3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment l'hypnose a changé mon rapport aux injections et soins.
Je ne compte plus le nombre de personnes qui sont venues me voir en disant : « Je suis ridicule, j’ai 35 ans et je pleure chez le dentiste », ou « Je fais des malaises dès que je vois une seringue ». La phobie des aiguilles – on l’appelle aussi bélénophobie – n’est pas une simple appréhension. C’est une réaction viscérale qui peut vous empêcher de vous soigner, de faire des analyses sanguines, ou même de recevoir un vaccin vital. Et pourtant, il y a quelques semaines, un patient nommé Julien est reparti de mon cabinet en souriant après une seule séance d’hypnose, alors qu’il évitait les piqûres depuis vingt ans. Ce témoignage, je le partage avec vous pour vous montrer que ce n’est pas une fatalité. Pas de recette magique, mais un chemin concret que vous pouvez, vous aussi, emprunter.
Avant de raconter l’histoire de Julien, il faut comprendre ce qui se joue dans votre corps quand vous voyez une aiguille. Beaucoup de mes patients me disent : « Je sais que c’est irrationnel, que ça ne fait pas si mal, mais mon corps réagit tout seul. » Et c’est exactement ça le problème : votre cerveau rationnel n’est pas aux commandes.
La phobie des aiguilles est souvent liée à un mécanisme de survie archaïque. Votre système nerveux, celui qui gère la peur, ne fait pas la différence entre une seringue stérile dans un cabinet médical et une lance pointée vers vous dans la savane. Pour lui, un objet pointu qui s’approche de votre peau = danger immédiat. Résultat : votre amygdale – cette petite zone du cerveau qui détecte les menaces – déclenche une alarme avant même que vous ayez eu le temps de penser « ce n’est qu’une prise de sang ».
Ce qui rend cette phobie particulièrement vicieuse, c’est qu’elle peut se déclencher par anticipation. Vous n’avez pas besoin de voir l’aiguille : il suffit de penser à un rendez-vous chez l’infirmière pour que votre cœur s’emballe, que vous transpiriez, ou que vous ayez des vertiges. C’est ce qu’on appelle la peur de la peur : vous avez tellement peur d’avoir peur que vous évitez la situation, ce qui renforce le circuit neuronal de la phobie. Julien, par exemple, avait annulé trois rendez-vous pour un simple bilan sanguin. Pas parce qu’il était « faible », mais parce que son cerveau avait appris, des années plus tôt, que l’aiguille = souffrance.
D’ailleurs, il y a souvent une origine précise. Pour Julien, c’était un vaccin à l’âge de 6 ans, où l’infirmière l’avait maintenu de force. Pour d’autres, ce peut être une expérience douloureuse (une intraveineuse qui a loupé) ou même une simple observation : voir un parent paniquer peut suffire à installer le schéma. Le cerveau est une machine à associer : une fois que le lien « aiguille = danger » est câblé, il se renforce à chaque évitement.
Point clé : La phobie des aiguilles n’est pas un manque de courage. C’est un apprentissage neuronal qui peut se désapprendre. Votre cerveau a juste besoin qu’on lui montre une autre voie.
Quand Julien est arrivé dans mon cabinet, il était tendu comme un arc. Il m’a dit : « Je veux bien essayer l’hypnose, mais je ne suis pas sûr que ça marche sur moi. Je suis trop rationnel. » Je lui ai souri, parce que c’est la phrase que j’entends le plus souvent. Et c’est justement là que l’hypnose ericksonienne est redoutable : elle ne combat pas votre rationalité, elle l’utilise.
Contrairement à l’hypnose de spectacle, qui impose des suggestions directes (« vous allez oublier votre peur »), l’hypnose ericksonienne est plus subtile. Elle part de votre propre expérience. Avec Julien, je n’ai pas cherché à lui faire croire que les aiguilles étaient « sympas ». Je lui ai proposé de revisiter la mémoire de son vaccin à 6 ans, non pas en la revivant douloureusement, mais en l’observant comme s’il regardait un film, assis confortablement dans un fauteuil. C’est ce qu’on appelle la dissociation : vous êtes présent, mais en sécurité, et votre cerveau comprend que l’événement est fini.
