce que vous allez ressentir. C’est ce qu’on appelle la neuromatrice. Une même brûlure peut être perçue comme très douloureuse si vous êtes stressé, fatigué, ou seul, et comme supportable si vous êtes détendu, en confiance, distrait.
La douleur chronique, c’est un peu un bug de ce système. Le signal d’alarme continue à sonner alors que le danger est passé. Les neurones se sont habitués à envoyer le message « ça fait mal », même sans raison physique claire. Et plus vous y pensez, plus vous l’anticipez, plus vous avez peur de bouger, plus le circuit se renforce. C’est un cercle vicieux.
L’hypnose ericksonienne, elle, ne supprime pas le signal. Elle ne fait pas disparaître la cause initiale. Mais elle permet de reprogrammer la réaction du cerveau à ce signal. C’est un peu comme si vous appreniez à baisser le volume de la radio qui hurle dans votre tête, ou à changer la station. Vous n’enlevez pas la radio, mais vous l’écoutez différemment. Concrètement, en état d’hypnose — c’est-à-dire dans un état de conscience modifié, très proche de l’état de rêverie éveillée ou de la concentration intense — vous pouvez :
Ce n’est pas magique. Ça demande un apprentissage. Et ça ne marche pas à tous les coups, ni pour tout le monde de la même manière. Mais pour Sarah, ça a été une bouffée d’air.
Quand Sarah s’est assise dans le fauteuil, je lui ai demandé de me décrire sa douleur. Pas en termes médicaux — je ne suis pas médecin — mais en termes sensoriels et émotionnels. « C’est comme une barre de fer qui me traverse la nuque jusqu’au milieu du dos, m’a-t-elle dit. Parfois elle devient brûlante, surtout le soir. Et je sens une espèce de tension permanente, comme si mes muscles étaient en alerte tout le temps. » Elle avait les épaules remontées, les mâchoires serrées. Son corps parlait pour elle.
Je lui ai expliqué que la première étape n’était pas de faire taire la douleur, mais de l’accueillir. Cela peut sembler contre-intuitif. Quand on souffre, on veut que ça cesse, tout de suite. Pourtant, la lutte contre la douleur la renforce. Plus vous vous dites « je ne veux pas avoir mal », plus vous contractez les muscles autour, plus vous focalisez votre attention sur la sensation, plus vous la nourrissez. C’est le paradoxe de la douleur chronique : la résistance est son carburant.
Nous avons fait ensemble un premier exercice de respiration. Rien de sophistiqué. Inspirer sur 4 temps, retenir sur 4, expirer sur 6. Pendant l’expiration, je lui ai proposé d’imaginer qu’elle relâchait un peu les épaules, comme si elle laissait tomber un sac à dos trop lourd. Au bout de quelques minutes, elle a ouvert les yeux, étonnée. « C’est bizarre, j’ai l’impression que la douleur est un peu moins précise. Elle est toujours là, mais elle est comme… enveloppée. » C’était le premier pas. L’hypnose, c’est d’abord ça : retrouver un espace de choix dans une sensation qui semble toute-puissante.
« Je ne cherchais plus à faire taire la douleur. J’apprenais à l’écouter différemment. Et curieusement, en arrêtant de la combattre, elle a commencé à s’apaiser. » — Sarah, lors de notre troisième séance.
La troisième séance a été un tournant. Je ne vais pas vous raconter exactement ce que j’ai dit — chaque hypnose est unique, coconstruite avec la personne — mais je peux vous décrire le principe. Sarah était allongée, les yeux fermés, en état d’hypnose léger. Je l’ai guidée pour qu’elle porte son attention sur sa nuque. Non pas pour essayer de faire disparaître la sensation, mais pour la décrire comme si elle était une exploratrice. « Quelle est sa texture ? Sa température ? Sa forme ? Est-ce qu’elle bouge ? Est-ce qu’elle a une couleur ? »
Au début, Sarah a vu une masse noire et dure, comme une pierre. Puis, en restant avec elle, sans jugement, la pierre a changé. Elle est devenue grise, puis marron clair. La texture est devenue plus poreuse. « C’est comme une éponge, a-t-elle murmuré. Une éponge qui pourrait absorber quelque chose. » Je lui ai alors suggéré d’imaginer qu’elle pouvait, très doucement, déplacer cette éponge. Pas la faire disparaître, juste la bouger de quelques centimètres, vers le côté. Elle a souri. « Elle a glissé un peu. » La douleur n’avait pas disparu, mais elle avait perdu sa fixité. Elle était devenue mobile, donc moins menaçante.
Cette séance a duré environ 45 minutes. Quand Sarah a rouvert les yeux, elle était surprise. « Je n’ai pas eu mal pendant l’hypnose. Enfin, si, la sensation était là, mais elle ne me gênait pas. C’était juste une information. » C’est exactement ce que permet l’hypnose : dissocier la sensation de la souffrance. La sensation peut rester, mais la souffrance — cette dimension émotionnelle, cette peur, cette anticipation — peut s’atténuer, parfois complètement.
Vous vous demandez peut-être : quel est le rapport avec le sommeil ? Il est central. Sarah ne dormait pas à cause de la douleur. Mais la privation de sommeil augmentait sa sensibilité à la douleur. C’est un cercle vicieux bien connu : moins vous dormez, plus vous avez mal ; plus vous avez mal, moins vous dormez. Les études montrent qu’une seule nuit blanche peut réduire votre seuil de tolérance à la douleur de 15 à 20 %. Imaginez après des mois ou des années de mauvais sommeil.
L’hypnose a agi à deux niveaux. D’abord, en réduisant l’intensité perçue de la douleur, elle a permis à Sarah de trouver des positions plus confortables pour s’endormir. Ensuite, nous avons travaillé directement sur l’endormissement. Je lui ai appris une auto-hypnose simple, qu’elle pouvait faire seule, le soir, dans son lit. Le principe : se concentrer sur sa respiration, puis sur une image agréable et sécurisante. Sarah a choisi une plage déserte au coucher du soleil. Elle s’y voyait allongée, sentant le sable chaud sous son dos, entendant le bruit des vagues. Chaque fois qu’une pensée intrusive ou une sensation douloureuse venait, elle la laissait passer comme un nuage, sans s’y accrocher, et revenait à l’image de la plage.
Les premières nuits, elle a mis 20 à 30 minutes à s’endormir, contre 2 heures auparavant. Au bout de deux semaines, elle s’endormait en moins de 10 minutes. Et surtout, elle se réveillait moins souvent. « Je ne me lève plus avec la sensation d’avoir été écrasée par un camion, m’a-t-elle dit. Je suis encore fatiguée, mais c’est une fatigue normale, pas cette épuisement toxique d’avant. »
Au bout de six séances, espacées sur deux mois, Sarah a constaté des changements nets. Pas une disparition complète de la douleur — je lui avais dit que ce n’était pas l’objectif — mais une transformation profonde de son rapport à elle. Elle notait :
« Je ne suis plus en guerre contre mon corps. On a signé une trêve. Parfois il me rappelle qu’il est fragile, mais je ne le vis plus comme une trahison. » — Sarah, lors de notre dernière séance.
Je ne veux pas vous vendre un rêve. L’hypnose n’a pas guéri Sarah. Elle n’a pas effacé les lésions ou les séquelles de l’accident. Mais elle a changé le logiciel. Elle a permis à Sarah de reprendre le contrôle là où elle se sentait impuissante. Elle a brisé le cercle vicieux douleur-insomnie-fatigue-douleur. Et ça, c’est énorme.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes et de vous dire : « D’accord, mais je n’ai pas les moyens de consulter un hypnothérapeute. » Ou : « Je ne suis pas sûr que ça marche pour moi. » Je vous entends. Voici trois choses que vous pouvez essayer par vous-même, dès ce soir, sans rendez-vous, sans matériel.
1. La respiration en triangle. Allongez-vous dans votre lit, ou installez-vous confortablement dans un fauteuil. Fermez les yeux. Inspirez lentement en comptant jusqu’à 4. Retenez votre souffle en comptant jusqu’à 4. Expirez en comptant jusqu’à 6. Répétez 10 fois. À chaque expiration, imaginez que vous relâchez une partie de la tension dans la zone douloureuse. Ne forcez pas. Laissez faire.
2. Le déplacement de l’attention. Choisissez une partie de votre corps qui ne vous fait pas mal (le bout des doigts, le lobe de l’oreille, le gros orteil). Portez toute votre attention sur cette zone. Sentez les picotements, la température, le contact avec le tissu ou l’air. Restez 30 secondes. Puis déplacez votre attention sur une autre zone indolore. Faites l’exercice 3 à 4 fois. Cela vous apprend à sortir du focus unique sur la douleur.
3. L’image refuge. Avant de dormir, fermez les yeux et imaginez un lieu où vous vous êtes senti(e) en sécurité et détendu(e) (une plage, une forêt, un canapé chez vos grands-parents). Ajoutez des détails : les couleurs, les sons, les odeurs, la température sur votre peau. Restez dans cette image 2 à 3 minutes. Si une pensée douloureuse arrive, dites-vous « je la vois passer » et revenez à votre refuge. C’est une forme d’auto-hypnose rudimentaire, mais très efficace.
Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, surtout si votre douleur est ancienne ou complexe. Mais ils vous donnent un point de départ. Et ils vous montrent que vous avez déjà, en vous, des ressources pour modifier votre expérience de la douleur.
Je reçois chaque semaine des personnes comme Sarah. Des hommes et des femmes qui ont tout essayé, qui ont vu des spécialistes, qui ont des dossiers médicaux épais comme des annuaires, et qui arrivent dans mon cabinet avec un mélange d’espoir et de lassitude. Ils ne cherchent pas un miracle. Ils cherchent une porte de sortie, même petite, même étroite. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne remplace pas un suivi médical. Mais elle est un outil puissant pour ceux qui veulent reprendre la main sur leur corps.
Je pratique l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle à Saintes depuis 2014. J’accompagne aussi des sportifs dans leur préparation mentale. Ce qui me touche le plus, c’est de voir des personnes retrouver une forme de liberté intérieure, là où elles se sentaient enfermées. Sarah m’a dit un jour : « Avant, je passais mes nuits à espérer que la douleur parte. Maintenant, je passe mes nuits à dormir. Et le jour, je vis. » C’est tout ce que je souhaite pour vous.
Si vous êtes concerné par la douleur chronique, si vos nuits sont devenues un champ de bataille, si vous avez l’impression d’avoir tout essayé, sachez qu’il existe d’autres voies. L’hypnose en fait partie. Ce n’est pas une solution unique, mais c’est
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.