L’hypnose agit sur deux plans. D’abord, elle calme le système nerveux sympathique – celui qui vous met en mode « combat ou fuite ». En induisant un état de relaxation profonde, elle active le système parasympathique, celui de la détente et de la réparation. Ensuite, elle travaille sur la mémoire implicite : la partie de votre cerveau qui stocke les réactions émotionnelles automatiques. Pendant une séance, on peut « réécrire » le scénario. Par exemple, j’ai suggéré à Julien que son corps de 6 ans recevait un message de protection de son corps adulte, comme si une version future de lui-même venait dire : « Tout va bien, ce soin est nécessaire et temporaire. »
Ce n’est pas de la magie : c’est de la neuroplasticité. Votre cerveau peut créer de nouveaux chemins neuronaux à tout âge. L’hypnose est un accélérateur de ce processus, parce qu’elle contourne le filtre critique du cortex préfrontal – cette voix intérieure qui dit « c’est idiot d’avoir peur ». En état d’hypnose, vous êtes plus réceptif aux suggestions qui respectent votre carte du monde. Julien ne s’est pas réveillé en aimant les aiguilles. Il s’est réveillé avec une sensation de calme face à l’idée d’une piqûre, comme si le volume de l’alarme avait été baissé de 10 à 2.
Mais l’hypnose seule ne suffit pas toujours. Si la phobie est très ancienne ou liée à une mémoire traumatique, j’utilise l’IFS (Internal Family Systems). Julien avait une partie de lui – appelons-la « la sentinelle » – qui hurlait « danger » dès qu’on parlait d’aiguille. Dans l’IFS, on ne cherche pas à faire taire cette partie. Au contraire, on la remercie d’avoir protégé la personne pendant des années.
« Qu’est-ce que cette partie craint qu’il arrive si tu te fais piquer ? », ai-je demandé à Julien. Il a répondu : « Elle a peur que je perde le contrôle, que je m’évanouisse et qu’on se moque de moi. » Cette partie était une protectrice, pas une ennemie. Une fois qu’il a compris cela, Julien a pu entrer en dialogue avec elle. Il lui a dit : « Je t’entends, tu as bien fait ton travail, mais aujourd’hui je suis adulte et je peux gérer. » Ce dialogue, c’est l’Intelligence Relationnelle : la capacité à reconnaître ses propres émotions sans les juger, et à négocier avec elles.
L’IFS est particulièrement puissant pour les phobies, parce qu’il dissout la honte. Beaucoup de mes patients se sentent « brisés » ou « anormaux » d’avoir peur des aiguilles. En réalité, cette peur est une stratégie de survie, souvent très créative. Julien, par exemple, avait développé un rituel : il serrait le poing gauche, retenait sa respiration et regardait ailleurs. Ça ne marchait pas, mais c’était sa façon de tenir. L’IFS lui a permis de voir cette stratégie avec compassion, puis de la remplacer par une autre.
Point clé : La partie de vous qui a peur des aiguilles n’est pas votre ennemie. C’est un gardien fatigué qui a besoin qu’on le rassure. Une fois que vous l’écoutez, elle peut lâcher prise.
Je vais vous décrire une séance typique, pour que vous sachiez à quoi vous attendre si vous franchissez le pas. Avec Julien, on a commencé par un échange de 20 minutes. Je lui ai demandé : « Quand tu penses à une piqûre, qu’est-ce qui se passe dans ton corps ? » Il m’a parlé de sa mâchoire qui se serre, de ses mains moites, d’une boule dans le ventre. J’ai noté ces sensations, parce qu’elles sont la clé de l’hypnose : on part de ce que vous ressentez, on ne vous impose rien.
Ensuite, je l’ai invité à s’installer confortablement dans le fauteuil. L’induction – la phase qui vous emmène en état d’hypnose – s’est faite par la respiration et la visualisation. Je lui ai demandé d’imaginer un lieu sûr, un endroit où il se sentait totalement en paix. Il a choisi une plage déserte en Bretagne. Pendant qu’il s’immergeait dans cette image (le bruit des vagues, l’odeur du sel, la sensation du sable), je l’ai guidé vers un état de relaxation plus profond.
À ce stade, Julien était dans un état de conscience modifié : détendu, mais alerte. C’est là que j’ai introduit les suggestions thérapeutiques. Je ne lui ai pas dit « tu n’auras plus peur ». J’ai plutôt utilisé des métaphores. Je lui ai parlé d’un jardin où chaque plante représentait une émotion, et où la plante « peur » pouvait être déplacée à l’ombre, pour qu’elle s’apaise. J’ai aussi suggéré que son corps savait déjà comment se détendre face à une piqûre – parce qu’il le fait tous les soirs en s’endormant.
La séance a duré 45 minutes. Au réveil, Julien avait les yeux brillants. Il m’a dit : « C’est étrange, je pense à une aiguille et je ne sens plus la boule dans le ventre. » Ce n’était pas une disparition totale, mais un changement tangible. Je lui ai donné un exercice : chaque jour, pendant une minute, visualiser une seringue tout en respirant lentement. Pas pour se confronter, mais pour associer l’image à la détente.
Je suis honnête avec mes patients : l’hypnose n’efface pas les souvenirs, et elle ne vous transforme pas en super-héros insensible. Mais elle change votre rapport à la peur. Julien est allé faire sa prise de sang trois jours après la séance. Il m’a envoyé un message : « J’ai serré la main de l’infirmière, je me suis assis, et j’ai regardé l’aiguille sans détourner les yeux. J’ai senti une petite montée d’adrénaline, mais elle est redescendue tout de suite. »
Ce qu’il décrit, c’est le processus de régulation émotionnelle. Son système nerveux a appris à ne plus rester bloqué en mode alarme. Les résultats varient selon les personnes : certaines ont besoin de 2 à 3 séances pour les phobies très anciennes, d’autres ressentent un changement immédiat. L’important, c’est que la peur ne soit plus un obstacle à votre santé. Je ne promets pas que vous danserez de joie devant une intraveineuse, mais je promets que vous pourrez passer à l’acte sans vous sentir terrorisé.
J’ai vu des patients qui évitaient les soins dentaires depuis 10 ans reprendre rendez-vous. Des sportifs qui bloquaient sur les analyses de sang obligatoires pour les compétitions. Des parents qui voulaient montrer l’exemple à leurs enfants. Dans tous ces cas, l’hypnose a permis de briser le cercle vicieux de l’évitement. Et souvent, le soulagement est immense : celui de ne plus être prisonnier de sa propre réaction.
Point clé : L’hypnose ne vous enlève pas votre peur, elle vous redonne le choix. Vous passez de « je ne peux pas » à « je peux, avec une sensation désagréable mais gérable ».
Si vous lisez ce témoignage et que vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas obligé d’attendre une séance pour agir. Voici trois choses concrètes que vous pouvez essayer dès aujourd’hui :
Respirez en 4-7-8 : Inspirez par le nez pendant 4 secondes, retenez votre souffle 7 secondes, expirez par la bouche en 8 secondes. Faites-le 3 fois de suite, le matin ou avant une pensée anxiogène. Cela active le nerf vague, le grand frein de votre système nerveux.
Dépersonnalisez l’aiguille : Regardez une photo d’une seringue (sur Google Images, en petit) et dites à voix haute : « Ce n’est qu’un objet en métal et en plastique. Il n’a pas de pouvoir sur moi. » Vous réentraînez votre cerveau à ne pas lui attribuer de menace.
Écrivez une lettre à votre peur : Prenez un carnet et écrivez : « Chère peur des aiguilles, je te remercie de m’avoir protégé jusqu’ici. Mais aujourd’hui, j’ai besoin que tu me laisses passer. Je te promets que je serai prudent. » Ce n’est pas un exercice ridicule – c’est de l’IFS à faire chez vous, pour commencer le dialogue.
Ces gestes ne remplacent pas un accompagnement, mais ils vous remettent en position active. La phobie des aiguilles vous fait sentir passif, victime de votre corps. Chaque petit pas vous redonne du pouvoir.
Julien m’a rappelé il y a quelques jours. Il a dû refaire une analyse sanguine pour un suivi médical. Il m’a dit : « Je n’y ai même pas pensé avant d’y aller. C’est juste devenu normal. » Ce n’est pas un exploit, c’est une libération. Et ce que Julien a fait, vous pouvez le faire aussi.
Si vous lisez ces lignes et que vous sentez que cette phobie vous pourrit la vie – que ce soit pour un vaccin, un soin dentaire, ou une simple prise de sang – je vous invite à ne pas rester seul avec ça. L’hypnose n’est pas une baguette magique, mais c’est un outil puissant pour réinitialiser des schémas qui ne vous servent plus. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi en visio pour ceux qui sont plus loin. On peut commencer par un échange gratuit de 15 minutes, sans engagement, juste pour qu’on voie si le courant passe.
Vous méritez d’aborder un soin médical sans que ce soit une épreuve. Vous méritez que votre santé ne soit pas dictée par une peur ancienne. Alors, si ce témoignage résonne en vous, faites le premier pas. Envoyez-moi un message, appelez-moi, ou simplement, ce soir, essayez l’exercice de respiration. Le changement commence toujours par une petite décision. Et cette décision, elle est entre vos mains – pas dans celles d’une aiguille.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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